Section socialiste de l'île de Ré
Le courage, c'est de chercher la vérité et de la dire. Jean Jaures – Psiledere@aol.com

27 juillet 2007

Réforme de l’Université : « révolution culturelle » ou « régression féodale » ?

Filed under: 03 - Economie — iledere @ 7:55

technoforum.jpgL’Assemblée nationale a adopté mercredi soir le texte de loi approuvant l’autonomie budgétaire en matière de gestion des ressources humaines à l’Université. Tandis que la majorité est satisfaite d’avoir posé la première pierre d’un grand chantier de réformes, des syndicats d’enseignants chercheurs crient au danger pour la démocratie et à la libre constitution des savoirs.

« La révolution culturelle » de la ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche est en marche. Enfin, à tout le moins elle a été adoptée hier en début de soirée à l’Assemblée nationale. Pour Jean Fabbri, secrétaire général du SNESUP, le syndicat des enseignants du supérieur, il s’agit davantage d’une « régression féodale » : « Ce texte de loi entérine l’omnipotence des présidents d’université et la mise en danger de la libre constitution des savoirs. Les présidents pourront déterminer les thématiques scientifiques, attribuer des primes, et peser sur la constitution des équipes. » Toutefois, Jean Fabbri se réjouit du « camouflet » infligé au gouvernement sur la question de la qualité du président d’université qui sera obligatoirement élu par la communauté universitaire parmi des enseignants-chercheurs, des professeurs ou des maître de conférences, associés ou invités. « C’est une évolution notable puisque le projet de loi initial prévoyait la nomination potentielle d’un non universitaire », ajoute-t-il. Amendement d’ailleurs soutenu par Claude Goasguen, député Ump.

Les partis de l’opposition qui ont voté contre le projet de loi, craignent aussi une généralisation du phénomène « Sarkozy » à la tête des universités, c’est -à-dire : une attitude managériale propre aux chefs d’entreprises et un président omnipotent. Pierre Cohen, député socialiste de Haute-Garonne, appréhende le « désengagement de l’Etat et le remplacement des emplois publics par des emplois privés ». Inquiétude à laquelle a répondu Valérie Pécresse devant les députés : « Je suis la ministre qui va résoudre la précarité à l’université ».

Pour la ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche, qui a effectué son baptême du feu à l’Assemblée nationale, la possibilité désormais d’engager des contractuels et la souplesse de recrutement vis-à-vis d’universitaires français ou étrangers – des « mercenaires » en somme – sera nécessaire pour le rayonnement de l’université française. Et cette pratique pourra être surveillée par deux garde-fous : le comité technique paritaire consulté sur « la politique de gestion des ressources humaines de l’établissement », ainsi que le contrat pluriannuel d’établissement qui permettra de fixer un seuil maximal du budget et de la masse salariale consacrés au recrutement d’agents contractuels.

L’autonomie des universités passe donc par l’indépendance en matière budgétaire et en gestion des ressources humaines d’ici cinq ans. L’université pourra également devenir propriétaire de ses biens immobiliers ou les revendre. La loi prévoit le dégonflement des conseils d’administration, ramenés à trente membres. L’université se dote également d’une nouvelle mission aussi délicate qu’indispensable : celle d’aider à l’insertion professionnelle des étudiants avec la création d’un bureau dévolu à cette activité. Mais les socialistes restent perplexes. « Nous sommes hors-sujet. Ce n’est pas un texte sur la liberté des universités mais sur la gouvernance des universités. La volonté et l’engagement financier ne sont pas au rendez-vous », souligne Alain Claeys (PS), membre de la commission des affaires culturelles. Le député socialiste pointe du doigt l’absence de solution concernant la précarité des étudiants, la réforme du premier cycle, le système de recherches qui n’est pas au niveau international et l’emploi des doctorants et des post doctorants.

« C’est tout à fait normal puisque la loi sur l’autonomie des universités n’est qu’une première pierre, souligne Benoist Apparu (UMP), rapporteur du projet de loi. Quatre chantiers sur ces questions-là vont s’ouvrir. Le budget 2008 verra l’augmentation du budget du ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche augmenter d’un milliard d’euros, et ce tous les ans pendant cinq ans. Soit 15 milliards d’euros en 2012 ».

En attendant, le Snesup est en pleine tractation avec les partis de l’opposition pour déposer le projet de loi devant le Conseil constitutionnel. La rentrée (universitaire) s’annonce chargée.

Johanna Nezri pour Marianne

Renaud « Hexagone »

[dailymotion=http://www.dailymotion.com/swf/JNQhWezbDXrZf3qhU]

Extrait :

« Ils se souviennent, au mois de mai,
d’un sang qui coula rouge et noir,
d’une révolution manquée
qui faillit renverser l’Histoire,
j’me souviens surtout d’ces moutons,
effrayés par la Liberté,
s’en allant voter par millions
pour l’ordre et la sécurité. »

11 réponses à “Réforme de l’Université : « révolution culturelle » ou « régression féodale » ?”

  1. Oups, effectivement j’ai mis un Z à Elsa, je suis à la faute…
    Merci de ne pas m’en tenir rigueur…

  2. Non mais je discuterai de la question avec lui, avec grand plaisir… seulement même si j’apprécie son journal, je ne suis pas toujours d’accord avec lui… et sur ce point je le trouve injuste (bien qu’il n’est pas entièrement responsable de ce que ses journalistes écrivent !)…

    PS : Je vois que tu mêles mon prénom (Elsa) et mon pseudo (Lza) d’habitude ça m’énerve mais bon là puisque c’est toi je te pardonne 😉

  3. Wahou… Hé, bien, si Jean François Kahn vient en vacances à La Rochelle, il n’a pas intérêt à rencontrer Elza ! 😉

  4. Bonjour à tous,
    je viens de me lever (oui, je sais il est tard !!! mais bon c’est les vacances !!!), et il a suffit que je tombe sur cet article pour être de mauvaise humeur pour la journée… pourtant que j’apprécie lire Marianne !
    Première réaction à chaud, je dirais « oui vous avez raison brûlons sur le bûcher bruno julliard, c’est un social traite… et surtout ça fera avancer le débat sur les universités !!! »

    Sincèrement, je suis désolée d’être aussi sèche, mais je trouve cet article scandaleux, sans intérêt et il est le reflet de tout ce que je hais dans la politique et dans une presse qui n’a plus aucun scrupule à diffuser un fond aussi creux…
    Faire un portrait tel de Julliard : ça ne fais ni avancer le schmilblick, ni avancer les problème que nous connaissons autour de la réforme !

    Prenant part à l’UNEF depuis maintenant 4 ans, j’ai connu un autre président national et je pense être un peu mieux placée que les journalistes de Marianne pour juger les actions de Bruno… Sur le côté personnalisation du syndicat, en interne c’est assez vrai, son prédécesseur Yassir, était beaucoup plus effacé. Et il faut dire que Bruno est sûrement beaucoup plus connu par les politiques que ne l’était Yassir. Mais cela change-t-il le fond des choses : demandez aux gens dans la rue, même ceux qui ont entendu parler du mouvement CPE, aucun d’entre-eux ne sera capable de vous parler de Bruno Julliard, ni même les futurs étudiants qui prennent en ce moment leur carte pour la première fois à l’UNEF… Et un syndicat n’est pas là que pour faire plaisir à la « France d’en haut ».

    Contrairement à ce qui a été dit, l’UNEF ne s’est jamais déclarée pour le texte de loi. Certains points qui effectivement avaient sûrement été habilement placés par Sarkozy ont été retirés, et comme il me semble l’avoir précisé précédemment, l’UNEF s’est fait enfermé dans l’idée qu’elle avait été satisfaite sur certains points, cela n’empêchait pas non plus, qu’elle restait opposée à la réforme et que celle-ci (l’UNEF) a participé largement (puisque cela s’est déroulé à la suite de son conseil national) aux assises de l’enseignement supérieur !!!

    Julliard n’apparaît pas aux yeux des militants de l’UNEF (ni aux yeux de personne) comme « un habile négociateur », d’abord parce qu’il ne fut pas seul à être reçu à l’Elysée (justement pour ne pas se faire enfermé par Sarkozy!) et deuxièmement parce qu’à nos yeux il n’a pas obtenu de choses suffisantes. Mais comme le précise Caroline de HAAS (pas de Hasp) nous ne sommes pas dans une période qui nous est favorable, et cela nous l’avons tous dénoncé. Pourquoi Sarko veut aller si vite ? Pour ne pas voir un mouvement naître !!!
    Sarko, je pense en effet, joue à la division entre les syndicats, mais je pensais que vous les journalistes vous n’étiez pas assez idiots pour penser que la participation entre autre aux assises de l’enseignement supérieur, à des assemblées générales partout où il y en a dans les universités de France, à la proposition de motions dans les conseils des universités étaient un moyen suffisant de nous (j’entends, nous les militants de l’UNEF, oui, parce que c’est aussi nous l’UNEF, pas seulement Bruno et le bureau national) montrer mobilisés, et inquiets de cette réforme.

    Nous revendiquons 30 000 adhésions, et nous, ces 30 000 adhérents, tous autant que nous sommes, portons une voix, qui représente l’UNEF, comme Bruno, Caroline, Benjamin et les autres le font ! Dire que Bruno aurait pu incarné l’ouverture à gauche est proprement nul et non avenu, que Bruno ait envie d’une carrière politique, c’est son choix mais je ne pense pas en tant qu’homme de gauche, qu’il ait pu se laissé séduire par un type pire que Chirac (oui parce que Chichi, il reste respectable lui !). Débuter une carière à gauche par Sarkozy c’est un peu louche tout de même !!!

    C’est un secret de polichinel de dire que Bruno avait une carte au PS : oui je dis bien « avait », lors de son élection il s’est engagé à ne plus être au Parti, mais personnellement, qu’il y soit encore, qu’il participe à des réunions politiques ou non n’est pas ce qui me choquerais le plus. D’ailleurs, il me semble qu’un syndicaliste à beaucoup a apporter à un parti politique qui se veut représentatif !!!
    L’indépendance dont il se réclame, il ne la réclame pas pour lui en tant qu’homme mais pour son syndicat : nous sommes de divers horizons, des gens de gauches, de l’extrême-gauche, des soc-dem et mêmes des centristes… et également des gens qui n’ont de carte nulle part, ce qui représente une grande majorité de nos adhérents… voilà où elle se place notre indépendance… Nous y mettons tous un point d’honneur, et je crois que c’est une bonne chose… Demande-t-on à M Thibaut ou à Mme Parisot, s’ils ont leur carte quelque part avant de parler à la presse, avant de se faire élire ? Chacun est libre, et d’avoir sa carte ou non et cela ne change en rien ce que l’on fera ou non au sein du syndicat, parce que quand on a des idées politiques on les assume jusqu’au bout, et pour cela pas besoin d’un bout de papier rose, rouge ou bleu…

    Je ne suis pas toujours en accord avec la direction de mon syndicat (oui, moi je parle de direction pas seulement de Bruno, ce n’est pas « Dieu le père »,) mais je lui reconnais une chose, il a toujours, je dis bien toujours, été en avance sur les propositions faites en direction des partis politiques pour améliorer nos conditions de vie étudiante (le PS étant souvent le dernier des partis de gauche a reprendre ces idées : exemple, l’allocation autonomie réclamée depuis la fin de la seconde guerre mondiale, est reprise par le PCF et les Verts depuis 2002 – voire peut-être avant – quand elle n’est adopté que de manière quelque peu dénaturé par Mme Royal et le PS en 2007!).

    Oui, parce qu’il faut peut-être vous faire un mémo, l’UNEF a eu 100 ans cette année, c’est le plus vieux des syndicats étudiants (tous les autres sont issus de l’UNEF, même l’UNI) et la plupart des politiques d’aujourd’hui et d’hier y ont pris part (même ce c…… de JM Le Pen).
    En 1928, l’UNEF permet la création de la Médecine Préventive Universitaire, ainsi que des Oeuvres Universitaires (qui deviendront des CROUS en 1955).
    Depuis 1946, nous sommes un syndicat dans les termes et dans les actes puisque la Charte de Grenoble (du congrès du même nom) nous fait nous définir comme des jeunes travailleurs intellectuels.
    En 1948, l’UNEF permet la création de la sécurité sociale étudiante, la MNEF, ancêtre de l’actuelle LMDE.
    Le syndicat prendra position contre la guerre d’Algérie et prendra part à mai 68, deux évènements qui provoqueront des scissions.
    Elle a permis la création de l’ancêtre de l’ONISEP (appelé alors le BUS) et de l’AFIP ainsi que de 3 structures internationales (CIE, ESIB, UIE)…

    Pour finir et revenir au contenu général sur Bruno Julliard. Je pense en effet que nous avons eu la chance d’avoir quelqu’un comme lui : quelqu’un qui sait s’exprimer de manière posée et argumentée, qui n’a pas peur d’aller au charbon et qui sait travailler avec les autres syndicats… Il n’a pas que des qualités certes, mais je trouve scandaleux de la part de Marianne de mettre en exergue un jeune homme, de le placer sur la place publique et de lui jeter la première pierre. Cela changera-t-il alors le cours des choses, sur la réforme des Universités ? Non, cela ne fera que placer l’UNEF et son président en infériorité vis-à-vis d’une classe politique et d’une opinion qui ne trouve déjà plus guerre d’intérêt dans les syndicats ! Marianne aurait-elle les mêmes opinions ? J’en doutais jusqu’à aujourdhui mais là, le doute s’installe !!!

    PS : désolée d’avoir été si longue, et du coup il m’a presque fallut 1h30 pour pondre tout cela, mais fallait pas me chercher… 😉

  5. Personnalisant à outrance le syndicat qu’il préside, Bruno Julliard a joué les conciliateurs sur la réforme des universités pour préparer son avenir politique… Et est tombé dans le piège tendu par le président de la République.

    « Le congrès m’a élu à l’unanimité. » Ainsi se défend Bruno Julliard quand on lui parle du fait qu’il est critiqué pour trop personnaliser sa gestion de l’UNEF. Egérie de la cause étudiante depuis la campagne contre le CPE, ce syndicaliste de 26 ans s’est une fois de plus fait remarquer pendant ces semaines de débat sur la réforme des universités en sortant de l’opposition au texte présenté par Valérie Pécresse. Or, Nicolas Sarkozy n’est pas étranger à ce fait : le point litigieux dont l’UNEF a salué la suppression (la sélection à l’entrée des masters) avait été ajouté par le président de la République et retiré par lui-même quelques semaines plus tard ! Bilan public de ce petit pas de deux : Sarkozy passe pour un homme souple et Julliard apparaît comme un habile négociateur. Vous avez dit gagnant-gagnant ?

    Jouer l’endormissement « On ne peut pas s’enfermer systématiquement dans cette obligation d’aller au front, explique Caroline de Hasp, secrétaire générale de l’UNEF. Le calendrier ne favorise pas la mobilisation étudiante. » Cela, le président de la République le sait bien, qui avait déjà été l’artisan du retrait du CPE qui avait propulsé Julliard à la une des médias. « Le gouvernement a manœuvré de façon à créer une division parmi les syndicats et faire passer son projet de loi en été, analyse Jean Fabbri, secrétaire général du syndicat d’enseignant Snesup-FSU. C’est une tentative d’endormissement : en remettant le débat sur la sélection à l’entrée du master à plus tard, ils amadouent les étudiants. »

    Et les syndicats d’enseignants ont des raisons d’être en colère : lors des tables rondes organisées par Sarkozy, seuls les étudiants étaient invités. Le déjeuner du 10 juillet qui les avait réunis, aurait même été le lieu d’une déclaration peu diplomate du président : « Les profs sont des réacs », aurait-il lâché. Phrase immédiatement relevée et approuvée par… Bruno Julliard. « Il est dans un rapport de séduction incroyable avec Sarkozy, » assure-t-on dans le milieu syndicaliste.
    Un article de Libération paru le 24 juillet a d’ailleurs fait du bruit. On y lisait l’enthousiasme de Bruno Julliard face à Valérie Pécresse sur le ton de : « La rupture entre la jeunesse et la droite, elle ne s’y résigne pas. » L’embarras était tel que l’UNEF a ressenti le besoin de pondérer ces propos, assurant qu’ils avaient été déformés. Ce qui ne semble pas être l’avis au sein du syndicat où l’on rapporte qu’il « s’est sacrément fait taper sur les doigts. »

    Une ouverture moins exigeante Ceux qui imaginent Julliard à un poste de haut-commissaire seront néanmoins déçus. L’ouverture des sarkozystes vers la société civile n’a rien à voir avec celle qui s’opère vers les socialistes. Ainsi, l’économiste Jean-Paul Fitoussi qui a intégré un groupe d’expert, ou Jacques Attali, nouveau responsable d’une commission sur les freins à la croissance, sont appelés à l’invocation de l’intérêt général. Le second a même insisté sur le fait que ses travaux pourraient être utiles à gauche comme à droite. Pas besoin d’aller à un congrès de l’UMP pour jouer le jeu de l’ouverture. Qui plus est, en touchant au cœur l’un des principaux syndicats étudiants, Sarkozy joue les mouvements les uns contre les autres, comme il le fait au parti socialiste. En un mot comme en cent : diviser pour mieux régner.

    Julliard est-il socialiste ?

    Julliard candidat à l’ouverture ? Le président de l’UNEF balaye évidemment l’hypothèse, repoussant à la fin de son mandat toute ambition politique. L’indépendance dont il se réclame ne semble cependant convaincre personne : « Bien sûr qu’il est socialiste ! S’exclame un membre du Mouvement des Jeunes socialistes (MJS). Il a sa carte au PS depuis longtemps. »
    Razzye Hammadi, président du MJS ajoute : « Bruno participe à toutes les réunions du mouvement Transformer à gauche. » Le principal intéressé dément fermement l’un comme l’autre : « J’étais contre la création de ce groupe de réflexion », soutient-il. L’ambition du jeune homme est cependant reconnue par tous. Malek Boutih et d’autres ont jugé tout à fait naturel le bond de la société civile au parti socialiste. Le débat sur les universités est peut-être le petit coup de pouce dont le jeune syndicaliste a besoin pour se lancer.

    Vendredi 27 Juillet 2007 – marianne2007 Sylvain Lapoix et Johanna Nezri

  6. En non-initié vous avez bel et bien compris les inquiétudes que nous avons… Livrer l’autonomie à des établissements qui n’ont pas les bases pour fonctionner normalement et de manière démocratique, c’est livrer l’Université à la loi du plus fort et surtout du plus médiocre… Le Président d’Université, s’il a une bonne vision d’ensemble de son établissement et si celui-ci fonctionne bien, ne connaîtra aucun soucis, s’il arrive à se faire élire, mais le risque c’est qu’ils se choisissent entre eux (n’étant plus alors qu’une trentaine à élire leur chef) pour fermer les yeux sur des méthodes de fonctionnements plus que douteuse. Il y aura un fonctionnement presque mafieux des universités…

    Bref, j’exagère peut-être, mais l’université française va mal et il y avait selon moi, et selon mon syndicat (discours repris par les politique de gauche à l’AN) de nombreuses autres choses à faire avant (conseil : lire le pdf des propositions faite par l’UNEF : http://unef.fr/delia-CMS/index/article_id-2070/topic_id-129/concertations-sur-la-reforme-de-l'universite-l-unef-formule-ses-propositions.html, ainsi que le dossier complet d’infos : http://unef.fr/delia-CMS/index/article_id-2079/topic_id-160/dossier-special-reforme-de-l-universite-juin-07.html).
    mais une fois encore, le gouvernement a choisi le visuel, le médiatique, plutôt que le politique au sens noble du terme !

    Je pense qu’il y avait en terme d’idéologie de nombreuses choses bien plus essentielles à combattre, mais ces idées sont véhiculées par la droite elle-même alors… Par exemple, le fait que ce n’est pas une honte d’aller à l’université, et que c’est sûrement, autrement plus compliqué que de s’engager dans une classe prépa ou un IUT…
    Il aurait fallu casser l’image de l’université… Beaucoup de jeunes y atterrissent parce que ce n’est pas leur choix premier… J’ai souvent entendu lors de salon du type Passerelle : « mon fils, il ira à l’université que s’il n’est pas assez bon pour aller ailleurs ! » C’est cela qu’il faut casser, et j’estime que les politiques nationales, comme nos hommes politiques locaux (clin d’oeil à Maxime !) devraient se soucier de cela, et s’investir pour démontrer que nous avons des capacités, encore faut-il qu’eux-mêmes ils le sachent (mais ça Maxime le sait bien, j’ai été étonné de sa capacité d’assimilation de notre nouveau schéma de fonctionnement en terme de recherche !!!)…

    Bref, je le répète, l’autonomie n’est pas une fin en soi, mais seulement un moyen de changer…
    Au passage, l’autonomie des Universités, elle existe déjà depuis leur fondation ! Seulement, pour être autonome, il ne faut pas dépendre financièrement de l’Etat, c’est cela le dessous de la réforme, pousser les Universités vers d’autres sources de financements !!!

  7. La main gauche dit :

    En non initié, et nous sommes certainement nombreux à ne pas être confronter actuellement à cette question mais à s’y interresser car, qui sait, peut-être demain nos enfants passeront par là…, la réflexion sur l’université m’apparait assez obscure, et je vous remercie de faire preuve de beaucoup de précisions et vulgarisations dans vos analyses.

    C’est en parfait candide que je livre quelques impressions :

    Je confirme dans un premier temps que les réactions souvent mitigées, attentistes de la part des syndicats sur ce sujet ne m’éclairent pas beaucoup.

    J’ai l’impression que Sarkosy part d’une idée générale assez consensuelle avec un objectif de mise en oeuvre et des raisons trés éloignées de ce qu’attendent réellement les étudiants et tente de pièger les syndicats par le fait qu’ils ne peuvent pas crier au loup avant qu’il ne soit vraiment sorti du bois.

    Je m’interroge aussi si la charrue n’est pas mise avant les boeufs dans le fait qu’on ne fait pas le ménage avant de passer la main, on livre à l’autonomie quelquechose qui n’est pas en réel état de marche. A moins que l’autonomie soit la seule chose qui manquait à l’Université pour que tout se mette d’un seul coup à fonctionner??

  8. y a pas de quoi, mister webmestre…
    oui j’avais pas précisé mon CV, bref, cette anamyse n’est pas complète et surtout manque de solution réelle sur la question…

    que faisons-nous maintenant ? je veux dire maintenant que le texte est passé ? à la rochelle, la réponse est assez claire auprès de mes « collègues » de l’équipe présidentielle : « nous aurons sûrement les moyens et dans le fond rien n’est insurmontable, rien n’est inacceptable dans ce texte » il faut préciser qu’une partie d’entre-eux à gauche… moi, ça me révolte ! mais que faire ?
    sarko et consors profitent des vacances…

  9. iledere dit :

    Merci Elsa de ces explications claires et précises.

    Note : Elsa est étudiante en Histoire à l’Université de La Rochelle, membre de l’UNEF et Vice Présidente Etudiant de l’Université.

  10. Bonsoir, je viens de poster le communiqué de l’unef sur la question… je conseille également à tous de consulter la vidéo concernant la réforme sur le site de la télélibre (http://vpod.tv/latelelibre/269677), certains parlementaires de droite devraient quelque peu corriger leur français avant de demander aux étrangers de le maîtriser…

    Soit, je suis personnellement un peu déçue de l’attitude de l’UNEF, étant pourtant membre du syndicat, qui, je pense, n’a pas joué la bonne carte. Pendant l’entre-deux tour, ils se sont mouillés pour faire voter à gauche (ce que je n’ai pas trouvé très fin de la part d’un syndicat : « faisons barrage à la droite » semble tellement évident dans nos combats tout au long de l’année…) et là, nos dirigeants ont choisi de discuter avec Pécresse qui n’avait rien à négocier (soit disant, parce que Sarkoléon avait tout en main), ils ont ensuite négocié avec Sarko, ont obtenu deux, trois choses mais nous nous sommes médiatiquement fait enfermer dans une image de pseudo-satisfaction sur quelques points précis…
    Je suis déçue d’une position mollassonne face au texte tel qu’il est passé à l’assemblée et avant au Sénat (mollesse qui transparaît assez bien ici), il y a dans ce texte des choses inacceptables, et nous, les étudiants avons encore perdu dans la place qui nous est faite au sein de la démocratie universitaire…

    Seule une élite d’une vingtaine/trentaine de personnes choisira le Président de l’Université désormais, dont seulement 3 à 5 étudiants… Un président qui sera entourée d’une équipe d’exécutants, sans réel pouvoir et après un super Président de la république nous aurons à la tête des Universités des super Présidents d’Université… Le vice-président étudiant (ma fonction actuelle à l’université de la rochelle) se verra désigné au sein d’une autre instance, instance de consultation appelée le CEVU (conseil des études et de la vie universitaire), instance qui n’a techniquement aucun pouvoir, et qui au demeurant réduit largement les fonctions et les questions sur lesquelles le VPE peut être consulté… Au passage, le vice-président ne pourra plus désigner le président avec qui il va ensuite travailler…
    Le président, par cette réforme, aura un pouvoir démesuré sans contre-pouvoir ni garde-fou…

    A mon sens, la question d’autonomie existe dans le principe même des fondements de l’université… Sur son histoire, et sur ses grands principes, l’Université a toujours été autonome, et parler de celle-ci est un faux débat (comme parler de la non-rémunération de journée de grève…). Ce gouvernement nous a enfermé dans de fausses questions, et pire encore, ils ont utilisé de vrais problème pour imposer de mauvaises réponses…

    L’autonomie n’est pas une fin mais un moyen de mieux fonctionner.
    Bien sûr comme l’ensemble de la communauté universitaire, je crois que nous devons réformer l’enseignement supérieur, mais nous devons avant tout nous poser les vraies questions, des questions qu’entre autre mon syndicat soulève depuis de nombreuses années…
    Les problèmes récurrents de financements ne sont-ils pas un premier problème (ils le seraient pour éviter la fuite des grosses fortunes, mais nos universités peuvent-elles se délocaliser ?!? les cerveaux eux le font !!! Pourquoi ? A cause de l’autonomie ? Non, parce que l’université n’a pas les moyens de ses capacités et de ses prétentions !!!!)…

    Rochelais, Rétais et plus généralement Charentais-maritime, réalisez-vous que l’université de La Rochelle qui se développe (grâce à feu Michel Crépeau) depuis une quinzaine d’années tout près de vous, malgré ses 6500 étudiants, ses 13 labos de recherche, n’a devant elle que 3 semaines de fonctionnement. Et je ne parle que de fonctionnement !!!!
    Réalisez-vous que 3 semaines de fonctionnement c’est bien moins que ce que peut avoir un lycée d’avance pour voir venir…

    L’université française est dans une grave crise déjà annoncée lors du mouvement « auvons la recherche », mais la situation n’ira pas en s’arrangeant et malheureusement cette crise ne se résoudra pas avec cette réforme, et l’image que l’Université peut avoir dans la tête des gens ne s’arrangera pas non plus…

    Les présidents d’universités disent et signent souvent par : « l’Université est une chance, saisissons-là ! » Et bien, c’est ainsi que je vois les choses, et c’est pour cela que MOI, j’ai fait le CHOIX de l’université !

  11. UNEF dit :

    loi sur les universités: Les inquiétudes des étudiants demeurent

    Les députés ont adopté le 25 juillet la loi sur les universités. Le débat parlementaire a été une nouvelle fois l’occasion de constater combien cette loi était en deçà des besoins des universités et des étudiants.

    Des amendements permettant quelques avancées

    Les parlementaires ont adopté quelques amendements qui constituent des avancées. Ils sont revenus sur l’amendement inacceptable des sénateurs qui associait les personnalités extérieures à l’élection du Président, et ont rétabli l’élection du Président par les seuls membres élus du conseil d’administration. La qualité du Président de l’université a été précisée, et il est désormais établi légalement que le président doit être un enseignant chercheur.
    Les parlementaires ont élargi l’obligation de définir un plafond maximal de contractuels, introduite par le Sénat pour les seuls enseignants chercheurs, aux personnels administratifs et techniques.

    La promesse du Président de la République doit être tenue

    Ces quelques avancées sont très insuffisantes et des inquiétudes fortes demeurent quant aux statuts des personnels, à la démocratie et à l’égalité entre établissements. La commission mixte paritaire doit renforcer la disposition instituant un plafond de contractuels, en l’établissant par un décret en conseil d’Etat, garantissant ainsi l’égalité et la régulation nationale. Les promesses du Président de la République, qui s’est engagé le 9 juillet auprès des syndicats étudiants à augmenter le nombre d’élus étudiants dans les conseils d’administration, doivent être tenues et suivies d’effets en commission mixte paritaire.

    Les étudiants attendent de nouveaux moyens matériels et humains

    L’UNEF regrette que le débat parlementaire n’ait pas été l’occasion pour le gouvernement de s’engager à mettre en place une loi de programmation budgétaire pluriannuelle ainsi qu’un plan pluriannuel de recrutements. Alors que 13 milliards d’euros viennent d’être consentis dans des exonérations fiscales, le gouvernement n’a pas déboursé un centime pour les étudiants et les universités. Seul un engagement d’ampleur en moyens financiers et humains permettra d’éviter un désengagement politique et financier de l’Etat et la mise en place d’un enseignement supérieur à plusieurs vitesses.

    Malgré les quelques avancées du débat parlementaire, les inquiétudes des étudiants demeurent extrêmement fortes quant aux conséquences de cette loi. L’UNEF exige donc que de nouveaux gardes fous soient adoptés en commission mixte paritaire.

Laisser un commentaire

Plate-forme de blogs du Parti socialiste | Propulsé par Wordress Mu | Articles (RSS) et Commentaires (RSS)
Sauf mention contraire, le contenu de cette page est sous contrat Creative Commons Creative Commons