Section socialiste de l'île de Ré
Le courage, c'est de chercher la vérité et de la dire. Jean Jaures – Psiledere@aol.com

9 octobre 2007

EADS : Après les actionnaires voyous, les complices ?

Filed under: 07 - Justice,20 - UMP — iledere @ 14:20

culte02.jpgNous avons déjà évoqué les conditions louches dans lesquelles les amis de Sarkozy ont considérablement arrondis leur pécule en revendant leurs action EADS quand celles-ci étaient au plus haut et qu’ils étaient bien placés du fait de leur présence au Conseil d’Administration, pour savoir que les retards de livraison allaient faire chuter l’action dés qu’ils seraient rendus publics. S’il ne s’agit pas d’une coïncidence, l’accusation de « délit d’initié » serait fondée…

Notre billet s’intitulait : Lagardère : Incompétent et malhonnête ? et il semble que nous soyons bientôt en mesure de constater que le point d’interrogation n’a plus sa place…

Mais l’affaire ne s’arrête pas là!
Ces patrons-actionnaires spéculateurs sans scrupules, pour s’enrichir encore plus, profitent d’informations privilégiées et déstabilisent l’entreprise dont ils ont la responsabilité. Il semble qu’en plus les pouvoirs publics leur aient facilité la tâche.

C’est, en effet, la Caisse des Dépôts et Consignations qui a racheté aux Lagardère, Forgeard, Gut et consorts, leurs actions quand elles étaient au plus haut !

« La Caisse des Dépôts et Consignations et ses filiales constituent un groupe public au service de l’intérêt général et du développement économique du pays. Ce groupe remplit des missions d’intérêt général en appui des politiques publiques conduites par l’Etat et les collectivités locales et peut exercer des activités concurrentielles. » (Art L518-1)

Acteur central dans le dossier, l’Etat Français a laissé perdre à son bras financier, la Caisse des dépôts, des millions d’euros en rachetant les actions EADS au plus mauvais moment.
François Fillon, actuel Premier ministre, et Thierry Breton, ministre de l’économie au moment des faits, ont beau affirmé que l’Etat n’a rien à se reprocher, il reste qu’au final les “opportuns vendeurs” se sont constitués un très joli pactole, indirectement payé par le contribuable.
François Hollande a l’art de la synthèse : « Si l’Etat savait et a laissé faire, s’il a laissé vendre les uns et acheter les autres, alors nous sommes en présence d’une affaire d’Etat« , a-t-il déclaré dans un entretien au Parisien/Aujourd’hui en France.
il faut se demander comment le gouvernement de l’époque (…) a pu laisser les deux principaux actionnaires privés, les groupes Lagardère et Daimler, vendre leurs titres alors que les cours étaient au plus haut, et qu’il savait qu’ils allaient dégringoler” tout en s’interrogeant sur le rôle de la Caisse des dépôts et consignations (CDC) qu’elle dise si elle avait été informée par l’Etat de la situation d’EADS au moment ou elle a racheté ces titres”.

Et notre premier secrétaire n’est pas le seul à se poser des questions, puisque l’actuel ministre de l’économie, Christine Lagarde, a chargé l’Inspection générale des Finances de clarifier le rôle qu’a joué son ministère dans le dossier.
Le rapport sera rendu public le 11 octobre prochain.

Si de très nombreux dirigeants et cadres d’EADS sont soupçonnés d’avoir commis un délit d’initié en vendant des actions du groupe avant l’annonce de nouveaux retards du programme aéronautique A380, l’Etat qui détenait indirectement 15% du capital d’Airbus à travers une société de holding, propriété de Lagardère est tout aussi concerné. Outre les conditions dans lesquelles l’Agence des participations de l’Etat (APE) a exercé ses fonctions pendant la période en cause, les relations entre les services du ministère de l’Economie et des Finances et la Caisse des Dépôts et Consignations devraient être scrupuleusement examinées.

Nous attendons ce rapport avec une impatience non-dissimulée, mais il serait légitime de s’étonner que la ministre lance une enquête qui risque de déboucher sur la reconnaissance, a minima, d’un dysfonctionnement de l’Etat. Et c’est une litote…

C’est sans compter sur le volet politique de l’affaire !

En effet, nous sommes là au beau milieu d’un règlement de compte entre Chiraquiens et Sarkozystes.
L’actuel patron de la caisse des dépôts, Augustin de Romanet, est un proche de Jacques Chirac, qui l’a nommé début 2007, alors qu’il était secrétaire général adjoint de l’Élysée.
Et Romanet a su renvoyer l’ascenseur. Il n’a pas oublié copains et copines restés sur le sable : cet été, ce ne sont pas moins de neuf figures de la chiraquie qu’il a intégré dans la Caisse des Dépots.
Dame, ces braves gens avaient des difficultés à se recaser dans l’Etat Sarkozyste. De Romanet est un humaniste et la détresse de ses anciens amis l’aura ému… Sarkozy, lui, aurait été particulièrement agacé !

D’ailleurs, parmi ces neufs fidèles au Jacquot, se trouvait la secrétaire particulière de Chirac, Marie-Claude Fabre.
Et depuis son entrée en fonction, la Marie-claude ne cesse d’être appelée par l’ancien président, à tout propos…
La Caisse des Dépôts et consignation, en effet, finance massivement les collectivités locales ainsi que quelques uns de leurs faux frais… D’où l’intérêt de Chirac, qui intervient pour… ses anciens amis politiques. Une petite subvention pour tel élu, un petit boulot pour la fille d’un ami !
Comme quoi Chirac est un homme fidèle. Aux copains, à défaut de l’être aux promesses….

« Ils veulent ma tête »

Augustin de Romanet a enfin compris qu’il avait été trop loin et que ses jours étaient comptés. Surtout que son moelleux fauteuil aiguise les convoitises.
Il est de notoriété publique que l’actuel secrétaire général adjoint de l’Élysée François Peyrol en ferait assez facilement son miel.
Une commission de réforme des statuts de la caisse des dépôts planche d’ailleurs sur une refonte des procédures de cette vénérable institution… une façon discrète, mais un peu compliquée d’écarter Romanet au profit de Peyrol.

L’activisme de Lagarde pour démolir la Caisse des Dépots et avoir la peau de De Romanet s’explique donc : collaborateur de Chirac début 2006, il ne pouvait être tenu à l’écart des tractations entre la caisse des dépôts et EADS, un dossier qu’il suivait de près à l’époque. D’autant plus près que Maurice Gourdault Montagne très proche conseiller de l’ancien chef de l’État, espérait être parachuté à la tête d’EADS.

Les acteurs sont donc en place avec des motivations financières pour certains qui ont faits d’hallucinants profits et des ambitions carriéristes pour d’autres… Sur fond de revanches et de vengeances.
Un vrai polar, sauf qu’il n’y a pas de crime de sang : les divers acteurs de cette mauvaise farce, mais vraie arnaque, sont des tordus revanchards, menteurs, ambitieux, jaloux et âpres au gain, mais ils ont des manières… Le coup de poignard dans le dos, soit, mais avec des gants…
Etonnamment, je préfère malgré tout le manque de style des « tontons flingueurs ». Ceux là, au moins, nous faisaient rire…

Alors, vous direz vous, que va-t-il sortir de tout cela ?
Patience, la scène finale devrait se jouer sur la place publique, comme toute bonne exécution.
Nous verrons alors qui tirera son épingle du jeu, qui tirera les marrons du feu. Qui gagnera au jeu du « c’est celui qui dit qui y est… »

Une seule certitude : une fois de plus c’est le contribuable qui sera le cocu de l’affaire…

Alain Renaldini

Allez, je vous offre des gens d’une toute autre stature morale que les branquignols que nous venons d’évoquer. Nul doute que Bono, le chanteur du groupe U2 qui fut deux fois en compétition pour le Prix Nobel de la Paix ne bidouille pas dans les allées nauséabondes du pouvoir et de la finance…
U2 : « Sunday bloody sunday »
[youtube=http://www.youtube.com/v/JFM7Ty1EEvs]
U2 est un groupe de rock irlandais issu de la génération new wave composé de Bono (Paul Hewson) au chant, The Edge (David Evans) à la guitare, Adam Clayton à la basse et Larry Mullen Junior à la batterie. Depuis la fin des années 1980, il s’est imposé sur la scène mondiale comme l’un des meilleurs groupes de rock. On lui doit notamment les albums War, The Joshua Tree et Achtung Baby. Il a vendu 170 millions d’albums (mai 2006). Il a également remporté 22 Grammy Awards.
Depuis le milieu des années 1980, le groupe défend la cause des Droits de l’homme et Bono a été en lice pour le Prix Nobel de la paix en 2003 et en 2005. Il a aussi fait la promotion d’Amnesty International lors de ses concerts. Les membres du groupe deviennent d’ailleurs « ambassadeurs de conscience » de l’organisation en 2005. En décembre 2005, Bono est nommé « Personnalité de l’année 2005 » par le Time Magazine pour son combat en faveur de l’Afrique.

4 réponses à “EADS : Après les actionnaires voyous, les complices ?”

  1. […] des règlements de compte politiques Chiraco-Sarkoziens. je viens d’y consacrer un article Alain Renaldini le 10 octobre 2007 à 16:51:oups, il en manque un morceau…… sur le […]

  2. SERGE dit :

    La main gauche a raison, cette « affaire » risque de rester au stade des interrogations.

  3. La main gauche dit :

    A qui profite le crime et..la dénonciation du crime ???

  4. Le Monde.fr dit :

    Les responsables de la Caisse des dépôts et consignations (CDC) s’expliquent devant les députés, mardi 10 octobre, à partir de 11 h 30, sur l’affaire EADS, puis mercredi au Sénat. Cet établissement financier public, qui finance le logement social, et dont une partie des bénéfices alimente le budget de l’Etat, a perdu à ce jour 200 millions d’euros dans l’opération, en raison de la chute du cours de Bourse de l’action du constructeur franco-allemand à l’été 2006.

    La CDC a-t-elle agi sur demande et donc de concert avec l’Etat, lui-même actionnaire de 15 % d’EADS ?
    Ou bien la CDC a-t-elle œuvré seule, pensant réaliser un bon investissement ?
    Et dans ce cas, à quel moment l’Etat a-t-il été informé ?
    C’est à ces questions que les responsables d’EADS devront répondre.

    L’ancien ministre des finances Thierry Breton, entendu vendredi au Sénat, a affirmé avoir appris « par la presse » l’acquisition par la CDC, au printemps 2006, d’une partie des 7,5 % du capital d’EADS cédés par Lagardère. Ces actions ont perdu environ un tiers de leur valeur. Une moins-value, certes virtuelle, mais qui a néanmoins contraint la CDC à passer une provision de 126 millions d’euros au titre de 2006.

    M. BRETON CONTREDIT PAR UN DOCUMENT OFFICIEL

    Un document officiel que s’est procuré Le Monde contredit M. Breton sur une partie de sa version des faits : l’Etat avait bien connaissance du projet de la CDC de racheter une partie des actions EADS de Lagardère ; il l’a même approuvé. Il s’agit d’un procès-verbal daté du 12 juillet 2006 d’une réunion de la commission de surveillance de la Caisse des dépôts, organe de contrôle du groupe public où siègent des parlementaires et où est représenté l’Etat. « Dans le cadre des dispositions prévues par le pacte d’actionnaires [d’EADS], l’Etat a autorisé la Caisse des dépôts à procéder à cette acquisition », notifie le procès-verbal.

    Le document précise toutefois que « l’Etat n’a à aucun moment demandé à la Caisse des dépôts de se porter acquéreur des titres concernés (…), la Caisse des dépôts a fait part de son intérêt pour l’opération sur la base de critères purement financiers (…) ».

    La CDC a réaffirmé, samedi, n’avoir « ni demandé, ni reçu d’autorisation de l’Etat pour l’achat de titres EADS » au printemps 2006, soit 2,25 % du capital pour environ 600 millions d’euros.

    Lundi, le président Nicolas Sarkozy a affirmé qu’il irait « jusqu’au bout de l’enquête pour savoir quelles ont été les responsabilités de l’Etat », et que « ceux qui se sont comportés de façon malhonnête » chez EADS devaient être « punis »…

    Chez EADS seulement ? Cela veut-il dire que Lagardère et ses amis sont d’ors et déjà blanchis ?

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