Section socialiste de l’île de Ré
Le courage, c’est de chercher la vérité et de la dire. Jean Jaures
Inscrivez vous à la newsletter

9 février 2010

Bernard-Henri Lévy en flagrant délire

Classé dans : 05 - Presse, média, Internet — iledere @ 12:00

Ce devait être le grand retour philosophique de Bernard-Henri Lévy. Patatras ! L’opération semble compromise par une énorme bourde contenue dans « De la guerre en philosophie », livre à paraître le 10 février. Une boulette atomique qui soulève pas mal de questions sur les méthodes de travail béhachéliennes

Nul ne peut plus l’ignorer, Bernard-Henri Lévy, « ennemi public » ainsi qu’il se présentait à l’automne 2008 dans sa correspondance avec Michel Houellebecq, est de retour dans les magazines. Tous les magazines. Lorsque nous l’avions invité à débattre au « Nouvel Observateur », le 13 janvier dernier, avec le philosophe Slavoj Zizek, un de ses adversaires, nous étions encore loin de deviner l’ampleur de la tornade à venir. Grand entretien dans « l’Express », portrait d’ouverture dans « Paris Match », couverture de « Transfuge », panégyrique dans « le Point » signé Christine Angot, interview de six pages dans « Marianne ». On en oublierait presque une chose. La cause occasionnelle, le détail à l’origine d’une telle profusion : la parution de deux livres, le 10 février prochain chez Grasset. Un épais « Pièces d’identité », recueil de textes et d’entretiens déjà parus sur toutes sortes de supports, et « De la guerre en philosophie », version remaniée d’une conférence prononcée en 2009 à l’ENS de la rue d’Ulm.
Plaidoyer pro domo en faveur d’une œuvre injustement décriée, la sienne, ce second opus d’environ 130 pages, « De la guerre en philosophie », se présente comme le « livre-programme » de la pensée béhachélienne. Un « manuel pour âges obscurs, où l’auteur « abat son jeu » et dispose, chemin faisant, les pierres d’angle d’une métaphysique à venir » – rien de moins, trompette l’éditeur au dos de la couverture. On l’aura compris, ce livre devait signer le grand retour de BHL sur la scène conceptuelle dite sérieuse. Son ultime plaidoirie face à une caste philosophique qui l’a depuis toujours tourné en dérision, de Deleuze à Bourdieu, en passant par Castoriadis. Une lecture attentive dudit opuscule révèle cependant que l’affaire est assez mal engagée.
« La vraie question pour une philosophie, c’est de savoir où sont vos adversaires, et non où sont vos alliés. » Ainsi l’auteur se lance-t-il, chemise au vent et sans crampons, à l’assaut de quelques contemporains gauchistes renommés, mais aussi de Hegel ou de Marx, « cet autre penseur inutile, cette autre source d’aveuglement », notamment reconnu coupable de ne pas donner les moyens de penser le nazisme. A la décharge, l’idéalisme et le matérialisme allemands, toutes ces conneries superflues! Bernard-Henri Lévy ne s’est jamais laissé intimider par les auteurs mineurs.
Il s’en prend tout aussi fougueusement à Kant, « ce fou furieux de la pensée, cet enragé du concept ». Un peu audacieux de la part d’un penseur qui ne peut, somme toute, revendiquer à son actif qu’un brelan de concepts pour news magazines comme le « fascislamisme »? (Lire la suite…)

Le meilleur de l’Europe pour les femmes

Classé dans : 07 - Justice, 13 - PS — iledere @ 6:30

A la conquête de droits communs
Alors que l’Union européenne est souvent un instrument de confiscation de la souveraineté démocratique et de destruction des acquis sociaux, l’association française “Choisir la cause des femmes” s’est lancée depuis 2005 dans un pari : ébaucher une Europe où l’harmonisation se ferait par le haut plutôt que par le bas, et qui accroîtrait le bien-être de ses citoyens — ou, en l’occurrence, de ses citoyennes. Le résultat de ce travail minutieux est paru aux éditions Des Femmes.

En Pologne et dans nombre de pays européens, l’histoire de Mme Alicja Tysiac a eu un certain retentissement : en mars 2007, elle a réussi à faire condamner son pays devant la Cour européenne des droits de l’homme (CEDH). En 2000, mère de deux enfants qu’elle élevait seule, elle avait voulu interrompre sa troisième grossesse, qui menaçait de lui faire perdre la vue. L’avortement est interdit en Pologne, sauf en cas de malformation du fœtus, de viol ou de danger pour la santé de la mère, mais les médecins ont rejeté sa demande d’avortement thérapeutique. Après l’accouchement, une hémorragie rétinienne a considérablement dégradé sa vue. Elle risque, à terme, de devenir aveugle. Si Mme Tysiac avait pu bénéficier de la législation en vigueur en Suède, sa décision n’aurait dépendu de personne d’autre qu’elle-même ; elle aurait eu un délai de dix-huit semaines pour mettre un terme à sa grossesse, et l’intervention aurait été prise en charge par l’Etat.

Afin de remédier à de telles inégalités de traitement entre des femmes qui appartiennent à la même entité politique, une équipe de militantes – juristes, avocates, syndicalistes… – a étudié les législations en vigueur dans les pays de l’Union européenne en matière de droits des femmes. Elle a réuni les lois les plus progressistes dans chaque domaine (voir la carte) au sein de la « clause de l’Européenne la plus favorisée », et propose que ce « bouquet législatif » s’applique à toutes les femmes de l’Union. (Lire la suite…)

8 février 2010

Le PS se rapproche de l’UMP dans les sondages

Classé dans : 12 - Brèves, 13 - PS, 20 - UMP — iledere @ 16:30

Une large majorité de Français souhaite la victoire de la gauche aux élections régionales de mars (Reuters)Selon un sondage Opinionway-Fiducial, 30% des voix iraient à l’UMP, 27% au PS et 10% aux Verts-Europe Ecologie.
Une large majorité de Français souhaite la victoire de la gauche aux élections régionales de mars (Reuters)

LUMP, avec 30%, arriverait en tête du premier tour des régionales s’il avait lieu dimanche prochain, devant le PS (27%) et les Verts-Europe Ecologie (10%), selon un sondage Opinionway-Fiducial pour Le Figaro/LCI, publié lundi 8 février.
20% des personnes interrogées n’expriment pas d’intentions de vote. Elles étaient 27% en décembre.
L’UMP et ses alliés - Nouveau Centre, MPF, Chasseurs - sont crédités de 30%, un score inchangé par rapport au sondage précédent le 10 décembre.
Le PS gagne quatre points à 27%. Les Verts/Europe écologie en perdent quatre, de sorte que l’écart entre les deux formations s’élève à 17 points contre 9 points lors de la précédente enquête.
Le FN est crédité de 9% des intentions de vote (-1) et le MoDem de 6% (-2).
Le Front de gauche (PCF-PG) gagne deux points à 6% d’intentions de vote, et dépasse le NPA d’Olivier Besancenot (4%, =).
1% des intentions de vote vont à LO, en baisse d’un point.

Le bloc de gauche à 44%
Le sous-total gauche (PS/verts-Europe Ecologie/Front de gauche/Divers gauche) atteint à 44% en hausse de 3 points par rapport à la précédente enquête.
Le sous-total droite (UMP-NC-MPF-CPNT/divers droite) progresse également de 3 points à 33%.
Depuis le 1er octobre, date de la première enquête, les listes UMP-NC ont perdu 6 points, tandis que celles du PS ont gagné 8 points. Celles des Verts et Europe écologie ont baissé de 6 points, celles du FN ont progressé de 3 points et celles du MoDem ont baissé d’un point comme celles du Front de gauche et celles du NPA.
35% (-2) des personnes interrogées affirment qu’elles voteront en fonction des enjeux nationaux, tandis que 64% (+2) le feront en fonction d’enjeux régionaux.

Sondage réalisé en ligne (système Cawi) les 3 et 4 février auprès d’un échantillon de 1.014 personnes représentatif de la population française de 18 ans et plus inscrite sur les listes électorales (méthode des quotas) avec une marge d’incertitude de 2 à 3 points au plus pour 1.000 répondants. Notice détaillée consultable auprès de la commission nationale des sondages.

Nouvelobs.com

Schuller, Noir, Botton : les repentis refont parler d’eux

Classé dans : 18 - UDF-MoDem-Centre, 20 - UMP — iledere @ 12:30

Encore des nouvelles d’une vedette des affaires des années 90 : Didier Schuller s’envole ce samedi pour Saint-Domingue. Pas pour fuir la justice française, comme en 1994, lorsque le conseiller général RPR des Hauts-de-Seine avait choisi les Caraïbes pour se cacher des juges. Cette fois, il est libre et veut relancer sa carrière de consultant.
Ce discret retour médiatique (seuls trois sites ont repris la dépêche) d’un des héros des frasques politico-financières du RPR des années 90 en rappelle deux autres, récents aussi, et plus ou moins discrets : ceux de Michel Noir et de son ex-gendre Pierre Botton.

D’autres repris de justice de la grande époque, comme Alain Carignon (ex-maire de Grenoble) ou le centriste Michel Mouillot (ex-maire de Cannes), font peu de bruit en dehors de leurs régions d’origine. L’ex-socialiste et ancien maire d’Angoulême Jean-Michel Boucheron semble, lui, complètement tombé dans l’oubli.

Mais Schuller, Botton et Noir font encore parler d’eux.

Schuller : l’irrésistible appel de Saint-Domingue
Vendredi, Didier Schuller, 62 ans, a rendu son bracelet électronique. Il a purgé la peine, prononcée en janvier 2007, de trois ans de prison dont un an ferme, 150 000 euros d’amende, privation de ses droits civiques, civils et familiaux pour cinq ans. Son motif ? Le financement occulte de sa carrière politique à Clichy (Hauts-de-Seine) par des entreprises du BTP.

Interrogé par l’AFP, Didier Schuller a déclaré :

« Je pars ce jour samedi pour Saint-Domingue […] J’y vais pour relancer ma carrière de conseil à l’exportation, j’y vais notamment pour aider un exportateur de blé français qui n’a pas été payé. »

Cette annonce nous ramène immanquablement à la fin du règne de François Mitterrand, quand Didier Schuller a offert à la chronique politico-financière un des feuilletons les plus rocambolesques d’une époque qui en a compté beaucoup.

En 1994, cet énarque proche de Charles Pasqua et de Patrick Balkany, très impliqué dans la gestion des HLM et dans la vie du conseil général des Hauts-de-Seine, donne son nom à un scandale : l’affaire Schuller-Maréchal. Beau-père du juge Eric Halphen, qui enquêtait sur le financement occulte du RPR, Jean-Pierre Maréchal est soupçonné d’avoir soutiré un million de francs à Schuller pour lui assurer la clémence de son gendre.

Pendant sa cavale, il a développé ses réseaux en Amérique latine
Lorsque le scandale éclate, Didier Schuller, 47 ans, s’enfuit aux Bahamas avec sa maîtresse de 23 ans, en laissant sa famille en France. Puis le couple s’installe en République dominicaine, où Schuller développe une activité de conseil pour les entreprises ou les politiques de l’île. (Lire la suite…)

Appel contre le projet Darcos de mise à mort de la médecine du travail

Classé dans : 06 - Travail-Entreprises, 08 - Santé-Services publics — iledere @ 6:30

À l’heure de la sous déclaration massive des accidents du travail, de l’augmentation des maladies professionnelles et des suicides au travail (comme cela a été révélé à France Télécom) à l’heure de la hausse des accidents cardiaques et vasculaires liés au stress et à la souffrance au travail, à l’heure où dérivent les méthodes de management et leurs exigences dévorantes de productivité, faut-il affaiblir ou renforcer la médecine du travail ?

Après plus de vingt ans de dégradation continue de la santé au travail, nul ne nie qu’il y ait besoin d’une grande réforme pour la reconstruire. Mais les salariés, les syndicats, les professionnels des questions de santé au travail sont terriblement inquiétés par les orientations de la « réforme » annoncée de M. Darcos.

C’est un projet qui va dans le sens de celui du Medef auquel, pourtant, tous les syndicats de salariés se sont opposés unanimement en 2009. Il propose carrément de violer le cadre de responsabilité du médecin du travail pour qu’il serve de bouclier protecteur à celui des employeurs. Il est en contradiction de manière rédhibitoire avec les principes du Code de Déontologie médicale inscrits dans la Loi. Il projette d’organiser les prochains services de santé au travail (SST) en donnant total pouvoir au patronat : seront juges et parties ceux-là mêmes qui créent les risques.

Plus que jamais les médecins du travail et les autres acteurs des SST seront cantonnés dans des activités éloignées de la défense de la santé des travailleurs. Il s’agit de la mort de toute réelle prévention en santé au travail. Il s’agit de « démédicaliser » la seule spécialité dont l’objet est le lien entre la santé et le travail. Il s’agit de prendre prétexte de la pénurie (réversible) de médecins du travail en les remplaçant par des infirmiers alors que ceux-ci ne peuvent pas se substituer aux médecins et qu’ils n’ont pas de statut protégé. Il s’agit de transférer ces missions aux directeurs des services interentreprises de santé au travail (SST) c’est-à-dire aux Conseils d’Administration composés majoritairement d’employeurs (2/3). Il s’agit de déposséder les « commissions de contrôle » de leurs prérogatives notamment en ce qui concerne le droit d’opposition à la mutation ou au licenciement des médecins du travail, alors qu’au contraire ce droit d’opposition devrait être étendu pour que tout « Intervenant en Prévention des Risques Professionnels » bénéficie d’un statut de « salarié protégé ».

Comment une « prévention » peut-elle exister, sans entretien clinique régulier avec les salariés, en espaçant les visites tous les 3 ans ? L’aptitude et l’inaptitude seraient définies du point de vue patronal : actuellement ces notions n’ont pas de définition légale, le médecin du travail les apprécie au cas par cas selon les risques pour la santé liés au poste de travail. Une nouvelle définition écrite dépendrait exclusivement de la capacité du salarié à effectuer la totalité des tâches prescrites : elle aurait une « simplicité » radicale, binaire (apte ou inapte) et reviendrait à supprimer toute notion d’aménagement de poste et d’adaptation des tâches à l’homme. (Lire la suite…)

7 février 2010

Mais pourquoi les “grands journalistes” ne défendent-ils pas leur confrère humilié par Xavier Bertrand?

Classé dans : 05 - Presse, média, Internet — iledere @ 12:30

Je sais que certains posteurs ont déjà traité de cette terrifiante bande vidéo, mais je me permets à mon tour d’apporter mon grain de sel.
Sur les ondes de Public Sénat, Xavier Bertrand a réglé quelques comptes avec un journaliste du Courrier Picard. Voici la séquence:

Evidemment, tout le monde s’amuse de voir ainsi un malheureux journaliste se faire étriller par le terrible M. Bertrand.

Pas moi.

Car cette séquence a quelque chose d’effrayant.

Quelle victoire pour un politique de la stature de Bertrand que de se payer un journaliste absolument pas rompu aux techniques de la télévision, apeuré par le decorum et perdant de fait tous ses moyens! Et le téléspectateur averti aura noté combien Gilles Leclerc s’est montré confraternel envers son collègue de la presse régionale en volant à son secours tel Grouchy au secours de Napoléon à Waterloo.

Cette séquence en dit long sur la conception des rapports entre journalistes et politiques selon Xavier Bertrand. Elle en dit long sur la violence dont certains politiques sont prêts à faire preuve envers la presse et les journalistes dès lors que ceux-ci ne jouent pas le jeu convenu et ne bénéficient pas de la mobilisation de vieille garde éditoriale préoccupée de sauver le soldat Chabot.

Peillon ne vient pas à un débat télé, et c’est la mobilisation générale des journalistes institutionnels. Bertrand crucifie un journaliste, le maltraite, l’injurie, et c’est le silence absolu. Etonnant.

Pourquoi défendre Arlette Chabot et pas Nicolas Totet? Pourquoi ce silence? Pourquoi cette indifférence?

Par Bruno Roger-Petit pour  “le post”

Note de la rédaction du Post: Sur Le Post, le rédacteur en chef ajdoint du Courrier Picard à Saint-Quentin revient sur ce qu’il l’appelle “l’acharnement de Xavier Bertrand”. Il explique pourquoi selon lui, Xavier Bertrand s’en est pris au journaliste.

Nicolas Totet revient sur cette interview: “D’entrée, il avait décidé de me fusiller. Je suis tombé dans un traquenard.

L’euro à la merci des banques

Classé dans : 03 - Economie — iledere @ 6:30

L’euro est en crise. A lire les articles des commentateurs avisés, la responsabilité en revient aux différents canards boiteux au sein de l’Union : les fameux PIGS, comme les ont si subtilement nommés les milieux financiers. Leurs déficits galopant expliqueraient la débâcle actuelle, ils contribueraient à semer le doute auprès des investisseurs et à alimenter la panique. Mais à y regarder de plus près, les événements ne se sont pas déroulés de la sorte. Récapitulons brièvement les faits.

La Grèce est le gros souci de l’Union. C’est ce que nous serinent les médias, banques, économistes et finalement politiciens de tous bords. Certes, on ne peut nier que les finances de cet État soient dans un état lamentable. Depuis que le pays est gouverné par une nouvelle équipe, le déficit a subitement doublé, dépassant les 13% du PIB. Il ne faut pas s’étonner de la chose : les chiffres communiqués par le gouvernement précédent étaient embellis. Mais qui nous assure que les nouveaux soient fiables ? Personne, bien sûr. En réalité, cela n’a aucune importance. Tout ce qu’on en déduit formellement est que la Grèce est dans la dèche. Son nouveau gouvernement a calculé ses besoins pour cette année : 53 milliards d’euros. Sans doute la seule donnée fiable de tout cet imbroglio.

Mise sous pression, la Grèce a dû démontrer qu’elle avait un plan de redressement approprié. L’Europe et ses membres lui ont d’ailleurs fait la leçon : si elle ne parvient pas à réduire son déficit à 3% du PIB d’ici 2012, les sanctions tomberont. Il n’est initialement fait aucune allusion à une quelconque aide de la part de l’Europe. Le pays doit s’en tirer seul.

Et il s’affaire, ce petit pays. Il convoque un consortium de banques qui doit lui élaborer un emprunt international digne de ce nom. Le Crédit Suisse est choisi pour le diriger. Ce dernier s’accoquine avec la Deutsche Bank, Morgan Stanley et Goldman Sachs pour mener la besogne à son terme. La Grèce souhaite récolter 5 milliards d’euros à cinq ans. Ces quatre banques lui concoctent un emprunt très attrayant et sollicitent les investisseurs. Ces derniers ne se font pas priés. Ils sont tout bonnement enchantés par les conditions qui leur sont offertes. Dame ! 4% de plus qu’un emprunt allemand équivalent, on ne rechigne pas à une telle aubaine. Les banques du consortium récoltent en quelques heures pour l’équivalent de 25 milliards d’euros d’intentions d’achat. Un succès qui permet à la Grèce de revoir les conditions initiales de son emprunt. Le coupon passe de 6,35% à 6,10%. Le gouvernement grec stoppe prématurément la souscription et se satisfait de 8 milliards en tout, quand même 60% de plus que prévu. Tout le monde est aux anges.

Jusqu’ici, rien de particulier à signaler. Le succès retentissant de ce placement vaut les louanges les plus élogieuses du monde politique européen, des banques et même de la banque centrale européenne. Ils sont unanimes : la Grèce est sur la bonne voie. Son problème sera résolu. L’Europe s’en tirera. Le lendemain, pourtant, le cours de cet emprunt qui se négocie déjà sur le marché secondaire chute de 3% d’un coup. Dans le monde obligataire, une telle variation est énorme. Que s’est-il passé ? Les investisseurs sont outrés. Ils affirment haut et fort avoir été floués. (Lire la suite…)

6 février 2010

Un médicament dangereux à nouveau commercialisé… pour favoriser la rentabilité de son fabricant !

Classé dans : 08 - Santé-Services publics — iledere @ 12:30

Le Ketum, un médicament récemment interdit par l’Afssaps, a été de nouveau autorisé par le Conseil d’Etat pour ne pas nuire aux intérêts financiers du laboratoire Menarini..

Quelques jours après la quasi-grâce accordée pour raisons économiques au “cartel de la sidérurgie”, le Conseil d’Etat récidive. Un médicament suspendu par l’Affsaps a été de nouveau autorisé pour… ne pas nuire aux intérêts financiers du laboratoire pharmaceutique ! Est-ce que ce monde est sérieux ?

En décembre dernier, l’Afssaps (Agence française de sécurité sanitaire des produits de santé) a suspendu l’Autorisation de mise sur le marché du Ketum et d’une vingtaine d’autres médicaments à base de kétoprofène. La raison ? Des effets secondaires graves, dont des allergies au soleil donnant des eczémas et des cloques pouvant entrainer une hospitalisation. L’Afssaps est informée du problème depuis une dizaine d’années. Pleine de tact, elle avait à deux reprises fait modifier la notice, pour sensibiliser médecins et malades. Mais rien n’y a fait, et une nouvelle évaluation de l’Agence a conclu à un “rapport bénéfice/risque [...] défavorable, en raison du risque de survenue de réactions rares, mais graves, de photoallergie et d’une efficacité faible à modérée”. Tout va bien qui finit bien… Ou presque

Effets secondaires… économiques
Un des laboratoires concernés par cette décision, Menarini, a déposé une requête en référé-suspension devant le Conseil d’Etat. Et l’ordonnance du juge est tombée le 26 janvier 2010. “Il ressort des pièces du dossier que le Ketum représente le deuxième chiffre d’affaires de la société Menarini, de sorte que l’arrêt de la commercialisation risquerait de compromettre la possibilité pour cette société de retrouver un résultat positif en 2010″ a statué le Conseil d’Etat, selon Lefigaro.fr. En conséquence de quoi, le laboratoire est de nouveau autorisé à commercialiser son médoc, en attendant les conclusions “dans le courant du 1er semestre 2010 de la réévaluation communautaire en cours”. Il suffisait de demander…

Que vaut la santé de quelques uns, au regard des profits de l’industrie pharmaceutique ? Rien, pour le Conseil d’Etat.

par Napakatbra pour “les mots ont un sens

L’Espagne est-elle encore crédible ?

Classé dans : 03 - Economie — iledere @ 6:30

L’Espagne subira-t-elle le même sort que la Grèce ? En tout cas, le Gouvernement Espagnol - qui semble subitement prendre au sérieux la capacité de nuisance de marchés financiers ayant décimé la Grèce - a annoncé coup sur coup l’allongement de deux années supplémentaires (jusqu’à 67 ans) de la durée du travail et l’augmentation des impôts.
Effets d’annonce dont l’objectif serait de rassurer les marchés ou réelle intention de mettre en place un plan d’austérité ? Toujours est-il que la conjoncture actuelle de très forte récession en Espagne doublée d’une hyper fragilisation du secteur bancaire creuse l’écart entre ses obligations d’Etat et les Bons du Trésor Allemands dont le différentiel flirte avec les 100 points de base, signe d’anticipations croissantes de la part des investisseurs d’un défaut de paiement de l’Espagne sur sa dette souveraine.

En fait, c’est un vrai sentiment de panique qui tenaille actuellement Gouvernement et responsables économiques de ce pays conscients que leur système bancaire, déjà à genoux du fait de l’effondrement en bonne et due forme de leur marché immobilier, est sur investi en Bons du Trésor Espagnols aux valorisations en peau de chagrin. L’avenir de fleurons bancaires Espagnols, autrefois fierté et symboles de la réussite économique du pays, est aujourd’hui suspendu à la bonne volonté des marchés et à la détermination de leur Etat à enfin adopter un plan de rigueur digne de ce nom. Les autorités Espagnoles cèderont-elles aux sirènes électoralistes dont l’effet est de retarder indéfiniment ce type de mesures naturellement impopulaires ?

Toujours est-il que leur pays se retrouve bon dernier de la classe Européenne sur le plan des statistiques économiques. Ainsi est-il classé 26ème sur 26 concernant la Production Industrielle qui, au niveau Européen moyen, a connu en Décembre sa plus forte progression en deux ans tandis qu’elle avait encore régressé en Espagne. De même, ce pays compte la proportion la plus importante de demandeurs d’emplois (19.5% en Décembre dernier) dans un contexte Européen qui en comptait en moyenne 9.5% sur la même période avec des premiers de la classe loin devant (4% pour les Pays-Bas et 5.4% pour l’Autriche) alors que le Gouvernement Espagnol s’était engagé l’an dernier à ce que le niveau psychologique des 4 millions de chômeurs ne soit pas atteint… Il est aujourd’hui allègrement crevé sachant qu’Eurostat le situe même à 4.5 millions ! (Lire la suite…)

Next Page »

Plate-forme de blogs du Parti socialiste | Propulsé par WordPress, plate-forme de publication personnelle sémantique de pointe. | Hébergement : InterFaces | Articles (RSS) et Commentaires (RSS)
Sauf mention contraire, le contenu de cette page est sous contrat Creative Commons Creative Commons