Section socialiste de l'île de Ré
Le courage, c'est de chercher la vérité et de la dire. Jean Jaures – Psiledere@aol.com

21 juin 2007

Fadela AMARA : »Ni pute, ni soumise » Vraiment ?

Filed under: 10 - Chronique de la haine ordinaire — iledere @ 10:21

amara.jpgFadela Amara a donc rejoint le gouvernement Sarkozy/Fillon II…
Militante des quartiers populaires depuis son adolescence, marquée à gauche, la fondatrice du mouvement féministe « Ni putes ni soumises » Fadela Amara sera chargée de la politique de la ville.
« Ni putes ni soumises » est un mouvement égalitariste mixte français, fondé officiellement en 2003, qui dénonce le sexisme qui règne dans les banlieues et les violences dont sont victimes les femmes, mais aussi l’existence même de « ghettos »

Fadela Amara, Fatiha Amara, à l’Etat civil, a vu le jour en 1964 dans une famille algérienne originaire de la Kabylie. La jeune fille rêve de faire des études de Lettres, mais elle doit se contenter d’un CAP d’employée de bureau. Elle ne renonce pourtant pas à tous ses rêves : celui d’un monde plus juste depuis la mort prématurée de son frère, à l’âge de 14 ans. La jeune Fatiha voit la police protéger le chauffard responsable du drame. Désormais, le militantisme au sein du monde associatif sera sa manière à elle de rétablir des équilibres sociaux qu’elle estime rompus.

Fadela Amara en négligera même ses devoirs de conseillère municipale lorsqu’elle le devient en 2001 pour le compte du Parti socialiste dans sa ville natale : elle ne siègera jamais…
Ses priorités sont ailleurs et portent le nom de SOS Racisme, de Fédération nationale des maisons des potes (FNMP) et enfin de  » Ni Putes ni soumises ». Ce dernier engagement fait d’elle dans l’imaginaire collectif un personnage emblématique des cités.
Le slogan né du ras-le-bol des violences que subissent les femmes dans les banlieues est devenu une organisation dans la continuité de la « Marche des femmes contre les ghettos et pour l’égalité » qui a s’est déroulée du 1er février au 8 mars 2003.
Sa légitimité est aujourd’hui souvent contestée sur le terrain. Saluée et applaudie à sa naissance, d’aucuns estiment désormais que cette association est manipulée par les médias et les politiques parce qu’elle conforte l’opinion publique dans ses préjugés sur les banlieues.

Nommée secrétaire d’Etat chargée de la politique de la ville, elle dispose désormais d’une puissance politique qui pourrait changer le quotidien des Cités, notamment le sort des femmes qui lui est si cher. Mais aura-t-elle la liberté nécessaire à une telle révolution ?
Attachée au ministère de Christine Boutin, celui du Logement et de la Ville, elle retrouve une femme qui, assure-t-elle, lui donnera la marge de manœuvre nécessaire pour mener son combat.

On est en droit d’être sceptique ! car Christine Boutin est une farouche opposante à la laïcité qu’elle défend…
Néanmoins la ministre compte déjà sur l’expertise de Fadela Amara « pour régler les questions de précarité et d’exclusion dans les villes ». Une expertise déjà remise en cause par des personnalités comme Kaïssa Titous, membre du Forum social des quartiers populaires, ancienne membre du bureau national de SOS Racisme. Elle estime que Fadela Amara « a peu d’assises dans les quartiers populaires et a obtenu peu de résultats. « Quel rapport de force pourra-t-elle instaurer au sein du gouvernement ? », interroge-t-elle.
Christine Boutin et Fadela Amara sauront-elles incarner cette France unie, au-delà de ses divergences, que le président Sarkozy déclare souhaité mettre en exergue en intégrant des gens de gauche à son gouvernement ?

Ou ne peut-on penser que la présence de Fadela Amara n’est qu’un alibi permettant à Sarkozy de continuer son oeuvre de manipulation et de confusion politico-sociétale ?
Dans cette hypothèse, nous sommes fondés à croire que Mme la secrétaire d’Etat est manipulée voire complice.
Alors revenons un instant sur une vision strictement sémantique :
La Prostitution (du latin prostituere mettre devant, exposer au public) est une activité consistant à accepter ou obtenir, en échange d’une rémunération, des relations sexuelles. Par extention, dans le language commun, elle définie le fait d’accepter de faire quelque chose auquel on répugne pour de l’argent ou des avantages…
Le mot Soumission décrit un rapport entre deux entités dont l’une ordonne et l’autre obéit. Dans le cas présent, le Président ordonnera et Mme Fadela n’aura qu’à se soumettre… Ou se démettre. ..
C’est alors que nous verrons ce qu’il en est de son courage politique et que nous jugerons si Mme la secrétaire d’Etat est « ni pute ni soumise » !

En attendant la question reste posée …

Alain Renaldini

2 réponses à “Fadela AMARA : »Ni pute, ni soumise » Vraiment ?”

  1. Gérard dit :

    …/… Comment, associée à Christine Boutin, Fadela Amara peut-elle arriver à faire mine de croire et dire devant les caméras qu’elle va apaiser les banlieues… avec un budget, une orientation de développement du chômage, de blocage des salaires, de destruction de la dignité des salariés au travail ? Comment le dirigeant de Sos-racisme peut il lui souhaiter « bonne chance » dans ses nouvelles tâches avec l’homme au Kârcher qui traitait les jeunes de banlieue de « racailles », organise les expulsions en masse, et dénonce ceux qui « égorgent le mouton dans la baignoire » ? Comment des « responsables » militants, associatifs, en vue, peuvent-ils s’abaisser à franchir si allégrement les frontières entre la droite la plus brutale qui est annoncée et la gauche ? Ils n’ont pas la moindre conscience de classe face au Medef qui se réjouit ? N’ont ils rien lu, rien entendu ? Jouent-ils les naïfs ?

    Sans aucun doute, vu la faiblesse des justifications connues, les avantages matériels, retirés de la trahison sont-ils vraiment plus forts que le raisonnement intellectuel. Il faut chercher l’explication dans la recherche de l’aventure et de la gloire personnelle avec des ego surdimensionnés : c’est le cas de Kouchner ; pour Jouyet mettons la dimension « techno » par dessus les classes, qui ne croit plus a aucune idéologie ; pour Besson mettons la rage d’arriver, le cynisme de défier ceux qui ne l’ont pas reconnu dans son égo, l’indifférence entre les choix politiques possibles, un ou l’autre, tout se vaut ; Bockel, c’est pareil, absence de conscience de classe, de la souffrance du salariat au travail, des exclus, pas de barrière, de camp à défendre, usure, cynisme, ambition ; Fadela Amara on souhaiterait retenir l’ignorance et l’inculture, mais ce serait trop facile, il faut ajouter l’aventurisme à l’amateurisme.

    Tous ont un point commun : l’argent et les avantages du pouvoir, avantages matériels pour leurs statuts, leurs retraites, leurs façons égoïstes de se servir quand la soupe leur est offerte.
    Il importe donc de ne pas faire silence, ni de sous estimer cette trahison sordide des Amara, Besson, Bockel, Jouyet, Kouchner.

    Parce que la gauche doit être aussi fidèle aux salariés que la droite est fidèle au patronat, nous avons besoin d’identifier minutieusement cette nouvelle et spectaculaire forme de traîtrise-là, afin de la dénoncer au mieux, pour bien en vacciner notre jeunesse.

    Il y a des moments où il faut prendre le temps de faire la honte aux jaunes, surtout à ceux-là, des « traîtres purs », des corrompus sans excuses, des mondains sans principes, sans repères dont on ne voit vraiment pas d’autre motivation sérieuse que l’argent lié à la vanité du pouvoir.

  2. bonjour, je veux bien donner à cette femme le bénéfice du doute favorable, mais le doute est grand lorsque l’on sait comment a été traité Azouz Beggag dans le précedent gouvernement, ou l’on peu lire que c’est précisement le nouveau président qui lui a mis le plus de » batons dans les roues  » si je peux m’exprimer ainsi. Je recommande son livre, « Un mouton dans la baignoire ». Sincerement Chantal

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