Section socialiste de l'île de Ré
Le courage, c'est de chercher la vérité et de la dire. Jean Jaures – Psiledere@aol.com

24 mai 2007

La politique version Sarkozy

Filed under: 20 - UMP — iledere @ 18:55

sarko-salut-romain-ap2.jpgNicolas Sarkozy met au panier la règle du non-cumul entre portefeuille ministériel et exécutif local. Les cinq ministres concernés -Alain Juppé, Xavier Darcos, Eric Woerth, Hervé Morin et Eric Besson- n’auront pas à renoncer à leur mairie, a décidé le chef de l’Etat, rompant ainsi avec une pratique installée, avec quelques ratés, depuis 1997.

Selon un proche de Nicolas Sarkozy, le nouveau président n’entend pas reconduire la discipline imposée pour la première fois aux membres du gouvernement par le Premier ministre socialiste Lionel Jospin en 1997, puis reprise par Jacques Chirac à partir de 2002. Les ministres pourront donc désormais cumuler leurs fonctions au gouvernement avec un poste de maire ou de président de conseil général.

Il est vrai que l’exemple vient d’en haut: Nicolas Sarkozy avait mené de front à partir de 2005 les postes de ministre de l’Intérieur, de président du conseil général des Hauts-de-Seine et de président de l’UMP.

Cette décision présidentielle a de quoi réjouir le ministre de l’Ecologie et maire de Bordeaux (Gironde) Alain Juppé, le ministre de l’Education nationale et maire de Périgueux (Dordogne) Xavier Darcos, le ministre du Budget et maire de Chantilly (Oise) Eric Woerth, le ministre de la Défense et maire d’Epaignes (Eure) Hervé Morin et le secrétaire d’Etat et maire de Donzère (Drôme) Eric Besson.

Cette décision pourrait aussi décomplexer certaines ambitions pour les municipales de 2008, telles que celles de Brice Hortefeux, qui vise la mairie de Clermont-Ferrand (Puy-de-Dôme), ou Roger Karoutchi, candidat à Nanterre (Hauts-de-Seine).

D’autres, qui s’étaient pliés en 2002 aux ordres du président Jacques Chirac, pourraient aussi vouloir reconquérir leur mairie. Cela pourrait être le cas de la ministre de l’Intérieur Michèle Alliot-Marie, qui avait dû céder son fauteuil de maire de Saint-Jean-de-Luz (Pyrénées-Atlantiques), ou du secrétaire d’Etat aux Transports Dominique Bussereau, qui avait démissionné de son poste de maire de la petite commune de Saint-Georges-de-Didonne (Charente-Maritime).

Ce changement de jurisprudence devrait faire réagir la gauche, qui a défendu pendant la campagne présidentielle le principe du non-cumul des mandats. Ainsi, la candidate socialiste Ségolène Royal a renoncé à se présenter aux législatives dans les Deux-Sèvres pour ne pas cumuler avec sa présidence de la région Poitou-Charentes.

La loi sur la cumul des mandats de 2000 n’interdit pas d’être à la fois chef d’un exécutif local et ministre. Voulue par Lionel Jospin puis Jacques Chirac, cette règle non écrite avait d’ailleurs connu des ratés de plus en plus fréquents ces dernières années.

Ministre, Marie-Josée Roig n’avait ainsi jamais renoncé à sa mairie d’Avignon, tout comme Hubert Falco à Toulon. Le ministre de la Justice Pascal Clément était resté président du conseil général de la Loire, tout comme Christian Estrosi dans les Alpes-Maritimes.

Et les maires qui avaient renoncé à leur fauteuil avaient de toute façon confié ce poste à des proches, conservant la plupart du temps la place de premier adjoint au conseil municipal.

Les onze ministres candidats aux législatives, à commencer par le Premier ministre François Fillon, candidat dans la Sarthe, ou son numéro deux Alain Juppé, devront en revanche choisir entre l’Assemblée nationale et le gouvernement, la Constitution interdisant le cumul entre fonctions exécutive et législative. En cas de victoire les 10 et 17 juin, ils confieront donc leur siège dans l’hémicycle à leur suppléant.

En revanche, gare aux perdants. Selon ce proche de Nicolas Sarkozy, ceux qui seraient battus aux législatives pourraient bien voir leur portefeuille ministériel remis en cause par le chef de l’Etat. De quoi motiver les troupes. AP

3 réponses à “La politique version Sarkozy”

  1. noname dit :

    C’est donc la police qui entame le bal des nominations consécutif à l’arrivée de chaque nouveau président. Frédéric Péchenard, un proche de Nicolas Sarkozy, a été nommé mercredi en conseil des ministres directeur général de la police nationale, tandis que Michel Gaudin prend la tête de la préfecture de police de Paris.

    Péchenard, qui est un ami d’enfance du chef de l’Etat -leurs mères étaient amies et voisines-, avait retrouvé Sarkozy, maire de Neuilly-sur-Seine, lors d’une prise d’otages dans une maternelle en 1993.

    Michel Gaudin remplace pour sa part le chiraquien Pierre Mutz à la préfecture de police de Paris, poste hautement stratégique. Il se voit ainsi récompensé de sa fidélité à Claude Guéant, le secrétaire général de l’Elysée.

  2. Eva Joly dit :

    L’ex-juge d’instruction Eva Joly a estimé jeudi que l’état de la démocratie en France était « plutôt inquiétant », dénonçant notamment les « conditions berlusconiennes » de la nomination d’un proche de Nicolas Sarkozy à la direction de TF1, « machine de guerre pour la propagande ».

    « La démocratie ce n’est pas invoquer Jaurès ou Blum, la démocratie c’est des institutions qui fonctionnent et c’est la confiance dans les institutions », a déclaré sur RTL l’ancienne magistrate de l’affaire Elf. « Une démocratie ça se mesure à sa presse indépendante et à sa justice indépendante et je trouve que ce que nous voyons en France est plutôt inquiétant », a-t-elle ajouté.

    « Nous voyons un président de la République qui fête sa victoire d’élection avec Martin Bouygues (président du groupe) et qui téléphone le 8 mai à Omar Bongo (président gabonais, au pouvoir depuis 1967, il a instauré un régime de parti unique de 1968 à 1990, ndlr) pour le remercier de ses bons conseils et qui ensuite, le 22 mai, nomme son directeur adjoint de campagne (Laurent Solly), directeur adjoint de TF1 », a relevé Eva Joly.

    L’ancienne magistrate s’est offusquée de ce « mélange des genres » d’autant que la nomination de M. Solly a « été annoncée par l’Elysée ». « Pour moi c’était une violation d’une règle fondamentale en démocratie », a souligné l’ancienne magistrate franco-norvégienne, devenue conseillère spéciale du gouvernement norvégien contre la corruption et le blanchiment. TF1, « qui a jusqu’à 50% de parts de marché en France », est « vraiment une machine de guerre pour la propagande », a-t-elle dénoncé.

    « Cela me paraît des conditions assez berlusconiennes et je souhaite mieux pour mon pays », a aussi déclaré Eva Joly.

  3. MARNAY dit :

    Au train où vont les « choses » Notre exceptionnel » Président devrait permettre à chaque Ministre d’être également député, sénateur, conseiller régional, conseiller Général, Président de communauté d’agglomération ou de communes sans oublier d’être maire mais à condition d’exécuter d’une manière absolue les ordres de leur « Vénéré Maître » !

    Ce serait vraiment la rupture et la majorité des français actuellement est capable d’accepter cette situation (seulement pour quelques mois j’en suis certain).

    Pour démontrer que le parlement ne servira à rien sous « l’ère » de « Sa Majesté » , Les médias viennent d’annoncer que le nouveau « Messie » accorde une réduction d’impôts pour les acquisitions de résidences principales à compter de la date de la nativité de cet « être unique ».

    Décision prise sans que ce texte de loi soit validé par le parlement (p minuscule, car le nouveau parlement tel qu’il se prépare je ne pourrais le respecter).

    C’est une première mais malheureusement ce n’est pas une dernière.

    Je suppose maintenant pourquoi de nombreuses ventes sont actuellement bloquées dans les études de notaires qui se traduisent par des baisses importantes de formalités dans les services administratifs.

    Ces études devaient être au courant avant les élections présidentielles.

    le « Majestueux » sera prêt à annoncer d’autres mesures dites « populaires » pour ratisser le maximum de voix pour qu’il soit plébiscité.

    Il a parlé de  » l’inné » je le comprends, compte tenu de ses aieux qui étaient de très aisés proprétaires fonciers sous le régime aristocratique qui existait en Hongrie, il veut peut-être instauré un système politique sensiblement identique dans notre République.

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