Section socialiste de l'île de Ré
Le courage, c'est de chercher la vérité et de la dire. Jean Jaures – Psiledere@aol.com

18 mars 2007

Le vrai Sarkozy

Filed under: 20 - UMP — iledere @ 19:06

Le vrai Sarkozy

À quelques semaines des élections, Nicolas Sarkozy essaie désespérément de faire croire qu’il n’est plus le même. Mais un certain nombre d’images ou de mots sont encore dans tous les esprits. La rupture est devenue tranquille et il dit avoir changé. A-t-il si peur de son bilan qu’il veuille le faire oublier sous un flot de promesses irréalisables et changeantes?

I) Vrai bilan/ faux bilan

Depuis 30 ans que Nicolas Sarkozy est en politique qui croirait qu’il représente un homme neuf? Il peut évidemment soutenir qu’il a été freiné dans son action par les obligations de la solidarité gouvernementale, mais il est un domaine où il ne peut se soustraire à ses responsabilités, c’est son action au ministère de l’intérieur qu’il a occupé en maître absolu pendant près de quatre ans, (du 7 mai 2002 au 31 mars 2004 puis du 31 mai 2005 à mars 2007).

Faux bilan: les chiffres avancés avec constance par Nicolas Sarkozy sont faux. Il prétend que la délinquance a reculé de 9% en 5 ans. C’est faux. De simples manipulations statistiques lui permettent d’escamoter un demi-million d’infractions transformées en simples main-courantes. Mais il lui a été impossible de dissimuler les affaires de violence qui, elles, il est bien obligé de l’admettre, sont en augmentation constante: + 14% en 5 ans.

Echecs: Nicolas Sarkozy voulait être jugé sur les chiffres. + 50.000 victimes de violence en plus depuis 5 ans, 10.000 par an en moyenne. La violence dans les banlieues a atteint des sommets inégalés en novembre 2005, mais des incidents graves se produisent très régulièrement aujourd’hui encore dans les quartiers sensibles (attaques d’autobus, agressions des forces de l’ordre), le nombre de voitures brûlées a augmenté (malgré là encore des tentatives de manipulations statistiques), les violences scolaires sont en recrudescence, la violence dans les stades n’a à l’évidence pas été stoppée…

Les parades éculées. Face à ces échecs répétés, Nicolas Sarkozy utilise toujours les mêmes méthodes, éculées mais payantes: il reçoit les victimes et les instrumentalise pour appuyer sa propagande. Il propose des modifications législatives pour rendre la loi encore plus sévère et les lois s’empilent les unes sur les autres…Il crée de nouveaux fichiers (le dernier en date celui des enfants qui font l’école buissonnière). Il critique les juges pour leur laxisme (alors qu’ils n’ont jamais été aussi répressifs: + 10.000 détenus entre 2002 et 2007).

Une répression inutile et dangereuse. Nicolas Sarkozy n’a d’autre méthode qu’une répression qui privilégie le « chiffre » et qui n’a à l’évidence aucun impact positif sur l’évolution de la délinquance mais qui met les libertés en péril et creuse un fossé entre la police et la population, notamment les jeunes. Son mot d’ordre est d’augmenter à n’importe quel prix les interpellations et les gardes à vue. Résultat: 530.000 gardes à vue en 2006, une augmentation de 40.000 gardes à vue par an depuis 5 ans! Avec nombre d’excès qui sont dénoncés par des autorités de contrôle françaises ou internationales. La chasse aux étrangers irréguliers est ouverte toute l’année avec des objectifs chiffrés fixée à la police: 25.000 en 2006, quelque soient les drames humains en jeu. On arrête les enfants, les étudiants, les étrangers qui viennent chercher de quoi manger aux restaurants du coeur ou les parents qui viennent chercher leurs enfants à l’école.

II) Le projet : Moins de sécurité, moins de libertés

Nicolas Sarkozy n’a pu aller jusqu’au bout de ses idées: même ses amis de l’UMP n’ont pas voulu nombre de ses projets attentatoires aux libertés ou contraires à la Constitution. Sa victoire lui permettrait de mettre enfin en place ce meilleur des mondes dont il rêve, une France sous très haute surveillance avec moins de sécurité et moins de liberté.

La santé publique au service du maintien de l’ordre. En 2006, Nicolas Sarkozy a voulu instaurer une politique de détection précoce des troubles du comportement dès l’âge de 3 ans. Il était prévu qu’un “carnet de comportement” répertorie à vie les turbulences des enfants jusqu’à leur majorité. La mobilisation du monde de la santé l’a provisoirement obligé à reculer.

Police, justice aux ordres. Une prévention de la délinquance qui ne sera qu’un quadrillage serré du territoire avec un peu plus de fichiers, la mort définitive du secret professionnel (déjà à moitié mort avec la loi sur la “prévention de la délinquance”). Un peu plus de compagnies de CRS en guise de police de proximité. Une police au service exclusif de Nicolas Sarkozy qui pourra utiliser sans complexe les Renseignements Généraux pour “actualiser” les fiches des opposants. Des juges surveillés à qui l’on fournira un “guide de l’application des lois”, qui seront sommés de remplir un peu plus les prisons grâce à des peines automatiques et qui seront priés de quitter leurs fonctions s’ils déplaisent (comme le ministre de l’intérieur l’a demandé pour le président du tribunal pour enfants de Bobigny accusé de démission)

Une France des conflits. Dans cette France dont rêve Nicolas Sarkozy, les Français se lèveront tôt mais les conflits aussi ! La précarisation du travail grâce au contrat unique (extension du CNE), les privilèges accordés sans vergogne aux plus riches (bouclier fiscal, suppression de fait de l’impôt sur les fortunes, suppression des droits de succession…), la réduction des services publics (un fonctionnaire partant à la retraite sur deux n’étant pas remplacé), l’ignorance dramatique des vrais problèmes des banlieues (uniquement traités par le recours à la répression) ne peuvent que conduire à de très fortes tensions sociales et à l’accroissement des violences.

Les promesses illusoires. Dans un exercice politique inédit, Nicolas Sarkozy, fait des promesses électorales mais les retire avant même d’avoir commencé à les exécuter: la baisse de 4 points des prélèvements obligatoires (impôts et charges) a été repoussée à 5 ans,10 ans, puis 20 ans. S’il est élu, Nicolas Sarkozy qui disposera de tous les leviers du pouvoir, appliquera vraiment tout de suite les réformes qui ne coûteront rien au budget et fera de vraies économies dans ce domaine qui l’insupporte tant, les droits de l’homme !

Refusons la France injuste et inquiétante que nous propose Nicolas Sarkozy !

La France de Nicolas Sarkozy

Filed under: 20 - UMP — iledere @ 19:04

La France de Nicolas Sarkozy

La France que propose le candidat de l’UMP : un pays divisé, un corps social réduit à une somme d’individus en concurrence et en lutte les uns contre les autres.

I) La France qu’il dépeint : celle de la méfiance et de la division

Le discours politique de Nicolas Sarkozy se fonde sur une exacerbation des différences entre les Français. Il dresse les Français les uns contre les autres. Il n’y a pas une France mais plusieurs France, des bons Français et des mauvais Français, responsables évidemment de tous les maux.

A) « Français de souche » contre « pièces rapportées »

Pour Nicolas Sarkozy, l’étranger ou l’immigré, même naturalisé ou né en France, est un éternel suspect, jamais assez francisé :

L’étranger, c’est le Noir ou l’Arabe, réduit à un amalgame de clichés douteux :
« Ceux qui veulent soumettre leur femme, ceux qui veulent pratiquer la polygamie, l’excision ou le mariage forcé, ceux qui veulent imposer à leurs soeurs la loi des grands frères, ceux qui ne veulent pas que leur femme s’habille comme elle le souhaite ne sont pas les bienvenus sur le territoire de la République française. » (Discours de Poitiers).

Lors de l’émission « J’ai une question à vous poser » sur TF1 le 5 février dernier, Nicola Sarkozy fait mention des « agneaux égorgés dans les appartements », provoquant d’ailleurs l’indignation d’une jeune femme de parents algériens (faisant partie du panel) C’est une manipulation raciste en bonne et due forme car l’abattage des agneaux consacrés est légalement organisé en France.

B) La France « qui se lève tôt » contre celle des assistés et des fonctionnaires

Il y a aussi deux France du point de vue socio-économique, selon Nicolas Sarkozy, qui oppose fréquemment le travailleur vertueux à toutes les catégories d’assistés et de privilégiés (fonctionnaires, grévistes, chômeurs). Sa rhétorique est simple : ce sont précisément les assistés et les salariés protégés qui sont responsables de la chute du pouvoir d’achat.

« Il est temps de parler vrai, la solidarité c’est pour aider ceux qui veulent s’en sortir, pas pour protéger ceux qui ne font rien » (« La France dans la Mondialisation, Saint-Étienne, 9 novembre 2006).

Les fonctionnaires sont souvent montrés du doigt comme trop privilégiés :

«Il y a une nouvelle forme d’inégalité dans notre pays : c’est celle qui sépare les salariés du secteur public, protégés dans leur emploi, des salariés du secteur privé, menacés par le chômage, les délocalisations, la tertiarisation de l’économie qui exige plus de mobilité » (Convention UMP sur les injustices, « Un avenir pour tous dans une société plus juste », 30 novembre 2005)

Aider les Français qui sont dans le besoin, c’est pénaliser les « méritants » ; il faut au contraire aider ceux qui vont déjà bien !

C) La recherche des « boucs émissaires »

Comme tous les populistes, Nicolas Sarkozy donne, pour chaque problème, un bouc émissaire dans la population. Ainsi les juges sont-ils responsables des dysfonctionnements de la justice et de la sécurité.

Dans la France de Sarkozy, autrui est un danger pour moi. Les Français sont incités à se replier sur leur groupe social ou religieux, et à rejeter sur les autres groupes la responsabilité de leurs problèmes.

II) La France qu’il défend : celle des possédants

En vérité, et quoi qu’il en dise ou essaie de faire croire par ses incantations à Jaurès et à Blum, Nicolas Sarkozy n’est pas le candidat des travailleurs, mais bien celui des possédants et des fortunés, qu’il prévoit de protéger et de privilégier par toute une série de mesures. C’est le retour de la droite dure et conservatrice du XIXème siècle.

A) L’avenir des travailleurs et des salariés : une précarisation encore accrue

Il faut casser le droit du travail, qui entrave les entreprises :

« Notre droit du travail qui décourage l’embauche sans protéger du chômage est une régression sociale » (« Pour la France qui souffre » Charleville-Mézières, lundi 18 décembre 2006)

Fort logiquement, CPE et CNE devraient donc servir de modèle au nouveau contrat de travail, et la flexibilité du salarié devenir la règle :

« Le CNE est un progrès, il ne faut pas y toucher… Le contrat de travail unique inspiré du CNE est une occasion de simplifier beaucoup le droit du travail français. ». (Rencontre organisée par des patrons de PME, le 24 janvier 2007).

B) Son projet pour les propriétaires et les Français les plus aisés : moins d’impôts, et plus de patrimoine.

Nicolas Sarkozy propose un projet fiscal et économique clientéliste, visant à satisfaire tout d’abord les plus aisés, les détenteurs de patrimoine. C’est la négation de la solidarité qui est au fondement de notre modèle social.

Il compte mettre en place des réductions d’impôts profitables pour les plus riches : « Je veux un bouclier fiscal à 50% y compris la CSG et la CRDS » (Discours d’investiture, 14 février 2007).

Nicolas Sarkozy ne veut pas non plus lutter contre les inégalités trans-générationnelles, mais au contraire favoriser les privilèges familiaux acquis, en supprimant l’impôt sur les successions.

Nicolas Sarkozy ne veut pas réhabiliter le travail et les travailleurs, mais protéger la rente, le capital et la reproduction sociale. Il veut rompre avec le modèle social français, durement acquis tout au long du siècle dernier, en particulier par l’action des grandes figures socialistes qu’il ose invoquer !

III) La France qu’il prépare : celle du conflit permanent

À vouloir dresser les Français les uns contre les autres, tout en soutenant éhontément les intérêts d’une minorité, Nicolas Sarkozy va faire de la France un pays de conflits et de désordre social et politique. Ceci se comprend aussi bien à l’aune de son projet que de son bilan.

A) Dans le monde du travail

Nicolas Sarkozy est décidé à s’attaquer au droit de grève par tous les moyens, et le plus vite possible, alors même qu’il prétend vouloir gouverner en concertation avec les syndicats :

« Je veux poser la question du vote à bulletin secret dans les entreprises, les universités, les administrations au bout de huit jours de grève ». (Interview dans les Echos, 14 février 2007).

B) Dans les banlieues

Durant son mandat de Ministre de l’Intérieur, Nicolas Sarkozy s’est souvent comporté de façon brutale, en parfaite contradiction avec la retenue que requiert un tel poste. Il ne faut pas oublier le rôle joué par son vocabulaire (« karcher », « racaille ») dans l’embrasement des banlieues, rôle qui ne le conduisit pourtant jamais à se repentir.

Selon le «Le rapport au politique dans les zones urbaines sensibles après la crise des banlieues» -, réalisée par le Centre d’études de la vie politique française (Cevipof), associé à la Sofres en novembre 2006, 52% des 2.039 banlieusards interrogés affirment que ce sont «les propos de Nicolas Sarkozy» qui ont le pluslourdement contribué aux émeutes de novembre 2005. La télévision a ensuite « facilité l’escalade », pour 44,5 % des sondés. Le « harcèlement et les violences de la police » ne viennent que très loin derrière (25 %), de même que le « rôle des mafias » qui défendent leur petit commerce contre les « bleues » (20 %).

C) Avec l’opposition

Nicolas Sarkozy a des mots très durs et à la limite de la diffamation envers ses adversaires
politiques de gauche, là encore contraires à la volonté d’apaisement qu’on serait en droit d’attendre de l’homme d’État qu’il prétend être.

Incapable de concevoir l’action politique autrement que comme coups de main et passages en force, Nicolas Sarkozy risque de semer le désordre, l’injustice et l’inégalité s’il parvenait à se faire élire à la tête de notre pays

François Bayrou ou la confusion

Filed under: 18 - UDF-MoDem-Centre — iledere @ 19:02

François Bayrou ou la confusion

François Bayrou a choisi de construire sa candidature sur le « ni droite-ni gauche ». Cela a pu être justifié quand la République était menacée sous la forme d’une addition et non d’une double négation. Il s’agit alors de situations d’urgence nationale. Et la Résistance avec les gouvernements de la Libération en ont été les exemples emblématiques. Mais le ni droite, ni gauche n’est pas une forme durable gouvernement, il se termine généralement en crises politiques.

Or, aujourd’hui, la France a besoin de choix clairs –ce dont elle a été privée en 2002 avec les conséquences négatives qui en ont découlé-, François Bayrou parie sur le manque de mémoire des électeurs. C’est indéniablement faire preuve de démagogie. On avait connu un centre politique avec une identité nette, la démocratie chrétienne, que l’on pouvait approuver ou critiquer. Aujourd’hui, le centre que François Bayrou n’a plus un sens autre que tactique. Car il n’est pas « neutre » -contrairement à ce qu’il prétend- il est enraciné dans la droite, à la fois dans les faits et dans les idées.

I) François Bayrou : la droite dans les faits

François Bayrou a fait toute sa carrière à droite. Il a soutenu Valéry Giscard d’Estaing, il a fait partie de l’état major de Raymond Barre, il a été un allié d’Édouard Balladur et de Nicolas Sarkozy, il a été ministre de Jacques Chirac de 1993 à 1997. Refusant d’être un second rôle à l’UMP, il a décidé de jouer sa partie en 2002 avec l’UDF maintenue.

François Bayrou a voulu frapper l’opinion en demandant à son groupe parlementaire à voter de temps à autre avec le Parti Socialiste à partir de 2006. Mais sur l’ensemble de la législature, l’UDF, à l’Assemblée Nationale, et plus encore, au Sénat, a voté le plus souvent avec l’UMP. Sur 78 votes majeurs de 2002 à 2007, à 44 reprises pour des lois importantes, l’UDF a voté avec l’UMP, à 16 reprises avec le Parti Socialiste (surtout depuis 2006…). Il a déjà noter que dans ce cas, le groupe parlementaire UDF s’est divisé –François Bayrou étant incapable d’imposer la discipline à son petit groupe parlementaires !

François Bayrou mène un parti où tous les élus ont un électorat de droite, travaillent dans toutes les régions, les départements, les municipalités avec les élus UMP. La sociologie politique est quand même révélatrice d’une réalité ! D’ailleurs ses représentants ce sont unis ce mois-ci dès le premier tour à l’UMP lors d’une élection municipale partielle à Romainville (93).

II) François Bayrou : la droite dans les idées

Nous avons désormais la « chance » de disposer du programme économique et social –la « social-économie»- de François Bayrou. Si l’on passe sur des propositions purement démagogiques, un référendum sur les retraites !- l’essentiel permet de voir que ce programme est « UMP-compatible ».

Pouvoir d’achat : une pâle copie de Nicolas Sarkozy
Tout comme Nicolas Sarkozy, François Bayrou fait l’impasse sur la question du pouvoir d’achat :

rien sur les salaires et le niveau des pensions des 14 millions de retraités, au risque de laisser une part non négligeable de notre population se paupériser, au détriment de la demande, seul moteur de la croissance encore allumé ;
rien sur les prix, qu’il s’agisse des produits de consommation courante, du prix du logement (120 euros de plus par mois pour louer depuis 2002 et 65% de hausse à l’achat) ou encore de l’énergie (+70% pour le fioul et 55% pour le gasoil depuis 2002) !
Tout comme Nicolas Sarkozy, les propositions de François Bayrou pour élever le niveau de vie se limitent à l’octroi aux entreprises de nouvelles exonérations de cotisations sociales portant sur les heures supplémentaires (dont le taux serait majoré de 35%). Cette proposition, qui s’apparente au « travailler plus pour gagner plus » de Nicolas Sarkozy, est :

un non sens juridique et économique : ce ne sont pas les salariés mais les employeurs qui décident seuls de recourir aux heures supplémentaires. lls le font s’ils l’estiment nécessaire aux besoins de l’entreprise : la proposition de François Bayrou se heurte à l’insuffisance de la demande et de l’activité économique ;
une fin de recevoir sociale : la première valeur du travail, c’est son prix. Or, cette proposition exclue de facto les deux salariés sur trois qui n’ont tout simplement pas accès aux heures supplémentaires, ainsi que le million de salariés à temps partiel subi ( dont 80% de femmes) ;
un nouveau cadeau fiscal consenti aux entreprises, et non des moindres : près de 2,8 milliards d’euros, sans la moindre obligation de la part de l’entreprise. Les effets d’aubaine seront conséquents, puisque aucune condition n’est fixée pour être éligible à l’allègement.

Emploi : une pâle copie des échecs du passé
Tout comme Nicolas Sarkozy, François Bayrou propose des exonérations de cotisations massives et indifférenciées. Ainsi, ses « deux emplois francs » de cotisations par entreprise seraient excessivement coûteux pour la collectivité et provoqueraient des effets d’aubaine massifs à l’avantage des entreprises, de loin les plus nombreuses, qui auraient embauché en l’absence de ces exonérations.
Cette mesure, qui priverait les caisses sociales de 4 milliards d’euros, représente un cadeau inédit par son ampleur mais aussi par la forme qu’il revêt : aucune limite n’étant fixée quant au niveau de qualification ou de salaire, il sera possible pour les entreprises d’utiliser ce dispositif pour défiscaliser les emplois les plus rémunérés.

Fiscalité : la fortune en héritage
Tout comme Nicolas Sarkozy, François Bayrou propose d’aggraver les réformes fiscales injustes de ces dernières années (qui ont placé la fiscalité française à l’avant dernier rang de l’OCDE en termes de progressivité) : il partage avec lui la même volonté d’abaisser fortement, jusqu’à les vider de leur contenu, l’impôt sur la fortune et l’impôt sur les successions, puisqu’il s’engage à exonérer de droits toutes les successions en ligne directe inférieures à 200.000 euros. Cette quasi suppression des « droits de donations et de successions pour tous les patrimoines petits et moyens » est une supercherie qui masque une mesure d’une injustice rarement atteinte : dans un pays où la succession moyenne est de 55.000 euros, ce dispositif a déjà exclu 80 % des patrimoines transmis en ligne directe de toute imposition. Cette proposition dédouanerait les Français les plus riches du paiement de cet impôt, puisque seul 25% des Français détiennent un capital supérieur à 260.000 euros[1]. Elle priverait le budget de l’État de près de 5 milliards d’euros par an, soit l’équivalent de 700 écoles ou encore 900 crèches. Clairement, au prétexte de favoriser les fruits du travail, François Bayrou favorisera l’héritage et la rente.

« L’autre chemin » de François Bayrou mène simplement à droite !

——————————————————————————–

[1] Source : Insee, Enquête revenus fiscaux de 2004

Délocalisations et désindustrialisation

Filed under: 06 - Travail-Entreprises — iledere @ 18:56

Délocalisations et désindustrialisation :

la droite sans volonté et sans ambition pour l’économie française

I) Un risque réel de désindustrialisation

Alors que les délocalisations et les fermetures de sites se poursuivent à un rythme soutenu, nous assistons à lune menace de disparition de pans entiers de certains secteurs. C’est le cas notamment du textile, de la sous-traitance automobile, de l’électronique partiellement, de l’aéronautique…

De plus en plus souvent, des groupes multinationaux ou des fonds d’investissement ayant recours à l’effet multiplicateur de montages financiers de type LBO organisent la « mise en faillite et en déficit » de certaines entreprises.

Ils redéploient ensuite des activités similaires ailleurs, en s’appropriant au passage une marque, des brevets, ou des savoirs faire et techniques acquis au cours du temps. Dans tous les cas, ce sont des pertes importantes d’emplois, des régions déstabilisées et une véritable hémorragie industrielle.

En vingt-cinq ans, la part de l’industrie dans le PIB français est ainsi tombée de 30 % à 20 %. Dans le même temps les emplois directs liés à l’industrie passait de 24 à 15 % du total. Rien que pour l’année 2006, ce sont plus de 70 000 emplois industriels qui ont disparu.

II) Un gouvernement résigné et sans stratégie de reconquête

Le bilan de la droite en matière d’industrie est mauvais. L’absence de vision stratégique des gouvernements successifs de Jacques Chirac au cours de ces cinq dernières années est tellement criante qu’elle est même dénoncée dans des rapports rédigés par des parlementaires de sa propre majorité.

Les différents gouvernements ont empilé les agences et les dispositifs. Mais, faute de cap, les efforts consentis sont resté vains. D’ailleurs, les chiffres sont implacables : le déficit commercial de la France dépasse 55 milliards d’euros en deux ans.

Cela n’a rien d’étonnant, car tous ces dispositifs n’apportent aucune réponse pour corriger nos handicaps : rien pour corriger notre médiocre spécialisation sectorielle et géographique, rien pour endiguer notre dépendance à l’égard des capitaux extérieurs à l’Union européenne, rien pour favoriser la croissance du nombre de PMI exportatrices…

Les aides publiques financent essentiellement les grands groupes, qui bénéficient de 91% des 65 milliards d’aides publiques, et non les PME. Celles-ci souffrent pourtant de gros problèmes d’accès aux financements bancaires et regrettent à juste titre de ne pas pouvoir bénéficier elles aussi des aides publiques.

2007

III) Avec Ségolène Royal, une industrie encouragée pour une croissance dynamisée

Pour les socialistes, il n’y pas d’avenir possible sans une industrie forte.

L’industrie doit rester un levier essentiel de notre prospérité : de nombreux emplois, directs et indirects, dépendent de sa capacité à produire des biens à forte valeur ajoutée et des technologies indispensables et stratégiques pour le pays.

Une véritable politique industrielle renvoie à des objectifs de renforcement de la performance durable des entreprises, d’orientation de l’économie vers des activités à forte valeur ajoutée et de maîtrise des mutations industrielles.

Elle doit s’articuler en amont avec la politique de recherche, en aval avec la politique commerciale ; elle doit revêtir une dimension territoriale et s’appuyer sur des politiques transversales, telles que la fiscalité et la formation ; elle doit soutenir fortement les PME.

C’est le sens des propositions du Pacte présidentiel de Ségolène Royal sur ce sujet :

– Augmenter de 10 % par an du budget de la recherche et de l’innovation

– Porter la part des 65 milliards d’aides aux entreprises orientées vers la recherche- développement de 5 % à 15%.

– Mettre en place une politique industrielle capable de préparer l’avenir et de réduire les risques de délocalisations avec la création d’une Agence nationale de réindustrialisation.

– Soutenir les PME avec la création de fonds publics régionaux de participation et en leur réservant une part dans les marchés publics.

– Concentrer les aides sur les entreprises qui embauchent et investissent et imposer le remboursement de ces aides en cas de délocalisation

Il n’est pas trop tard pour agir, mais il faut agir !

Tentative de vulgarisation

Filed under: 03 - Economie — iledere @ 18:54

Etre à gauche de la Droite permet-il de se situer plus à gauche que ceux qui se trouvent à droite de la Gauche , ( et lycée de Versailles…) ?
Il fut une époque ou une telle question aurait enrichie les débats du « café du commerce » inénarrable rubrique de l’aujourd’hui disparue « Jour de France » de Marcel Dassault. Quand Tonton Marcel installât cette rubrique dans son journal sur papier glacé (avec publicité pour les avions de chasse de la firme Dassault, critiques des films produits par Marcel lui-même… ) le but était de transcrire les discussions politiques entre ouvriers et petits bourgeois, telles que Marcel Dassault les imaginait… Si ce journal dont la vacuité intellectuelle atteignait des sommets seulement fréquentés de nos jours par les magazines « People », a disparu, il n’en reste pas moins qu’une certaine presse continue d’alimenter des débats soi-disant politiques sur des bases de réflexions tellement faussées qu’on en arrive à voir Sarkozy plus à gauche, sur certains sujets, que certains socialistes. Tout cela n’est bien sûr que billevesées de journalistes incompétents ou manipulateurs.
C’est pourquoi je souhaite faire un petit retour sur certaines bases de Politique et d’Économie. Car Économie et Politique sont intimement liées, au point qu’il est difficile de traiter l’une sans l’autre, un peu comme le derme et l’épiderme, ou la prévarication et Jacques Chirac…
Il existe plusieurs théories économiques et dans chaque théorie, des courants. Plusieurs théories peuvent être regroupées !! Essayons d’être clair, et, au nom de cette clarté je vais essayer d’être simplificateur, sans dénaturer les pensées.
Les théories dites « Néo libérales » sont issues des travaux de Smith et de Ricardo. Elles datent du 18ème siècle. Elles préconisent que l’État n’a pas à se mêler de la régulation des marchés. L’État n’a vocation qu’à assumer ses tâches régaliennes : la sécurité, la justice, la défense. Éventuellement la banque centrale et les monopoles de l’État. Pour le reste, la puissance publique reste spectatrice. Elle peut malgré tout intervenir lorsque le système dysfonctionne. Par exemple lorsqu’aux États-unis, des groupes sont devenus des sociétés monopolistiques privées, comme Rockefeller qui à travers Standard Oil contrôlât le marché du pétrole et qui fût obligé d’éclater en sept sociétés différentes pour briser ce monopole (loi Sherman 1890). D’autres modes dérogatoires ont vu le jour depuis, comme la diffusion (ou la non diffusion de technologies), l’aide publique à des marchés concurrentiels (agriculture aux USA)… Dans ces théories, l’État existe, mais reste spectateur, quitte à remettre de l’ordre dans le jeu ou/et sanctionner ceux qui ne respectent pas les règles établies par ledit État. Notons, que les politiques tenant d’une économie libérale préconisent des monopoles d’État dans certains domaines. Smith lui-même proposait des sociétés nationales pour tout ce qui touchait de près ou de loin à l’indépendance de l’État : Défense, Énergies…
La privatisation d’EDF, par exemple, ne relève donc pas d’une théorie libérale, mais Ultra libérale, nous allons y venir.

En face du Néo-libéralisme, nous trouvons les théories alternatives. Celles dont se recommandent les socialistes entre autres. Elles ont été développées notamment par Keynes d’où le terme Économie Keynésienne. Il existe un certain nombre de courants dont les quatre principaux sont :
Commerce international : L’État peut intervenir pour faciliter la création de « champions nationaux » ou selon Leeds, pour protéger le marché intérieur (pour permettre la naissance d’industries nouvelles). L’exemple le plus évident est la politique japonaise dans les années 70 avec un taux d’importation inférieur à 3 %. La jeune industrie japonaise s’est développée dans un cocon protectionniste et, une fois devenue adulte, a pu se lancer dans le conquête du marché mondial (voir le développement de l’industrie automobile).
Système national d’innovation : L’État joue un rôle important dans la mise en relation des acteurs de l’innovation : recherche, industrie, laboratoires, facultés…
Système géographique : L’État joue un rôle dans la mise en relation territoriale et les développements des territoires. La création de pôles de compétitivité, par exemple, procède de ce système.
Système évolutionniste : Ce système considère que les vraies valeurs qui fondent le développement économique se trouvent dans le savoir-faire, les compétences et le capital humain. L’État jouera donc un rôle important dans la formation, initiale ou récurrente.

Dans ces quatre courants, l’État n’est pas spectateur. Il est un acteur important, quelquefois l’acteur principal, souvent l’initiateur. Ceci présume donc de la présence d’un État fort. Cette puissance publique doit être soutenue par des ressources importantes, venues de l’impôt, un impôt qui doit être, bien sûr, équitable, progressif, et surtout redistributif.

Alors, pourquoi baisse-t-on l’impôt et vend-on les sociétés nationales, alors que chez Keynes comme chez Smith, l’existence de l’État (ce qui impose des personnes pour le faire fonctionner, les fonctionnaires) n’est pas nié ? Simplement parce qu’un nouveau modèle économique est apparut, né de la mondialisation : l’Ultra Libéralisme.

Attention, l’Ultra Libéralisme ce n’est pas plus de Libéralisme. C’est bien pire ! L’Ultra Libéralisme, fondé sur les travaux de Von Hayeck ou plus récemment de Milton Friedman, pose comme principe que l’économie est trop complexe pour qu’on puisse l’organiser. Sa théorie de l’État minimal est devenue la religion des républicain américains, en opposition au « new deal » des démocrates.
L’Ultra Libéral, estimant ne pouvoir, via l’État, contrôler l’économie, pose que l’État ne sert à rien et doit donc disparaître, ou, s’il subsiste, être le plus petit possible. Toutes les missions régaliennes sont externalisées, et l’État n’a plus qu’un rôle minimal de représentation internationale.
D’où la logique de vente des sociétés nationales, profitables ou non, et des baisses d’impôts. En effet, l’État ne faisant rien, il n’a besoin que de pas grand-chose pour subsister. De plus, la baisse des ressources étranglant le fonctionnement de l’État (State Starvation), il est facile aux Ultra Libéraux de montrer que l’État fonctionnant mal il est donc nécessaire de s’en passer. CQFD.

De manière générale, les pays émergeants ont des politiques économiques alternatives. Les promoteurs du libre échange, de l’Ultra Libéralisme sont toujours les plus forts. Il est, en effet, bien plus simple d’envisager l’abolition de toutes les règles lorsqu’on se sent puissant que lorsqu’on se sait vulnérable.
Par contre rien n’empêche de choisir une théorie en fonction de sa position présente, quitte à en changer lorsqu’on aura une position dominante.
Les valeurs socialistes sont, elles, intangibles. Économie alternative, avec présence d’un état fort. Lorsque la situation du pays le met en position de force, sa puissance acquise est mise au service de tous. Pas question d’en profiter pour écraser les autres pays. Les valeurs de fraternité, de solidarité, d’entraide fonctionnent également dans le domaine économique. C’est pourquoi un Libéral et encore moins un Ultra libéral, quelque soit son discours ne sera jamais un Socialiste.
A.R.

Nicolas Sarkozy : de la volonté de puissance à la tentation de l’autoritarisme

Filed under: 20 - UMP — iledere @ 18:30

Nicolas Sarkozy : de la volonté de puissance à la tentation de l’autoritarisme

I) Nicolas Sarkozy, une ambition boulimique
Une obsession : « Je veux … »
Après étude statistique , la formule « je veux » représente 1,25% de tous les mots employés par NS. A titre de comparaison, la « France », objet de cette volonté, ne représente que 0,56% des mots employés. Sa posture volontariste est son premier article de vente
Cette mise en scène de soi comme incarnation d’une volonté inflexible lui permet d’escamoter la plupart des critiques sur son bilan aux affaires
Ainsi, quand il évoque son bilan à l’Intérieur, NS demande à être jugé sur ses intentions (lutte contre l’insécurité et l’immigration) plus que sur les résultats de son action (quadrillage policier aussi incessant qu’inutile, lois s’empilant les unes sur les autres, etc.). Difficultés et échecs sont toujours à rejeter sur les autres (les juges, les éducateurs, les autres pays,…). Privilégiant une éthique de conviction sur une éthique de responsabilité, NS illustre en permanence la confusion entre vouloir et agir
Cette posture lui permet aussi d’escamoter les dérives personnelles d’une ambition effrénée
Sa formule magique « Je veux être le Président » représente à elle seule 0, 68% de tous les termes qu’il emploie ! « La seule chose qui m’intéresse, c’est d’être un jour président de la République. » (Le Parisien, 11/03/2005). La franchise de l’aveu permet de masquer sa mégalomanie et son goût pour les fastes du pouvoir qu’il a montré et montre dans toutes ses fonctions ministérielles. Ce n’est pas demain que les dépenses de l’Élysée seraient réduites !
II) Entre concentration des pouvoirs et confusion des genres
Son ambition sans borne l’amène à cumuler les mandats et les fonctions (mairie de Neuilly, présidence du Conseil Général des Hauts de Seine, ministre d’Etat, président du parti majoritaire) sans se soucier des conflits d’intérêt ni des mélanges de genre
Ainsi, son mépris de la séparation des pouvoirs, avec ses mises en cause répétées des juges, qu’il critique pour leur prétendu laxisme alors même qu’ils n’ont jamais été aussi répressifs (10 000 détenus de plus sur 2002-07). « Le président du tribunal de Bobigny refuse de condamner les multirécidivistes, il faut le remplacer ! » (A vous de juger, 30/11/2006)
Ainsi, son utilisation des moyens de l’Etat à des fins personnelles et partisanes, avec l’instrumentation des RG, pour se défendre (« Je vais redevenir le patron de ceux qui ont fait des enquêtes sur moi. Certains doivent mal dormir depuis qu’ils savent que je reviens » déclare-t-il au Parisien en 2004) comme pour attaquer (l’espionnage de l’entourage de SR)
Sa boulimie de pouvoir laisse bien mal augurer de ce que pourrait être l’autorité dans « l’État irréprochable » qu’il prône :
Ainsi, sa conception du rôle présidentiel comme celui d’un super premier ministre : « La démocratie irréprochable c’est un président qui s’explique devant le Parlement. C’est un président qui gouverne. C’est un président qui assume. On n’élit pas un arbitre mais un leader ». Comment croire en ce dirigisme omniscient qui a déjà échoué avec Juppé en 1995 ? La méthode est mauvaise, les conflits certains…
Ainsi, l’absence dans son projet (à la différence de SR) de toute mesure concrète pour rééquilibrer les pouvoirs. NS ne dit rien sur le rôle du Parlement, sur la nécessité de contre pouvoirs, sur la décentralisation de l’autorité, sur la démocratie participative, et tout simplement sur le rôle des citoyens dans la vie publique.

III/ Derrière, le tempérament autoritaire
Une agressivité verbale frisant l’hystérie
Ainsi, sa gestion des conflits dans les banlieues, où il joue le pompier pyromane (52 % des habitants de banlieue estiment que ce sont ses propos qui ont le plus contribué aux émeutes ), multipliant provocations et amalgames (banlieues = immigration = délinquance = racaille)
Nicolas Sarkozy menace à l’occasion – et sur un ton très sérieux – toute personne susceptible de le gêner ou de l’interpeller sur son action
« Un jour, je finirai par retrouver le salopard qui a monté cette affaire et il finira sur un crochet de boucher » (F.-O. Giesbert, la Tragédie du Président – à propos de Clearstream). Au Parlement, les socialistes sont accusés à plusieurs reprises de préférer « leur parti à leur pays ». Il a même menacé un député de l’opposition (Henri Emmanuelli), suite à une question au gouvernement, le 27/04/2004 : « Fais gaffe à toi, fais gaffe, fais bien attention à toi ! »
Nicolas Sarkozy recourt enfin facilement à l’intimidation et aux représailles
Ainsi, entre autres exemples, l’éviction d’Alain Genestar : « Pour la première fois, l’ancien directeur de la rédaction de Paris Match, Alain Genestar, met publiquement en cause le rôle de Nicolas Sarkozy dans son licenciement : « Le ministre de l’Intérieur, quand il affirme n’être pour rien dans mon licenciement, ne dit pas la vérité » (Libération, 17/11/2006)
IV) Une réelle volonté de remise au pas du pays
A partir du constat que la France aurait besoin d’autorité (« Je sais que notre pays a un fort besoin d’autorité, il faut le satisfaire. » – Le Progrès, 23/02/2006), NS développe la vision d’un ordre social réactionnaire adossé à deux piliers principaux
La criminalisation à tout va et la mise en place d’un ordre répressif dès la maternelle, avec une répression qui privilégie le « chiffre » et la mise en scène (« En affectant des CRS dans les banlieues sensibles (…), je fais de la police de proximité » – La Gazette des Communes, 21/11/2005), qui met les libertés en péril et attise les tensions entre la police et la population. Mieux, la santé publique et l’école passent au service du maintien de l’ordre : « Il faut agir plus tôt, détecter chez les plus jeunes les problèmes de violence. Dès la maternelle, dès le primaire, il faut mettre des équipes pour prendre en charge ces problèmes. Dès la maternelle ? Oui. » (Le Parisien, 2/11/2005)
La religion comme facteur privilégié d’encadrement social : « On ne peut éduquer les jeunes en s’appuyant uniquement sur des valeurs temporelles, matérielles, voire même républicaines (…) la dimension morale est plus solide, plus enracinée, lorsqu’elle procède d’une démarche spirituelle, religieuse » – in Nicolas Sarkozy. – La République, les religions, l’espérance. – p. 163) – avec une attention particulière à l’Islam : « Certains des jeunes dans les banlieues qui n’ont rien dans la tête… La religion peut être un soutien pour eux. » (Cent minutes pour convaincre, France 2, 9 décembre 2002)
Alors, oui, face à Nicolas Sarkozy, les Français peuvent vraiment s’inquiéter

Un exemple de manipulation : travailler plus pour gagner plus

Filed under: 06 - Travail-Entreprises — iledere @ 18:28

Un exemple de manipulation : travailler plus pour gagner plus

Marie-Antoinette à qui l’on disait que les Français réclamaient du pain, répondait : « qu’ils mangent des brioches ».
Nicolas Sarkozy interrogé sur la question du pouvoir d’achat des Français et des travailleurs pauvres répondrait : « qu’ils fassent des heures supplémentaires! »
I) D’abord qui seraient les bénéficiaires d’une telle mesure et ceux qui en seraient exclus?
Par définition, la cible de la mesure est les salariés ou fonctionnaires qui effectuent des heures supplémentaires (c’est-à-dire des heures effectuées au delà de la durée légale qui reste fixée à 35 heures hebdomadaires ou 1607 heures par an).
Seraient donc exclus :
– les salariés pour lesquels il n’y a pas de décompte horaire du travail et notamment les nombreux cadres ou les salariés ayant été considérés comme tels dans les accords de branche ou d’entreprise. Pour ces salariés bénéficiant de forfaits jours par an, la durée du travail se compte en jours travaillés et non en heures travaillées.
– – les travailleurs indépendants (chefs de petites entreprises par exemple qui se paient sur les bénéfices réalisés et n’ont pas de décompte horaire du travail)
– – les professions libérales.
Au sein du monde du travail, tous ne pourraient pas non plus bénéficier de la mesure d’exonération des heures supplémentaires de l’IR.
La constitutionnalité d’un tel dispositif n’est pas assurée. Et certains experts à l’UMP ont commencé à s’interroger sur cet aspect.
II) Mais même si l’on n’évoque que ceux qui, parmi les salariés, pourraient bénéficier de l’exonération de leurs heures supplémentaires. Que risque-t-il de se passer?
Premier risque : tassement du taux horaire de salaire à terme et introduction dans les négociations salariales d’un élément fiscal qui en est aujourd’hui absent
L’employeur peut au moment de l’embauche présenter un salaire équivalent à la durée légale tout en faisant « miroiter » un salaire bien supérieur grâce au double effet des heures supplémentaires : elles sont majorées et en plus elles donnent lieu à exonération d’impôt.
Deuxième risque : le délitement des démarches collectives pour privilégier des relations bilatérales entre le salarié et l’employeur, voir une lutte entre les salariés pour mériter d’effectuer ces fameuses heures supplémentaires .
Ségolène Royal propose une grande conférence salariale avec l’ensemble des partenaires sociaux (organisations syndicales et patronales).
Nicolas Sarkozy propose, lui, que chaque salarié tente « d’arracher » quelques heures supplémentaires à son employeur afin de gagner plus.
C’est une inversion de la logique : « si vous vous plaignez de pas assez bien gagner votre vie, peut-être n’avez-vous pas fait assez d’heures supplémentaires ; peut-être n’êtes-vous pas un bon employé, pas assez méritant, puisque l’employeur – que semble avoir dans l’esprit de Nicolas Sarkozy. – ne vous a pas choisi, vous ».
Troisième risque : par le biais de l’exonération des heures supplémentaires au titre de l’impôt sur le revenu, l’État deviendrait un acteur à part entière de la logique salariale.
La Direction générale des Impôts devient un acteur de la politique de l’emploi et de la politique salariale!
Elle doit vérifier que tel contribuable – qui se trouve être également salarié dans telle entreprise – a déclaré tel nombre d’heures supplémentaires donnant lieu à tel montant d’exonération. Tout cela reposerait sur une logique déclarative, entre le salarié et l’employeur.
On imagine déjà dans quelques années les titres des rapports de l’IGAS ou de la Cour des comptes sur cette question : « Fraude à l’exonération des heures supplémentaires »…
Quatrième risque : la tentation du « faux » temps partiel
Une fois que la logique d’exonération d’IR et de cotisations sociales est lancée, pourquoi s’arrêter aux seules heures supplémentaires? Pourquoi pas les heures complémentaires (c’est-à-dire les heures de travail effectuées au-delà de la durée contractuelle de travail pour les salariés travaillant à temps partiel)? Ainsi un(e) salarié(e) (dans la grande distribution) pourrait avoir un contrat à 30 heures par semaine et effectuer systématiquement 35 heures hebdomadaires, mais les 5 heures complémentaires entre 30h et 35h seraient exonérées de cotisations sociales et d’IR pour le salarié… Cela serait un « faux » temps partiel mais, une vraie aubaine pour les employeurs qui seuls décideraient de l’attribution des heures supplémentaires ou complémentaires.
Cinquième risque : l’aggravation du déficit de la Sécurité sociale
Les charges sociales et patronales, quoi qu’en pense Nicolas Sarkozy, servent à quelque chose : ce sont elles qui finjancent les dispositifs de solidarité et notamment les différentes caisses de sécurités sociales.
Ces caisses, qui avaient été équilibrées pendant les trois dernières années du gouvernement Jospin, sont aujourd’hui à nouveau gravement déficitaires. Et Nicolas Sarkozy, en proposant d’ouvrir aux employeurs la possibilité d’attribuer des heures supplémentaires exonérées, au lieu de créer de nouveaux emplois, n’améliorera pas la situation…

Cette proposition de Nicolas Sarkozy –qui est sa mesure phare !- est injuste, serait peu efficace en termes de pouvoir d’achat, difficile à appliquer, voire inconstitutionnelle au plan juridique, et plus encore dangereuse pour l’existence même de la négociation collective.

Sarkozy : candidat du salariat jetable

Filed under: 03 - Economie — iledere @ 18:26

Sarkozy : candidat du salariat jetable

Les prises de position répétées de Nicolas SARKOZY en faveur d’une possibilité de rupture du contrat de travail par consentement mutuel confirment que le candidat de l’UMP est d’abord le porte-parole du MEDEF et du patronat le plus rétrograde.

Le Parti socialiste rappelle que la rupture amiable du contrat de travail existe déjà en droit français, et a pour conséquence normale que le salarié ne peut alors se prévaloir de l’assurance-chômage.

Dès lors, la proposition du MEDEF, aujourd’hui reprise par Monsieur SARKOZY, n’est destinée qu’à remplacer l’actuel droit du licenciement par un droit de la « séparabilité », chère à l’organisation patronale, qui priverait le salarié de tout droit de recours contre l’employeur.

Dans ces conditions, le contrat de travail unique proposé par Nicolas SARKOZY serait en réalité, au mieux un CPE pour tous, et plus probablement un contrat dont la rupture ne pourrait pas être contestée par le salarié.

Cette évolution reviendrait à instituer dans notre pays le principe du salarié jetable à tout moment, sans motif, en appliquant aux relations sociales les principes de résiliation contractuelle du droit commercial.

A l’opposé de ce projet de régression sociale généralisée, Ségolène ROYAL propose de faire du CDI la référence en droit social, en incitant financièrement les entreprises à recourir à cette forme d’emploi stable et pérenne.

Ségolène Royal sera la Présidente du travail pour tous

Filed under: 03 - Economie — iledere @ 18:21

Ségolène Royal sera la Présidente du travail pour tous

I) L’enjeu

Un diagnostic s’impose : En France, le chômage ne baisse pas, sauf dans les statistiques officielles, la précarité se répand, le nombre de Rmistes a augmenté de plus de 250 000 depuis 2002. 70 % des embauches se font avec des CDD et de l’intérim.

Dans ses voeux aux Français du 4 janvier 2007, Ségolène Royal avait relevé :
« Je sens monter dans le pays une inquiétude croissante, une colère parfois, une exaspération souvent. Ce sentiment insupportable de ne plus pouvoir maîtriser son existence, vivre dignement de son travail, progresser et espérer mieux pour ses enfants. Et en même temps, le progrès social n’est pas toujours au rendez-vous : pour des millions de salariés, le travail ne paye pas et l’on compte aujourd’hui, malgré la richesse de la France, 2,5 millions de ces travailleurs pauvres qui sont d’ailleurs en majorité des travailleuses pauvres, souvent contraintes d’accepter des emplois à temps partiel ».

Cette inquiétude s’est retrouvée dans les débats participatifs. Ceux-ci ont en effet beaucoup porté sur la précarité du travail. Cette précarité touche même les diplômés, qui enchaînent, faute de trouver un emploi, des stages non rémunérés. L’ascenseur social est bloqué. Dans ce système aggravé par la politique menée par la droite depuis cinq ans, seuls les plus favorisés s’en sortent.

II) DES PROPOSITIONS COHERENTES POUR REHABILITER LA VALEUR TRAVAIL

Ce ne sont pas les 35 heures mais la droite qui détruit la valeur travail. « La politique de la droite a été profondément destructrice de la valeur travail car elle a érigé en norme la précarité pour le plus grand nombre. » (Article de la candidate dans les Echos en date du 19 mai 2006)

Des mesures fortes pour lutter efficacement contre la précarité

1- Conditionner les aides publiques aux entreprises à l’engagement de ne pas licencier quand l’entreprise dégage des profits substantiels et obtenir le remboursement en cas de délocalisation.
2- Moduler les aides aux entreprises et les exonérations de cotisations sociales, en fonction de la nature des contrats de travail, et supprimer le contrat nouvelle embauche (CNE) pour faire du CDI la règle.
3- Développer la négociation collective à tous les niveaux et sur tous les thèmes, notamment sur les questions d’organisation du travail, de conditions de travail, d’aménagement du temps de travail, de pénibilité, de temps partiel subi. Sur les 35 heures, Ségolène Royal propose l’ouverture de négociations pour déterminer comment on peut consolider cet acquis et réduire ses effets négatifs pour les ouvriers et les employés.

Les moyens de sécuriser l’entrée des jeunes dans la vie active

4- Créer le droit au premier emploi des jeunes, pour qu’aucun jeune ne reste au chômage au-delà de six mois sans avoir un accès à une formation, un emploi aidé ou un tutorat rémunérés. Ségolène Royal propose d’ouvrir 500 000 emplois tremplins aux jeunes, en généralisant la mesure prise par les régions de gauche.
5- Instaurer un plan à taux zéro de 10 000 euros en faveur de chaque jeune pour l’aider à construire un projet.

Favoriser le retour à l’emploi

6- Instaurer un revenu de solidarité active (RSA) permettant l’amélioration d’un tiers de ses ressources à tout bénéficiaire de minima sociaux reprenant le travail.
7- Renforcer la qualification et la capacité de revenir à l’emploi des salariés menacés de licenciement : mettre en œuvre systématiquement une démarche de validation des acquis de l’expérience professionnelle et reconnaître à chacun un droit à la formation et à la reconversion inversement proportionnel à la durée des études.
8- Mettre en place une sécurité sociale professionnelle garantie par l’Etat et permettant à chaque personne privée d’emploi de se voir proposer par les pouvoirs publics un contrat de droits et devoirs comportant une rémunération, pendant un an, égale à 90 % du dernier salaire net perçu, une formation qualifiante, une aide personnalisée à la recherche d’emploi. Cette prestation sera assurée par le service public de l’emploi.

III) UNE VISION D’ENSEMBLE DU DEVELOPPEMENT DURABLE

Dans son discours du 11 février, la candidate est revenue sur sa conception du développement durable qui « repose aujourd’hui sur les trois piliers que sont l’économique, le social et l’environnemental (…), la défaillance d’un seul peut faire crouler le tout. Nous sommes la cinquième puissance économique mondiale, mais nous devons ce rang au travail des Français qui conquièrent des marchés, qui innovent, qui prennent des risques et qui travaillent dur. (…) Nous ne tiendrons durablement ce rang que si nous recréons notre capacité à mobiliser les compétences, à motiver les salariés et à créer en fait ce vrai dialogue social qui reste en France si terriblement archaïque. L’inventivité des entrepreneurs doit être reconnue, mais la dignité du travail doit être respectée et même remise à l’honneur. »


Le travail pour tous, c’est cela valoriser le travail

« Page précédente

Plate-forme de blogs du Parti socialiste | Propulsé par Wordress Mu | Articles (RSS) et Commentaires (RSS)
Sauf mention contraire, le contenu de cette page est sous contrat Creative Commons Creative Commons