Section socialiste de l'île de Ré
Le courage, c'est de chercher la vérité et de la dire. Jean Jaures – Psiledere@aol.com

25 juillet 2007

Sarkozy chef de la majorité : le CSA interpellé

Filed under: 05 - Presse, média, Internet — iledere @ 18:05

point_presse_mini.jpgSelon un député PS, le fait que le président de la République se revendique comme chef de la majorité change « les règles du jeu ».

Didier Mathus, spécialiste des questions audiovisuelles au PS, a demandé vendredi au directeur du Conseil supérieur de l’audiovisuel (CSA), Michel Boyon, que les « règles du jeu » en matière de temps de parole des responsables politiques soient « adaptées » à ce qu’il qualifie d’« omniprésence médiatique » du président de la République.

Dans une lettre à l’institution, gardienne de l’audiovisuel, le député PS de Saône-et-Loire explique : « Le temps de parole du président de la République n’est jusqu’à ce jour pas pris en compte. C’était l’héritage d’une pratique où le président, incarnation de la nation, avait à cœur d’apparaître plus comme un arbitre garant de l’unité nationale que comme un chef politique. »

Le député de Saône-et-Loire fait référence à la fameuse règle des trois tiers. Une règle qui veut que le temps d’expression des personnalités politiques soit divisé entre opposition, majorité et gouvernement. Le président de la République bénéficiant de son côté d’une totale liberté quant à la fréquence de ses apparitions médiatiques. Cette tradition a été confirmée par une décision du Conseil d’Etat. La règle des trois tiers a subi quelques ajustements récents : pour tenir compte des partis non représentés à l’Assemblée Nationale d’une part, de l’UDF (aujourd’hui le Modem) d’autre part.

« De la seule initiative du CSA »

« Ce temps est révolu », explique Didier Mathus. « L’omniprésence médiatique et la volubilité du président se revendiquant clairement comme chef de la majorité rendent la règle précédente caduque », poursuit le député socialiste qui souhaiterait donc intégrer le temps de parole du président au temps de parole global. Didier Mathus a précisé au figaro.fr qu’il ne s’agit pas de critiquer les apparitions de Nicolas Sarkozy mais plutôt, « car c’est nouveau », dit-il, de s’y adapter.

Selon lui, les règles existantes ne sont « nullement de nature législative ». Au contraire, « elles ressortent de la seule initiative du CSA ». Il demande donc à Michel Boyon « quelle initiative » il entend prendre pour mettre un terme à ce qu’il qualifie d’« anomalie démocratique ». Concrètement, le député socialiste croit savoir que le CSA réfléchit à la réforme de la règle des trois tiers. Il attend un arbitrage assez rapide, « à partir de la rentrée parlementaire », a-t-il précisé.

TRYO : Sortez les…

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5 réponses à “Sarkozy chef de la majorité : le CSA interpellé”

  1. Et Sarko, il se dope ?

    Vous croyez qu’il se dope Sarko ? A se demander finalement, tant “l’omniprésident” en fait. Dimanche, sur le perron de l’Elysée c’était un bateleur qui réclamait aux VIP, invités de la Garden-party, d’ovationner un par un les membres de son équipe gouvernementale. Le soir, il galopait jusqu’au Champ de Mars pour écouter Michel Polnareff. Celui qui montrait ses fesses en 1972 avant de s’exiler aux Etats-Unis alors que les Giscard, Mitterrand et Chirac étaient aux affaires. Trente-sept ans plus tard, de retour au pays, il monte sur scène, drapé en tricolore. Quelle meilleure affiche pour incarner la rupture que l’artiste le plus provoc des années 70 clôturant son concert par “On ira tous au paradis” devant le nouveau chef de l’Etat. Fallait oser ! Au lendemain d’un crochet par Toulouse pour parler restructuration d’EADS avec Angela Merkel, Sarko l’infatigable est cet après-midi sur une étape mythique du Tour de France. A l’assaut du Galibier. Que va-t-il nous faire ? Chiper le micro de Jean-Paul Brouchon pour commenter les exploits de Christophe Moreau ? Stopper la caravane pour s’offrir un bain de foule, comme avant-hier sur les Champs-Elysées ? Tout est possible tant que le peuple en redemande. Increvable, jamais décroché, toujours à la tête du peloton gouvernemental, Sarko ne s’est pas reposé sur l’état de grâce. C’est sa potion magique. Il fonce, pied au plancher. Il en profite. La route est dégagée. Pas d’obstacle. L’opposition est scotchée au bitume, tétanisée. L’échappée belle peut se poursuivre.

  2. Aristide dit :

    Langue d’en bas

    Jacques Chirac nous avait habitué à une parole présidentielle solennelle mais creuse. Fidèle à sa promesse de rupture, Nicolas Sarkozy a laissé de côté la solennité.
    Quelques exemples après deux mois d’exercice.
    Avec Angela Merkel: « A trop attendre, on prend le risque que cela finisse par être trop tard » (Berlin, le 16 mai 2007).
    Avec José-Manuel Barroso: « Il faut débloquer la situation. Il ne s’agit pas de pleurer sur le lait renversé » (Bruxelles, le 23 mai 2007).
    Avec José Luis Rodrigez Zapatero: « Ce que l’on veut c’est réussir. On ne veut surtout pas donner le sentiment que l’on se met d’accord entre nous sur le dos des autres, mais il y a un accord entre nous. Il est très clair » (Madrid, le 31 mai 2007).
    A l’occasion du Conseil européen: « Je veux que vous le compreniez : il s’agissait de sortir de deux ans d’immobilisme complet. L’Europe va se doter d’institutions qui vont marcher » (Bruxelles, le 23 juin 2007).
    A propos des institutions: « (…) vous n’avez pas attendu de moi que j’aille à la télévision pour dire que ce n’est pas de ma faute, c’est la faute de mon Premier ministre. Mais c’est moi qui l’ai choisi, le Premier ministre ! » (Epinal, le 12 juillet 2007).

    L’illusion est parfaite. Sans le timbre de la voix, difficile de faire la différence entre une conférence de presse de la Présidence et un micro-trottoir. On ne parle plus à la « France d’En Bas » avec des discours d’Enarques. Le risque, c’est que la parole présidentielle finisse par se perdre dans le brouhaha de la rue.

  3. La main gauche dit :

    Emetteur – Message – Canal – Récepteur.

    On ôte n’importe lequel de ces quatre mots et ça ne fonctionne plus.

  4. La main gauche dit :

    Merci pour cette liste bien détaillée qui apporte un certain éclairage sur la fameuse question de l’oeuf et de la poule…

  5. Suite au post précédent, j’ajoute en commentaire cet article de Nicolas Cadène afin de rafraîchir la mémoire à tous et vous donner des références. Dans la stratégie de « coup d’éclat permanent » du Président Sarkozy, les scoops se succèdent en rafales et perturbent la mémoire… Autant la fixer. Verbum volare scripto manent…

    _______________________________________________________________

    Nous avons eu, à de multiples reprises, le sentiment, pendant la campagne présidentielle, que les médias favorisaient plus ou moins nettement, Nicolas Sarkozy. Avant que la mémoire ne s’efface et que la polémique ne se dissipe, il est utile de dresser une liste précise des faits constatés et de s’interroger sur les conditions dans lesquelles se déroulera la prochaine campagne…

    Pour exemples :
    – La diffusion de reportages partiaux tels que celui diffusé par TF1 sur « La France des assistés » trois jours avant la fin de la campagne officielle et la veille du débat d’entre-deux tours
    – La reprise des images de l’équipe de Nicolas Sarkozy pour l’ensemble de ses déplacements et meetings
    – La diffusion d’images non révélatrices des déplacements et meetings de Ségolène Royal (toujours au pupitre, rarement dans la foule, seule, etc.)
    – La reprise systématique de la moindre voix discordante au sein du PS
    – La couverture exceptionnelle accordée à Eric Besson en comparaison de celle accordée à Azouz Begag
    – La non-diffusion de communiqués de presse d’élus socialistes, etc.
    – La diffusion de dépêches AFP, AP et Reuters partiales
    – L’absence de contradiction des journalistes face aux élus UMP et à Nicolas Sarkozy
    – La volonté évidente de « coincer » Ségolène Royal ou d’autres élus socialistes sur des éléments secondaires
    – La concentration des journalistes sur les divisions internes au Parti Socialiste et sur les thématiques souhaitées par Nicolas Sarkozy
    – La dérision sur toute nouvelle mesure de Ségolène Royal
    – Le 100 minutes pour convaincre offert par Arlette Chabot la veille du début du décompte officiel du CSA, qui a permis au candidat ministre de l’intérieur de passer deux fois sur cette émission pendant que son adversaire n’y passait qu’une fois.

    Les faits marquants de la concentration des médias et des liens avec Nicolas Sarkozy sont les suivants :

    – France Télévisions (l’Etat français : France 2, France 3, France 4, France 5, RFO, France 24, France ô) est présidé par Patrick de Carolis (soutien de Nicolas Sarkozy), et contrôle une diffusion réalisant plus de 40% de l’audience française
    – TV5 est présidé par François Bonnemain, un proche de Jacques Chirac et un soutien de Nicolas Sarkozy
    – Radio France (France Info, France Inter, France Culture, France Bleu, France Vivace, Le Mouv’), est présidé par Jean-Paul Cluzel, longtemps collaborateur de Jacques Chirac, soutien de Nicolas Sarkozy
    – Bouygues détient TF1, LCI, TV Breizh et a des participations importantes dans Metro, TMC, RTL 9, NT1, etc. (Martin Bouygues est le parrain du fils de Nicolas Sarkozy) : plus de 40% de l’audience. N.B. : Laurent Solly, directeur adjoint de campagne de Nicolas Sarkozy a été engagé sur TF1. C’est une nomination demandée directement par l’Elysée.
    – M6 est présidé par Nicolas de Tavernost, c’est un soutien de Nicolas Sarkozy. Via une holding, Vincent Bolloré -ami de ce dernier- est un des principaux actionnaires de la chaîne
    – Lagardère (Arnaud Lagardère considère Nicolas Sarkozy « comme son frère ») et Editis (propriété de Wendel : présidé par Ernest-Antoine Seillière) réalisent plus des 2/3 de la production littéraire française
    – Lagardère est le premier éditeur mondial de magazines, détient de très nombreux journaux, magazines et radios, tels que Paris Match, Le Journal du Dimanche, Elle, Télé 7 Jours, Europe 1, BFM, MCM, Europe 2 TV, a des participations dans Le Monde et dans Le Parisien, est opérateur des NMPP
    – Dassault détient de nombreux quotidiens et magazines, comme Le Figaro et Valeurs Actuelles (Le fils Olivier Dassault est député UMP, Serge Dassault est sénateur UMP et un très proche de Nicolas Sarkozy)
    – Bolloré détient les « gratuits » Directs Soir et Matin Plus, la chaîne Direct 8, est indirectement un des principaux actionnaires de M6, possède le groupe publicitaire Havas, possède 44% de l’Institut de sondages CSA (ce qui par ailleurs remet en cause la crédibilité du sondage CSA déclarant que les Français n’étaient « pas choqués » du séjour de Nicolas Sarkozy sur le yacht d’ « un ami industriel »)
    – Bernard Arnault (témoin du mariage de Nicolas Sarkozy) possède notamment le journal La Tribune et Radio Classique Analyse succincte du résultat de l’élection présidentielle de 2007 – Juin 2007 Nicolas Cadène – Collaborateur parlementaire de Jean-Louis Bianco 13
    – Alain Minc (soutien affiché de Nicolas Sarkozy) préside le Conseil de surveillance du groupe Le Monde (avec notamment Télérama, Midi Libre) –conseil où siège désormais Guillaume Sarkozy, frère du chef de l’Etat- et conseille de nombreux patrons de médias (Edouard de Rothschild –Libérationnotamment)
    – Le Conseil Supérieur de l’Audiovisuel (CSA) est présidé par Michel Boyon, ancien directeur de cabinet de Jean-Pierre Raffarin
    – 60% de la diffusion de la presse magazine sont réalisés par Lagardère, Mondadori France (Silvio Berlusconi) et Dassault
    – Agences de presse : il n’y a que 3 agences mondiales : AP (presse US), Reuters (en France, lié à l’Etat français) et AFP (présidé par Pierre Louette, ancien du cabinet d’Edouard Balladur et soutien de Nicolas Sarkozy)

    Tous ces groupes ont des intérêts croisés : administrateurs et/ou actionnaires communs. Un grand nombre de leurs dirigeants proviennent de cabinets ministériels, et réciproquement. Chaque parlementaire mentionné a voté la loi DADVSI.

    Le Parti Socialiste n’a pas modifié la législation sur la concentration de certains groupes, lorsqu’il était aux responsabilités. Désormais, il est essentiel de s’attaquer de façon constructive à cet état. Surtout, cela doit être diffusé massivement en parallèle d’une proposition de loi contre la concentration des médias, pour l’indépendance journalistique et pour le respect de sa déontologie.

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