Section socialiste de l'île de Ré
Le courage, c'est de chercher la vérité et de la dire. Jean Jaures – Psiledere@aol.com

14 août 2007

la crise financière est là !

Filed under: 03 - Economie — iledere @ 11:55

la crise fera-t-elle Pshitt ?Après que tour à tour les banques centrales des Etats-Unis, de l’Europe et du Japon aient injectées plus de 300 milliards d’euros de liquidités dans le circuit monétaire en 1 semaine, les marchés financiers se sont apaisés et sont repartis à la hausse. Oyez, oyez braves gens… dormez en paix !
La phrase de mon ancien professeur, Paul-Jacques Lehman, selon laquelle les crédits font la monnaie, s’est vérifiée encore une fois de plus dans des conditions qui, toutefois, méritent l’attention. La crise financière a été enclenchée par l’insolvabilité des ménages américains sur fond d’endettement immobilier et de baisse des prix qui ont contrarié le mécanisme des anticipations irrationnelles. En effet, après plusieurs années haussières, le marché s’est brutalement retourné.L’imagination – ou la bêtise – des financiers américains est sans précédent. Ils ont créé des organismes de prêt à risque sur lesquels ils ont adossé des titres achetés par tous les Zinzins du monde pour pouvoir financer les achats immobiliers des ménages américains. Autrement dit, ces fonds à risque ont réussi le tour de passe passe de créer de la monnaie en obligeant les banques à déverser des monceaux de liquidités à des niveaux rarement égalés. La création de monnaie n’est plus sous contrôle des états depuis de nombreuses années. Cette triste affaire est là pour nous le rappeler. Aujourd’hui, c’est l’économie qui fait la monnaie. La perfusion massive auquel se livrent les banquiers du monde ne produit aucune richesse. Elle ne fait qu’entretenir une bulle spéculative qui ne fait que gonfler davantage pour finir par exploser à force d’être contenue.

La Fed américaine est intervenue à hauteur de 10% du total des liquidités injectées. A force de produire de la monnaie de singe, par l’émission de bons du Trésor pour financer le déficit budgétaire abyssal, le dollar ne vaut plus rien. Autrement dit, l’Europe et l’Asie, une fois de plus, sont contraints à cracher au bassinet pour alimenter le plus grand pôle de consommation du monde qui tire à lui seul toute la croissance mondiale. Cela relève du château de cartes.

Du point de vue de la politique, nous devons en tirer des enseignements sur le taux d’ouverture de nos économies qu’il soit direct ou indirect au travers de nos partenaires européens. Je ne suis pas sûr que la recherche d’un taux d’ouverture le plus élevé possible, à l’image de l’économie allemande, dans ce jeu de dominos international soit la voie royale pour assurer une croissance “fiable”. Les échanges entre pays européens représentent 80% des échanges des pays européens. L’Europe nous protège encore… A moins que ce ne soit là que cautère sur jambe de bois ?

Autres éclairages : l’heure de vérité selon le Diplo, pas de panique par Rue89, Septembre noir de Jacques Attali, le Figaro, la mécanique du crédit crunch sur BetaPolitique, les LBO, menace de retournement immobilier en Europe, la bulle fait pschittt sur Libé, Le Monde, Carnets de nuit, Epidémies de saisie à Washington sur Libé.

Denis Szalkowski
Brionne 27 – Section locale du Parti Socialiste –

The Blues Brothers et Ray Charles : « Shake a tail feather »
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Si vous n’avez pas vu ce film, pas d’hésitation, téléchargez le !!!

5 réponses à “la crise financière est là !”

  1. NouvelObs.fr dit :

    Les principales places européennes ont cédé du terrain, le CAC passant un temps sous le seuil des 5.400 points en raison des craintes d’une propagation de la crise des prêts hypothécaires à risque. La Bourse de New York a également ouvert en baisse, le Dow Jones repassant sous les 13.000 points.

    Les Bourses mondiales étaient à nouveau secouées mercredi 15 août par les craintes d’une propagation de la crise des prêts hypothécaires à risques aux Etats-Unis, dits « subprime » à l’ensemble de l’économie.
    La Bourse de New York a ouvert en baisse: le Dow Jones perdait 0,45%, repassant sous la barre psychologique des 13.000 points, à 12.970,23 points, tandis que le Nasdaq cédait 0,40% à 2.489,17 points.
    Les principales places européennes restaient, elles aussi, en nette baisse peu après l’ouverture de Wall Street.
    Pour sa part, Paris a clôturé en baisse mercredi pour la deuxième séance consécutive, le CAC 40 perdant 0,66% à 5.442,72 points.
    Londres (-0,56%), Madrid (-0,65%) et Bruxelles (-0,82%) se repliaient aussi. Par contre, Francfort a terminé en hausse (+ 0,28%). En début d’après midi, l’indice SMI de la Bourse suisse l’était également (+1,02%), grâce à Nestlé qui a publié des résultats remarqués mercredi.

    Marchés européens

    De nombreux fonds spéculatifs seraient en train de vendre leurs positions sur les marchés européens pour retrouver des liquidités, après avoir beaucoup investi dans l’immobilier aux Etats-Unis et s’y être endettés, soulignaient des courtiers.
    En Amérique du Sud, l’indice de la Bourse de Sao Paolo baissait de 1,32% à l’ouverture.
    Les places financières asiatiques ont donné le ton en finissant la séance de mercredi pour la plupart en forte baisse.
    A Tokyo, deuxième place financière du monde, l’indice Nikkei des principales valeurs a chuté de 2,19%, son plus bas niveau en plus de huit mois, alors qu’il s’était prudemment redressé mardi (+0,27%).
    Mais l’indice a été plombé par le titre Mitsubishi UFJ Financial Group, la plus grande banque du monde en termes d’actifs et deuxième plus grosse capitalisation boursière de Tokyo, qui a dévissé de 5,26%, après avoir indiqué qu’il allait perdre la somme pourtant minime de 5 milliards de yens (31 millions d’euros) en raison de la crise du « subprime ».

    Hong Kong, Singapour

    A Hong Kong, l’indice Hang Seng a reculé de 2,87%, Singapour (-3,35%), et Shanghaï (-0,06%), après avoir chuté de 2,26% en début d’après-midi.
    A la clôture, Jakarta a plongé de 6,4%, sa plus forte baisse depuis les attentats de Bali en octobre 2002. Sydney (-3,03%), Taïpeï (- 3,57%), Manille (-4,08%), Bangkok (-2,51%), Kuala Lumpur (-2,08%) et Wellington (-1,53%) ont toutes devissé.
    La Bourse de Séoul était fermée pour congé, de même que Bombay en raison du jour anniversaire de l’Indépendance indienne.
    D’après les courtiers, les inquiétudes sur les conséquences de la crise des crédits immobiliers à risque aux Etats-Unis se sont répandues sur les places financières, qui redoutent une contraction du marché du crédit dans son ensemble.
    « L’étendue des problèmes de « subprimes » aux Etats-Unis n’est pas encore claire. Cette incertitude continue à peser sur le moral » des investisseurs, a déclaré Kavee Chukitkasem, un porte-parole de Kasikorn Securities à Bangkok.

    Meilleure régulation

    Les économistes estimaient pour leur part que cette crise financière devrait encore se poursuivre quelque temps sans toutefois aboutir à une catastrophe et appelaient à une meilleure régulation des marchés pour l’avenir.
    « Jusqu’à présent, la limitation du crédit et la hausse du coût du capital n’ont pas duré assez longtemps et ont été trop limitées pour avoir une influence importante sur les perspectives économiques », notaient ainsi George Magnus et Larry Hatheway de la banque suisse UBS, soulignant que « l’économie mondiale est résistante ».
    Sur le marché des changes, l’euro accusait le coup et était au plus bas depuis fin juin contre le dollar à moins de 1,35 dollar, et un yen au plus haut depuis quatre mois face à l’euro et au dollar.
    Le prix du pétrole, qui avait baissé lourdement la semaine dernière sur ces craintes, recommençait toutefois à prendre en compte les « fondamentaux » du marché, notamment les risques sur l’offre, et remontait un peu.
    (AFP)

  2. La crise de l’immobilier américain, ou l’éternel recommencement

    «La vie est nulle sans bulles». Le célèbre slogan de Perrier ne se limite pas à l’eau gazeuse, loin s’en faut. Les investisseurs financiers l’ont consacré en véritable religion. En témoigne le récent éclatement de la bulle financière dans l’immobilier américain, dont l’ampleur est encore difficilement calculable. Les premiers dégâts occasionnés – le plongeon magnifiquement synchronisé des places boursières et la faillite de quelques gros calibres (dont American Home Mortgage) – tendent à démontrer qu’elle ne sera pas anodine.

    A propos des crises financières, tout et n’importe quoi a déjà été avancé pour tenter de les expliquer. Mais la seule analyse pertinente, à tel point qu’elle en devenue intemporelle, provient de l’économiste américain John Kenneth Galbraith. Certes, son analyse détaillée dans sa Brève Histoire de l’euphorie financière date de 1992. Mais elle n’a rien perdu de sa véracité et risque de la conserver encore longtemps. Par souci d’honnêteté intellectuelle, je me dois de préciser que l’analyse qui suit est en partie inspirée de cette lecture.

    La crise actuelle de l’immobilier américain ne fait en réalité que suivre un scénario identique, qui se répète invariablement à chaque épisode spéculatif. Car le noeud du problème, toujours passé sous silence ou au mieux minimisé, tient justement dans la spéculation elle-même. Cette dernière a alimenté toutes les crises financières connues, de la « crise des tulipes » en Hollande en 1637 jusqu’à la bulle internet à l’aube de ce siècle.

    La première phase est le développement de l’euphorie financière. Pour la comprendre, il est indispensable de rappeler cette étonnante équation qui régit le monde de la finance : plus on a d’argent, et plus il découle de la maîtrise absolue des paramètres financiers, plus il est signe d’intelligence et d’intuition financière hors du commun. La preuve en est que lorsque l’un de ses esprits éclairés se manifeste, le reste de la meute accourt aussitôt, espérant récolter les dividendes de ce qui ne peut être qu’un choix judicieux. C’est l’instinct moutonnier. Dans le cas présent, le secteur immobilier aux Etats-Unis a attiré les spéculateurs de tout poil grâce à des taux d’intérêts très faibles qui permirent un afflux de liquidités, faisant miroiter dans le secteur des perspectives de profit colossales.

    La deuxième phase est la constitution de la bulle spéculative, où se produit le décalage avec le réel. Un enthousiasme collectif s’empare des acteurs financiers qui se mettent à investir à tout va, persuadés que les cours monteront sans limites. On le sait, la perspective d’enrichissement rapide et sans frais peut engendrer de tels comportements chez l’être humain. Mais encore faudrait-il que les marchés tolèrent de telles envolées. Chaque crise financière de l’Histoire comprend un « effet de levier », c’est-à-dire un pouvoir démultiplicateur d’endettement qui permet aux investisseurs de combler le besoin express de capitaux. Le levier a pris des formes bien différentes à travers les siècles, mais il joue systématiquement le même rôle : accumuler des capitaux qui contribuent à faire enfler encore davantage la bulle. Généralement, plus fort est le levier, plus dure est la chute. Dans le cas de la bulle immobilière américaine, une fois encore, le scénario est rejoué avec la plus grande fidélité par les acteurs de la finance. Les créditeurs ont débloqué les fonds nécessaires via le fameux « LBO » (Leverage Buy Out), qui a permis aux investisseur, dont les fameux hedge funds, de s’endetter pour pouvoir lever des capitaux supplémentaires.

    Bien qu’elle ne soit pas encore arrivée à son terme, la troisième et dernière phase de cette bulle financière sera celle de toutes les autres : le renversement final. Les milliards s’évaporeront comme par enchantement, les faillites s’accumuleront et une récession économique, peu importe son ampleur, s’ensuivra.

    Comment expliquer ce cycle ? Pourquoi la mémoire de l’ « homo-économicus » ne dépasse-t-elle pas la vingtaine d’années ? La raison en est fort simple : plutôt que de se focaliser sur la raison principale de la crise, la spéculation des investisseurs, les analyses se déplacent – par un mécanisme de déni psychologique instinctif et admirablement rôdé – sur d’autres raisons, qui occulteront nécessairement la principale. Parfois, il s’agit de l’élément déclencheur du renversement final. Parfois, on s’acharne sur les paramètres économiques ou les « fondamentaux ». Jamais sur la spéculation elle-même…

    Il existe deux explications à cet étrange raisonnement. La première raison tient sans doute dans la quantité impliquée d’individus et d’institutions réputées, des banques aux cabinets d’expertise. Comment imaginer qu’autant de gens aient pu se tromper ? Le mythe, qui associe argent et intelligence, est bien plus profondément ancré qu’on ne le croit. Le bouc émissaire est donc nécessairement ailleurs. La deuxième est d’ordre dogmatique. L’idéologie du libre-échange ne tolère aucune anomalie, considérant les marchés financiers comme un reflet neutre et exact de facteurs externes. Il n’est pas censé porter les germes d’une dynamique d’erreur interne. Le marché est infaillible.

    Dans ces conditions, il est aisé de comprendre pour quelles raisons les crises financières se produisent, se répètent … et se répéteront encore.

  3. Mondialisation : le retour de bâton salutaire

    On l’annonçait depuis une bonne quinzaine de jours, la déroute financière internationale est à nos portes, elle a même déjà pénétré le sanctuaire.

    Le sport favori des banques centrales est de ne rien faire quand il faudrait faire quelque chose et de faire l’inverse de ce qu’il faudrait faire quand il n’y a justement rien à faire. La BCE vient d’arroser le marché des liquidités d’une centaine de milliards d’euros, (le même montant qu’au lendemain du 11 septembre 2001), les Japonais d’une dizaine d’autres, pour que ces « pauvres banques commerciales » ne plongent pas complètement en raison de la crise des « subprimes » de l’immobilier américain.

    Justement laissons-les plonger, ça fera de la place pour de vraies banques. Paribas a déjà trois fonds de placement en faillite technique. IKB, un très importants instituts financiers allemands est en déroute, le ministre des Finances Peer Steinbrück ayant dû interrompre ses vacances pour voler à son secours, une déroute qualifiée de « plus grave crise bancaire depuis 1931 » par le patron du régulateur boursier d’outre-Rhin.

    Le Crédit suisse ne pipe mot pour l’instant, mais à l’interne on sait assez bien à combien va se monter la facture. L’UBS est outrageusement silencieuse. Hier, jeudi, les bourses ont toutes plongé et on ne sait jusqu’où elles iront ce vendredi.

    « Ce que nous savons avec certitude, expliquait l’économiste américain John Kenneth Galbraith, c’est que les épisodes spéculatifs ne se terminent jamais en douceur. Il est sage de prédire le pire, même s’il est, selon la plupart des gens, peu probable. »

    Un peu comme la nature, il faudrait que les régulations se fassent et ne soient pas faussées par l’action des banques centrales. Que les canards boiteux tombent, que les spéculateurs perdent, et que la fausse valeur purement financière et spéculative soit réajustée, pour parler poliment.

    Ainsi serait enfin mise à mal la toute-puissance de l’économique sur le politique et le côté soi-disant inéluctable de la mondialisation actuelle, celle du credo absolu de la croissance qui ne peut pas, par définition, continuer sur sa lancée indéfiniment.

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