Section socialiste de l'île de Ré
Le courage, c'est de chercher la vérité et de la dire. Jean Jaures – Psiledere@aol.com

24 septembre 2007

Une crise à triple détente

Filed under: 03 - Economie — iledere @ 20:26

crise1.jpgLa cause des crises financières réside en général dans des déséquilibres et des bulles spéculatives, mais leurs dégâts sont considérablement amplifiés lorsqu’elles sont interprétées et gérées de travers. De ce point de vue, le moment actuel est dangereux, car inédit. Jamais les risques n’avaient été distribués comme ils le sont aujourd’hui par l’innovation financière et la mondialisation. Une confusion entre les différentes composantes de la turbulence risquerait d’en aggraver les conséquences. Or ces composantes sont multiples, au moins au nombre de trois.

Première composante : l’éclatement d’une bulle immobilière dans certaines régions des Etats-Unis. C’est l’aspect le plus facile à saisir, car ce n’est ni le premier ni le dernier événement de ce type. C’est aussi celui dont les conséquences sur l’économie sont les plus immédiates. Le retournement du marché immobilier peut avoir des effets récessifs, et la réserve fédérale américaine doit y répondre en utilisant à bon escient les instruments éprouvés de la politique monétaire. Pour l’heure, l’Europe n’est pas directement concernée. Son exposition financière est limitée aux investissements de quelques banques dans les crédits subprime, quelques dizaines de milliards tout au plus. Une perte sèche pénible, mais trop faible pour bouleverser l’ordre macroéconomique.

Deuxième composante : l’incertitude sur le modèle économique des banques. La crise confirme leur place centrale dans le système financier, en dépit des torrents d’encre consacrés aux hedge funds et au private equity. Les fonds peuvent boire le bouillon, mais c’est à travers les banques que leurs problèmes deviennent systémiques. On oublie parfois à quel point ce secteur d’activité est dominant.
A fin juin, les services financiers représentaient 28% de la capitalisation cumulée des cinq cents plus grandes entreprises mondiales (liste FT Global 500 ; 29% pour la part européenne de l’échantillon). Or, les marchés se rendent compte que le secteur bancaire est largement une boîte noire.
Comme l’avait bien illustré une enquête de The Economist sur Goldman Sachs en avril 2006, les informations publiées par les géants de la banque d’investissement ne permettent pas de comprendre les risques auxquels ils sont soumis. Avec la chute des banques allemandes IKB et SachsenLB, le monde a découvert avec effroi d’énormes engagements hors bilan dans des institutions de taille moyenne, à travers des « conduits » dont l’existence était presque entièrement ignorée.

Un premier échelon de réponse résiderait dans le renforcement du cadre prudentiel, notamment en centralisant la supervision au niveau européen pour les banques dont l’activité a définitivement débordé du cadre national, comme UniCredit ou Santander. Cette réforme se heurte à d’immenses inerties institutionnelles mais sa mise en œuvre devient urgente pour permettre à l’Europe d’affronter des faillites bancaires futures. A cause de leur importance systémique, les banques devraient sans doute aussi fournir plus d’information publique sur leurs risques afin de calmer les angoisses des marchés, comme l’a suggéré le patron de Deutsche Bank, Josef Ackermann.

Ce qui fournit le lien avec la troisième composante, peut-être la plus difficile : le déficit d’information crédible sur les risques financiers. Il est aussi dangereux d’investir dans une valeur sur la base de sa seule notation de crédit, que d’acheter les actions d’une entreprise sur la base de son seul profit comptable du dernier exercice.
L’indication est utile mais n’a de pertinence que si elle est croisée avec d’autres éléments. Or beaucoup d’investisseurs ont accordé trop d’importance à la notation.
Par ailleurs, si le profit comptable est au moins théoriquement mesurable, la notation de crédit exprime une probabilité qui par définition ne peut jamais être individuellement vérifiée, même après coup. Mais par quoi compléter l’information sur les risques dont disposent les marchés ? La proposition selon laquelle les agences de notation devraient être davantage régulées n’apporte aucune réponse à cette question.

Pour combattre la maladie, il faut d’abord la comprendre. Beaucoup de décideurs, tels des médecins de Molière, font semblant d’avoir un diagnostic et ne savent que désigner des boucs émissaires : les agences de notation, les banques centrales, les hedge funds et autres « spéculateurs ». Or, l’enjeu réel est de permettre aux marchés de comprendre les modèles économiques bancaires, et de leur donner des informations appropriées sur les risques financiers. Autant de défis redoutables qui ne seront pas relevés par des postures politiques mais par un travail analytique, qui prendra du temps. Et plus les semaines passent, plus ces défis semblent conditionner la sortie de crise.

Article paru dans La Tribune du 17 septembre 2007, publié avec l’aimable autorisation de l’auteur.
Nicolas Véron est économiste au sein du centre européen de réflexion Bruegel, associé de la société de conseil ECIF.

Supertramp : Give a little bit
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Supertramp est un groupe de rock progressif britannique créé en 1969 par Rick Davies et Roger Hodgson. Il réalisa ses plus grosses ventes dans les années 1970.

Initialement, la musique de Supertramp est composée d’ambitieux albums-concepts, mais le groupe sera plus connu par la suite pour ses chansons « beatlesques » comme Dreamer, Give a Little Bit, The Logical Song et Goodbye Stranger.
Malgré son succès commercial, le groupe n’a jamais déclenché le fanatisme du public ; ainsi, même à l’apogée de leur popularité, les membres du groupe pouvaient encore sortir sans crainte d’être reconnus.

4 réponses à “Une crise à triple détente”

  1. la main gauche dit :

    ghgehvc ngkje bjd jheguizh jcsjjb …. Eureka!!

    je rejoins Nanou et Serge..

    bonne journée à tous

  2. SERGE dit :

    Je rejoins Nanou, je n’ai pas tout compris.

    Certes, on peut admettre l’aspect plus que technique lorqu’il s’agit la « grande finance », il est vrai que tous ces financiers sont très loin de la vie quotidienne de la majorité des « terriens » de ce « bas monde ».

    Si c’est cela le « monde de demain », je crains pour nos jeunes, à moins qu’ils en prennent conscience, mais malheureusement la conception individualiste de notre Société amplifiée par les hommes politiques comme le « Polichinelle élyséen » ne favorise guère l’esprit de Solidarité.

  3. nanou dit :

    Personnellement, j’ai pas tout compris … « renforcement du cadre prudentiel », « importance systémique des banques », « bulle spéculatives »… Aaaaaahhhhhhh!!!! J’ai de + en + conscience que sans connaissances économiques, on ne peut pas réellement envisager de transformer durablement la société, mais je crois ne même pas avoir les bases… Ca te dit Alain, si tu as le temps, de nous faire des formations en éco, qu’on sache au moins les fondamentaux? ou peut-être nous conseiller des livres ultra vulgarisés?

  4. superpado dit :

    Moi aussi j’ai une petite vidéo à vous montrer, pour se reposer de la crise et du reste!
    http://www.dailymotion.com/search/segolene/video/x32128_remettre-le-livre-de-jospin-a-segol_news

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