Section socialiste de l'île de Ré
Le courage, c'est de chercher la vérité et de la dire. Jean Jaures – Psiledere@aol.com

30 septembre 2007

Test ADN : les sénateurs persistent, les députés s’obstinent

Filed under: 14 - Refondation du PS — iledere @ 20:26

arton12514.jpgOn aurait pu croire que l’amendement Mariani, ce fameux test ADN imposé aux candidats au regroupement familial avait été enterré par la grande sagesse des sénateurs…

Hélas tout n’est pas joué. Alors que la réduction du concept de famille, concept fondateur des civilisations judéo-chrétiennes, à une filiation génétique avait de quoi choquer, le gouvernement pourrait encadrer davantage l’amendement Mariani pour inciter le Sénat à l’adopter.
Le sort de cet amendement inique est en suspens. Adopté par l’Assemblée le 20 septembre lors de l’examen du projet de loi sur la maîtrise de l’immigration, l’intégration et l’asile, supprimé avant-hier par la commission des lois du Sénat, l’amendement controversé doit être examiné en séance publique par la Haute Assemblée à partir de mardi prochain. Député UMP du Vaucluse, Thierry Mariani propose d’offrir aux étrangers sollicitant le bénéfice du regroupement familial la faculté de réaliser un test ADN pour prouver leur lien de filiation avec un parent résidant en France.

Si les sénateurs confirment le vote de leur commission des lois et suppriment les tests ADN facultatifs, l’affaire ne sera pas terminée pour autant. Une commission mixte paritaire, composée de sept députés et de sept sénateurs, devra alors se réunir à huis clos et trancher le différend apparu entre les deux chambres. Si ces quatorze parlementaires parviennent à un accord, celui-ci sera ensuite entériné par l’Assemblée et le Sénat. Si le litige persiste, les députés auront le dernier mot.

Hier, le président du groupe UMP de l’Assemblée, Jean-François Copé, a réaffirmé son soutien aux tests ADN facultatifs. Tout en concédant que « c’est un sujet difficile » et que « chacun des points de vue est respectable », le maire de Meaux a estimé que le dispositif adopté par les députés UMP était « très équilibré ». « Je souhaiterais naturellement que la position de l’Assemblée prévale », a insisté Jean-François Copé.

L’amendement Mariani, déjà « adouci » par les députés, prévoit que le test ADN facultatif ne pourrait être demandé que dans les pays où les faux actes d’état civil sont monnaie courante. Le test serait remboursé si le visa est accordé. Institué à titre expérimental jusqu’au 31 décembre 2010, ce dispositif serait évalué à cette date par une commission indépendante composée de neuf membres : deux députés, deux sénateurs, le vice-président du Conseil d’État, le premier président de la Cour de cassation, le président du Comité consultatif national d’éthique et deux personnalités qualifiées. Éclairé par leur rapport, le Parlement se prononcerait alors sur l’opportunité de proroger les tests ADN facultatifs.

Ministère de l’immigration, rafles, charters, tests ADN… Le Pen peut se réjouir ses lubies progressent dans le vide idéologiques des porcs sensés nous gouverner.
Plus besoin de mettre ses doigts dans sa bouche pour soulager un estomac surchargé, la lecture de la pense nauséabonde du Colonel Hortefeux suffit à me faire vomir….

Alain Renaldini

Je vous propose un trés beau clip d’Alain Souchon qui s’était engagé sur le thème de l’immigration..

Alain Souchon – C’est déjà ça

[dailymotion=http://www.dailymotion.com/swf/1NreUyiZTZ9Dv5AdS]
Titre tiré de l’album du même nom, Souchon nous conte l’histoire un exilé soudanais à Paris. Un clin d’oeil de l’artiste qui nous interpelle et nous rappelle qu’aujourd’hui, dans certains pays, une personne peut être menacée pour des raisons politiques, sociales, culturelles ou religieuses.
A méditer bien sûr.


Je sais bien que, rue d’Belleville,
Rien n’est fait pour moi,
Mais je suis dans une belle ville :
C’est déjà ça.
Si loin de mes antilopes,
Je marche tout bas.
Marcher dans une ville d’Europe,
C’est déjà ça.

Oh, oh, oh, et je rêve
Que Soudan, mon pays, soudain, se soulève…
Oh, oh,
Rêver, c’est déjà ça, c’est déjà ça.

Y a un sac de plastique vert
Au bout de mon bras.
Dans mon sac vert, il y a de l’air :
C’est déjà ça.
Quand je danse en marchant
Dans ces djellabas,
Ça fait sourire les passants :
C’est déjà ça.

Oh, oh, oh, et je rêve
Que Soudan, mon pays, soudain, se soulève…
Oh, oh,
Rêver, c’est déjà ça, c’est déjà ça,
C’est déjà ça, déjà ça.

Déjà…

Pour vouloir la belle musique,
Soudan, mon Soudan,
Pour un air démocratique,
On t’casse les dents.
Pour vouloir le monde parlé,
Soudan, mon Soudan,
Celui d’la parole échangée,
On t’casse les dents.

Oh, oh, oh, et je rêve
Que Soudan, mon pays, soudain, se soulève…
Oh, oh,
Rêver, c’est déjà ça, c’est déjà ça.

Je suis assis rue d’Belleville
Au milieu d’une foule,
Et là, le temps, hémophile,
Coule.

Oh, oh, oh, et je rêve
Que Soudan, mon pays, soudain, se soulève…
Oh, oh,
Rêver, c’est déjà ça, c’est déjà ça.
Oh, oh, oh, et je rêve
Que soudain, mon pays, Soudan se soulève…
Oh, oh,
Rêver, c’est déjà ça, c’est déjà ça.
C’est… dé… jà… ça.

9 réponses à “Test ADN : les sénateurs persistent, les députés s’obstinent”

  1. free sex dit :

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  2. N-Y Times dit :

    Dans un éditorial au vitriol, le quotidien dénonce une loi «abjecte» qui rappelle certaines «notions pseudo-scientifiques» utilisées par les nazis et la France de Vichy.

    La loi sur l’immigration et ses tests ADN pour le regroupement familial suscitent toujours l’émoi, jusqu’aux Etats-Unis. Dans un éditorial au vitriol, paru hier sous le titre «Bigoterie pseudo-scientifique en France», le New York Times cloue au pilori la loi que l’Assemblée nationale doit entériner demain par un vote solennel.

    «Les questions d’immigration réveillent les pires instincts des hommes politiques qui devraient être plus raisonnables», commence le quotidien américain. S’il reconnaît que l’utilisation des tests ADN «peut être utile pour établir la culpabilité ou l’innocence» dans une affaire criminelle, il précise que «cela n’a rien n’a y faire dans une loi sur l’immigration».

    Puis l’éditorialiste du New York Times attaque fort : s’étonnant que les politiques français ne soient pas plus attentifs aux leçons de leur histoire, il rappelle que «sous les occupants nazis et leurs collaborateurs de Vichy, des notions pseudo-scientifiques de descendance pure avaient été introduites dans le droit français avec les conséquences tragiques que l’on connaît.»

    «Alors qu’il est lui-même le fils d’un immigré hongrois, M. Sarkozy s’est fait un nom politique avec ses critiques acerbes sur les immigrés récents, et notamment les Arabes d’Afrique du nord», rappelle le quotidien. Critiques qui «l’ont aidé à gagner les voix qui se reportaient habituellement sur les extrêmistes comme l’éternel candidat à l’élection présidentielle, Jean-Marie Le Pen».

    Reprochant au président français de ne pas être intervenu pour retirer cette loi, le journal de sensibilité démocrate lui inflige pour conclure cette cinglante saillie : «M. Sarkozy veut être considéré comme un homme d’Etat. Qu’il agisse en tant que tel.»

  3. Une politique immigratoire schizophrène

    Test ADN, quotas, chasse aux sans papiers, suspicion généralisée, c’est l’image de la France, patrie des droits de l’Homme qu’on assassine. Les élites de la société civile acceptent de moins en moins des dispositifs législatifs au mieux mesquins au pire odieux qui sous prétexte de pragmatisme balayent nos grands principes et s’assoient sur les dettes d’un passé où la France était irrésistiblement tournée vers l’étranger. La bataille de l’opinion, celle des cœurs, est engagée. Les “élites”, les éclairés, se doivent de faire comprendre à leurs compatriotes que dans un monde ouvert il est illusoire et dangereux de faire de l’étranger un bouc émissaire. Sans parler d’ouvrir toutes grandes les portes, une politique immigratoire audacieuse et intelligente est une chance pour un pays vieillissant.

    Le fameux amendement Mariani autorisant le recours à des tests ADN dans le cadre du regroupement familial a été adopté dans une nouvelle version allégée par les sénateurs dans la nuit de mercredi 3 à jeudi 4 octobre. Par le nombre de personnes concernées, de l’ordre de 1 000 à 2 000 par an, il est par lui-même anecdotique. Si la bataille législative est perdue, elle aura néanmoins été l’occasion d’aiguillonner les consciences. Elle révèle une France schizophrène qui refuse aux étrangers les principes juridiques et moraux qui constituent pourtant sa grandeur. L’amendement Mariani restera, comme l’ont souligné de nombreux opposants, une mesure “discriminatoire et inutile”. Si on le rapproche du déterminisme génétique évoqué par Nicolas Sarkozy pendant la campagne électorale sur une origine génétique de la pédophilie, de la chasse aux étrangers en situation irrégulière, il contribue à dessiner une France qui rappelle de bien mauvais souvenirs. La suppression mercredi par la commission des Lois du Sénat d’un amendement du projet de loi sur l’immigration qui limitait l’accès des sans-papiers aux centres d’hébergement d’urgence atteste de l’état d’esprit actuel.

    Autorité morale incontestable, le sénateur Robert Badinter a tenté de sensibiliser ses pairs sur la portée symbolique de l’amendement Mariani : “Ce que nous faisons là est une erreur (…). Le retentissement que ce texte aura en Afrique et dans d’autres pays sera totalement négatif”. Dans une tribune publiée dans les colonnes de Libération du 4 octobre, Catherine Tasca, sénatrice (PS) des Yvelines, ancienne ministre, et Pierre Moscovici, député (PS) du Doubs enfoncent le clou :

    “La politique de l’immigration voulue par Nicolas Sarkozy porte gravement atteinte au crédit de la France dans le monde. Depuis des décennies, on s’est habitué à considérer l’immigration (et pas seulement l’immigration clandestine) comme un fardeau insupportable. Loi après loi, on s’enfonce un peu plus dans la suspicion, la peur, le rejet. La vraie question est : quelle relation voulons-nous pour demain entre l’étranger et nous ?” … “Regardons la réalité en face : les mouvements de population dans le monde vont s’amplifier. Il faut donc aborder cette question positivement. Force est de constater que l’immigration n’est pas en volume le problème considérable que l’on dit. La proportion d’étrangers sur notre territoire est stable depuis vingt-cinq ans…

    “De «l’immigration choisie» au discours de Dakar, en passant par la politique verrouillée des visas, la France apparaît à nos partenaires étrangers suspicieuse, frileuse et un tantinet xénophobe. Et la droite réussit le tour de force de brouiller la France avec la communauté francophone.”

    Les deux parlementaires ne sont pas les seuls à s’inquiéter. La conférence des évêques de France a déploré lundi, à propos du projet de loi controversé sur l’immigration, la mise en place de “mesures toujours plus restrictives” contre les migrants, y voyant des “concessions à une opinion dominée par la peur”.

    L’OCDE se joint aux critiques en dénonçant l’alourdissement du parcours du combattant pour un cadre étranger qui doit professionnellement s’installer en France (test de langue, voire une formation linguistique). La précédente loi de juillet 2006 avait déja rendu obligatoire la signature d’un contrat d’accueil et d’intégration pour tout nouvel arrivant, même pour les salariès en mission temporaire. On parle désormais de carte de compétence. S’ ajouteront bientôt, les dispositions de la nouvelle loi qui vont encore plus compliquer l’installation des couples binationaux en France. Autant de mesures excessivement contraignantes qui altèrent l’attractivité et l’image de la France.

    Le quotidien britannique, The Guardian , consacre un large article sur la question dans son édition du 3 octobre. Il relève le mouvement de résistance civique que suscitent les actuelles dispositions et avoue son étonnement devant une telle situation. Le premier couple de France est lui-même marqué par d’importantes ascendances étrangères (des deux côtés), un tiers environ des Français a dans son arbre généalogique un parent proche étranger et surtout, pendant des siècles, la France a été fière d’être une terre d’accueil. Une tradition qui lui vaut encore d’être le pays de l’OCDE qui enregistre le plus de demandes d’asile.

  4. Je La Signe Pas, Ta Pétition, Philippe Val – J’Ai Pas Envie De « Trouver » Avec Toi « Des Moyens De Maîtriser L’Immigration »

    Donc: le caustique hebdomadaire « Charlie Hebdo » et son boss légendaire, je veux parler de Philippe Val, nous lancent « une pétition contre la loi sur les tests ADN ».

    Laurent Joffrin, dans « Libération », applaudit: « Oooooh, ooooooooh, c’est beau, c’est courageux, ça me rappelle un peu le maquis des Glières, en plus couillu, il va de soi ».

    Pour Laurent Joffrin, décidément jamais avare d’un clicheton à deux centimes d’euros, nous avons là, excusez du peu, la « naissance d’un front républicain ».

    (Je me demandais, aussi: est-ce que certains signataires ne sentent pas un peu la vieille droite sécuritaire?)

    Faut se rappeler d’abord que ce n’est pas la première fois que Philippe Val nous fait le coup: au moment de la grotesque « affaire des caricatures », il avait déjà pétitionné, pour la liberté d’expression – avec, déjà, Bernard-Henri Lévy (BHL) dans le rôle du cosignataire sympa.

    Quand on sait que BHL est le gars qui relit de près les papiers que lui consacre la presse (qui ment), et qui n’hésite jamais à les corriger à grands coups de gros ciseaux, on se dit que c’était, déjà, un très conséquent foutage de gueule.

    Cette fois-ci, Philippe Val nous signale que sa nouvelle contribution à l’émancipation de l’humanité n’est pas une vulgaire pétition à la con, du genre de celles qu’il ne signe jamais, les trouvant atrocement gauchistes, mais une, ouvrez les guillemets: « Pétition d' »ouverture » ».

    A la manière de Sarkozy, quoi.

    Philippe Val observe en effet que: « Jamais une pétition n’a rassemblé autant de gens qui, sur toutes sortes de sujets, notamment politiques, sont opposés ».

    Philippe Val en tire cette conclusion, pleine de joliesse: « C’est donc au-delà de leurs divergences, parfois profondes, qu’ils ont mêlé leurs signatures, pour signifier leur attachement aux principes républicains du vivre ensemble ».

    C’est beau comme un livre de Paulo Coelho, et Philippe Val sait de quoi il parle – pour une fois: le « vivre ensemble » est justement cette petite chose qu’il ne cesse de piétiner semaine après semaine, dans de brutaux éditoriaux où tout(es) ceux (celles) qui pensent à gauche de Pierre Méhaignerie nous sont présenté(es) comme des suppôts de l’internationale djihadiste, où Chomsky est le clone pervers de Faurisson, où le militant qui éprouve un peu de compassion pour les Palestinien(ne)s est un « connard » antisémite, etc.

    Philippe Val est à peu près aussi crédible, en apôtre du « vivre ensemble », que Dominique de Villepin en défenseur du progrès social.

    Et, justement: Villepin l’a signée, la pétition de Philippe Val.

    Et quand Dominique prend dans sa main la main de Philippe, on a quoi?

    On a une sinistre farce.

    Parce que la défense du « vivre ensemble », n’est-ce pas, ce n’est pas seulement le refus des tests génétiques du colonel Brice Hortefeux.

    Le « vivre ensemble », c’est le refus, catégorique, de poser l’immigré(e) en perpétuel bouc émissaire, en « problème » (de société) qu’il faudrait promptement solutionner, de peur que des hordes barbares ne finissent par nous submerger.

    Le « vivre ensemble », c’est, aussi bien, le refus d’ajouter sans fin aux lois sur l’immigration des lois sur l’immigration.

    Or, dites-moi.

    Là, nous avons le colonel Brice Hortefeux, qui sur le sujet légifère comme un fou.

    Mais nous savons que ses nouveaux textes viennent s’empiler sur de précédentes lois sécuritaires.

    Et dites-moi encore: il était où, Villepin, quand ces précédentes lois ont été adoptées?

    Quand déjà le législateur nous signifiait que « vivre ensemble », oui, mais avec moins d’immigré(e)s?

    Il était aux Maldives, Dominique?

    Ou à Matignon – en train de nous expliquer que foutredieu, on ne pouvait certes pas laisser venir à nous la misère du monde?

    Vous me direz: il aurait eu tort de se gêner.

    « On » l’a entendu, Villepin.

    « On » l’a entendue, la droite pré-sarkozique, lorsque déjà elle harassait l’immigré(e).

    « On » a retenu la leçon.

    « On » la récite aujourd’hui, avec sa pseudo-justification de merde, en ces termes: « Certes, il faut trouver des moyens de maîtriser l’immigration pour que tout le monde y trouve le meilleur compte possible ».

    Maîtriser le flot des guenilleux foncés de peau qui s’amassent sur nos frontières, par centaines de millions.

    Signé: Philippe Val, ce matin, dans « Charlie Hebdo ».

    Ta pétition d’ouverture, Philippe Val?

    Elle pue le « coup » médiatique négocié sur un coin de table, non aux tests ADN, oui à la « maîtrise des flux migratoires ».

    Ta pétition d’ouverture, Philippe Val?

    Tu te la fumes.

  5. Karim Aou dit :

    Charlie Hebdo et SOS-Racisme lancent une pétition contre la possibilité de recourir à des tests ADN comme preuve de filiation, actuellement en débat au Parlement. Le quotidien Libération s’est associé à l’opération et consacre sa « une » à l’évènement dans son édition du 3 octobre.

    Les signataires de la pétition appellent le président de la République Nicolas Sarkozy et le gouvernement « à retirer cette disposition, sous peine de contribuer, en introduisant l’idée que l’on pourrait apporter une réponse biologique à une question politique, à briser durablement les conditions d’un débat démocratique, serein et constructif sur les questions liées à l’immigration ». Dans un éditorial, Philippe Val, directeur de l’hebdomadaire, explique que « cet amendement est la porte ouverte à une classification biologique des personnes, dont les implications vont au-delà des questions d’immigration ».

    Charlie Hebdo
    publie le texte de la pétition dans son édition datée du 3 octobre, assorti d’une liste d’une centaine de « premiers signataires », qui va du chanteur Akhénaton à l’ensemble de l’équipe de Charlie Hebdo, en passant par la secrétaire nationale du PCF Marie-Georges Buffet. Les anciens Premiers ministres Lionel Jospin, Pierre mauroy, Laurent Fabius et Dominique de Villepin, le généticien Axel Kahn, le secrétaire général de la CGT Bernard Thibault, le secrétaire général dFO Jean-Claude Mailly et les actrices Jeanne Moreau et Isabelle Adjani figurent parmi les auteurs de la pétition.

    Pétition contre les tests ADN

    En instaurant des tests ADN pour prouver une filiation dans le cadre d’un regroupement familial, l’amendement Mariani, adopté par l’Assemblée Nationale, fait entrer la génétique dans l’ère d’une utilisation non plus simplement médicale et judiciaire mais dorénavant dévolue au contrôle étatique.Cette nouvelle donne pose trois séries de problèmes fondamentaux.

    Tout d’abord, des problèmes d’ordre éthique. En effet, l’utilisation de tests ADN pour savoir si un enfant peut venir ou non rejoindre un parent en France pose d’emblée cette question : depuis quand la génétique va t’elle décider de qui a le droit ou non de s’établir sur un territoire ? Au-delà, depuis quand une famille devrait-elle se définir en termes génétiques ? Sont pères ou mères les personnes qui apportent amour, soin et éducation à ceux et celles qu’ils reconnaissent comme étant leurs enfants.

    Ensuite, cet amendement fait voler en éclats le consensus précieux de la loi bioéthique qui éloignait les utilisations de la génétique contraires à notre idée de la civilisation et de la liberté.

    Enfin, cet amendement s’inscrit dans un contexte de suspicion généralisée et récurrente envers les étrangers qui en vient désormais à menacer le vivre ensemble. Car tout le monde s’accorde à dire que la fraude au regroupement familial ne peut être que marginale au regard des chiffres d’enfants annuellement concernés et au regard de l’absence de raison substantielle qu’il y aurait à frauder dans ce domaine. En effet, quelle étrange raison pousserait les immigrés à faire venir massivement dans notre pays des enfants qu’ils sauraient ne pas être les leurs ? Autrement dit, l’amendement instaurant les tests ADN n’a pas pour fonction de lutter contre une fraude hypothétique mais bien de participer à cette vision des immigrés que nous récusons avec force.

    Nous sommes donc face à un amendement qui, sur les plans éthique, scientifique et du vivre ensemble introduit des changements profondément négatifs. C’est pourquoi, nous, signataires de cette pétition, appelons le Président de la République et le Gouvernement à retirer cette disposition, sous peine de contribuer, en introduisant l’idée que l’on pourrait apporter une réponse biologique à une question politique, à briser durablement les conditions d’un débat démocratique, serein et constructif sur les questions liées à l’immigration.

    Signez en cliquant ici

  6. J.M. Aphatie dit :

    L’angoisse de l’urgence nationale, le confort du régime sénatorial spécial

    ADN. Faut-il ou non instaurer des tests ADN pour certaines personnes d’origine étrangère souhaitant entrer en France? Après l’Assemblée nationale qui en a accepté le principe, le Sénat se saisira de la question à partir d’aujourd’hui, et donnera sa réponse probablement demain. La majorité parlementaire se divise sur la question. La Conférence des évêques, dans un communiqué presque virulent, en refuse l’hypothèse. Quant au gouvernement, lui, il s’en remet à la sagesse du gouvernement. En effet, dans sa version initiale, le projet de loi présenté par Brice Hortefeux, ministre de l’Immigration et de l’identité nationale, ne contenait pas cette disposition. Son objectif était d’organiser une immigration économique de préférence à une immigration familiale. Mais d’ADN, point. La disposition est venue d’un amendement parlementaire, présentée par un député du Vaucluse. Depuis ce moment, le gouvernement s’en remet, selon l’expression consacrée, à la sagesse des parlementaires. C’est cette ligne qu’est venue défendre, ce matin, à 7h50, sur RTL, Christian Estrosi, secrétaire d’État d’une Outre-mer où se posent de manière aigüe des problèmes liés à une immigration massive et souvent illégale.

    Précision. Évidemment, dans notre système politique où l’exécutif maîtrise de bout en bout la discussion parlementaire, toute adoption d’un amendement parlementaire dépend de l’accord au moins tacite du gouvernement. Sans cela, les parlementaires se retrouvent régulièrement en minorité, rappelés à leurs devoirs de soutien du gouvernement par un exécutif sourcilleux. En l’espèce, Brice Hortefeux avait volontairement écarté le recours à ces tests de son texte initial pour que ceux ci n’occultent pas le reste des dispositions. Le retour de cette question dans le débat s’est fait soit avec son accord, soit avec l’appui de l’Élysée, qui aurait donc pu, dans ce cas précis, forcer la main du ministre. Depuis ce moment, le gouvernement laisse officiellement vivre le débat, à la façon de quelqu’un qui veut engranger des bénéfices sur tous els terrains. A ceux qui s’offusquent de l’idée de voir des tests ADN pratiqués dans le champ de l’immigration, le gouvernement répond, ce n’est pas moi. A ceux qui se félicitent de voir ces moyens utilisés pour faire échec aux fraudeurs, il fait valoir sa neutralité bienveillante. L’ennui, c’est que la ficelle se remarque à la langue de bois qu’elle produit, un échantillon assez remarquable ayant été exposé, ce matin, sur l’antenne de RTL.

    Usine à gaz (suite). Engagé sur de multiples chantiers, le gouvernement se débat notamment dans l’application de sa réforme phare: la détaxation et la défiscalisation des heures supplémentaires. La loi hâtivement rédigée et le décret brumeux à souhait ne parviennent pas à réglementer dans des conditions satisfaisantes la multiplicité des situations que l’on peut observer sur le terrain. Entre mille exemples, ceci puisé dans le journal Libération, hier:
    « Après le bras de fer de cet été avec Éric Woerth sur la suppression de plus de 11 000 postes, le ministre de l’Éducation nationale, Xavier Darcos, est à nouveau en conflit avec Bercy. Le ministre du Budget veut faire préciser [dans le décret concernant les heures supplémentaires dans la fonction publique] que ne sont concernées par les allégements que les heures sup effectuées auprès du même employeur. Or, si les professeurs des écoles sont payés par l’État, les heures d’étude et de soutien scolaire le sont par les communes. »
    Après ce morceau de bravoure, tout commentaire serait surement perçu comme superflu. Donc, abstenons-nous.

    Stratégie. Est-ce voulu? Est-ce pensé? Est-ce maîtrisé? Après avoir parlé de « rigueur », puis de « faillite », le gouvernement, en l’occurrence son chef, hier, a parlé « d’urgence nationale » à propos d’une réforme annoncée de la fonction publique. L’utilisation de la formule, rejoignant en cela les mots précédents, crée une forme de tension, voire un climat anxiogène, dont on ne parvient toujours pas à savoir, en tout cas moi, si cela correspond à une intention ou si cela relève d’une mauvaise maîtrise verbale.
    Par ailleurs, les objectifs de la réforme demeurent flous. Pour faire simple, la fonction publique française pèse d’un poids très lourd sur les finances publiques. La fiscalité qu’elle appelle pour son financement pénalise la consommation et gène les investissements. Le but est donc d’alléger le fardeau. Pour cela, il faut faire beaucoup de pédagogie. Qu’est-ce qui doit être conservé, allégé, modifié, dans l’appareil public français? Personnellement, et après avoir écouté le premier ministre, je ne le sais toujours pas. D’où, sans doute, une rasade supplémentaire d’inquiétude qui se remarque à la multiplication des journées de grèves programmées dans la fonction publique. Ceci n’a rien à voir avec le réchauffement de la planète, mais l’hiver qui s’approche pourrait bien être chaud bouillant.

    Thermomètre
    . Il ne s’agit bien sûr que de sondages. Cependant, plusieurs études d’opinion laissent entrevoir une baisse de confiance, une baisse de popularité, soit une baisse généralisée du pouvoir. La victoire peut bien procurer de l’euphorie, il n’en faut pas moins toujours se rappeler que l’action réclame un immense savoir faire pour continuer d’avancer. Il n’y a, dans ce domaine, ni méthode, ni recette. Le volontarisme et la marche forcée peuvent donner d’aussi bons résultats que le dialogue et la négociation infinie. Le tout, pour tout pouvoir, c’est de penser sa stratégie, puis de s’y tenir pour imposer sa marque. Actuellement, impression fugace, on croit déceler deux pas, deux allures, deux manières de faire, qui ne seraient pas exactement les mêmes pour les deux têtes de l’exécutif. Jouer au bon et au méchant peut procurer une certaine dynamique dans les scénarii des séries télévisées. Ceci vaut-il pour le sommet de l’État? Pas sûr du tout…

    Retraites. Le Sénat débutera sa journée par une discussion sans vote sur les régimes spéciaux de retraite. Depuis plusieurs jours, je m’interroge sur le régime spécial des sénateurs en la matière; En effet, en déclarant de manière transparente son patrimoine, visible sur son site, Bertrand Delanoë déclare percevoir 1600 euros mensuels au titre de sa retraite de sénateur. Il faut savoir qu’il n’a siégé que durant six ans dans cette Assemblée, entre 1995 et 2001. A u demeurant, Bertrand Delanoë n’a aujourd’hui que 57 ans. Comment donc, avec un temps de cotisations aussi court, et à l’âge encore peu avancé qui est le sien, peut-il déjà percevoir une retraite qui, sans être colossale, n’est tout de même pas maigrelette? J’ai posé des questions par téléphone au service de presse du Sénat qui, de manière charmante, m’a fait comprendre que je n’étais ni juge, ni policier, ni redresseur de torts, même pas sénateur, et que donc, plutôt que de perdre du temps et d’en faire perdre aux autres, je pouvais bien passer mon chemin. Ce que je fais en déambulant sur ce blog et en écrivant non pas mon ahurissement mais plus simplement mon étonnement.

    Tant que j’y suis, Bertrand Delanöe déclare aussi toucher, au titre de la retraite toujours, 1.100 euros de l’Assemblée nationale où il n’a siégé que cinq ans (1981-1986). Pour du régime spécial, c’est du spécial!

  7. Mon cher Bidochon 1er,
    Dans le délire ultra-nationaliste du sieur Hortefeux, il est des enjeux qui dépassent largement la problématique de l’immigration. Je me plais à constater que tu abondes dans mon raisonnement qui tente d’éclairer nos compatriotes sur les notions que l’on tente de faire évoluer dans une direction plus que nauséabonde.
    Le temps hélas me manque pour évoquer le fondement de notre civilisation que constitue la famille. J’aurais à coeur d’y revenir sous peu.
    Néanmoins, il faut convaincre autour de nous que l’amendement Mariani est plus dangereux encore que sa destination première qui est de rendre encore plus difficile le regroupement familial.
    Il remet en cause la notion même de famille quand 50 % d’entre elles sont reconstituées.
    Hortefeux veut-il sciemment détruire toute construction familiale hors liens génétiques, où est-il emporté dans un mouvement qu’il a initié et qui le dépasse, comme l’apprenti sorcier dépassé par sa créature.
    Quoiqu’il en soit les enjeux sont immenses et la position des sénateurs que l’on de peut accuser de dérives gauchisantes le montre.
    Auront-ils le courage, la volonté, la force de résister aux pressions de l’assemblée, dont les membres sont, par nature, plus enclin à l’écoute de leurs électeurs qu’à la construction historico-philosophique?
    J’en doute car le courage n’est certes pas une vertu cardinale du Sénat
    Il importe néanmoins d’être vigilant pour, un jour, pouvoir, au moins, pointer du doigt le moment ou la déviance s’est produite…
    Et je pense que Mariani est plus Pétainiste que Machiavélique. Question de QI…

  8. Bidochon 1er dit :

    Si le gouvernement arrive à faire adopter ce projet c’est à un véritable changement de civilisation auquel nous allons assister par la négation de 4000 ans d’histoire judéo-chrétienne comme le suggère fort justement Alain Rénaldini.

    Après avoir habilement brouillé les repère de ce qui constitue l’état de droit les extrémistes de l’U.M.P. applaudis par tout ce que la droite et la gauche compte de nationalistes s’emploient maintenant à les détruire.

    Machiavel n’est pas mort, Pétain non plus !

  9. Immigration et test ADN : une exception française ?
    Regard sur les politiques de ses voisins allemand et italien

    Alors que les parlementaires français examinent l’éventualité de recourir à des tests ADN dans le cadre du regroupement familial, on s’interroge sur la pratique en Europe. Les Italiens et les Allemands semblent avoir fait de cette preuve un usage exceptionnel quand la France veut en faire une loi.

    Les députés français débattent actuellement d’un projet de loi qui proposerait, entre autres, aux candidats au regroupement familial d’effectuer des tests génétiques pour justifier leur requête. L’amendement dont il est question a soulevé l’indignation chez les politiques français et révolté plus d’une association de défense des droits de l’homme. La dernière en date n’est autre qu’Amnesty International France. De vives émotions qui ont conduit le gouvernment français à introduire, ce mercredi, des sous-amendements censés assouplir les dispositions du texte. Se voulant déjà rassurant l’auteur de l’amendement, le député UMP Thierry Mariani avait avancé que la France ne serait rien d’autre que la douzième nation européenne à faire appel à la science pour s’assurer de la bonne foi de ses futurs immigrés. Cependant, la pratique de ses voisins semble différer de ce que l’Hexagone envisage. Pas dans les termes, mais dans la forme. Là où ailleurs en Europe la preuve génétique paraît presque informelle, la France souhaite faire appel à la justice.

    En Italie, par exemple, les tests ADN sont réalisés dans le cadre du regroupement familial sous l’égide de l’Organisation internationale pour les migrations (OIM) qui conduit depuis 2001, à la demande du gouvernement italien, un programme d’aide à la réunification des familles. L’OIM récolte les échantillons nécessaires qui sont ensuite traités par un laboratoire agréé par l’Etat italien. L’examen est pris en charge par ce dernier. Cependant, insiste Pandya Jemini, l’une des porte-paroles de l’OIM, « le test est volontaire et ne doit intervenir que s’il n’existe aucun document pour prouver la filiation ». Ce dernier point est néanmoins laissé à l’appréciation des autorités italiennes. D’autant que, poursuit la porte-parole, « la notion de famille ne peut se limiter aux liens du sang ».

    L’Allemagne n’a pas légiféré sur les tests ADN

    L’OIM recommande également que les migrants et leurs familles soient tenus informés à chaque instant du processus dans lequel ils se sont engagés. De même, le refus de se plier au test, qui peut accélérer la procédure, et c’est l’un de ses principaux avantages, « ne doit influer négativement sur la décision finale ». Suggéré ou spontané, le test reste bien évidemment confidentiel et l’OIM est garant de la destruction de ces résultats qui ne seront ainsi utilisées à aucune autre fin. En somme, la pratique fait figure d’ultime recours et c’est dans la même logique que s’inscrit l’Allemagne.

    Premier point : la loi allemande ne prévoit pas de test ADN en matière de regroupement familial. « Le recours au test génétique est très rare », souligne-t-on à l’ambassade d’Allemagne à Paris. « C’est une très grande exception ». La règle veut que la République fédérale exige des personnes qui souhaitent fouler son sol une preuve scientifique de leur appartenance familiale si elle doute fortement de la véracité des éléments qui lui ont été fournis. Aussi, peut-elle inviter le demandeur « à coopérer » en se soumettant au test qu’elle exige. Comme en Italie, la démarche peut aussi s’avérer volontaire dans le but d’obtenir une décision plus rapide.

    Certes, les tests ADN se pratiquent dans certains pays européens, mais ils ne font pas pour autant partie d’un dispositif légal. Pour une fois, la France pourrait se laisser aller à ses instincts grégaires en suivant jusqu’au bout l’exemple de ses voisins.

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