Section socialiste de l'île de Ré
Le courage, c'est de chercher la vérité et de la dire. Jean Jaures – Psiledere@aol.com

23 juin 2007

Est-ce une question de timing ?

Filed under: 01 - Etudes et analyses,14 - Refondation du PS — iledere @ 17:32

filoche.jpgGérard Filoche, est un homme politique français de gauche né en 1945. Après avoir été pendant 25 ans un dirigeant de la Ligue communiste révolutionnaire, il rejoint en 1995 le Parti socialiste avec 150 autres militants et intègre immédiatement son conseil national. Depuis 2000, il est membre du bureau national du Parti socialiste. Engagé depuis 1995 au courant Gauche socialiste, il rejoint en 2002 le courant Nouveau Parti socialiste.Il est également connu de par sa profession d’inspecteur du travail. Il nous livre ici son analyse de l’échec à l’élection présidentielle

Est-ce parce que Ségolène Royal a été désignée trop tard et est-ce parce qu’elle n’a pas maîtrisé le « projet socialiste » si nous avons perdu le 6 mai ? On entend ce double argument, qui évite d’aller au fond politique des choses : on aurait perdu à cause d’une erreur de « timing ».

Sarkozy s’est préparé pendant quatre ans pour gagner, pas la candidate de la gauche, nous dit-on. Il aurait fallu et il faut faire pareil à l’avenir.

Mais ce n’est pas vrai, cela n’a aucun sens : toute la gauche aussi s’était préparée pendant quatre ans, depuis les grands mouvements de 2003 en défense des retraites, depuis le raz-de-marée électorale à gauche des 28 mars et 13 juin 2004, depuis le « Non » du 29 mai ( 55 % des Français, dont 75 % à gauche et 59 % des électeurs socialistes), depuis les grandes mobilisations victorieuses anti-CPE de 2006… En 2004 quand on soutenait le rejet de la loi Fillon contre les retraites, on a gagné 20 régions sur 22 avec 7 % de mobilisation électorale en plus ! Quand on défendait l’Europe des 35 h et du Smic européen, le parti socialiste a obtenu 31 % des voix, 31 % ! Jamais autant de mouvements en profondeur n’étaient aussi capables de nourrir, de préparer la victoire de la gauche, encore aurait il fallu s’en inspirer, s’en réclamer, les défendre dans la campagne électorale ! On avait, nous, à gauche, quatre ans de préparation, la meilleure qui soit !

Si Ségolène a été désignée le 16 novembre, ce n’était pas trop tard !
Sarkozy aussi, a été, formellement, désigné après elle, en novembre 2007.
François Mitterrand le fut aussi en novembre 1980 et il gagna en mai 81.
Il ne fallait pas, au contraire, désigner la candidate trop tôt et il fallait d’abord, bien sur, donner la priorité au “projet”, aux idées, les ancrer, les faire passer ! On n’est pas l’UMP : un parti godillot autour d’un candidat. Les idées d’abord !

A condition qu’elles soient fortes et vraiment à gauche, c’était ça le problème !

Et puis quand elle fut élue en interne, après un beau processus de débat, valorisant, il n’était pas trop tard, Ségolène Royal était donnée à 54 % ce fut même l’argument principal de sa victoire auprès des militants : elle était la mieux placée !

Par contre, coté « timing » en effet, deux mois décisifs furent perdus, en décembre et janvier, qui ont permis à Sarkozy d’être offensifs et de s’installer, conquérant un avantage qu’il n’a jamais reperdu : en guise de « démocratie participative », il aurait mieux valu écouter les grandes démonstrations participatives des luttes sociales de 2003 à 2006 et des élections de 2004 à 2005 ! Comme message participatif il n’y avait pas plus fort ! C’était ridicule et faux que de ne pas entendre cela, et de faire mine de croire que d’autres mini-réunions ou les mels d’internet pouvaient en dire plus ! Le timing était bon, la France basculait à gauche depuis quatre ans, il fallait enfourcher la vague, pas faire semblant de l’ignorer, d’en discerner une autre… en perdant deux mois de campagne décisifs.

Est-ce parce que Ségolène Royal n’a pas maîtrisé le projet socialiste » s’il y a eu des « couacs » du type les 1500 euros de Smic ? c’est encore totalement faux ! car Ségolène Royal était dans les instances du parti pendant toute la période ou ce projet s’est discuté ! Elle y était partie prenante et il ne tenait qu’à elle de s’y préparer, de s’en mêler collectivement. Le « timing » de ce projet élaboré de décembre 2005 au 1er juillet 2006 et dépendant lui-même de la fameuse synthèse du Mans, le lui permettait aisément !

D’ailleurs, le 6 juin lorsqu’il y eut la fameuse séance du Bureau national élargi qui a duré dix heures pour adopter le « projet socialiste (ratifié le 1er juillet), Ségolène Royal était présente 6 h sur 10 h et elle n’a pas pris la parole une seule fois, elle est partie au bout de six heures, parlant à la presse, sans travailler collectivement jusqu’au bout, sans amender, sans objecter. Ses partisans ont même lutté pour y introduire « l’encadrement militaire pour les jeunes délinquants » et y ont partiellement réussi (« des chantiers de jeunes encadrés »), pourquoi n’a t elle pas davantage participé, enrichi, ne s’est elle pas emparé de ce texte ? Ce n’est pas parce qu’elle n’a pas pu, c’est parce qu’elle n’a pas voulu, c’est parce qu’elle avait une distanciation préalable d’avec le parti, qui s’est hélas, confirmé pendant toute la campagne.

Elle a mené campagne à part, n’a jamais réuni l’équipe du parti qu’elle avait désignée, (elle avait choisi Besson et Kouchner…) n’a jamais fait appel a eux pour les meetings, ni pour les télévisions, c’est sa campagne, c’est un peu cavalier, de mettre en cause, ceux qui ont faits des argumentaires qui, hélas, hélas, n’ont pas été entendus…

On est stupéfait des explications de la candidate qui affirme n’avoir pas été d’accord avec le « projet socialiste » et notamment sur la question du Smic et des salaires.

La hausse des salaires, ce n’était pas seulement la question des 1500 euros pour le Smic : en effet, en brut c’était peu, nous l’avions dit, et en net, cela pouvait paraître trop à certains si c’était séparé d’une hausse salariale d’ensemble. Mais c’était facile à expliquer nous l’avions proposé, il fallait écouter : une conférence salariale en juin pour tous les salaires, 100 euros le 1er juillet 2007 pour le Smic. Et expliquer que 160 milliards d’euros étaient passés des salaires aux profits dans les 20 dernières années, c’était possible, réaliste, cela méritait d’être renversé progressivement.

Car le problème n’est pas le « coût du travail » mais « le coût du capital », c’est le coût du capital qui est trop cher, pas le coût du travail ! Ce sont les salariés qui créent les richesses et ils n’en reçoivent pas la part qu’ils méritent. Il faut redistribuer les richesses par les salaires et cela ne nuira en rien à la compétitivité de notre économie, au contraire cela la relancera !

Si la candidate se dit avoir été contrainte sur cette question, c’est bien surprenant, car elle pouvait imaginer, compléter le projet socialiste, elle ne s’en est, hélas, pas privée, sur d’autres questions, c’est trop facile de lui faire porte le chapeau comme si elle n’avait pas été libre ! D’ailleurs elle ne s’est pas privée de « liberté » sur les « camps avec encadrement militaire pour les jeunes » et elle l’a repris en dépit que ce ne fut pas dans ledit « projet », pareillement pour la carte scolaire, pareillement lorsqu’elle dit qu’elle ne veut pas abroger la loi Fillon, ou « les lois de la droite par plaisir », ou bien encore avec le « Contrat première chance » qu’elle a inventé sans qu’il soit non plus dans le projet…

C’est trop facile de faire porter ainsi le chapeau au « projet socialiste » quand elle veut et sur un point essentiel : car elle a perdu littéralement face à Sarkozy sur la question des salaires, du « travailler plus » (alors que le projet était précis sur les heures supplémentaires… ). Ce n’est pas le parti qui a freiné la défaite de Ségolène Royal, c’est plutôt l’inverse, c’est quelle n’ait pas voulu écouter le parti… sur les impôts, sur le code du travail, sur les 35 h, sur les retraites,…

Sarkozy, lui, il s’est appuyé sur son parti, façonné, préparé, organisé autour de son projet. La « démocratie participative » ce n’est pas la non-participation à un parti pour le contourner et de façon spontanéiste picorer de ci de là à des entourages de hasard, hétérodoxes, hétérogènes. Il faut travailler collectif, pas solitaire, il faut écouter, intégrer, arbitrer, entre les divers points de vue et sensibilités, car il y a des parts de vérité à déchiffrer, à synthétiser, à fortifier.

Tout cela peut recommencer même en désignant un candidat en 2010 pour 2012 et même en faisant que ce candidat maîtrise l’élaboration du projet. L’inconvénient majeur devient même qu’on va ainsi désigner un candidat sans projet. C’est s’adapter au plus mauvais de la V° République : d’abord la personnalisation présidentielle, après le fond politique !

Voter sur une tête avant que le parti ait un projet, ce n’est sûrement pas plus démocratique, ni plus efficace. Car ensuite, si le candidat impose ses desiderata contre l’avis majoritaire du parti, où ira t on ? On retrouvera le même problème à l’envers, plus dangereux, plus décalé, plus susceptible de faire perdre !

Non, tout cela n’est pas une question de timing, de calendrier, mais de fond : le contenu de la campagne n’était pas assez à gauche face à une droite décomplexée !
Enfin ne parlons pas de 2012 aujourd’hui : cela veut dire aux pauvres gens désespérés qui souffrent et vont souffrir de la politique de Sarkzoy qu’il faut « attendre 2012 ». Il n’y a pas pire message politicien.
Qu’en sait-on ? Il peut se passer quantité de choses d’ici là ! On en a connu qui, en 1966 avait fondé un mouvement appelé « objectif 72 ».
En termes de timing, on doit d’abord lutter pied à pied, sujet par sujet, année après année, en tenant compte des mouvements sociaux et de des échéances électorales intermédiaires.
C’est s’empoisonner la vie que de prétendre désigner une candidature pour 2012, c’est livrer la personne en question aux aléas de tout ce qui se passera, aux carcans, aux usures, aux erreurs, c’est subordonner non seulement tout le calendrier électoral à la présidentielle, mais toute la vie politique à une personne, au détriment de l’action démocratique collective, participative.

Gérard Filoche, jeudi 21 juin 2007

8 réponses à “Est-ce une question de timing ?”

  1. Serge M. dit :

    Je comprend les réserves sur le « comportement » de Ségolène ROYAL, eu égard à ses dernières déclarations « post-campagne ».

    Cependant je n’adhère pas à une partie de l’analyse de G.FILOCHE et plus particulièrement sur cette déclaration , je cite :
     » On entend ce double argument, qui évite d’aller au fond politique des choses : on aurait perdu à cause d’une erreur de « timing ».
    Sarkozy s’est préparé pendant quatre ans pour gagner, pas la candidate de la gauche, nous dit-on. Il aurait fallu, et il faut faire pareil à l’avenir.
    Mais ce n’est pas vrai, cela n’a aucun sens : toute la gauche aussi s’est préparée pendant quatre ans…..
    Si Ségolène a été désignée le 16 novembre, ce n’était pas trop tard!
    Sarkozy aussi, a été formellement désigné après elle, en novembre 2007.

    Il dit également :

     » Sarkozy, lui, s’est appuyé sur son parti, façonné, préparé, organisé autour de son projet »

    Dire que notre candidate était à égalité de chance que Sarko, je ne crois pas que cela est juste.
    En effet, contrairement à Ségolène, c’est le projet de SARKO qui a été soumis à l’UMP.
    Or, pour Ségolène c’est le projet du parti qui devait s’inscrire dans sa campagne.

    Il y a donc deux méthodes qui s’opposent une basée sur une individualité (Sarko) et une autre basée sur une vision collective (PS).
    Certes, je suis favorable à la position du P.S.

    Toutefois, le quinquennat avec l’organisation de l’élection du Président de la république suivie des élections législatives, modifie à mon avis la conception de la République telle qu’elle a été appliquée jusqu’alors et aboutit à un régime présidentiel.

    C’est ce que SARKO et la droite ont compris.

    Pour les français, la candidature de SARKO était de fait depuis au moins quatre ans.

    Par ailleurs, SARKO, par sa position de ministre de l’intérieur, c’est un secret pour personne que sa campagne a commencé dès sa nomination à ce ministère (et aux frais de la « princesse »!).

    En outre, tous ses déplacements ont été couverts par des médias qui mettaient en exergue tous les points forts ou les « petites phrases » qui lui ont permis d’asseoir sa popularité.

    En conclusion, c’est SARKO, lui seul qui a été élu et les actions de l’UMP n’ont eu très peu d’impact sur son élection.

    Tandis que Ségolène ROYAL a été déclarée, certes, par voie démocratique à laquelle j’adhère totalement , mais par rapport au candidat de la droite, bien tardivement.

    Dans ces conditions, je ne veux pas défendre de manière aveugle Ségolène ROYAL, mais pour les prochaines élections présidentielles et dans le cadre du processus des élections présidentielles et législatives et pour être en opposition avec le « système » SARKO, l’élaboration du projet et la désignation du ou de la candidate ne doivent-elles pas être liées ?

    Notre conception collective de la politique paraît être la voie la plus démocratique.

    Or, comme le déclare DSK, je cite :« Nous constatons tous qu’un grand nombre d’entre eux sont prêts à suivre des  » icônes » populaires, même dans leurs errements d’image, d’affect, d’effet de groupe…, ce qui est loin d’un engagement citoyen réfléchi et constructif
    Si on ne peut être que d’accord avec cette vision, est-elle réaliste face à une droite qui développe le « culte de la personnalité » ?
    Cette forme de leadership de la droite semble satisfaire une majorité de français. »

    Pour nous gens de gauche on ne peut que rejeter cette méthode de gouvernance, mais c’est ce qu’on commence à vivre et qui risque malheureusement de s’amplifier.

    Ce sont pour ces raisons, que je persiste à dire que « projet collectif et futur candidat » doivent être conjoints et dans un calendrier nettement moins éloigné que celui approuvé par le C.N.

    Il faut absolument trouver une méthode pour que SARKO ne puisse plus discréditer notre mouvement, tous les moyens seront bons pour préparer sa réélection, il sait travailler à long terme et les scrupules il y a bien longtemps qui les a mis au « placard »!

    Bien amicalement

    Serge

  2. Alain Renaldini dit :

    Bonjour la famille Guillet, et bienvenue à bord…

  3. guillet jean pierre dit :

    Merci Elsa voici un endroit ou l’on se pose de vrai question.
    C’est aussi interessant de voir que non il ne faut décidément pas abandonner l’ile à Mme Morvant.
    Et oui bien que probablement plus à gauche sans sectarisme, il y a longtemps que je connais G.Filoche et que je souscris à son discours. Quel intéret en effet de savoir dés maintenant, qui on va envoyer se faire massacrer par Sarko en 2012, parce que pas convaincue, parce que pas armée, parce que dillettante, parce que pas d’accord avec l’ensemble de la gauche.
    Comme le dit si bien Gérard Filoche, les conditions étaient remplies pour une élection, « dans un fauteuil », et nous sommes TOUS passés à côté.
    L’affaire était historique nous pouvions pour la 1ère fois en France porter une femme à la présidence.
    Et pfuit, ça nous a glissé des mains………..
    Merci à Fabius d’avoir sauvé les meubles……….
    Mais bon la maison brule encore.
    Cela y est nous avons fait la part du feu, maintenant( ici et maitenant), jetons les bases de la prochaine victoire, pour reconstruire il faut d’abord vérifier ou refaire les fondations!
    a) Avec qui voulons nous construire?
    b) que voulons nous construire?

    Il sera temps plus tard de choisir le Maitre d’oeuvre.

    D’abord le cahier des charges, puis le projet en gros, ensuite l’appel d’offre.
    D’accord?
    Peut être votre choix à vous socialistes va me rejetter sur le bas coté, peut être au contraire, fera t’il de moi et de ceux qui me ressemble un moteur d’appoint bien utile.

    Chiche ?

  4. gérard Filoche au C.N. dit :

    Intervention de Gérard Filoche au CN du PS du 23 juin pour l’Hebdo des socialistes

    Je souscris au calendrier de François Hollande au nom de l’unité de tous les socialistes. Tous les socialistes doivent être associés collectivement pour tirer le bilan de la défaite du 6 mai.

    Ah, si nous n’avions pas inversé le calendrier électoral en décembre 2000 ! Je fus le seul, hélas, à l’époque, dans cette assemblée à voter « contre ». Ah si nous avions ré instauré la proportionnelle quand cela était possible ! Ah si nous avions re-découpé démocratiquement les circonscriptions comme nous le demandait le Conseil constitutionnel dés 1998 !

    Oui, l’élection du 6 mai était « imperdable » et le 17 juin l’a démontré a contrario ! La France roulait à gauche depuis quatre ans ! ON avait le bon timing. Tout était prêt pour une alternance !

    C’était le cas depuis que des millions de manifestants et 66 % de l’opinion avaient rejeté la loi Fillon contre nos retraites en 2003. Croit-on que ces millions de manifestants tout comme ceux du CPE de 2006 n’ont pas de mémoire ?

    Le 12 mai, DSK affirmait ici qu’il fallait rentrer dans le « socialisme du réel », et « par exemple trancher sur les 37 annuités… » mais le réel pour les Français c’est qu’ils travaillent 37 annuités en moyenne, c’est leur vrai réel… Fillon exige qu’ils travaillent 41 ou 42 annuités, c’est ça qui est irréel, il leur demande de sauter à la perche sans perche.

    Contre la loi Fillon, les électeurs nous avaient donné une large majorité le 28 mars 2004 avec 20 régions sur 22 à la gauche : c’était énorme et significatif de ce qu’ils attendaient ! Si on croît à la démocratie participative, c’était drôlement participatif comme message !

    C’est quand on est vraiment à gauche, qu’on gagne ! Rappelons nous : les électeurs nous avaient aussi donné 31 % des voix le 13 juin 2004 alors que nous défendions l’Europe des 35 h et celle du Smic européen !

    Pourquoi remettre en cause les 35 h aujourd’hui ? Quel dommage que notre candidate n’ait pas, non plus, dénoncé la promulgation par le conseil des ministres du 7 mars 2007, contre l’avis unanime des syndicats, d’un nouveau code du travail au rabais ! Comment a t’on pu ne pas gagner contre « la liberté de travailler plus pour gagner plus » ? chaque mot de ce slogan est faux…

    La campagne de Ségolène Royal, partie de 54 % d’intentions de vote en novembre 2006, est ainsi arrivée à 47 % le 6 mai 2007, alors qu’elle avait tous les atouts en main pour gagner.

    Quand on a su revenir à l’économique et au social, attaquer la TVA de Sarkozy, et alors que Ségolène Royal était majoritaire dans 191 circonscriptions le 6 mai, on est devenu majoritaire dans 225 circonscriptions le 17 juin…

    Quel dommage que la candidate révèle son hostilité au Smic à 1500 euros. Pourquoi s’est elle contrainte à le défendre si elle n’y croyait pas ? Car a contrario, elle ne s’est pas contrainte à défendre le maintien du droit à la retraite à 60 ans qui était dans le projet socialiste, et elle a pourtant défendu le “CPC” qui n’y était pas…

    Pour finir : attention, nos concitoyens ne vivent pas en 2012 ou 2010 mais au jour le jour, au mois le mois, sait-on si Sarkozy tiendra cinq ans ? Il n’est pas nécessaire de lui donner ce crédit. Juppé a tenu 2 ans la première fois et 2 mois la seconde… Battons-nous pied à pied contre la politique antisociale virulente qui commence. Ce n’est plus le Smic à 1500 euros qui est en cause mais le blocage du Smic.

    On est là pour se battre aussi en juillet contre le service minimum : ils disent que c’est pour défendre les usagers contre les cheminots, mais en fait, c’est pour empêcher les cheminots de défendre les usagers…

    Pour nous à gauche, ce qui compte, c’est la construction d’un rapport de force en étant présents dés maintenant. Il faut unir toute la gauche. Pas avec le prétendu « centre ». Avec le PCF, pas l’UDF. Toute la gauche ! A commencer aux municipales. C’est maintenant en 2007, 2008, que se jouent les chances de gagner la prochaine fois.

    Gérard Filoche

  5. Je suis une femme de gauche, depuis 3 ans bientôt je suis militante du MJS, tout en ne me sentant pas spécialement proche de l’image que renvoit le PS « national », me sentant franchement plus à gauche…
    Voila quelques semaines, bien que m’étant toujours refusée à prendre ma carte dans un parti, par voeux de liberté et d’indépendance (vis-à-vis surtout de mes engagements syndicaux), que je pense à prendre ma carte au PS.

    Oui, mais voilà, je trouve que le boulot fait au niveau local et les militants locaux sont formidables, et ne méritent pas une si mauvaise attitude au niveau national… J’en ai assez de ces querelles de personnes (ça me rapelle l’ULR, …), j’en ai marre de cette Royal qui se fout royalement des gens en sous-entendant que c’est la faute du parti si, non pas elle, mais nous avons perdu…
    enfin, c’est toute la gauche qui a perdu, tous les militants, toutes les personnes qui avaient espoir qui sont déçus… J’ai cru quelques temps que Royal saurait prendre acte de sa défaite et comprendre que le problème était justement le fait qu’on a jamais su avec certitude, si justement elle était sûre d’elle ! je suis d’accord avec M Filoche, ce n’est pas une question de timing, ni forcément une question de personne, mais c’est une question de stratégie…

    croire que refonder la gauche, c’est choisir un candidat pour 2012, c’est comme croire que la réforme des universités ne passe que par l’autonomie de celles-ci, comme croire que faire travailler plus les gens créera des emplois…

    il faut enfin que le PS sache où il se place réellement sur l’échiquier politique, je ne pense pas que parce que l’UMP courre après le FN, nous devons nous à gauche faire basculer l’échiquier politique vers la droite… je ne crois pas non plus que ce soit ce que la fameuse base dont se réclame Mme Royal…
    quelles sont nos valeurs ? quels sont nos projets ? a-t-on réellement encore quelque chose à proposer ???
    je ne crois sincèrement pas que le projet soit d’attendre 2010 pour préparer 2012, non sinon on pourrait alors aussi préparer 2017… moi, je ne veux pas de cela, et si elle et ceux qu’elle nomme les éléphants ne le comprennent pas, c’est vraiment se tirer une balle dans le pied !!! on pourrait peut-être cloner Filoche ???

  6. Duyck Jean-Yves dit :

    Bien, c’est assez simple pour moi. Je ne supporte plus ces luttes de clans qui veulent porter un candidat avant un projet.
    Un projet socialiste s’articule autour de valeurs de
    – solidarité (point nodal) et d’une certaine forme de générosité
    – d’efficacité car il n’y a aucune raison de laisser à la droite ce pan (ce credo) d’un programme et de se laisser disqualifier sur ce sujet
    Il faudrait réfléchir au thème de la décroissance car tous les systèmes comptables actuels sont bâtis sur des artefacts qui comptabilisent par exemple le traitement des rejets polluants comme de la Valeur ajoutée, le traitement des sols englués dans les engrais à l’identique, bref, je passe. Au total, ce que l’on appelle croissance est un mode comptable qui incut les nuisances comme du bonus!
    Je ne suis guère prêt à soutenir un candidat qui n’a pas de projet socialiste, original et qui en change comme de chemise. Bon voilà pour faire bref schant que la plupart des leaders se sont à mes yeux mis hors jeu

  7. Libération dit :

    Les membres du Conseil national du Parti socialiste ont validé le processus de rénovation défendu par François Hollande par un vote à main levée. Contrairement à ce que souhaitaient certains proches de Ségolène Royal, le premier secrétaire a proposé d’organiser le prochain congrès du PS «au lendemain des élections municipales» de 2008.
    La motion a été approuvée par une très vaste majorité des 306 membres du Conseil, une abstention et trois votes contre (dont Manuel Valls et Gaétan Gorce). Une partie des partisans de Ségolène Royal ne se trouvait pas dans la salle au moment du vote, notamment Arnaud Montebourg, Vincent Peillon et David Assouline. Dominique Strauss-Kahn et Laurent Fabius avaient également quitté l’hôtel parisien où se déroule le Conseil avant le vote.

    «Ils ont eu ce qu’ils voulaient : le retard du calendrier sans avoir jamais soutenu vraiment François Hollande», a estimé un proche de Ségolène Royal, voyant dans le Conseil national «une image inversée» de la situation au PS, un «décalage entre la base et la direction».
    Le texte ne prévoit aucun vote des militants pour approuver cette marche à suivre ou valider les étapes de la refondation – autre souhait des partisans de l’ancienne candidate à l’Elysée.

    «Je ne laisserai pas s’installer l’idée qu’il y aurait d’un côté les responsables et de l’autre les militants», a déclaré François Hollande, lors d’une mise au point au milieu des interventions à la tribune, dont celle de plusieurs « ségolènistes » déplorant l’absence de consultation militante. «Lors du prochain congrès, chacun pourra déposer sa motion son texte, sa stratégie, sa ligne. Chacun pourra le faire et le faire devant les militants», a-t-il insisté.

    Le congrès, seule instance habilitée à changer la ligne idéologique du parti, se réunira après une «phase de diagnostic» passant par des forums thématiques à l’automne et des assises de la gauche en décembre. Par ailleurs, une «commission de la rénovation» sera mise en place «pour aller jusqu’au bout des objectifs de parité de diversité et de renouvellement».

  8. PS, l’offensive de l’immobilisme
    Le conseil national du PS, qui se tient ce samedi à Paris, devrait figer calendrier et direction pour contrer Ségolène Royal.

    La question du temps a fini par rattraper Ségolène Royal. Alors que le conseil national (CN), le «parlement» du parti, se tient ce samedi à Paris après le double revers électoral du PS, l’ex-candidate se retrouve confrontée à une difficulté d’importance qui, depuis le scrutin, se profilait : celle de son propre tempo. Renonçant à l’idée d’avancer la date du congrès, qui aurait permis à l’ex-candidate de se convertir illico en future candidate, ses partisans avaient revu à la baisse leurs ambitions. Et demandé au premier secrétaire de soumettre son calendrier de «rénovation» aux suffrages des militants, supposés majoritairement favorables à Royal. Mais le projet que proposera François Hollande au vote du CN ne comportera nulle mention d’une telle consultation. Le conseil national devrait, logiquement, approuver sa proposition.

    «Il faut que dès samedi, on sente qu’on ne botte pas en touche pour montrer que tout ne recommence pas comme avant, explique David Assouline, un proche de Royal. Si les militants sont partie prenante [via une consultation, ndlr] , on votera le texte.» Ce ne sera pas le cas : le calendrier concocté par Hollande ne propose nul vote des adhérents. Juste une «phase de diagnostic» lors de l’université d’été de La Rochelle, fin août. Puis trois forums thématiques : «Individualisation, vieillissement de la population, fragmentation de l’emploi», «Mondialisation, délocalisation et financiarisation», «Défi du vivre ensemble». Avant des «assises de la gauche» visant à préparer les municipales. Comme prévu, le congrès devrait avoir lieu après celles-ci, et le candidat à la présidentielle 2012 être désigné en 2010.
    «Hollande joue au poker, sur le thème : « C’est à prendre ou laisser », décrypte un cadre du parti. Il a intégré le fait que Ségolène Royal est assise sur un gros bonhomme de neige, et que l’été arrive. Il la connaît suffisamment pour savoir qu’en 2008, elle ne sera pas capable de continuer à animer un réseau tout en conservant sa cote de popularité.» Jospinistes, fabiusiens et amis de DSK sont d’accord pour jouer la montre afin de contrer une Royal soucieuse d’incarner seule le renouvellement. Un proche de Jospin : «La politique, au bon et noble sens du terme, devrait reprendre ses droits.» L’appareil aussi, au sein duquel les rapports de force, issus du congrès du Mans de 2002, sont largement défavorables à Royal. Que feront donc ses partisans ? «Ils vont s’abstenir, voter contre ou prendre à témoin les militants sur le thème : « On vous vole la démocratie »», estime un socialiste.
    Après la publicité donnée au coup de fil d’entre deux tours à François Bayrou et l’annonce de sa rupture avec François Hollande en pleine soirée du second tour des législatives, sa critique du programme socialiste ­ Smic à 1 500 euros et généralisation des 35 heures ­ ont achevé de lui aliéner les dirigeants du parti. Royal va-t-elle maintenant prendre de front l’appareil ?
    Le choc pourrait ne pas avoir lieu ce samedi, l’intéressée ayant indiqué à la direction du parti, il y a trois jours, qu’elle ne viendrait pas. Hier soir, elle laissait encore planer le suspense sur sa venue, invoquant à la fois «un truc important» en Poitou-Charentes, selon un proche, et le mariage d’une de ses conseillères à Paris. Un de ses proches évacue : «Est-ce vraiment grave ? C’est un moment tellement tourné vers notre travail interne…»
    L’intéressée, que deux sondages viennent de placer derrière DSK en matière de refondation, persiste dans sa stratégie : passer par les extérieurs et contourner le parti. Dès vendredi, sur France 2, elle anticipait, en jugeant «probable» sa candidature à l’investiture en vue de la présidentielle de 2012 : «J’ai envie de continuer. Les militants décideront.» Nouvelles apparitions télévisuelles prévues ce dimanche, avec Canal + et le 20 heures de TF1. Dans un mail envoyé aux adhérents de Désirs d’avenir, Ségolène Royal évoque, bulletin d’adhésion en ligne à l’appui, cette «force que nous devons faire fructifier». Et explique que l’association «doit aujourd’hui se doter de moyens plus solides». Alors que l’entourage de François Hollande évoque la possibilité d’en finir avec les adhérents à 20 euros, jugés trop proches de Royal, l’ex-candidate fondera-t-elle son propre courant, avec une réunion, ce samedi, de socialistes de la capitale, puis une autre avec des adhérents parisiens de Désirs d’avenir, mardi ? Une proche en est persuadée : «Il n’ y a pas une once de doute, elle va mener la bataille.» Sans ou, s’il le faut, contre le parti.
    David REVAULT D’ALLONNES pour Libération

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