Section socialiste de l'île de Ré
Le courage, c'est de chercher la vérité et de la dire. Jean Jaures – Psiledere@aol.com

1 août 2007

Parce que la grande bourgeoise Lagarde veut pouvoir faire ses courses,

Filed under: 03 - Economie — iledere @ 19:39

affiche-a4.jpgCe jour de repos commun est plus que jamais nécessaire dans notre société

Mme Christine Lagarde trouve décidément tout désuet, en ce qui concerne les droits des salariés.
Hier, elle jugeait que les « 35 h relevaient d’un autre temps ». Aujourd’hui, elle trouve que la loi pourtant unanimement adoptée à l’Assemblée nationale en 1906 et maintenue depuis un siècle pour le bien de tous, est caduque.

Plus de repos dominical : travaillez tôt, travaillez tard, travaillez le dimanche aussi. Même les apprentis de 15 ans.

Le fait que les syndicats y soient opposés, mais aussi toutes les associations de petits commerçants, ne fait pas réfléchir Mme Lagarde : elle propose d’ouvrir sur « la base du volontariat » comme le lui a demandé (encore lui, il s’occupe de tout) l’incontournable vedette imposée des médias, le président omnipotent Sarkozy.

Le problème, pour Mme Lagarde et M. Sarkozy c’est encore une fois qu’ils font semblant d’ignorer le « b-a-ba » du droit, que le « volontariat » n‘existe pas en droit du travail. Pas un salarié de ce pays n’est « volontaire ». Tout salarié est subordonné, et seul l’employeur décide, ou non, du travail le dimanche s’il y en a et s’il en veut. Tout comme pour les heures supplémentaires, le salarié n’est ni « libre » ni volontaire.

Le Conseil d’état a déjà maintes fois écarté l’argument du « volontariat » contre les employeurs qui voulaient l’utiliser pour justifier leurs infractions en ouvrant illégalement le dimanche.

On nous dit qu’une majorité de français sont « pour » l’ouverture le dimanche : oui, mais une majorité de français sont aussi “contre” le fait de travailler eux-mêmes le dimanche !

Actuellement, 5 % de Français travaillent le dimanche parce qu’ils y sont contraints (infirmières, cheminots, chauffeurs de bus, feux continus, médias..) demandez-leur ce qu’ils préfèrent : le dimanche où ils peuvent se reposer une fois toutes les cinq et six semaines et où ils retrouvent famille et enfants. Ils le calculent longtemps à l’avance…

Et demandez-le aux 20 % de français qui travaillent occasionnellement le dimanche. Sauf des jeunes et célibataires et encore, temporairement, acceptent de subir cela, sinon touts préfèrent une autre solution, si on les y oblige pas.

Or l’article du Code du travail obligeant les employeurs à accorder le repos dominical à leurs salariés, est encore là pour les protéger. (Le système de dérogation actuel, à 5 dimanches par an et à certains activités, est déjà extraordinairement souple et hélas, trop fraudé faute de vrais moyens pour l’inspection du travail afin de le faire respecter).

Qui travaillera le dimanche en majorité ? Des femmes, caissières, précaires, des temps partiels, des petits boulots, des étudiants, n’ayant pas le choix. Qui fera les courses : peut-être Mme Lagarde qui gagnait encore 600.000 euros dans le cabinet d’avocats d’affaires où elle travaillait précédemment à Chicago.

Mais le pouvoir d’achat n’est pas extensible : ce qui sera acheté le dimanche ne le sera plus le lundi. L’embauche qui aura été faite le dimanche remplacera donc un emploi supprimé le lundi.

Seules les grandes surfaces y gagneront, les petits commerçants ne pourront pas suivre. Des études répétées ont établi que l’ouverture généralisée le dimanche, c’est environ 30.000 emplois en moins dans les petits commerces et ils ne seront pas durablement remplacés dans la grande distribution.

Pourquoi remplacer la civilisation du loisir par celle du caddie et créer du chômage en sus ? Si le seul “but” du dimanche devient le supermarché quel triste « progrès » !

Ne vaut-il pas mieux rapprocher la durée réelle du travail de la durée légale aux 35 h pour tous et chacun fera ses courses en semaine ?

Toute société, surtout une société aux liens distendus, en crise familiale, en déshérence dans ses banlieues, a besoin, de point de rencontre, d’un temps de repos COMMUN, COLLECTIF.

Le dimanche c’est ce point fixe hebdomadaire nécessaire pour la famille, mais pas seulement, aussi pour le sport, les associations, la vie citoyenne et culturelle, sans même parler de religion. Ce n’est pas un hasard s’il fait consensus depuis un siècle, et si ce jour de repos commun, est plus que jamais nécessaire dans notre société. Alors pourquoi détruire ce rendez-vous social, ce repos commun ? Quelle forme de vandalisme antisocial pousse Mme Lagarde et M Sarkozy à remettre en cause le dimanche ? Pour disloquer davantage, atomiser, individualiser davantage la vie sociale ? Pour déréglementer davantage la semaine et les 35 h hebdomadaires ?

Gérard Filoche, Inspecteur du travail

Des amis, militantes, m’ont amicalement reproché mon manque de parité dans mes choix musicaux… J’essaie de me corriger… Pour Dany, en remerciement de tes encouragements : Patty Smith « because the night » Comme quoi on peut chanter l’amour sans faire dans le mielleux sirupeux… A écouter le dimanche sans modération…

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Sorti en 1975, Horses, premier album de Patti Smith, va secouer le rock poussif du milieu des seventies. Produit par un John Cale toujours aussi visionnaire, ce disque se pose en éclaireur de la déferlante ‘punk’ qui va bientôt secouer la planète.
Avec
Horses, Patti Smith réussit la synthèse entre le rock urbain du Velvet Underground, la liberté des textes de Bob Dylan, et les poètes Verlaine et Rimbaud que la chanteuse de Chicago idôlatre depuis l’adolescence.
Adepte et proche de William Burroughs, le vénéré poète et écrivain de la beat génération, elle propose avec ce premier album magistral un savant mélange de soie et d’asphalte.
Les chansons véritables hymnes créés ou repris par Patti sont brûlants et palpitants de fougue et de rage contenue.
horses1101469251886805.JPG Dès l’intro, elle annonce la couleur « Jesus died for somebody sins but not mine » clame-t-elle avant d’enchaîner une époustouflante version du « Gloria » de Van Morrison.
Cet album fera naître mille vocations sur le pavé new-yorkais et dès sa parution, les critiques parlant de Patti évoquent tour à tour Miles Davis, Bob Dylan ou encore Charlie Mingus.
Horses et sa légendaire pochette entrent de plein pied dans l’histoire du rock.
A recommander « rock’n’roll Nigger », dont la version très « punchy » sur le disque est introuvable en vidéo sur le net. Bon, j’arrête, vous l’avez compris, je suis un fan….

 

11 réponses à “Parce que la grande bourgeoise Lagarde veut pouvoir faire ses courses,”

  1. La main gauche dit :

    D’un côté, l’UMP détruit peu à peu le système solidaire et pousse les ménages à financer de plus en plus par eux même (santé, retraite, éducation..) ce qui invite plutôt à la prudence sur les dépenses et à l’épargne.

    D’un autre côté l’ouverture du dimanche veut élargir le champ des tentations afin d’aller provoquer quelques achats impulsifs souvent inutiles mais qui entailleront forcément le budget.

    Alors que la plus part des ménages dépensent déjà 100% de leurs revenus, l’UMP va devoir bientôt vous vanter les bienfaits du crédit à la conso, les joies de l’endettement, histoire de faire un peu de dumping à court terme et un beau M… à long terme!

  2. danièle dit :

    Pas une femme pour commenter l’ouverture du dimanche! effectivement le travail du dimanche ne peut-être que volontaire sauf alimentaire et saisonnier pour qui la loi ne s’applique pas. Comment dans une petite entreprise dire non à la demande de la direction, toutes les études faites démontrent que le CA du dimanche l’est au détriment des autres jours d’ouverture.
    La société ne cesse de culpabiliser les mères qui ne seraient pas présentes auprès de leurs enfants, fermeture des boutiques 19 heures voir 20 heures, comment faire faire des devoirs à des heures aussi tardives?
    Le débat est immense, la garde du samedi est déjà un problème.
    Le plus drôle : dans les sondages ils veulent bien faire travailler les autres, mais pas eux….

  3. Alain dit :

    Il est vrai que Sarkozy et le MEDEF tente d’accréditer l’idée que dans le monde du travail, tout se passe agréablement, entre partenaires qui s’écoutent, se comprennent, négocient et tentent de trouver un compromis. Une sorte d’apesanteur sociale…

    Tel n’est pas le cas et tous ceux qui travaillent qu’ils soient employés ou dirigeants d’entreprise le savent ! Les tribunaux prud’hommaux également !!

    Les négociations sont difficiles et exigent souvent des rapports de force pour contrebalancer le rapport de sujétion patron-employés !
    Tous les acquis sociaux l’ont été de hautes luttes. L’employeur tente par tous les moyens de réduire les droits et avantages parce qu’ils retomberont dans sa poche ou celle de ses actionnaires selon la taille de l’entreprise. également simplement parce qu’il a été éduqué dans un système où la rentablité maximum est la règle d’or… Presser le citrons disaient les anciens !

    Croire qu’une entreprise ayant le droit d’ouvrir un dimanche demandera élégamment à ses employés leur avis est une tromperie. certes il y aura peut-être un appel au volontariat, mais si celui-ci est infructueux, croyez vous que la grande surface renoncera à ouvrir ?
    Il y aura pression, chantage… Et si cela ne suffit pas il suffira de mentionner à l’embauche : Travail de dimanche. Ceux qui cherchent du travail ne sont pas en position de négocier.

    Tous les lecteurs en situation de travail savent comment l’entreprise peut faire passer des mesures impopulaires en force.

    De plus, les personnes les plus concernées sont les plus vulnérables : hôtesses de caisse en temps partiel imposé, employés à la mise en rayon, dont le niveau de qualification bas (niv 5) le rend facilement interchangeable…
    Croyez vous que ceux là auront la capacité de se faire entendre ?

    Et au niveau des agents de maîtrise et des cadres ? Comment espérer un plan de carrière valorisant en refusant les « amicales » pression de la direction…

    Pire, si cette mesure était appliquée, imaginez vous la vie de famille quand papa bosse le dimanche, seul jour où un enfant scolarisé peut avoir une chance de passer une journée complète en famille (les lycées sont ouverts le samedi matin…).
    Alors que les pédagogues tentent de parler de co-éducation parents-Education Nationale, on retirera aux parents concernés la possibilité de jouer pleinement leur rôle d’éducateur…

    Et quel bonheur d’avoir le mardi, le jeudi ou le vendredi de libre en compensation, quand Madame, elle, travaille sur des rythme normaux !!!

    Il faut que les initiateurs de ce genre de mesure aient un mépris total des travailleurs pour nous proposer un avenir aussi riant:

    « Venez les enfants, c’est dimanche , on va aller au supermarché voir papa travailler…  »
    « Ben non maman, il a pris la voiture pour y aller »
    « C’est pas grave mon chéri, on prendra le bus, avec un peu de chance on tombera sur celui que conduit tonton, quel bon dimanche on va passer… »

    Ca a vraiment une autre gueule que les dimanches au grand air…

    Mais de cela, Christine Lagarde, fille d’enseignant et d’universitaire, se moque totalement, elle a pu, elle, profiter pleinement de la présence familiale le dimanche…

  4. SERGE dit :

    Je suis très sceptique sur la notion du volontariat.

    A titre d’exemple, prenons le cas d’un commerçant qui décide d’ouvrir le dimanche son magasin et que les salariés de cette entreprise refusent de travailler le dimanche que se passe-t-il ?

    C’est comparable au principe des heures supplémentaires préconisées par « Mange-tout 1er » notre divin président, le choix ne peut-être que de la compétence du chef d’entreprise, ce qui n’est pas illogique.

    Après le travail le dimanche, on pourrait demander aux salariés s’ils ne seraient pas « volontaires » pour supprimer la 5 ème semaine de congé accordée par le gouvernement de Pierre Mauroy et pourquoi ne pas revenir à la situation avant 1936, ce serait encore mieux !

    Ce serait vraiment la rupture! Assistons les plus riches par le bouclier fiscal et faisons travailler « plus » les plus pauvres, voilà la nouvelle société conçue par « qui vous savez »!

  5. Michel dit :

    Je ne suis pas à priori opposé au travail le dimanche pour les commerces, à 2 conditions :

    £ des salariés volontaires
    $ une prime significative pour ceux qui sont volontaires

    Par contre je refuse une quelconque obligation voire des mesures de rétorsion ! Il faut donc qu’il y ait un VRAI dialogue social.

  6. Alain dit :

    Cela dit, si les gens ne rencontrent pas leurs voisins, ils n’auront pas le loisir de comploter contre notre bon président… 😉

  7. La main gauche dit :

    Carrouf aura bien l’idée d’ouvrir un rayon prière!

    l’hagarde nous propose un système désoeuvrant car linéaire, plus de rythme hebdomadaire, 12 mois d’automne en quelque sorte (fini l’été, le printemps, l’hivers ça sert à rien). Vous ouvrirez la porte de chez vous et verrez le même monde tous les jours à la gloire de la Sainte Economie, votre jour de repos ne sera peut-être pas celui du voisin que vous n’aurez jamais le plaisir de rencontrer…etc..

    C’est destructeur pour le petit commerce au bénéfice des grandes enseignes et destructeur de l’économie locale, l’argent part entre les mains d’actionnaires bien loin de vos préoccupations et votre économie locale.

  8. Carrouf comme sortie le dimanche, en famille… Mieux ou pire que la messe ???

  9. Compulsif dit :

    Ah, mais non.

    Moi je veux aller à carrouf le dimanche. Je m’emmerde dans la vie, toute ma vie est centrée autour de la consommation. Mon église à moi c’est l’hypermarché, tout est beau, tout brille, enfin j’existe quand je sors ma carte bleue. Ah si je pouvais je m’endetterais pour acheter des trucs à carrouf; Comment je peux grâce au crédit révolving? Super je fonce.

  10. Denis Szalkowski est secrétaire de la section socialiste de Brionne dans l’Eure.
    Voir le site de la section : http://brionne.27.free.fr

  11. Temps identitaire et imaginaire : non au travail le dimanche !

    La polémique soulevée autour de la volonté des commerçants de Plan-de-Campagne d’ouvrir les magasins le dimanche montre, une fois de plus, le rôle de facilitateur “économique” joué par le Préfet, représentant de l’Etat dans le département des Bouches-du-Rhône. Malgré l’injonction du tribunal de grande instance d’Aix en Provence, Michel Sappin a en effet accordé 45 dérogations jusqu’en juin 2008. Pour l’essentiel, cette dérogation ne concerne que de très gros commerçants. Si l’Etat souhaitait la destruction du petit commerce, il ne s’y prendrait pas autrement. Pour rappel, la règle en la matière est de ne pas travailler le dimanche. Pourtant, sur le fond, le Président de la fédération de l’habillement rappelait à juste titre que L’ouverture le dimanche n’amenait aucun chiffre d’affaires supplémentaire, le consommateur répartissant alors ses achats sur 7 jours au lieu de 6. Le jeu n’en vaut pas la chandelle : il est à somme nulle.

    Mais la bataille est beaucoup plus profonde : elle est symbolique. Notre temps identitaire, de ce qui rythme notre vie, est calée sur les saisons et les jours de la semaine. Le temps imaginaire – le temps de l’économie – est, quant à lui, un fil continu ininterrompu. Les statistiques sont fournies “corrigées des données saisonnières”. L’analyse économique se fait en général sur la longue période corrigée des variations des niveaux de prix. Les bourses à l’échelle planétaire contrôlées par ordinateurs fonctionnent désormais 24h sur 24. Internet, la messagerie, les accès distants permettent aux salariés de rester attachés à leurs entreprises comme un fil à la patte d’un chien.

    Cette bataille est beaucoup plus importante qu’il n’y paraît. Allons nous continuer d’accepter d’aliéner nos vies au rythme de l’économie ? Je m’étonne de l’étrange silence du Parti Socialiste. alors que, dans le même temps, nous allons livrer une bataille stupide contre l’instauration d’un service minimum dans les transports publics.

    56% des Français sont pour l’ouverture des magasins le dimanche. 75% sont contre le fait de travailler le dimanche. Comprenne qui pourra !!! Mais le pire n’est peut-être pas là. L’association Génération Plan présidée par Olivier Bouveri, regroupant quelques dizaines de salariés de Plan-de-Campagne approuve cette décision. J’ose espérer qu’il ne s’agisse là que de la manifestation du syndrome de Stockholm. Tiens… un drôle de refrain me revient à l’esprit. “Le temps ne change rien à l’affaire…”

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