Section socialiste de l'île de Ré
Le courage, c'est de chercher la vérité et de la dire. Jean Jaures – Psiledere@aol.com

26 juillet 2007

Sarkozy a dit, Sarkozy a menti : le troc nucléaire

Filed under: 21 - Mensonges de Sarko — iledere @ 10:52

champignon.jpgSur France Info ce matin, entre deux scoops de folie, dont un sur les faux cils de pénéloppe Cruz (vas-y Coco, ça c’est de l’info !!), la nouvelle est tombée…
Tous ceux qui ne croient plus au père Noël (47 % des français) se demandaient ce qu’allait nous coûter la parade de Cécilia Sarkozy qui a aidé son mari à tirer la couverture dans l’affaire des infirmières Bulgares. Je pensais benoîtement que la France allait payer la plus grosse part des indemnités versées aux familles. Et bien ce sera plus cher : un réacteur nucléaire !
Sarkozy tout à sa volonté maladive d’occuper le devant de la scène vient de se livrer à un « troc nucléaire » injustifiable en proposant au dictateur libyen Kadhafi de la technologie nucléaire en échange des infirmières bulgares.
On peut commenter sans fin le fait que le Président français s’attribue le mérite des efforts de l’Union européenne pour faire libérer les infirmières bulgares, on peut également se dire que, la fin justifiant les moyens, l’issue heureuse de cette sinistre affaire était plus importante que la gloire qu’en tire indûment Sarkozy.
Pour autant on ne peut que dénoncer avec la plus grande vigueur la « monnaie d’échange » utilisée par les Sarkozy – l’épouse du chef d’Etat étant son « pion avancé » en Libye – pour arriver à leurs fins.
Promouvoir le nucléaire, et tenter d’étendre cette technologie sur la planète, est de façon générale une très mauvaise chose pour l’environnement. Mais fournir de la technologie nucléaire à un dictateur est encore plus irresponsable.
Certes, Mrs Sarkozy et Kadhafi parlent de « nucléaire civil », mais l’expérience et l’actualité (par exemple en Corée ou en Iran) montrent que nucléaire civil et militaire sont intimement liés.
Certes, Mr Kadhafi a officiellement renoncé à un programme nucléaire militaire, mais ce dictateur est un habitué des revirements brutaux et des pratiques dissimulatoires.
Par ailleurs, il est fort curieux que la commissaire européenne aux Relations extérieures Benita Ferrero-Waldner, chargée du dossier des infirmières bulgares, ait exprimé le 13 juillet son « agacement » devant le forcing de M Sarkozy, avant de se déclarer 6 jours plus tard « d’accord sur tout » avec M. Sarkozy. Ce dernier attribue une telle importance aux infirmières bulgares que le seul « humanisme » du Président français semble une explication un peu courte.
Alors que Mr Sarkozy travaille en coulisse à la constitution d’un trust nucléaire regroupant Areva, Alstom et Bouygues, on ne peut que se souvenir qu’un des amis proches du Président français n’est autre que Martin Bouygues. Et ne peut que penser que ce dernier serait certainement heureux… de construire des centrales nucléaires en Libye.
L’industrie nucléaire est globalement en déclin sur la planète (le nombre de réacteurs qui vont fermer dans les 20 ans est nettement supérieur au nombre de projets de nouveaux réacteurs), mais il apparaît que c’est principalement dans les régimes fort peu démocratiques que des projets de relance du nucléaire apparaissent (Chine, Russie, Libye, Algérie, Egypte, Biélorussie, etc).
Il est inacceptable que la France fournisse de la technologie nucléaire à ces pays.
Le troc de sarkozy, à seule fin de faire briller son étoile personnelle est donc scandaleux. Autant que les motifs officiels invoqués : Le réacteur nucléaire servirait à dessaler l’eau de mer !!!
Il s’agit bien évidement d’une illustration du concept « plus c’est gros, plus ça passe ».
Pour alimenter une station de désalinisation, il est bien plus efficace, bien moins cher et bien plus écologique d’utiliser l’énergie solaire, pour laquelle la Libye a des atouts exceptionnels… A condition d’investir dans ce secteur et non dans l’atome. M Kadhafi n’à que faire de désaliniser l’eau, son objectif est d’obtenir à des technologies nucléaires, dans le but d’accéder tôt ou tard à l’arme atomique.
Car nucléaire civil et militaire sont indissociables. L’actualité (Iran, Corée du Nord) montre que nucléaire civil et militaire sont intimement liés. Ce n’est pas pour rien si les grandes puissances ne croient pas l’Iran qui, pourtant, annonce avoir un programme nucléaire purement civil. Livrer du nucléaire « civil » à la Libye reviendrait à aider ce pays à accéder, tôt ou tard, à l’arme atomique.

Mr Kadhafi a certes fini par libérer ses otages bulgares, mais il n’en reste pas moins un dangereux dictateur. Ses sautes d’humeur et ses revirements stratégiques ont été si brutaux depuis près de 40 ans qu’il est rigoureusement impensable de lui faire confiance. Hélas, Mr Sarkozy ne semble pas avoir pris conscience de ces données pourtant évidentes.

Nicolas Sarkozy a menti mardi 24 juillet

Lors de sa conférence de presse le 24 juillet à l’Elysée, Nicolas Sarkozy a été interrogé par un journaliste qui s’est fait l’écho des accusations portées par le Réseau « Sortir du nucléaire » : celui-ci annonçait que les infirmières bulgares allaient servir de « monnaie d’échange » pour un véritable « troc nucléaire ». Sarkozy a nié l’existence d’un tel arrangement et, le lendemain, Mr Martinon, porte-parole de l’Elysée, a affirmé qu’il n’était « pas question » de parler de « coopération nucléaire » au cours de la rencontre entre les deux chefs d’Etat mercredi. En réalité, il est clair que cet accord nucléaire était prêt depuis longtemps et qu’il n’a pas été rédigé en quelques minutes dans le palais du dictateur libyen.
Il est a noter que l’écart entre une déclaration de Mr Sarkozy et une décision contraire, entre le mensonge et l’acte, se réduit dangereusement. Nous en sommes à 2 jours. Faut-il que le gouvernement soit intimement persuadé que durant la période estivale, le cerveau des français est au repos !

L’aveu de M Sarkozy sur le « Grenelle de l’environnement »

En signant avec M Kadhafi un accord pour développer un programme nucléaire, M Sarkozy avoue involontairement que le « Grenelle de l’environnement », qui doit se tenir à l’automne, ne servira à rien : M Sarkozy a d’ores et déjà décrété que le nucléaire était acceptable sur le plan environnemental (alors qu’aucune solution n’existe pour les déchets radioactifs, et que l’accident nucléaire menace plus que jamais). Lors du Grenelle de l’environnement, que nous avons traité récemment sur ce blog, les participant, sur le sujet du nucléaire, n’auront donc rien à discuter puisqu’il seront mis devant le fait accompli. Je leur souhaite une échine souple et une facilité à avaler les couleuvres.

Alain Renaldini

Kraftwerk « Radioactivity
[dailymotion=http://www.dailymotion.com/swf/YRvskQgNKo6Qg1ZRR]

Radio-activity, paru en 1975, est un concept-album, véritable hymne aux communications hertziennes, où pour la première fois, le groupe joue avec le contraste passé/modernité : la pochette du disque représente une vieille radio des années 30, alors que les compositions sont exclusivement électroniques (sonorités novatrices en 1975). On trouve en ouverture de l’album, le bruit d’un compteur Geiger qui s’affole pour annoncer l’arrivée du morceau Radio-activity, certaines paroles sont d’ailleurs jouées en code morse .-. .- -.. .. — .- -.-. – .. …- .. – -..– [R A D I O A C T I V I T Y] ! Autre contraste dans ce nouvel opus : le retour de compositions plus expérimentales qui côtoient de véritables chansons avec des mélodies entêtantes. Le titre Radio-activity (1 million d’exemplaires vendus en France) marquera la mémoire des auditeurs français de l’époque à la manière du morceau pop corn (hit pop électronique de 1970, composé uniquement avec des synthétiseurs) d’un certain Gershon Kingsley. Le réalisateur allemand Rainer Werner Fassbinder utilisera des extraits de l’album pour illustrer son film Chinesiches roulette et le feuilleton télé Berlin Alexanderplatz. A partir de Radio-activity, tous les albums seront publiés en version allemande et anglaise. Ohm sweet Ohm !

extrait :

Tschernobyl, Harrisburgh, Sellafield, Hiroshima
Tschernobyl, Harrisburgh, Sellafield, Hiroshima
Stop radioactivity
Is in the air for you and me
Stop radioactivity
Discovered by Madame Curie

Chain reaction and mutation, contaminated population
Stop radioactivity
Is in the air for you and me
Morse:
Radioactivity is in the air for you and me
Radioactivity discovered by madame Curie
Radioactivity is in
Stop radioactivity

21 réponses à “Sarkozy a dit, Sarkozy a menti : le troc nucléaire”

  1. Abdallah Senoussi: l’étrange absent de l’affaire libyenne

    La réhabilitation de celui que la France a condamné pour l’attentat du DC-10 d’UTA a toujours été une revendication libyenne.

    Dans le débat-déballage portant sur les conditions de la libération, par la Libye, des infirmières bulgares et du médecin palestinien, il y a encore un grand absent: Abdallah Senoussi, chef des services secrets, beau frère de Kadhafi, oncle de Saïf Al-Islam, le fils préféré du « Guide de la Révolution ».

    C’est une vieille connaissance de la France: Senoussi a été condamné à la prison à vie par contumace par la justice française pour son rôle décisif dans l’attentat du DC-10 d’UTA en 1989; depuis lors, les Libyens ne cessent de réclammer sa réhabilitation. « C’est même leur première demande, depuis le début des discussions », affirme un bon connaisseur du pays.

    Selon plusieurs sources, Senoussi était l’un des interlocuteurs des Français à Tripoli dans les négociations. C’est avec lui qu’aurait traité Claude Guéant, le Secrétaire général de l’Elysée, qui a accompagné Cécilia Sarkozy dans la capitale Libyenne.

    Il est difficilement concevable que les Libyens n’aient pas à nouveau demandé aux Français une grâce pour Senoussi qui, sous le coup d’un mandat d’arrêt international, est actuellement dans l’impossibilité de quitter les frontières de son pays. Quelle réponse la France leur a-t-elle donnée? La question paraît légitime à tous ceux qui suivent ce dossier depuis des années. Sollicités à plusieurs reprise par Rue89, les services de l’Elysée n’ont pas souhaité évoquer le sujet.

    Dans un point de vue au Télégramme de Brest, le journaliste spécialiste de la Défense Jean Guisnel pose ouvertement la question: « Que lui a-t-on promis ou pas? »

    Une grâce présidentielle? Encore impossible

    Senoussi est soupçonné d’avoir donné l’ordre d’abattre, en 1989, le DC 10 d’UTA et d’avoir fourni les explosifs de cet attentat. Dix ans et une enquête du juge anti-terroriste Bruguière plus tard, il est condamné, ainsi que cinq autres accusés, par la Cour d’assises spéciale de Paris dans un procès par contumace. Verdict maximum: la perpétuité.

    Or, subtilité du code pénal français, une condamnation n’est jamais définitive dans un procès par contumace. Techniquement, il est donc impossible de bénéficier d’une grâce présidentielle. Et les mandats d’arrêt internationaux émis contre les six condamnés sont valables jusqu’en 2019.

    Paris a-t-il quand même pu promettre d’arranger son cas? « Je le redoute », commente Guillaume Denoix de Saint-Marc, président de l’association des familles victimes du DC 10, qui attend des explications des autorités françaises.

    Le scénario du fils Kadhafi

    Pourtant, il existe un moyen de solder le contentieux judiciaire: reconvoquer un procès, condamner puis amnistier ou extrader les coupables… A condition qu’ils se présentent à la justice française. Exactement le scénario avancé par Saïf Al-Islam Khadafi hier, lors de son entretien au Monde, lorsqu’il évoque le sort d’un autre libyen, Abdel Basset Ali Al-Megrahi, incarcéré en Grande-Bretagne pour l’attentat de Lockerbie (1988, 270 morts).

    D’autant que les preuves contre Senoussi ne seraient pas suffisantes pour justifier une nouvelle condamnation à perpétuité. Et donc susceptible d’un verdict suffisamment clément pour être amnistiable. Si cette voie est retenue, la controverse sur le premier « coup » diplomatique de Sarkozy n’est pas près de s’éteindre.

  2. nouvelobs.com dit :

    Hollande se dit « troublé » par les révélations du fils Kadhafi

    Seif el-Islam Kadhafi a révélé la signature de gros contrats d’armement entre la Libye et la France, ce qu’a démenti Nicolas Sarkozy. Le Premier secrétaire du PS pointe du doigt le « manque de transparence » dans les négociations pour la libération des infirmières bulgares.

    Un contrat d’armement aurait été conclu entre la France et la Libye (AFP)
    Le premier secrétaire du PS François Hollande a jugé « troublant », mercredi 1er août, d’apprendre par la bouche du fils du colonel Kadhafi qu’un contrat d’armement avec la France avait joué un rôle important dans la libération des infirmières et du médecin bulgares détenus en Libye.

    « Par-delà la personnalité de Bernard Kouchner, le gouvernement et le président de la République ont manqué à l’effort de transparence qui était attendu », a déclaré François Hollande, interrogé par l’AFP pour savoir si le ministre des Affaires étrangères avait abordé ce point lors de son audition en commission par le parlement, mardi.

    Sarkozy dément toute contrepartie

    Selon des propos du fils du numéro un libyen, Seif el-Islam Kadhafi, publiés par Le Monde daté de jeudi, Paris et Tripoli ont notamment conclu le 25 juillet, lors d’une visite à Tripoli de Nicolas Sarkozy, un accord sur des exercices militaires conjoints, l’achat à la France de missiles antichar Milan et un projet de manufacture d’armes. « Les Français ont arrangé le coup, ont trouvé l’argent pour les familles. Mais je ne sais pas où ils l’ont trouvé », déclare notamment Saïf al Islam Kadhafi.
    Interrogé mercredi à ce sujet, le président Nicolas Sarkozy a réaffirmé qu’il n’y avait eu « aucune » contrepartie aux libérations.

    Le président Nicolas Sarkozy avait fait état, le jour de la libération des infirmières le 24 juillet, d’un « geste humanitaire » de l’émirat du Qatar « un Etat ami ».
    D’après le député-maire de Tulle, qui a participé à l’audition du ministre, « rien dans les propos de Bernard Kouchner ne formalisait un contrat d’armement ». « Il a parlé d’un contrat commercial et quand je l’ai interrogé sur les contreparties (à la libération des infirmières et du médecin bulgare), outre le flou de sa réponse, il n’a pas fait allusion à un contrat d’armement », a précisé François Hollande.

    Hollande : « prévenir nos partenaires »

    « Il est gênant, troublant, de l’apprendre par la bouche du fils du colonel Kadhafi », a estimé le socialiste, d’autant qu’il s’agit « d’un contrat très important, le premier de ce type conclu depuis la levée de l’embargo » sur les armes au régime de Tripoli.
    Selon lui, « la moindre des choses aurait été d’informer totalement et clairement l’Assemblée nationale, la presse et l’opinion de la réalité des faits ».
    Le numéro un socialiste s’est dit « confirmé » dans le jugement qu’il avait exprimé au sortir de l’audition de Bernard Kouchner, lorsqu’il avait estimé que le chef de la diplomatie française n’avait « joué qu’un rôle de spectateur » dans la négociation pour la libération des Bulgares détenus en Libye.
    Le Premier secrétaire a enfin estimé que, puisqu’il s’agit du premier contrat d’armement signé avec un pays occidental, « il aurait été préférable de prévenir nos partenaires et alliés ».

    452 millions d’euros

    Le Canard enchaîné croit savoir que l’intervention de Nicolas Sarkozy auprès de l’émir du Qatar, Cheikh Hamad bin Jassem bin Jabr al Thani, a permis de contourner un obstacle administratif car Mouammar Kadhafi « voulait l’argent de l’Union européenne, soit 452 millions d’euros, tout de suite ».
    « Les procédures budgétaires de l’UE étant très lourdes, l’argent n’était toujours pas débloqué six mois après le premier accord de principe. Seuls 2,5 millions d’euros avaient été virés » à la Fondation Kadhafi, écrit l’hebdomadaire satirique.
    « Sarko a alors téléphoné à l’émir du Qatar dans la soirée et, dans la nuit, le gouverneur de la Banque centrale du Qatar s’est envolé par avion spécial pour Tripoli, avec en poche un chèque de 452 millions d’euros. L’UE s’est engagée à rembourser le Qatar dans les six mois. Et, au matin, Kadhafi était content », ajoute Le Canard enchaîné. (avec AP et AFP)

  3. Le fils du colonel Kadhafi détaille un contrat d’armement …

    Ces éléments recouvrent deux aspects que les officiels français et européens ont préféré passer sous silence dans leurs descriptions publiques des tractations avec Tripoli : d’une part, les détails d’un accord prévoyant d’importantes fournitures d’armements par la France à la Libye ; d’autre part, le rôle joué, dans la résolution du cas des infirmières, par une décision de justice au Royaume-Uni concernant le sort d’un ancien agent libyen emprisonné depuis 2001 à Glasgow, en Ecosse, pour sa responsabilité dans l’attentat de Lockerbie en 1988 (270 morts)….
    Quant aux accords d’armement et de défense qui ont fait l’objet de discussions entre Paris et Tripoli, il semble y accorder un intérêt beaucoup plus vif qu’à la question de la fourniture par la France d’une centrale nucléaire à la Libye. Pareille centrale « n’est pas essentielle pour la Libye », glisse Saïf Al-Islam Kadhafi d’un air détaché. « Nous avons des hydrocarbures… La décision de se doter d’une centrale nucléaire nous permettrait d’exporter de l’électricité… vers l’Italie notamment » ajoute-t-il, sans s’attarder sur les possibilités de dessalinisation d’eau de mer, pourtant beaucoup évoquées à Paris.

    Le cœur du sujet, entre Paris et Tripoli, est donc l’affaire militaire. En quoi consiste-t-elle? « D’abord, l’accord recouvre des exercices militaires conjoints, bien sûr. Puis, nous allons acheter à la France des missiles antichar Milan, à hauteur de 100 millions d’euros je pense. Ensuite, il y a un projet de manufacture d’armes, pour l’entretien et la production d’équipements militaires. Vous savez que c’est le premier accord de fournitures d’armes par un pays occidental à la Libye ? », se réjouit-il…..

  4. Pascal Thibaud dit :

    Allemagne : L’indignation persiste après l’accord nucléaire franco-libyen

    Sur RFI – 28/07/07 – correspondant à Berlin, Pascal Thibaud

    Les irritations à Berlin s’accumulaient contre la France. En dernier lieu, l’Allemagne n’a pas apprécié que Nicolas Sarkozy tire la couverture à lui lors de la libération des infirmières bulgares. Mais Berlin a évité de troubler l’unanimité de façade.

    En revanche, l’accord nucléaire franco-libyen délie les langues. « Politiquement, cette affaire est problématique », a déclaré dans une interview le secrétaire d’Etat aux Affaires étrangères Gernot Erler résumant les craintes de l’Allemagne quant aux risques d’un tel accord.

    Un député social-démocrate estime, lui, que Nicolas Sarkozy ne s’est investi dans la libération des infirmières que pour décrocher des contrats en Libye. Il évoque un show et juge que George Bush est en comparaison un modèle d’innocence.

    Quant au député conservateur Kar Theodor zu Guttenberg, il estime qu’il aurait été souhaitable de gérer un tel accord entre Européens.

    L’opposition n’est pas en reste. Le patron des Verts Reinhard Bütikofer accuse Nicolas Sarkozy d’activisme nationaliste débridé.

    La presse allemande est tout aussi critique. Le président français y est qualifié de problème sérieux pour l’Europe ou encore d’homme politique incontrôlable. Le quotidien conservateur Die Welt l’accuse de se jeter au cou des despostes.

  5. Courrier International dit :

    Traduit l’éditorial du Süddeutsche Zeitung (Allemagne) :

    L’incursion de Sarkozy dans le système de chantage libyen est tout sauf une prouesse diplomatique.
    La conclusion d’un accord nucléaire avec Kadhafi s’inscrit dans la tradition française qui consiste à vendre des réacteurs nucléaires dans le monde entier. Or, la Libye est encore une dictature – même si le pays est signataire du traité de non-prolifération des armes nucléaires. Certes, lorsqu’un pays a d’étroites relations avec l’Afrique du Nord, le chef d’Etat doit légitimement les entretenir – en concertation avec le reste de l’Europe. Le court-circuitage de l’UE dans l’affaire des otages témoigne toutefois d’un manque de tact. Désireux d’attirer l’attention, le couple présidentiel Sarkozy s’est mis en scène alors que d’autres responsables politiques européens avaient déjà négocié en silence, au terme d’un long travail, les conditions d’ouverture des geôles libyennes. Un résultat que seule la persévérance pouvait obtenir.

  6. Le « cavalier seul » de Sarkozy en Libye agace en Allemagne

    BERLIN, 27/07/07 – Reuters – La proposition française de coopération nucléaire avec la Libye fait polémique en Allemagne, où de nombreux députés considèrent qu’elle est une nouvelle manifestation de l’attitude de « cavalier seul » du président Nicolas Sarkozy en matière de politique étrangère.

    Nicolas Sarkozy a signé un mémorandum d’entente portant sur la fourniture par la France d’un réacteur nucléaire à la Libye, au cours d’une visite à Tripoli qui avait pour but de renforcer les relations entre les deux pays.

    Cette visite a été annoncée dans la foulée de la libération par la Libye des infirmières et du médecin bulgares condamnés à mort après avoir été accusés d’avoir inoculé le virus du sida à des centaines d’enfants libyens.

    Bien que cette libération ait coïncidé avec une médiation effectuée en Libye par Cécilia Sarkozy, et dont l’Elysée n’a pas communiqué les détails, le président français a affirmé qu’il ne fallait voir aucun lien entre le dénouement de l’affaire des infirmières et la conclusion d’un accord sur le nucléaire.

    Vendredi, un des plus hauts responsables du parlement allemand a accusé Sarkozy de « chercher à faire trop de choses à la fois » en lui reprochant de ne pas avoir consulté ses partenaires européens avant de prendre une décision aussi stratégique que l’accès à l’énergie nucléaire.

    ENGAGEMENT PREMATURE ET DANGEREUX

    « Même si cela prend du temps, la France devrait s’intéresser au renforcement des politiques extérieures et de sécurité de l’Europe », a déclaré Rupretch Polenz, le chef de file de la commission des Affaires étrangères au Bundestag.

    « Mais ce n’est pas ce qui se passe avec ces initiatives unilatérales. »

    D’autres responsables de la coalition d’union au pouvoir à Berlin ont estimé qu’il était prématuré, voire dangereux, de s’engager sur un projet d’énergie nucléaire avec un Etat qui vient à peine de sortir de plusieurs décennies d’isolement diplomatique.

    Cela fait moins de quatre ans que le dirigeant libyen Mouammar Kadhafi a annoncé qu’il renonçait à ses programmes d’armes nucléaires, chimiques et biologiques.

    « Même si Kadhafi ne s’intéresse plus aux armes nucléaires, on ne peut pas savoir qui sera au pouvoir après lui, et ce qui se passera alors », a dit Ulrich Kalber, adjoint du chef de file du groupe social-démocrate au parlement.

    Les capitales ont levé leurs sanctions diplomatiques contre la Libye et les grandes puissances lorgnent désormais du côté des lucratifs contrats à saisir dans le secteur des hydrocarbures libyens.

    « Cette coopération franco-libyenne dans le domaine du nucléaire civil est la preuve que les pays qui respectent pleinement leurs engagements internationaux de non-prolifération peuvent retirer tous les bénéfices des usages pacifiques de l’énergie nucléaire », a fait valoir le ministère français des Affaires étrangères.

    « Il ne faut pas confondre l’usage civil avec l’usage militaire », a souligné le Quai d’Orsay, précisant que la négociation avec Tripoli avait début en 2004 et que les partenaires de la France en avaient été informés « en de multiples occasions ».

    REACTION ALLEMANDE DISPROPORTIONNEE ?

    Ce n’est pas la première fois depuis son accession à l’Elysée, le 16 mai, que Sarkozy se heurte à la chancelière Angela Merkel.

    Les efforts du président français pour affaiblir l’euro et ses appels en faveur d’un contrôle accru de la Banque centrale européenne ont provoqué des tensions entre les deux capitales.

    Les spécialistes de la relation franco-allemande affirment que la rivalité entre les deux dirigeants s’est vue lors du dernier sommet européen. Sarkozy, disent-ils, a volé la vedette à Merkel qui, pourtant, le présidait.

    Sarkozy a justifié l’accord sur le nucléaire avec la Libye par la nécessité de faire confiance aux pays arabes quant à leur capacité à développer ce genre de technologie à des fins pacifiques au risque, dans le cas contraire, de froisser les populations de cette zone et de favoriser une guerre des civilisations.

    L’Arabie saoudite, la Jordanie et l’Egypte disent vouloir développer des programmes nucléaires civils. Washington craint pour sa part que les ambitions nucléaires iraniennes ne provoquent une course aux armes nucléaires dans la région.

    Un diplomate français a pour sa part jugé disproportionnée la réaction allemande, en affirmant que la Libye coopérait avec l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) de Vienne et avait signé tous les accords internationaux nécessaires. L’AIEA a refusé de s’exprimer à ce sujet.

    Ce n’est pas la première fois que la France offre une technologie nucléaire à un pays arabe.

    Des entreprises françaises travaillaient à la construction d’une centrale nucléaire en Irak aux termes d’un accord avec Saddam Hussein, jusqu’à ce qu’en 1981 des frappes israéliennes détruisent le projet.

  7. NOUVELOBS.COM dit :

    Kouchner : un réacteur à la Libye est une « hypothèse »

    Le ministre des Affaires étrangères, auditionné par les députés sur les conditions de libération des infirmières bulgares, a précisé que la fourniture d’un réacteur nucléaire à Tripoli n’était pas sûre.

    Le ministre des Affaires étrangères, Bernard Kouchner, a estimé mardi 31 juillet que la livraison par la France d’un réacteur nucléaire à la Libye n’était encore qu’une « hypothèse ».
    « Il y a eu des grincements (en Allemagne) en particulier parce qu’on a évoqué l’hypothèse, qui n’est pas du tout avérée », de la fourniture d’un réacteur à la Libye, lors du voyage du président Nicolas Sarkozy à Tripoli mercredi dernier, a déclaré Bernard Kouchner à l’issue d’une audition devant la commission des Affaires étrangères de l’Assemblée nationale.
    Bernard Kouchner a insisté devant la presse sur le fait que le document signé lors de ce voyage n’était « pas un protocole », mais un simple « mémorandum d’engagement, un cadre éventuel » pour un « éventuel réacteur nucléaire ».
    « Je vous rappelle que c’est pour désaliniser l’eau de mer, ce n’est pas pour faire la guerre, et que c’est contrôlé complètement », en particulier par l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA), « si cela se fait, et il n’est pas sûr que ça se fasse (…) personne n’en sait rien », a-t-il dit.

    « Des décisions qui ne font pas plaisir »

    « Il n’y a pas eu de rapport entre la firme qui pourrait le faire et la Libye, donc c’est une perspective », a poursuivi Bernard Kouchner.
    Le chef de la diplomatie française a reconnu « qu’en Allemagne, en effet, on a protesté », et indiqué qu’il avait parlé lundi au téléphone avec son homologue allemand Frank-Walter Steinmeier. « Il y a des décisions qui ne font pas plaisir », a-t-il ajouté, interrogé sur les critiques allemandes.
    L’accord nucléaire franco-libyen, signé dans la foulée de la libération des infirmières et du médecin bulgares détenues en Libye, a suscité de vives critiques en Allemagne, dans la quasi-totalité de la classe politique comme dans la presse.

    « Flou » du discours

    A l’issue de l’audition au Palais Bourbon de Bernard Kouchner, sur la libération des infirmières bulgares, le Premier secrétaire du Parti socialiste, François Hollande, s’est empressé de déclarer que le ministre « était apparu comme un acteur qui n’a joué aucun rôle » dénonçant le « flou » de son discours.
    François Hollande a précisé que l’objectif de cette audition devant la commission des Affaires étrangères était « de savoir exactement quelles étaient les contreparties qui avaient été offertes au régime libyen pour obtenir la libération de ce qu’on peut appeler des otages ».
    Il a ironisé sur le fait que le ministre avait utilisé ce mot « avant de se récuser ensuite ».

    « Vigilants » sur l’accord nucléaire

    « Il nous a été dit qu’il n’y avait pas de contrepartie financière » et que « c’est le Qatar qui a joué l’intermédiaire, on verra bien quelle sera la contrepartie offerte au Qatar, » a-t-il ajouté.
    Le mémorandum sur l’utilisation du nucléaire à des fins civiles « est suffisamment large pour ne rien permettre ou tout autoriser », a-t-il commenté.
    Pour lui, « ce qui se dégage de cette rencontre, c’est le flou », assurant que les socialistes resteront « très vigilants sur la contrepartie à cet accord nucléaire dont nous ne connaissons pas véritablement (le) contenu et (le) prolongement ».

    Pour souligner « l’illusion » de l’ouverture

    L’audition, qui s’est déroulée à partir de 9h30 devant la commission des Affaires étrangères, avait été réclamée notamment par le président du groupe socialiste à l’Assemblée, Jean-Marc Ayrault, et par son homologue au Sénat, Jean-Pierre Bel. Les socialistes demandaient des explications sur l’intervention de Nicolas Sarkozy auprès du dirigeant libyen Mouammar Kadhafi. Ils avaient également souligné l’absence singulière de Bernard Kouchner lors des négociations, y voyant la preuve de l' »illusion » de l’ouverture à gauche prônée par le président de la République.

  8. Les réacteurs du futur seront, eux aussi, des surgénérateurs

    L’EPR (European Pressurised Reactor), est un réacteur de 3e génération, et non de la 4ème comme l’avait crânement annoncé Mr Sarkozy lors du débat du deuxième tour de l’élection présidentielle. Prouvant ainsi qu’il ne connaissait pas les dossiers qu’il était sensé avoir lui même suivi et pour lesquels ils avait signé les arrêtés…
    L’EPR doit donc succéder aux centrales actuelles. Il n’est jamais qu’une version améliorée de ces dernières.
    Les installations de 4e génération, dont l’exploitation est prévue à partir de 2040, marqueront en revanche une rupture, en reprenant la technologie de la surgénération expérimentée avec Superphénix.
    Le CEA concentre ses recherches actuelles sur deux filières à neutrons rapides, refroidies par du sodium ou par du gaz.

    L’intérêt de la surgénération est de brûler non seulement l’uranium 235 (fissile), mais aussi l’uranium 238, dont est composé à 99,3 % le minerai naturel. Ce qui, avec les réserves mondiales connues à ce jour, assurerait plusieurs milliers d’années de fonctionnement du parc, contre 250 années avec les centrales actuelles. Autre avantage : ces réacteurs, à cycle fermé, sont conçus pour brûler une partie de leurs propres déchets : les actinides mineurs, très radiotoxiques, sont recyclés, les résidus ultimes se limitant aux produits de fission. C’est cette propriété qui avait inspiré le non de super Phénix, l’oiseau fabuleux, doué de longévité et caractérisé par son pouvoir de renaître après s’être consumé sous l’effet de sa propre chaleur. Il symbolise ainsi les cycles de mort et de résurrection.

    Le CEA assure que ces nouvelles centrales bénéficieront, par rapport à Superphénix, de « progrès déterminants ». C’est à espérer lorsque l’on compare la production électrique du Superphénix et le coût du jouet, destruction comprise… 10 mois de production en 9 ans…

    Et pour rire un peu, essayez de retrouver les affirmations, prévisions et autres explications que les « experts » en blouses blanches condescendaient à donner aux pauvres idiots sceptiques, sur la merveille des merveille, « Superphénix », dont le seul intérêt aura été de’inspirer un excellent film : Malville, sorti en 1981 avec Jacques Villeret , Jacques Dutronc et le regretté Michel Serault dont la disparition ce jour m’attriste …

  9. Pierre Le Hir dit :

    Le lent démantèlement de Superphénix continue en Isère

    Le 31 juillet 1977, plusieurs dizaines de milliers d’antinucléaires convergeaient sous la pluie, au milieu des champs de maïs, vers le site de Malville, en Isère. Ils voulaient s’opposer à la construction, commencée l’année précédente, de ce qui devait être le fleuron de la technologie électronucléaire française : le surgénérateur Superphénix. Au cours des affrontements avec les forces de l’ordre, un manifestant, Vital Michalon, était blessé mortellement par l’explosion d’une grenade offensive et deux autres étaient blessés. Pour commémorer ce drame, un rassemblement, auquel appelle le réseau Sortir du nucléaire, doit avoir lieu, mardi 31 juillet à 15 heures, dans la commune voisine de Faverges.

    Trente ans après, l’ombre de Superphénix plane toujours sur le nucléaire français. Couplé au réseau électrique en janvier 1986, le réacteur prototype à neutrons rapides, victime d’incidents à répétition, n’aura été en service qu’un peu plus de dix mois en neuf ans, avant de finir par fonctionner de façon à peu près satisfaisante en 1996. L’année suivante, le gouvernement de Lionel Jospin – dont Dominique Voynet était ministre de l’aménagement du territoire et de l’environnement – décidait de mettre fin à l’expérience.

    Depuis le décret de mise à l’arrêt, le site de Creys-Malville s’est transformé en chantier pilote de démantèlement. Car, par rapport aux réacteurs nucléaires classiques, dont huit sont également en cours de déconstruction (à Bugey, Brennilis, Chinon, Chooz et Saint-Laurent), celle d’un surgénérateur pose des problèmes particuliers, liés à la nature du combustible, contenant du plutonium, et à celle du liquide de refroidissement, constitué de sodium.

    Dans un premier temps, les éléments combustibles, soit 364 assemblages fissiles comportant 4,8 tonnes de plutonium et 233 assemblages fertiles d’uranium, ainsi que diverses pièces de protection et barres de commande, ont été retirés du réacteur. Ils ont été mis à « refroidir » en piscine, sur le site, dans un Atelier pour l’évacuation du combustible (APEC) qu’EDF a été autorisée à exploiter pour trente ans. Y est également entreposé un deuxième coeur tout neuf, non brûlé, qui avait été commandé avant la fermeture.

    La destination finale de ces combustibles n’est pas encore arrêtée, indique Serge Klaeylé, directeur du Centre d’ingénierie, déconstruction et environnement d’EDF. Il avait été envisagé de les retraiter dans les usines de la Hague (Manche) d’Areva. Mais EDF considère aujourd’hui ces éléments non comme des déchets, mais comme « des réserves de combustible susceptibles d’être valorisées », soit dans les filières MOX (mélange d’uranium et de plutonium), soit dans les futures centrales.

    Ne subsistent dans la cuve du réacteur que des éléments ne présentant pas de risque de « criticité », c’est-à-dire de déclenchement de réaction nucléaire. Ils sont eux aussi en cours d’extraction et rejoindront la piscine. Dans le même temps, la salle des machines a été vidée de ses turbines et de ses pompes, soit 150 000 tonnes de déchets non radioactifs.

    Reste l’épineux problème du sodium fondu, dont le circuit primaire de refroidissement, les boucles secondaires et diverses installations recelaient 5 500 tonnes. La difficulté vient de ce que ce matériau s’enflamme à l’air et détone au contact de l’eau. Une unité spéciale de traitement, composé de deux réacteurs chimiques, est en cours d’installation sur le site et devrait démarrer en 2008.

    Le principe, expérimenté sur la centrale de Dounreay, en Ecosse, et validé par les ingénieurs du Commissariat à l’énergie atomique (CEA), consiste à faire tomber au goutte-à-goutte le sodium liquide dans de l’eau, dans un environnement neutre d’azote. Le produit de cette réaction est de la soude, qui sera incorporée à du béton. Quatre à cinq années seront nécessaires pour neutraliser la totalité du sodium et il faudra attendre vingt ans pour que les 70 000 tonnes de béton accumulés sur le site, dont la radioactivité « sera comparable à celle du granit », précise Serge Klaeylé.

    Entre 2013 et 2023 devrait alors être réalisée la dernière partie de la déconstruction : la démolition du bâtiment réacteur, où la cuve et certaines structures métalliques, chargées en cobalt 60, restent très irradiantes. EDF, dont le scénario de démantèlement prévoyait au départ de laisser la radioactivité décroître pendant un demi-siècle, a finalement décidé, pour toutes ses centrales fermées, de les raser au plus vite, afin de rendre le site « à l’herbe ».

    Alors seulement, à l’issue de un milliard d’euros de travaux, sera tournée la page de ce qui demeurera dans les mémoires comme l’un des épisodes les moins glorieux de l’aventure nucléaire nationale.

  10. La main gauche dit :

    Ceci est une preuve supplémentaire du pragmatisme égocentrique expurgé de toute conscience de « celuiquineserajamaisleprésidentdetouslesFrançais », vous savez..l’erreur de casting, la tâche dans notre histoire, le NO Président..

    Il travaille dur pour nous léguer un patrimoine riche, ..riche en uranium surtout!! en OGM, en nouvelles variétés de cancer…etc… au point que même ceux qui ont reçu en cadeau un beau bouclier fiscal vont commencer à se demander s’il ne fallait plutôt demander un abri anti-atomique.

  11. Le monde.fr dit :

    « MÉCONTENTEMENT »

    Sofia « a violé les procédures légales en matière d’extradition, prévues par le droit international et par l’accord d’entraide judiciaire signé entre les deux pays » en 1984, a réaffirmé de son côté le premier ministre Baghdadi Mahmoudi. « Nous avons suivi la procédure légale, c’est la Bulgarie qui nous a trahis », a déclaré M. Mahmoudi.

    Selon le premier ministre, le président français Nicolas Sarkozy aurait lui aussi exprimé son « mécontentement » face à la méthode avec laquelle ont été libérés les six praticiens. Extradés mardi dernier, après d’intenses tractations diplomatiques entre la Libye et l’Union européenne et en vertu de l’accord d’entraide judiciaire entre Tripoli et Sofia, les praticiens ont été aussitôt graciés par le président bulgare, Guéorgui Parvanov.

    Le premier ministre libyen a également donné des détails sur les compensations reçues par son pays. La République Tchèque, le Qatar et la Bulgarie ont contribué à un fonds international de soutien aux enfants contaminés par le virus du sida, a precisé Baghdadi Mahmoudi. Il a ajouté que la France avait promis d’équiper l’hôpital de Benghazi et de fournir du personnel qualifié pendant cinq ans. Elle a aussi accepté de former une cinquantaine de médecins libyens.

  12. Sarkozy et le mirage industriel

    La vente d’un réacteur nucléaire à la Lybie, même s’il est destiné à alimenter une centrale de désalinisation de l’eau de mer, pose une série de questions extrêmement sérieuses et délicates.

    Tout d’abord, la France peut-elle et doit-elle une nouvelle fois porter la responsabilité, dans un seul but commercial, de disséminer la technologie nucléaire à des pays dont le moins que l’on puisse dire est que l’histoire ne plaide pas en leur faveur ?

    Rappelons pour mémoire que nous sommes à l’origine des difficultés que l’humanité tout entière rencontre aujourd’hui avec l’Iran, puisque c’est la France qui avait vendu au chah d’Iran non seulement des réacteurs nucléaires civils mais également une participation au sein d’Eurodif pour disposer d’uranium enrichi. Les années 1980, qui ont eu des conséquences particulièrement sanglantes en France, ont illustré, grandeur nature, l’irresponsabilité de ce choix, laquelle se traduit aujourd’hui dans le chantage nucléaire qu’exerce l’Iran sur le monde dans son ensemble. Il est du reste assez surprenant que, lorsque la France prétend jouer un rôle dans une négociation avec l’Iran sur le contrôle du nucléaire, son attitude passée ne lui soit pas opposée par tous ceux qui subissent les conséquences de ce choix initial.

    Mais l’Iran ne nous a pas suffi puisque nous avons récidivé avec l’Irak ; les deux poignées de main de Jacques Chirac à Saddam Hussein en 1976, la construction d’Osirak et la sulfureuse association d’amitié franco-irakienne sont encore dans toutes les mémoires. Et, par décence, nous passons sous silence les pots-de-vin et la mise en cause de personnalités françaises dans les grenouillages politico-économiques du régime irakien. Mais quel serait l’état du monde si Saddam Hussein avait pu disposer d’Osirak et, en sens contraire, quel aurait été le poids de l’Irak si ce pays n’avait pas disposé, grâce à la France, de technologie nucléaire, domaine dans lequel il faut arrêter de penser que le passage du nucléaire civil au nucléaire militaire se heurte à des obstacles infranchissables. L’histoire nous a d’ailleurs montré qu’ils ont été par deux fois franchis et peut-être davantage.

    Dans ces conditions, est-il vraiment raisonnable de récidiver et de vendre à un pays aussi peu sûr que la Libye un réacteur nucléaire, même civil ? Est-il vraiment démocratique qu’une décision d’une telle importance, pour notre pays et pour le monde soit prise par le président de la République seul, sans même que le Parlement puisse délibérer sur un sujet aussi majeur !

    En second lieu, l’utilisation de la technologie du nucléaire civil comme solution pour les pays en développement est-elle raisonnable ?

    Trois raisons en font sérieusement douter :

    – Les réserves en uranium que recèle la planète ne permettent en aucune manière de développer massivement le nucléaire. C’est une solution non durable et qui va très vite faire peser sur les réserves une pression considérable à même de changer l’équation financière du système.

    – Ensuite, la technologie nucléaire exige un niveau de sécurité et de formation du personnel considérable. Comment s’assurer que ce niveau pourra être atteint et que l’humanité ne s’expose pas ainsi à des Tchernobyl en puissance ?

    – Enfin, et surtout, le développement de la technologie nucléaire constitue un risque géostratégique et terroriste majeur. Outre le chantage nucléaire auquel nous nous exposons tous et qui existe déjà du fait de l’Iran, de la Corée du Nord, peut-être du Pakistan, demain de la Libye ou d’autres pays, le risque de dissémination des déchets nucléaires, de trafic de matériaux fissiles permettant la fabrication massive de bombes sales constitue des menaces supplémentaires dont le monde déjà particulièrement dangereux dans lequel nous vivons n’a vraiment pas besoin.

    On peut comprendre que la France souhaite exporter sa technologie, pour renforcer ses entreprises leaders et assurer l’emploi de ses salariés. Mais, on ne peut que regretter que les choix qui sont faits et continuent à être faits favorisent les secteurs industriels du XXe siècle et sacrifient ceux du XXIe.

    Demain, lorsque chacun aura compris enfin que le nucléaire n’est pas une solution durable et que le solaire, l’énergie des marées, la biomasse auront connu les développements auxquels ils sont appelés, il est fort à craindre que l’industrie française soit la grande perdante.

    Ainsi aurions-nous opté pour un mirage industriel, en faveur des risques politiques les plus considérables que l’humanité puisse courir !

  13. Vu dans Libération on Line
    La France soigne Kadhafi
    Selon Sarkozy, il n’y aurait «aucun lien» entre la libération des infirmières et du médecin bulgares et la fourniture critiquée d’un réacteur nucléaire à la Libye.

    La livraison d’une centrale nucléaire par la France au régime libyen est-elle l’une des clés, voire la clé, qui a permis l’ouverture des geôles dans lesquelles croupissaient depuis plus de huit ans les cinq infirmières et le médecin bulgares ? On peut le penser. Tripoli a toujours eu des velléités nucléaires, d’abord militaires, puis civiles. Mais son statut d’Etat voyou l’empêchait de pouvoir prétendre à une coopération internationale dans ce domaine. Avec la libération des six soignants, ce n’est plus le cas.
    Fantasque. Le protocole d’accord sur le nucléaire civil, signé mercredi par Nicolas Sarkozy, prévoit d’étudier la fourniture à ce pays d’un réacteur nucléaire permettant de dessaliniser l’eau de mer. Le président français a assuré qu’il n’y avait «aucun lien» entre l’éventuelle fourniture à la Libye de ce réacteur et la libération des otages bulgares. Rien n’est moins sûr.

    Au départ, seul le nucléaire militaire intéressait le fantasque colonel Kadhafi. Le président français a d’ailleurs ­lui-même indiqué mercredi que les Libyens possédaient encore «un stock d’uranium de 1 600 tonnes», datant des années où ils voulaient fabriquer une bombe. Un programme que le dictateur a toujours nié. Il a pourtant été abandonné, officiellement, le 19 décembre 2003, lorsque Tripoli, Washington et Londres annoncèrent la conclusion d’un accord sur le démantèlement du projet libyen. Lorsque le porte-parole du département d’Etat américain affirme que «le gouvernement libyen a renoncé volontairement à ses­ programmes d’armement nucléaire», c’est un doux euphémisme ! Car il a fallu menacer le «Guide», le convaincre que Washington, qui venait de renverser Saddam Hussein, pouvait à présent intervenir en Libye.

    Mis à contribution, les services secrets britanniques et américains avaient fourni l’enregistrement d’une conversation entre le chef du programme clandestin libyen et le célèbre Ayub Qadir Khan, père de la bombe pakistanaise et grand activiste de la prolifération nucléaire au profit des pays musulmans. Le réseau de ce dernier a d’ailleurs joué un ­rôle de premier plan dans le projet libyen. Les inspecteurs de l’Agence internationale de l’énergie atomique sont tombés des nues : Tripoli avait déjà importé dans le ­plus grand secret quelque 10 000 centrifugeuses P (Pakistan) 2. L’uranium, lui, venait de Corée du Nord.
    Le programme libyen était donc considérable. Tripoli faisait aussi de la prolifération en travaillant secrètement pour l’Egypte. Depuis, ce pays est considéré comme un repenti modèle, ce qui explique que Washington soutienne l’accord franco-libyen.

    Justifications. Mercredi soir, Sarkozy a justifié cette coopération en déclarant que «si on ose dire que le nucléaire civil est réservé à la rive nord de la Méditerranée et que le monde arabe n’est pas assez responsable pour le nucléaire civil, on l’humilie et on se prépare à la guerre des civilisations».

    Berlin n’est pas du même avis. Dans le quotidien Handelsblatt, le ministre délégué aux Affaires étrangères Gernot Erler a critiqué le protocole, mettant en garde contre le risque de prolifération. Hier, le parti socialiste français, les Verts et de nombreuses associations écologiques ont dénoncé un accord «écœurant», selon l’expression de Daniel Cohn-Bendit, député européen. Greenpeace et Sortir du nucléaire ont même cru s’étrangler en lisant les justifications de l’Elysée évoquant «la fourniture d’un réacteur nucléaire qui permette la production d’eau potable grâce à la dessalinisation de l’eau de mer». « C’est un subterfuge», a dénoncé Sortir du nucléaire dans un communiqué, jugeant que «l’énergie solaire était pour cela plus efficace et beaucoup moins chère.»

    Chez les industriels français spécialistes, on avait hier du mal à garder son sérieux. Une centrale nucléaire pour dessaliniser l’eau mer ? «Ça n’existe pas. Ce serait une première mondiale !» assure l’un d’eux. Très gourmand en électricité, il arrive en revanche que ce type d’usine soit couplé à une centrale thermique, fonctionnant au gaz, au pétrole, au charbon. Mais en aucun cas à une centrale nucléaire. Sans compter que les nouveaux procédés de dessalinisation sont aujourd’hui beaucoup plus économes en énergie. Exemple : Suez vient d’inaugurer une usine d’eau potable à Perth, en Australie, fonctionnant uniquement grâce à l’électricité produite par un champ d’éoliennes.

    Chez Areva, c’est la prudence. «Aujourd’hui, c’est le temps des politiques ; demain, ce sera celui des industriels», dit un proche du groupe. Pour l’instant, celui-ci n’est qu’au début d’une négociation qui promet d’être longue. Le premier contact remonte à trois semaines.
    En revanche, le groupe français lorgne depuis longtemps sur les possibles réserves d’uranium du désert libyen. Quant aux 1 600 tonnes d’uranium militaire libyen, il pourrait se porter candidat à leur rachat. Car, avec la reprise du nucléaire civil, la course à l’uranium est désormais un sport mondial.

  14. Aristide dit :

    Un multirécidiviste réhabilité en 24 heures chrono

    Après de longues années d’embargo, la Libye aurait besoin de moderniser ses équipements dans bien des domaines. C’est donc un marché à fort potentiel pour de nombreux groupes Européens.
    Mais voilà, confronté au drame d’enfants Libyens massivement infectés par le virus HIV, le multirécidiviste Kadhafi replonge dans le cynisme et la manipulation avec l’affaire des infirmières Bulgares. Cette fois la solidarité Européenne fait face et l’UE est bien décidée à ramener les infirmières en Bulgarie et à s’interdire tout accord commercial avant la fin du conflit.
    Après trois années d’une longue et difficile négociation, la Libye accepte enfin d’extrader les infirmières vers Sofia.
    Il faudra alors moins de 24 heures à Nicolas Sarkozy pour réhabiliter Kadhafi et se précipiter à tripoli avec de nombreux contrats prêts à signer.
    La rupture ici est une rupture avec l’éthique.
    Et c’est aussi l’occasion de nouvelles frictions avec nos partenaires Européens en particulier Allemands. Sarkozy conduit la Diplomatie Française comme un chauffard.
    « Cornichon Diplomatique », aurait dit le Capitaine Haddock.

  15. A ton service serge et merci de tes encouragements…

  16. SERGE dit :

    Mais non notre « freluquet de président » il ne ment pas il a toujours dit qu’avec lui tout était possible ët bien sûr surtout le « pire des pires » et ce n’est pas fini !

    J’espère tout au moins qu’au mois d’août on verra moins sa « tronche » , cela nous reposera.

    Pour les informations, heureusement que le blog « PS ile de ré » existe, et merci à Alain pour toutes les actualités et articles qu’il distille sur notre site sans oublier ses analyses de socialiste convaincu et convaincant.

  17. Areva continue d’oeuvrer pour la paix dans le monde…

    Dominique Pin, directeur général du groupe nucléaire Areva au Niger, a été expulsé de ce pays, par arrêté ministériel, mercredi 25 juillet, a révélé sur son site Internet l’hebdomadaire nigérien Le Républicain. M. Pin est accusé de « nuire aux intérêts du Niger », selon le journal, en entretenant des liens avec le groupe de rebelles touaregs du Mouvement des Nigériens pour la justice. Selon Le Républicain, il est reproché au groupe français de financer les Forces nationales d’intervention et de sécurité, pour la protection du site de prospection d’uranium d’Imouraren.

    L’expulsion du dirigeant d’Areva n’avait pas encore été annoncée officiellement, jeudi après-midi, mais la décision aurait été prise par le ministre de l’intérieur et de la sécurité publique, Albadé Abouba. Areva a ensuite « confirmé » et « déploré » cette expulsion.

    Un autre responsable du groupe nucléaire au Niger, Gérard Denamur, expert sur le site d’Imouaren, avait déjà été expulsé en juin en raison de « liens » avec les rebelles touaregs. Samedi dernier, à Niamey, des milliers de manifestants ont accusé Areva et la Libye de soutenir la rébellion touareg, « avec pour but d’entretenir des troubles dans le Nord, en vue d’y empêcher toute prospection et exploitation minière et pétrolière« .

    les bonnes relations entre Areva et la Libye sont à noter au moment ou Mr Sarkozy donne les clefs du nucléaire à Mr Kadhafi…

  18. Mon cher cabanne,

    53 % des français ont voté pour Sarkozy. Ils ne sont pas tous aisés et représentants de la classe des nantis, puisqu’en France 50 % des travailleurs reçoivent un salaire inférieur à 1500 € brut mensuel (salaire médiant)…

    Dans les électeurs de Sarkozy, un nombre important de personnes ont été trompés par un discours populiste et ont voté contre leur propre intérêt de classe. Soit parce qu’ils ont été séduits par l’homme, soit parce que le discours les a bercé d’illusions sur leur capacité à intégrer un jour la classe des nantis… Ce sont ceux là que nous devons convaincre…
    Les grands bourgeois, les nouveaux rentiers, eux, voteront pour la plus part pour leurs intérêts personnels : bouclier fiscal par exemple.

    Laissons les à leur conception égoïste de la société et concentrons nous sur ceux qui peuvent comprendre qu’une société injuste ne mènera qu’au chaos social…

  19. cabanne dit :

    je suis avec attention toutes les infos venant de votre site et j’en apprécie le contenu, néanmoins, il faut considérer que la majorité des français a voté pour SARKO et sa bande, voir sa politique… comment convaincre cette majorité qui ne vit très certainement pas dans la peine ou la misère de faire changer les chose si ce n’est que d’être attaquée elle même par leur représentant qu’ils ont élu…
    Nous avons des solutions à revendre, mais pas celle de convaincre des gens aisés d’êtres des malheureux des incompris etc…..voir des victimes….

  20. nanou dit :

    Quand même, il faut arrêter de considérer les Français comme des gens mesquins, que rien ne choque à part leur propre pouvoir d’achat qui diminue! D’abord, parce que c’est évident que quand on galère du matin au soir, ça demande un petit plus d’effort et d’énergie de s’informer de manière « alternative » (c’est-à-dire sans TF1, Fr.2, france info…); que quand on sait pas comment on va pouvoir payer le loyer du mois suivant, alors qu’on a déjà un prêt pour la bagnole et qu’on est à mi-temps, on n’a pas le courage de connaitre la misère qu’il y a à l’autre bout du monde. Et puis, par ailleurs, les gens ne sont pas des benêts, même si parfois ça nous ferait plaisir de la croire. Je ne pense pas que nous-même soyons supérieurs à la moyenne, et pourtant cette affaire nous choque! On en revient à ce qui a déjà été dit: informons, relayons ces info, ça doit se savoir, ça se saura, et ça se paiera…

  21. bonjour, de toute façon, les gens croiront leur président bien aimé…….je n’ai plus aucun espoir, tant qu’il ne se sentiront pas attaquer dans leur porte monaie, rien ne leur fera changer d’avis malheureusement. Chantal

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