Section socialiste de l'île de Ré
Le courage, c'est de chercher la vérité et de la dire. Jean Jaures – Psiledere@aol.com

6 octobre 2007

Le salarié au sifflet

Filed under: 06 - Travail-Entreprises — iledere @ 19:04

emploi_precarite_charb.jpgPar Agnes pour  Le monolecte et Equilibre précaire

Poursuivons notre petite exploration des joyeusetés du salariat contemporain, avec, aujourd’hui, cette merveille du capitalisme contemporain qu’est le concept du salarié au sifflet.Pendant que certains aspirent à gouverner nos destinées nationales et assènent leur attachement à la valeur travail dans un élan lyrique qui n’a rien à envier au Pétain des années 40, contentons-nous d’arpenter les bas-fonds de la réalité quotidienne des plus fragiles d’entre nous.

Tout commence toujours par un petit message sur le forum des empêcheurs d’exploiter en rond :

Bonjour,

je suis actuellement en contrat CDD 20h chez Decathlon depuis le 6 Février 2006 et à compter du 1er Février 2007 je dois signer un CDI 15h par semaine.

J’ai touché depuis le 6 Février 2006, un complément de salaire des assedis, que je ne touche plus depuis….

du Fait que je passe de 20h à 15h par semaine quels sont mes nouveaux droits ?
Est-ce que je vais avoir droit encore à un complément de salaire des assedics ?
Est-ce que je vais avoir droit à une prime de précarité étant donné que de 20h en Cdd je passe à 15h en CDI, parce que là on peut dire qu’il va y avoir de la précarité dans l’air !

Pour moi il me semble trés logique que si je peux plus toucher une quelquonque indemnité lorsque je serais à 15h, autant que je refuse ce CDI et toucher un revenu décent en étant au chomage ou bien même au RMI. Il faut savoir que 15h par semaine c’est même pas le salaire d’un Rmiste.

Merci pour vos réponses.

Déjà, avec un mi-temps, on peut dire que la paye était plutôt calculée pour couvrir les besoins… jusqu’au 15 du mois! Les bons mois. Ce qui explique que ce genre de boulot fait disparaître les chômeurs des listings des ASSEDIC mais les laisse plutôt dépendants des subsides de l’État. Mais bon, admettons que ce soit là l’étape obligée pour retrouver sa dignité et le chemin glorieux du travail et de son Saint-Graal : le CDI!
Voilà donc que notre petite chanceuse qui décroche enfin un beau CDI après un an de bons et loyaux services. Manquerait plus qu’elle ne soit pas contente en plus, non?Ben si, elle n’est pas contente, l’ingrate. Parce qu’en plus, il lui faudrait un plein temps!

Bon, faut bien dire qu’avec 15 heures par semaine, elle va gagner 537€/mois… bruts. Ne jamais oublier que les exonérations de cotisations sociales ne sont jamais qu’à destination des patrons. Ce qui fait qu’en net, elle devrait arriver à toucher un peu plus que le RMI! À peine! Mais bon, à quoi peut-on s’attendre, je vous le demande, quand on bosse pour le leader mondial de la vente de tente pour SDF?

Sur ce, arrive la question cruciale : quel est l’intérêt de ce type de contrat?

Le management de la misère

Pour le salarié, franchement, je ne vois pas. Autonomie, retour à l’emploi, dignité de l’utilité retrouvée, sortir de la merde, ne plus être assisté… franchement, ça ne sert à rien de tout cela. Mais d’un autre côté, le choix est de plus en plus retreint : c’est ça ou le RMI. De ce point de vue, le RMI est plus avantageux, puisque pour le même prix, il n’y a pas toutes les dépenses annexes : vêtements décents pour aller bosser, transports pour le trajet travail-domicile, garde des nains, restauration extérieure. Finalement, ce type de contrat, c’est presque le RMA : le RMI contre du travail!

Par contre, pour l’employeur, c’est tout bénef!
En imposant au salarié un contrat avec une base horaire au plancher, il s’offre le rêve patronal : un salarié au sifflet!

Avec un CDI à temps très partiel, le salarié a absolument besoin de travailler plus. Pour travailler plus comme le dit si bien le petit Nicolas, c’est en fonction des besoins de l’entreprise, pas de ceux du salarié. Lequel est appelé quand il y a du travail, des périodes d’affluence, des absences. Donc il y va. Et plus il y va, plus il ferme sa gueule et plus il accepte tout et n’importe quoi, plus il aura d’heures de travail complémentaires, jusqu’à arriver à une trentaine d’heures.
Donc pas assez pour le sortir de la pauvreté et de la précarité. Juste de quoi surnager encore un peu.
Ben oui, c’est ça la magie du CDI à temps ultra partiel : cela maintient les salariés dans la super précarité. Parce que le salaire minimum garanti à temps partiel a été calculé pour ne pas suffire. Il est même effectivement sous les minima sociaux, une fois les frais déduits. Pour que le salarié soit toujours en attente de quelques heures de plus. Au bon vouloir de sa hiérarchie. Selon sa bonne gueule. Et qui ne lui paie que juste les heures dont l’entreprise a besoin quelques soient les fluctuations d’activité.

C’est ça la flexibilité!!!
Alors, si en plus, le CDI à temps très partiel est aussi un CNE, vous imaginez la danse du slip pour l’employeur!

Des hommes comme des marchandises

Le plus intéressant dans tout cela, c’est d’examiner de quelle manière s’est construit le salariat au sifflet, lequel sera à n’en pas douter un instant, la norme d’emploi dans un avenir des plus proches.

L’employé au sifflet est déjà la norme dans la grande distribution, alimentaire et spécialisée, la restauration rapide, (mais je pense que la traditionnelle peut être touchée) et les services à la personne. C’est-à-dire tous les secteurs à faible valeur ajoutée dont l’essentiel de la prestation est fournée par du travail humain.

Il s’agit en fait de la transposition de la logique des flux tendus, applicable aux stocks de marchandises, sur les humains.
Si vous avez un gros entrepôt avec plein de marchandises à vendre, vous êtes sûr de n’être jamais en rupture de stock. Le soucis, c’est que le volume de stockage a un coût et toute marchandise prête à vendre qui ne l’est pas immédiatement correspond à de la trésorerie immobilisée et non rentable.
D’où la mise en place des GPAO (logiciels de gestion de la production) évolués avec gestion des flux tirés : c’est la demande qui crée l’acte de fabrication et le stock tampon est réduit à son minimum. C’est le concept de production on demand. Ce qui signifie que l’outil de production (y compris les bonshommes) ne doit fonctionner/exister dans l’entreprise qu’en phase de production. Cette gestion en flux tendu du travail a été rendue possible… par l’annualisation du temps de travail.

À volume horaire constant, voire diminué (35 heures), on ne mobilise la main-d’oeuvre qu’en fonction du besoin, c’est à dire beaucoup en période de gros besoin et peu en période de creux. Mieux utilisée, signifie, globalement, économie sur les effectifs globaux, puisque les salariés permanents deviennent des sortes d’intérimaires de l’intérieur. Ce qui évite d’en recruter à l’extérieur.
Cependant, si le salarié est à plein temps, cela implique que l’on doit le payer le même tarif tous les mois (grâce à l’annualisation) et donc que l’on est contraint de lui faire une sorte d’avance sur boulot les mois creux. Donc, de la trésorerie dehors non traduite immédiatement en production/ création de valeur ajoutée.

C’est donc la réduction à presque rien du coût des heures sup’ (lesquelles ne sont plus des heures sup’ sous le seuil des 35 heures, mais des heures complémentaires) qui permet d’arriver au summum de la gestion des ressources humaines en flux tendu : le CDI à temps très partiel. En fait, le contrat est basé sur le plus petit contingent possible d’heures. En gros, l’entreprise sait que même à marée basse, elle utilisera sa main-d’œuvre ultra flexible dans les 15 heures par semaine (dans le cas qui nous intéresse).
C’est donc le montant de son contrat et de son salaire mensuel fixe et garanti.

Et il suffit de lui filer en heures complémentaires tout ce qui va correspondre à un surcroit de travail qui sera affecté au salarié selon la méthode du juste-à-temps, très prisé des responsables de production. Cela revient à coller virtuellement un bouton on/off sur le salarié : y a du boulot, t’es là, t’es payé. Y en n’a pas, tu sors, t’es pas payé. Et un grand merci au téléphone mobile qui permet de siffler son salarié pratiquement en temps réel! Ainsi, on a déstocké les heures de travail sur le dos des salariés.

Et grâce à l’annualisation du temps de travail, jusqu’à hauteur de l’équivalent annuel de 35h/semaine, les heures payées en plus du contrat initial ne coûtent pratiquement pas plus cher que si elles étaient contractuelles et surtout, au final, on économise sur les salaires équivalents temps plein qui auraient été payés pendant les périodes creuses.

Ainsi, l’entreprise se décharge sur le salarié du risque des creux de production, et cerise sur le gâteau, en le maintenant à un salaire garanti au niveau des minima sociaux, la nécessité de parvenir à faire des heures sup’ en pagaille à n’importe quelles conditions pour le salarié au sifflet devient vitale.
Il saura donc se rendre très disponible, et être le plus arrangeant possible avec son chef, lequel a le pouvoir exorbitant de décider si son employé sera pauvre ou miséreux ce mois-ci!

En gros, je ne vois pas pourquoi ce genre de pratique ne s’étendrait pas à l’ensemble du corps salarial dans un très proche avenir!

Travailler plus pour gagner plus!!!
Si ce n’est pas le top de la fumisterie, ça!

Ce billet, écrit initialement par Agnes pour son blog : Le monolecte vient d’être repris dans Equilibre précaire

Cette démarche est intéressante : les billets, posts ou articles, appelez cela comme vous le voulez, qui paraissent sur les blogs sont rapidement poussés hors des pages par de nouveaux billets, l’actualité évoluant rapidement. Leur durée de vie est courte. Reprendre sur un autre blog un biller intéressant, et celui-ci l’est, permet de faire vivre plus longtemps les analyses les plus pertinentes;
Aussi, lecteurs bloggeurs, n’hésitez pas à copier sur vos blogs les réflexions d’autres…Nous ne sommes pas là pour réinventer la roue mais pour propager des idées, ouvrir des pistes de réflexions et crier notre colère…

Alain Renaldini

Soyons cynique : lorsqu’on ne travaille que 15 heures par semaine, on a le temps de flâner dans les rues de paris. Ca tombe bien, on n’a pas d’argent pour faire autre chose…
Montage de la magnifique chanson « Rive Gauche » de Souchon, réalisée par des amoureux de Paris… et de ses artistes!
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5 réponses à “Le salarié au sifflet”

  1. Juan Marcos Von Braun dit :

    Le suicide au travail : une chance pour la croissance
    Contrat ultime embauche

    Qu’ils concernent des ouvriers ou des cadres de grandes sociétés, les cas, de plus en plus fréquents, de suicides liés au stress professionnel sont la preuve incontestable des succès du monde entreprenarial, aidé du cadre favorable instauré par les pouvoirs publics. En quelques années d’action déterminée, la valeur travail est parvenue à irriguer de nouveau tous les vaisseaux du tissu citoyen, parvenant même à drainer quelques gouttes de sueur jusqu’au caveau familial.
    Le CPE, mesure décriée par une gauche en mal de racollage, était sans doute inutile pour alléger les contraintes sociales pesant sur nos entreprises : ici encore, le marché, en trouvant par lui-même la réponse aux défis contemporains, montre sa supériorité face au dirigisme d’un autre âge que souhaiterait tant restaurer l’hydre royaliste au soir du 6 mai 2007.

    « Avec mes gosses et mon emprunt pour la maison, si vous me virez, vous signez ma mort »
    . Cet argument puéril, cette tentative maladroite de chantage affectif, combien de responsables des ressources humaines ont du le subir au cours de leur carrière ? Relevant bien souvent d’une forme particulièrement vulgaire de bluff, il arrivait pourtant parfois que ces propos soient suivis des actes qu’ils annoncent. Venait alors, pour l’employeur démuni, le temps de l’opprobre, des remords et de la stigmatisation par une presse quotidienne régionale acquise au marxisme le plus sauvage.
    Même s’il est peut-être prématuré de se réjouir, tout indique aujourd’hui que cette ère de terreur touche à sa fin. La multiplication des cas de suicide liés au travail a, petit à petit, ouvert la porte à un changement salutaire des mentalités, jadis enserrées dans un carcan idéologique archaïque hérité de l’abbépierrisme le plus régressif.

    Qu’il s’agisse de cadres du secteur bancaire, d’ouvriers qualifiés de l’industrie automobile ou d’ingénieurs de centrales nucléaires, l’exemple donné à plusieurs reprises ces derniers temps est à tout le moins révélateur d’une nouvelle relation au travail : plus saine, plus pure, plus fusionnelle. S’identifiant intégralement à son travail, aux intérêts de son entreprise, le salarié rejette désormais en bloc effets nocifs de cette pensée rétrograde qui, pendant vingt ans, n’a fait qu’inciter les travailleurs à dévorer la main qui les nourrit.
    Oui, le monde du travail a mûri : conscient du fait qu’une Rolex fait pâle figure au bout d’un moignon, condamnant l’incitation permanente à l’oisiveté voulue par la vermine socialisse, et ayant parfaitement intégré dans son système de valeur la honte de la contre-performance, le salarié est désormais entièrement mobilisé dans la guerre totale que notre bravepatrie livre au chômage.
    Dressées comme un seul homme, nos hordes laborieuses ont définitivement dit “Non !” : non aux 35 heures, non aux congés payés et à l’assistanat, non au droit syndical, à ces étreintes empoisonnées qui, de Bagnolet à Vladivostok, ont garni des charniers, causé des famines, et généré l’insécurité dans nos cités en perte d’identité nationale (le rapport de cause à effet est à cet égard parfaitement évident).

    « Mon travail, c’est ma vie » : telle pourrait être la devise qui, dans le coeur des Français, devra remplacer « Ensemble tout devient possible ».

    Un bout de corde, un garde-fou un peu lâche sur un viaduc, un robinet de gaz difficile à fermer… les voici, les outils rudimentaires du redressement économique national, outils bien suffisants qui permettront, grâce à l’ingéniosité congénitale du peuple, de remédier à des problèmes jadis jugés insolubles. Chômage, financement des retraites, mollesse de notre croissance économique : autant de gageures dont un turn-over radical et efficace de la population active permettra de triompher aisément.
    Mais au fait : à qui attribuer la paternité de cette nouvelle méthode de management ?

    Si le recentrage de la société autour de la valeur travail a été l’un des chevaux de bataille de notre gouvernement, le monde patronal n’en a rien eu à branler et a néanmoins su trouver seul les ressorts d’une gestion optimale des travailleurs. Un audacieux système de pressions en cascade tout au long des chaînes hiérarchiques, combiné avec une politique volontariste basée sur le résultat et un rappel permanent des contraintes de la mondialisation, sont un premier élément de réponse.
    Mais pas le seul.

    « Créer une ambiance, voilà le secret »
    ,
    nous confie Michel Martinet, vice-président de la Compagnie Albigeoise du Rotin, rompu aux méthodes d’encadrement modernes.
    « Ça tient à peu de choses : un rapport sur un projet de délocalisation en Bulgarie abandonné près de la photocopieuse, deux ou trois promotions accordées aux agents les moins méritants, les oeuvres picturales complètes de Munch pour décorer l’espace détente, du rock industriel pour remplacer la musique de l’ascenseur, un stage de motivation avec l’intervention d’Alain Minc, des postes de travail sous Windows 95… Nous avons créé un environnement propice. C’est notre Feng Shui à nous ».
    Des investissements rapidement rentabilisés, qui ont permis en deux ans une réduction de 5 % des effectifs sans pénaliser les finances de l’entreprise.
    En évitant indemnités de licenciement, dommages-intérêts et autres frais d’envoi en recommandé.
    Une formule d’autant plus avantageuse que les maux découlant du stress ne sont pas reconnus comme une maladie professionnelle.

    Bien entendu, le tableau n’est pas entièrement rose, et il serait naïf de voir en cette nouvelle forme de management la panacée, la réponse parfaite aux contraintes posées au monde de l’entreprise par la persistance des lois iniques hérités de l’ère krazuko-mitterrandienne.
    Bien souvent, suicide inopiné rime, pour nos managers, avec désorganisation de la chaîne productive. « Lorsque Gisèle a mis fin à ses jours sans prévenir, c’est tout le process qui a subi un downgrading de plusieurs semaines, générant l’insatisfaction des prospects et l’échec de notre approche qualité, obligeant le board à instaurer un outsourcing transversal complet », nous apprend Jean-Louis, cadre dans une usine spécialisée dans la fabrication de coquilles d’huîtres en plastique.

    Une scarification bien sentie peut faire la différence à l’entretien d’embauche !

    L’existence reconnue de cas de suicides « en traître » rend en tout cas bien floue, dans le contexte de guerre économique actuelle, la frontière entre « héroïsme patriotique » et « désertion » du travailleur.
    Face à de tels abus, qui rendent particulièrement ardue la gestion prévisionnelle des ressources humaines, une mesure s’impose : l’instauration d’un préavis obligatoire.
    « Où alors une aide financière de l’Etat pour aider l’entreprise, profondément meurtrie par la pénible nouvelle, ouh la la ça oui qu’on est meurtris ! », précise Jean-Louis.

    Ce renouveau profond des pratiques managériales est en tout cas riche d’opportunités pour nos jeunes diplômés qui devront, pour profiter à plein d’un marché du travail en plein essor, savoir s’adapter au nouveau contexte de l’entreprise, en mettant en avant leur adhésion entière aux méthodes modernes de management.
    Un CV accompagné d’une ordonnance de Prozac, ou mentionnant un goût prononcé pour la musique de Leonard Cohen, voire un certificat de propension génétique au suicide établi par M. Sarkozy lui-même, seront autant d’atouts pour une entrée réussie dans le monde du travail.
    Pensez à vous ronger les ongles avant l’entretien d’embauche, aussi.

  2. Le patronnat propose une réforme en profondeur des règles du licenciement

    Dans une note transmise aux syndicats hier, le patronat propose que les licenciements ne puissent plus être contestés au-delà de douze mois et que les peines prononcées par les juges soient plafonnées.
    En cas de rupture « à l’amiable », le salarié n’aurait que quinze jours pour se rétracter.

    Patronat et syndicats se réunissent ce matin pour aborder la question la plus conflictuelle de la négociation sur le marché du travail : celle des ruptures de contrat. Le Medef, la CGPME et l’UPA ont mis cartes sur table en transmettant hier aux syndicats de premières pistes de réforme.

    Assez techniques, les mesures avancées visent à rassurer les employeurs, en réduisant l’incertitude juridique qui pèse en cas de départ d’un salarié.
    Le patronat ne revient pas sur la possibilité donnée au juge de contrôler la « cause réelle et sérieuse » du licenciement. Sans toucher aux motifs de rupture existants, il préfère préciser ce qu’il entend mettre derrière le concept de « séparation à l’amiable ».
    Cette procédure aurait les mêmes effets qu’une transaction, indique le Medef, ce qui signifie qu’une fois acceptée par les deux parties, elle ne pourrait plus être contestée autrement que pour vice de consentement, dans le cas où la signature du salarié aurait été forcée, par exemple.

    Le salarié aurait droit de se rétracter dans un délai de quinze jours. Pendant la négociation, il pourrait être accompagné par un salarié de l’entreprise ou un délégué syndical. Cette séparation à l’amiable donnerait droit au versement des allocations chômage et à une prime égale à l’indemnité de licenciement.

    Allonger la période d’essai.
    Ce CDI « aménagé » ne serait évidemment pas obligatoire. C’est pourquoi le patronat propose de réformer, en parallèle, les procédures prévues dans le cadre d’un CDI « classique ». Ses propositions vont bien au-delà de ce qui était prévu par la loi du 18 janvier 2005 réformant les licenciements économiques.

    Il suggère d’allonger la période d’essai (actuellement comprise entre un et six mois), en ajoutant à la période prévue par le Code du travail une nouvelle « étape de validation économique », répondant aux aléas d’activité (« Les Echos » du 14 septembre).
    Durant cette période, la rupture serait motivée par écrit et donnerait lieu à une prime de précarité, sur le modèle actuel du CDD. En cas de litige, les peines requises par les juges seraient plafonnées. Portabilité des droits

    Les licenciements prononcés au-delà de cette période seraient, eux aussi, sécurisés.
    Les indemnités demandées par les juges seraient limitées, et les procédures juridiques raccourcies, le délai de contestation ne pouvant plus excéder douze mois. Aujourd’hui, le délai de prescription peut courir jusqu’à cinq ans, voire trente ans si le salarié n’a pas été informé de ses droits dans sa lettre de licenciement.
    Le Medef propose, en outre, de « redonner sa valeur juridique » au reçu pour solde de tout compte : après avoir signé ce document, le salarié ne pourrait plus contester le montant des indemnités versées… ou non versées. Le patronat se dit prêt, en contrepartie, à pérenniser certaines droits (formation, prévoyance, mutuelle) en cas de changement d’entreprise. Mais cette portabilité des droits serait négociée branche par branche, ce que refusent les syndicats.

  3. iledere dit :

    @ Eric,

    Merci de ces précisions.
    Et je viens de faire la modification que vous souhaitiez et qui me semble pertinente…

    A bientôt sur la blogosphère

  4. Eric dit :

    Attention, vous écrivez « Ce billet, écrit initialement par Agnes pour son blog : Le monolecte vient d’être repris dans Equilibre précaire »

    Ce n’est pas cela. Agnès l’a republié sur Equilibre précaire, en tant que co-auteur de ce blog.

    De plus, pourriez-vous faire apparaître le lien (menant vers le blog d’Agnès et celui d’Equilibre précaire) au début de l’article, comme vous le faites par exemple pour le billet « Immigration, Intégration, Quatre Femmes, Et Vingt-Cinq Enfants ».
    Ca me semble plus clair, vis-à-vis de vos lecteurs qui comprendrons ainsi que vous citez intégralement ce billet.

  5. La main gauche dit :

    un cqfd de toute cette malhonnêteté intellectuelle qui tourne autour de ce « travailler plus », tous ces discours en forme de syllogismes d’une grande simplicité apparente de type a+b=c où c est d’une simplissime vérité mais l’opération a+b tient souvent de l’impossible mélange du torchon et de la serviette. Discours qui vise à vous embrouiller la tête, vous barbouiller le cerveau en deux temps trois mouvements et qu’il est quasiment impossible de démonter en quelques minutes sur le petit écran.

    Oui, le travailler plus par la seule défiscalisation des heures sup est une belle supercherie, elle nous conduit non pas à augmenter globalement la quantité de travail mais au contraire à réduire celle-ci en rognant sur les plages à productivité réduite.
    La seule vrai manière d’augmenter le travail serait d’augmenter le nombre de travailleurs et le nombre de contrats temps plein, avec notre capacité productive actuelle nous ferions péter tous les scores!!

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