Section socialiste de l'île de Ré
Le courage, c'est de chercher la vérité et de la dire. Jean Jaures – Psiledere@aol.com

26 septembre 2007

La chasse aux fraudeurs ASSEDIC: une victime colatérale ?

Filed under: 09 - Evènement,10 - Chronique de la haine ordinaire — iledere @ 18:57

arton64.jpgLa déclaration de Sarkozy sur la dépénalisation des fraudes et autres malversations patronales, lors de « l’Université d’été » du MEDEF était elle à double lecture ?
En tout état de cause, elle est à mettre en perspective avec cette dépêche de l’AFP :

PARIS (AFP) – Le parquet de Paris a été saisi d’une enquête de la cellule antiblanchiment du ministère des Finances sur des retraits de fonds suspects de 5,6 millions d’euros opérés par Denis Gautier-Sauvagnac, négociateur en chef du Medef, dans une caisse de l’organisation patronale, a-t-on appris mercredi de source judiciaire. Il appartient maintenant au procureur de Paris, Jean-Claude Marin, de décider de la suite à donner à ce signalement, a-t-on précisé de même source confirmant une information du Figaro. Cela pourrait se traduire par l’ouverture d’une enquête préliminaire, sous l’autorité du parquet, ou d’une information judiciaire, sous l’autorité d’un juge. Interrogé sur cette affaire par l’AFP, la chancellerie et le Medef se sont refusés à tout commentaire. La justice a été informée lundi de cette affaire par un signalement de la cellule de lutte contre le blanchiment du ministère de l’Economie et des Finances (Tracfin: Traitement du renseignement et action contre les circuits financiers clandestins). Selon les enquêteurs de Bercy, Denis Gautier-Sauvagnac, président de l’Union des industries et métiers de la métallurgie (UIMM) aurait retiré, dans des conditions jugées suspectes, 5,6 M € en liquide des caisses de cette importante structure patronale entre 2000 et 2007.

Interrogé alors par la banque sur ces retraits, M. Gautier-Sauvagnac, qui est également vice-président de l’Unedic, aurait expliqué que ces fonds étaient consacrés aux oeuvres sociales de la métallurgie et plus particulièrement aux retraités ou malades du secteur, selon le Figaro. Placé désormais sous la surveillance de Tracfin, le compte de l’UIMM a continué à être ponctionné par des retraits en liquide jusqu’au début 2007. Jugeant que les faits étaient « suffisamment troublants », Tracfin après avoir obtenu le feu vert du cabinet de la ministre de l’Economie et des Finances, Christine Lagarde, a récemment transmis le dossier au parquet de Paris, explique le quotidien.

Rappelez vous, c’était hier ; Denis Gautier-Sauvagnac, fraîchement élu « président de l’Union des industries et métiers de la métallurgie (UIMM) » nous divertissait en déclarant : « le CPE est un instrument supplémentaire pour favoriser l’embauche et lutter contre la précarité. On le pare de mille défauts, alors qu’il est en réalité plus avantageux que le CDI ».
Sacré farceeur… Depuis, le CPE est régulièrement retoqué par les tribunaux car contraire aux principes du Droit Européen sur le Travail… mais notre ami s’est trouvé une autre passion : les malheureux…
Car ce joyeux comique est aussi un vrai humaniste : Après avoir assuré sa position personnelle : Président de l’UIMM, négociateur en chef pour le MEDEF, Vice-président de l’UNEDIC., cet ennemi déclaré de la précarité, se jette dans un nouveau challenge : s’occuper des pauvres et des démunis, des retraités et des malades de la métallurgie.
Pour cela, bien sûr, il faut des sous ! Ce bienfaiteur des manars aurait donc tiré des fonds directement dans la caisse. Et généreux comme le sont les patrons de l’IUMM, il n’a pas fait sa chochotte : 5,6 millions d’Euros en liquide.
Car, hélas, vous connaissez les prolos : c’est toujours à découvert, quand ce n’est pas interdit bancaire… Alors, pour les aider, il n’y a rien de mieux que le liquide… CQFD…
Quand on pense que certains y voit de la malice…

Mais d’abord, qui est Denis Gautier-Sauvagnac ?
Réponse : Je suis un ami du pauvre et du salarié

Les prolos, c’est comme les étrangers : on les aime tant qu’on ne les fréquente pas. En tant que patron et négociateur de la sinistre Union des industries métallurgiques et minières, UIMM (oh, après tout, lisez Germinal, de Zola, et vous comprendrez ce qu’est l’UIMM), j’ai eu affaire aux prolos, aux vrais, limaille de fer dans les yeux et charbon dans les poumons. Des durs qu’il faut aimer. Et qui aime bien traite à la dure, mais toujours en vouvoyant : la politesse est la crème du mépris.
Donc je suis Denis, soixante ans, énarque de la promotion Marcel-Proust et très heureux qu’Eurodisney ait remplacé sur le terrain Méséglise et Guermantes. Remarquez, comme tous les bourgeois, j’ai un petit faible pour la noblesse. Mon épouse est une Fauchon (oui, le caviar et le reste), mais une Fauchon de Villeplée. Pas mal, non ? Mère était une de Vaureix, pas plus noble que moi, mais, que voulez-vous, la particule fait toujours bander le marchand. Que dire de ma vie banale ? J’ai mis cinquante ans à devenir inspecteur des Finances, je fus attaché économique près des Communautés européennes, P-DG de la banque Kleinwort Benson France, mais mon heure de gloire fut dans la bouse de vache : directeur de l’Union laitière normande de 1981 à 1985 et, de 1986 à 1988, directeur de cabinet de François Guillaume, ministre de l’Agriculture de la France ! Oui. Chirac, pour soutenir vraiment les empoisonneurs pollueurs de la FNSEA, n’avait rien trouvé de mieux que de nommer leur président !
Jamais les gros agriculteurs ne furent tant arrosés que du temps de Guillaume, le chef-bouseux. Et moi, Gantier-Sauvagnac, époux de Fauchon de Villepée fallait que je supporte la vie aux champs ! Brrr ! Le gueux, c’est encore pire que le prolo !

Heureusement qu’on m’a confié l’UIMM ! Ouf ! Là, j’ai gagné mes galons de négociateur. Négocier, c’est pas compliqué : suffit de dire, non, tu n’auras rien, les salariés sont des privilégiés, t’as un emploi, estime-toi heureux, manquerait plus que t’aies un salaire en plus, car les vrais pauvres sont les chômeurs, ta gueule ou je délocalise, le Chinois est plus compétitif que toi, sale parasite, dégage, mais tous ça avec une politesse exquise, du voussoiement et des imparfaits du subjonctif.

Ainsi, je viens de négocier exquisement pour le Medef une baisse de la durée d’indemnisation des chômeurs, car les chômeurs indemnisés sont des salauds de privilégiés par rapport aux chômeurs non indemnisés. J’ai dit : « Des mesures courageuses ont été prises, partageant l’effort entre les cotisants, les employeurs et les salariés. » Merci, les salariés, de partager avec nous. Surtout que sur les 9 milliards d’euros, vous en prenez 7. Normal, les pauvres, vous êtes plus nombreux ! Allez, un jour, vous boufferez du Fauchon !

Charlie du 22 janvier 2003

Nous allons donc suivre avec un intérêt particulier cette affaire. Car si nous nous trouvions devant une affaire de malversation au moment ou la saison de la chasse au fraudeur Assedic vient de s’ouvrir, il serait croquignolet que le Vice-Président rejoigne la cellule VIP de la Santé, non ???

Alain Renaldini

The « Boss » Bruce Springsteen : Dancing in the dark
[dailymotion=http://www.dailymotion.com/swf/6YRzdh67FNIcB3nZ4]
I get up in the evening
and I ain’t got nothing to say
I come home in the morning
I go to bed feeling the same way
I ain’t nothing but tired
Man I’m just tired and bored with myself
Hey there baby, I could use just a little help

You can’t start a fire
You can’t start a fire without a spark
This gun’s for hire
even if we’re just dancing in the dark

Message keeps getting clearer
radio’s on and I’m moving ’round the place
I check my look in the mirror
I wanna change my clothes, my hair, my face
Man I ain’t getting nowhere
I’m just living in a dump like this
There’s something happening somewhere
baby I just know that there is

You can’t start a fire
you can’t start a fire without a spark
This gun’s for hire
even if we’re just dancing in the dark

You sit around getting older
there’s a joke here somewhere and it’s on me
I’ll shake this world off my shoulders
come on baby this laugh’s on me

Stay on the streets of this town
and they’ll be carving you up a

4 réponses à “La chasse aux fraudeurs ASSEDIC: une victime colatérale ?”

  1. Deux nouveaux comptes bancaires auraient été découverts dans l’enquête sur les retraits de fonds suspects qu’aurait opéré le négociateur du Medef dans une caisse de l’UIMM.

    Deux autres comptes bancaires suspects ont été découverts ces derniers jours par les policiers de la brigade financière (BF) enquêtant sur les retraits de fonds qu’aurait opéré Denis Gautier-Sauvagnac dans une caisse de l’Union des industries des métiers de la métallurgie (UIMM), a-t-on appris samedi 5 octobre de sources proches de l’enquête.
    Le négociateur du Medef aurait sorti en liquide, entre 2000 et 2007, non pas cinq mais quinze millions d’euros sur le compte de l’UIMM, écrivait par ailleurs vendredi l’Express.fr.
    Selon l’hebdomadaire, la piste privilégiée par les enquêteurs concerne le financement occulte des syndicats, ce qui ferait de cette affaire « une bombe politico sociale. »

    Perquisition à son domicile

    Trois perquisitions, ponctuées d’auditions, ont été effectuées mercredi par la police : au siège de l’Union des industries et métiers de la métallurgie (UIMM) à Paris, au domicile de Denis Gautier-Sauvagnac et à celui de Dominique Renaud, l’administratrice de l’UIMM, soupçonnée d’avoir effectué ces retraits, selon ces mêmes sources.
    Les policiers de la brigade financière ont saisi, au domicile et dans le bureau du président de l’UIMM, un ordinateur et des documents comptables.
    400.000 à 500.000 euros en tout ont été saisis lors des perquisitions menées mercredi 3 octobre, indiquaient vendredi des sources proches de l’enquête.La brigade financière agissait dans le cadre d’une enquête préliminaire pour « abus de confiance » ouverte la semaine dernière par le parquet de Paris sur des retraits en espèces sur le compte de l’UIMM.
    La police a également perquisitionné au domicile parisien de Denis Gautier-Sauvagnac, président de l’UIMM et haut responsable du Medef, qui était l’ordonnateur des retraits en espèces.
    Dans sa première déclaration sur l’affaire, Laurence Parisot, présidente du Medef, a déclaré jeudi qu’elle maintenait Denis Gautier-Sauvagnac à son poste de négociateur en chef sur la modernisation du marché du travail.
    Denis Gautier-Sauvagnac a nié toute malversation. (avec Reuters et AFP)

  2. Chris dit :

    Denis Gautier-Sauvagnac, patron de la puissante UIMM et numéro deux de fait du Medef, se plaint que le président de BNP Paribas, Michel Pébereau, ne l’ait pas informé de la décision de la banque d’alerter Tracfin des retraits en espèces sur les comptes de l’UIMM. Gautier-Sauvagnac se retrouve visé par une enquête judiciaire du fait du retrait inexpliqué de plus de 5 millions d’euros du compte de l’UIMM à la BNP. Les deux hommes se connaissent depuis l’ENA. Mais un conflit les oppose : Gautier-Sauvagnac a tout fait pour empêcher Laurence Parisot, protégée de Pébereau , d’accéder à la tête du patronat. La vengeance est apparemment un plat qui se mange froid aussi chez les puissants.

  3. Raoul dit :

    Décidemment, cela devient rengaine…

    Le secrétaire d’Etat chargé de la Fonction publique est mis en examen pour des infractions financières présumées dans le cadre de la création de la Fondation Hamon.

    La cour d’appel de Versailles a confirmé mercredi 26 septembre la mise en examen d’André Santini, secrétaire d’Etat chargé de la Fonction publique, pour des infractions financières présumées dans le cadre de la création de la Fondation Hamon.
    La requête en annulation de procédure déposée par André Santini a donc été rejetée par La chambre de l’instruction. Le secrétaire d’Etat a été mis en examen le 30 mai 2006 pour « prise illégale d’intérêt », « faux et usage de faux » et « détournement de fonds publics ».

    Une fondation qui n’a jamais vu le jour

    Ces infractions présumées auraient été commises entre 2001 et 2003 à l’occasion de la création avortée de la fondation d’art contemporain Hamon qui devait exposer sur l’Ile-Saint-Germain (Hauts-de-Seine) 192 toiles données par le riche promoteur et mécène Jean Hamon. Sa construction avait finalement été annulée en 2004. La justice s’interroge notamment sur une somme de 750.000 euros versée au mécène via le syndicat mixte de l’Ile-Saint-Germain, créé en 2000 par le conseil général et la ville d’Issy-les-Moulineaux pour gérer cette donation.

    Pasqua, Hamon, et Bled déjà mis en examen

    Par ailleurs, Charles Pasqua, ancien président du conseil général et du syndicat mixte, a été mis en examen dans ce dossier, ainsi que Jean Hamon, deux cadres du conseil général et Bernard Bled, ex-bras droit de Jean Tiberi à la mairie de Paris et directeur général des services du conseil général des Hauts-de-Seine au moment des faits.

  4. Soeur Marie-Thérèse des Batignolles dit :

    S’il a pris dans la caisse pour aider ses pauvres, Dieu lui pardonnera…
    Et puis, 5 ou 6 millions d’€, est-ce vraiment important ?
    Il faut savoir pardonner à ce monsieur, comme nous pardonnerons à Monsieur Santini…

Laisser un commentaire

Plate-forme de blogs du Parti socialiste | Propulsé par Wordress Mu | Articles (RSS) et Commentaires (RSS)
Sauf mention contraire, le contenu de cette page est sous contrat Creative Commons Creative Commons