Section socialiste de l'île de Ré
Le courage, c'est de chercher la vérité et de la dire. Jean Jaures – Psiledere@aol.com

28 mai 2007

L’état Sarkozy en marche.

Filed under: 09 - Evènement — iledere @ 10:59

as_sarko.jpgCe n’est pas la reconduction d’un sans papier qui m’a inspiré le titre de ce post, car des charters, (inaugurés par Pasqua, son père en politique) Sarkozy nous y a, hélas, habitué… Mais là, la police, s’en prend avec violence à l’expulsé, et en plus menace les témoins…

Est-ce là l’image de la société que nous voulons laisser à nos enfants ?

Un vol Paris – Bamako annulé du fait de brutalités sur un sans-papiers à bord

Des passagers d’un vol d’Air France Paris-Bamako (Mali) ont protesté dimanche contre les conditions d’expulsion d’un sans-papiers malien, entraînant l’annulation du vol, a appris APA auprès du Réseau Education sans frontières (Resf), organisation qui soutient les familles de sans-papiers. Selon le Resf, l’homme âgé d’une quarantaine d’années avait été embarqué à bord du vol AF 796 d’Air France et devait être expulsé vers son pays d’origine, le Mali pour défaut d’autorisation de séjour sur le sol français.

C’est, une fois à bord de l’avion, que la situation a dégénéré en raison notamment « des mauvais traitements infligés au sans-papiers ».

Dans une déclaration commune, les passagers du vol ont fait un témoignage recueilli par le Réseau éducation sans frontières, dont les membres ont été dépêchés à l’aéroport pour suivre le déroulement de la scène.

Relatant au détail le film de la tentative avortée d’expulsion, des passagers du vol expliquent : « Quelques minutes avant la fermeture des portes, des cris au dernier rang de l’avion. Une reconduite à la frontière classique. Deux personnes tentent de contenir un homme d’une quarantaine d’années qui se débat violemment… »
« S’ensuit une scène d’une grande violence : l’un des policiers pratique un étranglement sur le passager, l’autre lui assène de grands coups de poing dans le ventre. Ses hurlements se transforment en plaintes rauques », ont-ils fait savoir.
Et l’un d’eux d’ajouter : « Sous les huées des passagers, l’homme finit par être immobilisé et sanglé. Il perd connaissance, yeux révulsés, langue pendante, écume aux lèvres. Un mouvement de panique gagne les policiers. Ils prennent alors la décision de l’évacuer ».
« Autour de nous, de nombreux passagers imaginent que l’homme est mort, ce qui fait encore monter d’un cran l’émotion. Des femmes pleurent, des gens convergent de tout l’appareil, ajoutant à la confusion ».

Selon les passagers, l’homme, en raison de l’état dans lequel il se trouvait, a été évacué par ambulance vers une destination inconnue, tandis que l’un des voyageurs, Michel Dubois, désigné comme le leader des protestataires, a été placé en garde à vue.
Ce qui suscite colère et indignation auprès du Resf. En fait, l’organisation de défense de familles de sans-papiers se pose une série de questions à propos du sans-papiers : « Quel est son état de santé ? Où est-il ? Quel est le sort auquel il est promis ? »
Le Resf, qui tient à rappeller que « de telles pratiques d’une extrême violence sont inadmissibles », exige qu’aucune poursuite ne soit engagée contre Michel Dubois ou contre tout autre passager.
Par ailleurs, il demande « instamment à Air France de prendre ses responsabilités envers les passagers dont elle assure non seulement le transport, mais aussi la sécurité en condamnant avec la plus extrême fermeté, ces violences ».
« Ce sont les forces de police qui, par leur brutalité, ont contraint les passagers à intervenir pour les faire cesser devant l’inaction d’Air France », estime le Réseau Education sans frontière.

7 réponses à “L’état Sarkozy en marche.”

  1. dathLayenny dit :

    Hello!
    Nice site 😉
    Bye

  2. RESF Communiqué dit :

    L’HUMANITE DANS LES MOTS, LA BRUTALITE DANS LES FAITS
    Le Malien dont l’expulsion a été empêchée le 26 mai par l’intervention de passagers indignés des violences qu’il subissait sur le vol Air France Paris-Bamako est libre.
    En effet, bien que la police l’ait particulièrement chargé en portant plainte pour trois motifs (« opposition à une mesure d’éloignement », « refus d’embarquement » et « coups et blessures contre un policier »), le Juge des libertés et de la détention du TGI de Bobigny a décidé de ne pas le traduire en comparution immédiate, de le libérer et de le convoquer en justice le 28 juin. Une décision qui est un démenti cinglant aux rumeurs colportées aussi bien par les policiers dans l’avion que par un collaborateur du ministre tendant à le faire passer pour un dangereux délinquant.
    Les conditions de brutalité particulièrement choquantes dans lesquelles s’est déroulée cette tentative d’expulsion sont aussi un démenti sans appel aux propos du nouveau ministre qui, dans ses déclarations, prétend conjuguer “fermeté et d’humanité” (« l’un ne va pas sans l’autre ») alors que dans les faits, la brutalité et elle seule préside aux expulsions.
    Cette violence à l’égard des expulsés s’accompagne d’une volonté de plus en plus affirmée de réprimer tous ceux qui seraient tentés de ne pas laisser faire, de ne pas se taire, de ne pas fermer les yeux.
    Cette affaire, qui a conduit à l’annulation du vol du 26 mai pour Bamako place Air France devant ses responsabilités : rien, aucune loi, aucun règlement n’oblige une compagnie aérienne, privée de surcroît à accepter des voyageurs contraints sur ses vols, menottés, parfois bâillonnés, attachés à leur siège et tabassés quand ils protestent. Les clients de la compagnie ne prennent pas non plus des billets Air France pour être menacés par la police quand ils s’élèvent contre des scènes choquantes, et, pour certains d’entre eux, évacués de force de l’avion, molestés, placés en garde à vue et poursuivis comme le sont Kadidja et François Auguste traînés en justice et menacé de 5 ans de prison et 18 000 € d’amende pour n’avoir pas toléré les conditions inhumaines imposées aux reconduits. Les passagers d’Air France achètent des billets pour se déplacer dans des conditions normales de sécurité et de confort. Ils veulent voyager dans un avion, pas dans un fourgon cellulaire volant.

  3. MARNAY dit :

    Je ne sais plus si c’est de SARKO ou des « 53% de français » que l’on doit avoir peur !

    Comment peut-on imaginer que la majorité de nos compatriotes puissent couvrir de tels actes ou sont-ils conditionnés pour penser que tous les maux de notre société sont dus aux plus démunis.

    C’est vrai que notre « fabuleux rhéteur » depuis 5 ans n’a pas manqué ( bien aidé par les médias) de soulever et d’amplifier certains faits divers qui ne pouvaient que générer le développement d’idées particulièrement détestables et intolérables.

    Combien de temps cela va encore durer ?

    J’en profite pour évoquer le fameux slogan de notre « grand coureur de fond » à savoir « travailler plus pour gagner plus ».

    1er cas : un jeune ingénieur, travaillant dans une filiale d’un des capitaines d’industrie ayant la mainmise sur des médias (sans oublier l’amitié qui le lie à « l’homme du moment »), a un salaire de 2500 euros brut (basé sur 14 mois), salaire qui peut paraître convenable, mais sur la base d’une durée de travail hebdomadaire de 65 à 70 heures !

    2ème cas : Dans une chaîne de restaurant très connue, les serveuses et serveurs sont payés au nombre de repas servis et le rythme de travail est effrayant ainsi que le nombre d’heures de travail sur la base du SMIC.
    Si pas contents vous partez, basta!.

    Pour notre « grand humaniste » qu’appelle t-il « travailler plus » c’est 40 h 50 h, 60 h, 70 h, 80h etc…
    Il serait bon de fixer un plafond, il me semble !

    Ce sont deux faits malheureusement réels mais ce qui est pire : il y a encore plus pire!

    Il est vrai que pour Sarko, ce qui compte c’est l’efficacité et le résultat ; les conditions pour obtenir « efficacité et résultat », il s’en fout (voir ses différentes positions pendant sa campagne et il continue et il continuera…)

    Je crois que notre « divin président » qui se dit le président de tous les français devrait faire un audit sur les conditions de travail qu’offrent ses « amis intimes » à leurs salariés.

    Certes, notre « super man » risquerait de perdre certains avantages en nature particulièrement juteux.

    Je voudrais souligner qu’un fonctionnaire qui bénéficierait de tels avantages risquerait de certains ennuis voire d’ennuis certains.

    Je suis convaincu que « Monsieur Propre » exigerait de ses ministres que ce fonctionnaire « ripoux » soit sanctionné.

    Par ailleurs, pour la « fameuse journée de solidarité » au bénéfice de nos personnes âgées qui rapporte 2 milliards d’euros, aux dires d’un des
    serviteurs de notre « généreux président », ce budget serait insuffisant. Je propose à cette clique qu’elle calcule ce que représente les ristournes à verser « aux assistés méritants » et de les transférer sur le budget destiné aux personnes âgées.

    Cela éviterait la « grande messe » prévue en septembre !

    Que va t-il se passer si le raz de marée UMP annoncé se concrétise ?
    Pour moi l’élection « dudit président » c’est un cauchemar et l’arrivée à l’assemblée de son « armée » sera un calamité.

  4. RSF dit :

    Pour mémoire, les cas précédents de répression engagée contre des militants du RESF ou des personnes ayant agi dans le cadre de ses actions.

    * Michel Guérin jugé pour diffamation à l’encontre d’un préfet, sur plainte du ministre de l’Intérieur de l’époque, M. Sarkozy après avoir protesté dans un courrier contre l’expulsion du journaliste Elvis Kouanga Kazeta. Le verdict est en délibéré.

    * Florimond Guimard, instituteur de Marseille, accusé de violence en réunion avec arme par destination pour avoir empêché, le 11 novembre 2006, l’expulsion d’un père algérien de 2 enfants à l’aéroport de Marignane. En réalité, il s’est contenté de suivre avec sa voiture le véhicule de police qui transportait l’expulsé. Il sera jugé le 22 octobre et risque 3 années de prison et 45 000 euros d’amende.

    * Kadidja, passagère du vol Paris-Bamako du 29 novembre 2006 a protesté avec d’autres contre la présence à bord d’un reconduit qu’elle pensait être Daïm, étudiant toulousain que ses camarades du RUSF et du RESF étaient venu défendre à Roissy. Elle risque 5 années de prison et 18 000 euros d’amende pour entrave à la circulation d’un aéronef.

    * Le 2 décembre 2006, François Auguste, vice-président de la Région Rhône-Alpes, s’adressait aux passagers d’un vol Lyon-Paris pour tenter d’empêcher l’expulsion d’une famille. Jeté à terre, molesté, placé en garde-à-vue, il est accusé d’entrave à la circulation d’un aéronef. Il sera jugé le 26 novembre à Lyon. Il risque 5 années de prison et 18 000 euros d’amende.

    * Tout récemment, quatre militants du Collectif de solidarité avec les Migrants et du RESF de Méru (Oise), par ailleurs militants FSU et CGT (dont le responsable de l’UL de Méru) ont été mis en examen pour diffamation envers le maire UMP de Méru pour avoir taxé de « délation » la volonté affichée du Maire de dénoncer les prétendus 10% de mariages blancs célébrés dans un quartier de la ville. Ils seront jugés le 29 mai au TGI de Beauvais

  5. iledere dit :

    In extenso le communiqué officiel des passagers du vol :

    TEMOIGNAGE DES PASSAGERS DU PARIS-BAMAKO DU 26 MAI 2007

    Samedi 26 mai. Vol AF 796 pour Bamako.

    Quelques minutes avant la fermeture des portes, des cris au dernier rang de l’avion. Une reconduite à la frontière classique.

    Deux personnes tentent de contenir un homme d’une quarantaine d’années qui se débat violemment. On croit d’abord à une bagarre entre passagers. Certains veulent les séparer mais en sont vite dissuadés par les policiers qui se font alors connaître. S’ensuit une scène d’une grande violence : l’un des policiers pratique un étranglement sur le passager, l’autre lui assène de grands coups de poing dans le ventre. Ses hurlements se transforment en plaintes rauques. Cette tentative de maîtrise dure dix bonnes minutes, peut-être plus, et suscite immédiatement chez les passagers un mouvement de protestation qui n’a aucun effet sur les violences en cours.

    L’un des passagers filme la scène avec son téléphone, ce qui énerve un peu plus la responsable de l’opération, qui menace d’arrestation les personnes les plus proches et photographie les protestataires.

    Pour tenter de faire taire tout le monde, la policière explique que l’homme n’est pas un simple sans papiers, mais un repris de justice, soumis à la double peine. Cela semble à ses yeux justifier la méthode et toute la violence exercée sur lui.

    Sous les huées des passagers, l’homme finit par être immobilisé et sanglé. Il perd connaissance, yeux révulsés, langue pendante, écume aux lèvres. Un mouvement de panique gagne les policiers. Ils prennent alors la décision de l’évacuer. Autour de nous, de nombreux passagers imaginent que l’homme est mort, ce qui fait encore monter d’un cran l’émotion. Des femmes pleurent, des gens convergent de tout l’appareil, rajoutant à la confusion. C’est alors qu’une bonne dizaine d’agents de la Police des Air et des Frontière, la PAF, fait irruption dans l’appareil.

    Désigné par la responsable de l’opération, Michel Dubois, qui comme nous tous avait pris part aux protestations, est débarqué pour auditions. D’autres passagers, choqués par cette arrestation, sont à leur tour menacés du même sort.

    A bord, on nous demande vainement de nous rasseoir, de nous calmer mais beaucoup exigent le retour de Michel Dubois. Un des policiers, visiblement dépassé par la situation, nous propose alors un marché : Michel pourrait réembarquer à condition que l’expulsé remonte lui aussi à bord. La balle était donc dans notre camp, nous serions responsable du retard de l’avion, et même de l’éventuelle annulation du vol. Michel devenait clairement une monnaie d’échange

    Cette proposition inacceptable est d’ailleurs tout de suite contredite par un policier de la PAF qui annonce la garde à vue de Michel Dubois et réitère ses menaces à l’égard des passagers qui campent sur leurs positions.

    Le commandant de bord finit par faire une annonce, dans laquelle il fait état de “manoeuvres” d’un individu refusant d’être reconduit dans son pays d’origine, et de manifestations d’une minorité de passagers pour expliquer l’annulation du vol.

    Nulle mention des violences dont nous avions été témoin, ni de l’état de santé du passager pourtant aperçu dans une ambulance stationnée au pied de l’appareil, toujours inconscient et sous assistance respiratoire.

    Nous sommes nombreux, comme Michel Dubois, à être choqués par la barbarie de la scène, par le traitement excessivement violent qui a été infligé sous nos yeux à cet homme, fut-il repris de justice, (ce dont il nous est d’ailleurs permis de douter, puisqu’afin de ne pas attirer l’attention des autres voyageurs, les policiers avaient d’abord décidé de le faire voyager sans le menotter).

    Nombreux aussi à avoir la désagréable impression d’avoir été pris en otage par les autorités et profondément choqués par l’attitude du Commandant de bord d’Air France qui n’est pas intervenu pour faire cesser ces violences les tolérant même au mépris de la sécurité des passagers qu’il se soit d’assurer et en prenant la responsabilité de faire annuler le vol empêchant du même coup des centaines de personnes de faire le voyage pour lequel elles avaient acheté un billet.

    Nous sommes enfin révoltés d’avoir été contraints de devenir complices des policiers en obéissant aux différentes injonctions et menaces proférées à notre encontre. Devions-nous laisser se dérouler sous nos yeux des actes d’une telle brutalité ?

    Pouvions-nous accepter l’arbitraire de l’arrestation de l’un d’entre nous dont le seul tort avait été de s’indigner et de parler avec les policiers pour tenter de faire cesser la violence ? Il y a là une pénalisation de la solidarité qui nous semble inadmissible et inquiétante quant à l’état de notre démocratie.

    Nous ne sommes pas assez naïfs pour croire que cette scène est un cas isolé, une bavure en somme. Nous savons qu’elle se reproduit quasi quotidiennement, et nous tenons à manifester notre indignation en relatant les faits le plus exactement possible.

    Michel Dubois a été relâché quelques heures plus tard, mais on l’a informé que des poursuites seraient engagées contre lui. Quant au passager Malien, nous n’avons aucune nouvelle de lui, et son état de santé ainsi que le sort qui lui sera réservé dans les prochains jours nous inquiètent au plus haut point.

    Des passagers du vol AF 796.

  6. iledere dit :

    C’est fait.
    Merci de cette info, Mona, même si j’aurai préféré qu’elle n’ait jamais existé.
    Et bravo à RESF pour leur action.

    Alain Renaldini

    Rappelons-nous que nous sommes tous des enfants d’immigrés…

  7. Mona dit :

    Bonjour

    J’ai reçu ce communiqué de RESF hier. Le témoignage des passagers et les peines encourues par ceux qui s’opposent aux expulsions constituent un écho contradictoire aux démonstrations de droitdel’hommisme de Fillon et Kouchner ce même jour à l’occasion de la libération des otages afghans.
    Je te l’envoie pour que tu passes l’info éventuellement sur le blog.

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