Section socialiste de l'île de Ré
Le courage, c'est de chercher la vérité et de la dire. Jean Jaures – Psiledere@aol.com

30 août 2007

« C’est quoi la Rénovation ??? » par Bernard Poignant

Filed under: 14 - Refondation du PS — iledere @ 16:30

poignant.jpgEn cette période troublée par la multiplication des leçons de Rénovation, il est urgent de mettre en perspectives la refondation politique et idéologique du Parti Socialiste. C’est ce que nous propose le président de la délégation socialiste française au Parlement Européen, Bernard Poignant dans une note publiée récemment sur son excellent blog Europinion.org. En voici l’intégralité :

« Le Parti communiste a connu lui aussi ses tentatives de relance : reconstructeurs avec Marcel Rigout, rénovateurs avec Pierre Juquin, refondateurs avec Charles Fiterman. Tout cela pour finir avec les 1,93% de Marie-George Buffet le 22 avril 2007. Il ne faut donc pas suivre son exemple et se montrer ouvert aux évolutions nécessaires.

La droite a aussi connu cela après sa cuisante défaite de mai 1988. Ses rénovateurs sont sortis du bois avec le résultat que l’on connait. : Barzach disparue, DeVilliers marginalisé, Noir, Millon et Carignon ostracisés, Juppé retiré, exilé puis battu, Seguin éliminé du jeu, Toubon écarté…et Chirac toujours là, vainqueur en 2002.

Le Parti socialiste a déjà vécu quelques moments qui l’ont ébranlé. Après la défaite législative de 1978, Michel Rocard veut rénover mais c’est François Mitterrand qui sera élu le 10 mai 1981. Après la déroute législative de 1993, Michel Rocard prend les rênes avec la même intention mais c’est Lionel Jospin qui mènera la campagne en 1995 et gagnera en 1997. En 2002, son élimination après cinq ans d’exercice du pouvoir tétanise tout le monde. La division sur le traité européen en 2004 et 2005 fera le reste.

Au total, une seule refondation se sera révélée féconde : celle du Congrès d’Epinay en 1971. Elle suit la lourde défaite de juin 1968 aux élections législatives et l’absence de la gauche au second tour de l’élection présidentielle de juin 1969. Elle se fait avec le concours d’un « nouvel arrivant » dans la politique : François Mitterrand, onze fois ministre sous la IVème République et ancien membre du gouvernement de Guy Mollet de 1956-57. Comme quoi il faut se méfier du piège des mots. L’histoire ne se répète pas. Elle apporte quelques leçons et permet la distance.

Aujourd’hui, il est bon de faire un tour d’horizon de ce que les uns et les autres mettent derrière le mot « rénovation ».

Certains se contenteraient de changer le Premier secrétaire : patience, François Hollande quitte sa fonction en 2008 ! D’autres veulent un renouvellement générationnel, mais la direction n’est pas si vieille que cela : il suffit de s’intéresser à nos secrétaires nationaux et on verra à l’écran beaucoup de têtes nouvelles ! Féminiser, diversifier avec les hommes et les femmes issus de l’immigration : tout cela peut se faire mais ne change pas la politique pour autant.

D’autres imaginent de changer le nom du Parti Socialiste. Il ne faut pas avoir honte de son étiquette. Les seuls qui ont changé leur nom à gauche sont plusieurs partis communistes pour s’appeler…. partis socialistes ou partis sociaux-démocrates.

Que peut-on alors entendre par rénovation ? Je vois quelques pistes utiles à emprunter, de nature idéologique politique et culturelle, avant d’être programmatique.

Un autre regard sur la mondialisation d’abord. Celle-ci est un fait du XXIème siècle. Elle reprend son cours historique ouvert au XVème siècle et interrompu entre 1914 et 1991 par deux guerres mondiales et une guerre froide jusqu’à la dissolution de l’Union soviétique. Trop souvent à gauche, dans les esprits, cette mondialisation est perçue et même présentée comme la menace et le risque suprêmes. Dans ce cas la réaction est le repli et la peur, donc la fermeture et la frilosité. La mondialisation est certes un défi mais c’est aussi une nouvelle chance pour la France et l’Europe. Il faut être présent comme Pascal Lamy à l’Organisation Mondiale du Commerce et peut être Dominique Strauss Khan au Fonds Monétaire International.

Un comportement décomplexé face à l’extrême-gauche et aux associations qui s’en recommandent certainement. Trop longtemps les socialistes ont été culpabilisés par leurs voisins de gauche, communistes léninistes d’abord trotskystes aujourd’hui. Eux aussi ont besoin de se rénover, mais s’y refusent. Adressons-nous à leurs électeurs qui les choisissent mais soyons totalement nous-mêmes, réformistes, sociaux-démocrates, sociaux-libéraux même. Ils sont le passé. Soyons l’avenir.

Un engagement soutenu pour l’Europe ensuite. Les socialistes doivent rester un des fers de lance de la construction européenne. On ne peut pas devenir le « schtroumpf grognon » de l’Europe. Un traité constitutionnel nous a divisés. Le second traité doit nous réunir. Nous ne devons pas faire la fine bouche pour chaque avancée de l’Union. Si nous attendons l’Europe idéale, elle ne sera jamais là. Si chacun exige l’Europe de ses rêves, l’impuissance sera au bout du chemin. Le prochain rendez-vous sera le traité réformateur ou modificatif : je voudrais qu’aucun socialiste ne lui dise non.

Dédiaboliser le mot « libéral ». L’extrême-gauche a réussi son coup : faire passer ce mot totalement à droite. Pourtant sa racine emprunte à « liberté ». Oui nous sommes des libéraux sur les plans politique et culturel. Nous ne sommes certainement pas des « totalitaires », le pendant de cette expression. Nous sommes aussi des partisans de l’économie de marché, en ce sens des libéraux. Nous ne sommes pas des ultra-libéraux qui cherchent à faire reculer l’Etat et toute institution sociale. Sur ces plans, ne rasons pas les murs et ne nous cachons pas.

Enfin, contribuons, par notre rénovation, à l’apaisement des rapports politiques. Les Français sont lassés des affrontements idéologiques voire dogmatiques. Ce fut une intuition de François Bayrou avant le 1er tour des présidentielles : il suggérait même Dominique Strauss-Kahn comme Premier ministre. Ségolène Royal a suivi la même intuition entre les deux tours : elle n’excluait même pas François Bayrou comme Premier Ministre. Nicolas Sarkozy s’en est inspiré après son élection : Bernard Kouchner et quelques autres sont ainsi devenus ministres. Dans l’histoire de la France, il y a des moments à comprendre : en 1914, face à l’agression c’est l’Union sacrée ; en 1944 avec le Libération et pour la reconstruction c’est le tripartisme ; en 1958 devant la décolonisation et la guerre d’Algérie c’est le gaullisme et la SFIO même si certains refusent ; en 2007 (et même avant si Chirac l’avait voulu), face à la mondialisation, il y a comme une aspiration à l’entente nationale. Le Parti socialiste ne doit pas se fondre dans le piège de l’ouverture. Il doit avoir l’intelligence de comprendre la période.

Reste la question stratégique autour des alliances. L’extrême-gauche ne veut pas gouverner, au moins c’est clair. Le Parti Communiste va vivre ses dernières années. Les Verts ne décollent pas depuis trente ans. Certains radicaux sont tentés de rejoindre leurs frères de l’autre rive. Les amis de J.P. Chevènement ont un horizon restreint devant eux. Il y a deux solutions : ou le PS réussit à franchir la barre des 35% à lui seul ou il regarde d’autres alliés, notamment le Mouvement Démocrate. Il ne faut pas fermer la porte à condition de connaître la plateforme de ce parti aujourd’hui inexistant, de vérifier sa propre stratégie qui ne peut pas être tantôt l’UMP, tantôt le PS. Il faut choisir. Cette stratégie ne doit pas être à géométrie variable selon qu’il s’agisse d’élections nationales ou locales.

Faut-il changer la Déclaration de principes du Parti socialiste qui fonde l’adhésion de chacun de ses membres ? Ce fut fait il y a 20 ans. Fut alors abandonné la référence à l’appropriation collective des moyens de production et d’échange comme moyen pour aller vers le socialisme. Son caractère révolutionnaire a été atténué au profit de la phrase suivante qui figure toujours dans ce texte : « Le Parti socialiste met le réformisme au service des espérances révolutionnaires ». On peut faire mieux mais l’économie de marché a été ce jour-là reconnue. Il nous faut un réformisme plus affiché et mieux assumé, un étatisme moins affirmé et moins systématique, une stratégie plus ouverte et moins exclusive.

Pour tout cela, il faut un parti qui ose faire abstraction du rythme des élections. Comme il y en a chaque année d’ici 2012, on trouvera de bonnes raisons de reporter notre « rénovation ».

Et puis, surtout, on ne peut tout de même pas demander à la Gauche d’être de Droite pour prix de sa modernisation« .

Bernard Poignant

Eagle Eye Cherry : « Save Tonigh »
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Fils du trompettiste de jazz Don Cherry et petit frère de la chanteuse Neneh Cherry, Eagle-Eye Cherry baigne très tôt dans le milieu musical. Il passe une partie de son enfance sur les routes, accompagnant son père en tournée : c’est ainsi qu’il découvre son goût pour la musique et la vie d’artiste. A douze ans, il est envoyé à l’école d’art dramatique de New York. Il reste dans cette ville jusqu’à ses 26 ans, faisant tour à tour l’acteur ou intégrant plusieurs groupes en tant que batteur. C’est en Suède, où il revient en 1996 après la mort de son père, qu’il commence l’écriture de son premier album, ‘Desireless’. Le disque devient très vite populaire en Suède, en Scandinavie, puis dans toute l’Europe : les hits ‘Save Tonight’ et ‘Falling in Love Again’, qui passent en boucle sur les radios européennes, lui font connaître son premier succès international. Distribué par Sony aux Etats-Unis, l’album se vend à quatre millions d’exemplaires. Son second opus, ‘Living in the Present Future’, sorti en 2000 et sur lequel il chante un duo avec sa soeur Neneh, rencontre un accueil plus réservé. En 2003 paraît ‘Sub Rosa’, pour lequel il s’entoure d’Al Stone, le producteur de Björk ou Jamiroquai, et de Tim Simenon – qui produit Massive Attack et Depeche Mode. Grand fan de musique live, Eagle-Eye Cherry revient en 2007 avec un album enregistré en tournée et intitulé ‘Live And Kicking’.

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