Section socialiste de l'île de Ré
Le courage, c'est de chercher la vérité et de la dire. Jean Jaures – Psiledere@aol.com

19 octobre 2007

Le business en eaux troubles

Filed under: 07 - Justice,09 - Evènement,20 - UMP — iledere @ 12:34

actu-lasserpe-192-23.jpg« Le fric pour le fric n’est pas mon idéal… » Cette profession de foi de Bernard Laporte pourrait sonner rapidement comme le premier mensonge politique de celui qui passant du
Rugby à la politique est toujours resté dans les « affaires ».

L’Equipe Magazine révèle, dans son édition de demain samedi 20 octobre, le contenu de l’enquête fiscale qui vise Bernard Laporte et ses sociétés, ainsi que plusieurs autres dossiers susceptibles de mettre en cause le prochain secrétaire d’Etat aux Sports. Au terme de près d’un an d’enquête et d’une quinzaine de perquisitions, la direction nationale d’enquêtes fiscales (DNEF) a mis au jour une série d’irrégularités dont les plus graves pourraient être transmises à la justice. Double comptabilité, abus de biens sociaux, détournement d’actifs, transferts de fonds suspect, fausses factures, travail au noir, retraits en espèces.

A titre d’exemple, concernant certains restaurants de la chaîne Olé Bodega : la DNEF explique que « Les associés, font des prélèvements [d’espèces] dans la caisse. M. Laporte [est] nommément cité (…) Dans une note saisie par le fisc, l’expert-comptable des sociétés visées par l’enquête adresse ainsi cette mise en garde aux associés, dont Bernard Laporte : (…) Vous n’avez plus les moyens de puiser à l’infini dans la caisse. (…) »

Autant d’infractions que Bernard Laporte conteste dans un entretien accordé mardi dernier, quelques jours après la défaite du XV de France contre l’Angleterre. « Vous croyez que moi, je vais aller dans une société faire des malversations ? Je vous parie tout ce que vous voulez que ça ne débouchera sur rien à l’arrivée. Si ce n’est ce redressement concernant la TVA», se défend le sélectionneur. S’il n’est gérant dans aucune de ses sociétés, Bernard Laporte est néanmoins considéré par le fisc comme « impliqué à la fois dans la création et dans la gestion financière des restaurants. » Remis en mars 2007, le rapport du fisc est, depuis, bloqué au ministère du budget. Dès décembre prochain, les infractions fiscales seront prescrites.

Par ailleurs, une résidence de tourisme qu’il a créée avec deux associés a été mise en liquidation judiciaire en avril dernier à peine un an après le début de son exploitation. L’affaire, aujourd’hui sur le bureau d’un juge de tribunal de commerce, pourrait avoir des suites pénales car une soixantaine de personnes lésées par cette liquidation ont annoncé leur intention de déposer plainte.

Autre dossier embarrassant pour le futur secrétaire d’Etat aux Sports : une plainte a été déposée par un couple de casinotiers indépendants qui accuse Bernard Laporte d’avoir fait jouer ses relations amicales avec Nicolas Sarkozy pour tenter d’obtenir la moitié des parts leur établissement.

Les étranges relations de Laporte avec le milieux des casinos ne sont d’ailleurs pas nouvelles.
En 1997 déjà, alors que jusque là il n’avait investi que dans de petites affaires, cafés ou restaurants, il sort véritablement du bois. Associé à William Téchoueyres et à l’ancien capitaine de XV de France il achète successivement le casino de Biscarosse, celui de Mimizan puis celui de Lacanau. Qui a financé l’opération ? On l’ignore.
De même qu’on ignore l’étendue des relations de notre futur ministre avec Robert Fargette le frère du parrain du Var assassiné en 93 en Italie.
Robert, lui, sera abattu en 2000 de deux balles au sortir d’un bar. Entre 95 et 99, ce toulonnais sans emploi prenait souvent place dans le bus des joueurs du Stade Français alors que Laporte en était entraîneur…
Les liens de l’ex entraîneur et futur ministre avec Isidore Partouche, numéro un français des casinos, sont plus clairs : ce dernier a même vendu son casino de St Julien en Génevois (près de la frontière Suisse) à l’omniprésent Bernard pour 6 millions d’Euros…

Des vérifications fiscales en cours

« On peut me chercher des poux dans la tête, on ne trouvera rien », s’exclamait Bernard Laporte dans un entretien publié cet été par « Le Journal du dimanche ». Allusion sans doute aux vérifications fiscales approfondies actuellement engagées. Démarrées en 2006, elles concerneraient plusieurs des sociétés dont Bernard Laporte est actionnaire ou proche.

La compréhension des mécanismes fiscaux permet quelques fois de découvrir des motivations inattendues et une appétence pour la chose politique :
En règle générale, ces procédures couvertes par le secret sont assez longues et leur issue non publique.
Lorsque les limiers du fisc notifient des redressements après avoir identifié des flux financiers irréguliers, les contribuables concernés peuvent, en cas de désaccord et contestation devant un tribunal administratif , solliciter l’intervention du ministre de l’Economie et des Finances. Ce dernier, s’il le juge opportun, a le pouvoir d’effacer dans la plus grande discrétion tout ou partie des sommes initialement réclamées. Ce sont des choses qui se font entre collègues…

Entre ceux qui ont déjà été condamnés, ceux qui attendent de l’être, les traîtres et les affairistes de tous genres, le gouvernement Sarkozy ressemble de oplus en plus àl’équipe gouvernementale d’une république bananière de série Z…

Alain Renaldini

Des rasoirs jetables jusqu’aux chaussures de sport
(Sud-Ouest 18-10-07)

qseg0401.jpgDepuis plusieurs années, Bernard Laporte profitait de sa notoriété grandissante pour faire la promotion d’un nombre important de marques auxquelles il avait vendu son image. Lié par une quinzaine de contrats, il empochait, selon son agent, Serge Benaïm, 700 000 euros net par an. Sa nomination au gouvernement le contraint aujourd’hui à cesser ces collaborations lucratives qui en faisaient un personnage familier des tranches de pub.
Le sélectionneur se rasait avec un Bic, utilisait des piles Duracell, vantait l’excellence du champagne Lanson, appréciait le jambon Madrange et les pains de l’Epi gaulois du Sud-Ouest, ne dédaignait pas à l’occasion de boire une cuvée de gaillac, voyait clair avec les lunettes Grand Optical, s’assurait chez Quatrem, se chaussait chez Nike, donnait du Canicaf à son chien, appelait ses amis depuis un portable Orange…
A l’occasion, il intervenait aussi lors de séminaires d’entreprises, monnayant sa prestation entre 10 000 et 20 000 euros.

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Spandau Ballet est un groupe de rock britannique formé en 1979 à Londres. Leur premier nom était The Makers, le nom définitif viendra d’un graffiti aperçu à Berlin (dont Spandau est un quartier) par un roadie.
Leur premier titre, To Cut A Long Story Short, est un succès immédiat dans le style pop synthétique.
Fin 1984, ils joueront sur l’album Band Aid, et participeront même au concert du Live Aid à Wembley.

Ils feront un autre succès notable avec Through The Barricades en 1986. Le groupe se séparera en 1989 après l’échec de Heart like a Sky.

8 réponses à “Le business en eaux troubles”

  1. Raoul dit :

    Glané ce jour sur Libé.fr

    Où l’on pourrait assister au retour de Bernard Laporte un jour sur le banc… des accusés. Une juge d’instruction a décidé d’ouvrir une enquête à l’encontre de l’ancien sélectionneur du XV de France, suite à une plainte déposée en mars pour «favoritisme».
    Françoise Néher, doyenne des juges du pôle financier parisien, a pris cette décision fin octobre contre l’avis du parquet, qui estimait cette plainte irrégulière juridiquement.
    Le favoritisme, qui concerne principalement les marchés publics, ne peut s’appliquer au cas d’espèce, soutenait le procureur. Ce dernier a fait appel et c’est donc la chambre de l’instruction qui devra trancher, dans un délai de plusieurs mois. Dans l’intervalle, aucun acte d’enquête et aucune audition ne peuvent en principe intervenir.

    Dans cette affaire du casino de Gujan-Mestras (Gironde), la plaignante, Frédérique Ruggieri, propriétaire de cet établissement accuse l’ex-sélectionneur du XV de France d’avoir fait pression sur elle en 2005. Il aurait tenté d’obtenir des parts dans le capital de la société, juste avant l’ouverture du casino, en évoquant ses appuis politiques, notamment auprès de Nicolas Sarkozy, alors ministre de l’Intérieur, autorité compétente pour l’autorisation d’ouverture d’un casino et l’exploitation de machines à sous.
    N’ayant pas obtenu gain de cause, Bernard Laporte aurait, selon la plaignante, pris sa revanche en limitant les autorisations administratives pour l’exploitation de machines à sous.

    Après les réquisitions défavorables du parquet sur le premier chef de plainte de «favoritisme», la plaignante a annoncé son intention cette semaine de déposer une nouvelle plainte sur les faits de «tentative d’extorsion de capital». Le parquet de Paris déclarait cependant vendredi ne pas avoir encore réceptionné officiellement cette nouvelle plainte. La rencontre Laporte-Ruggieri et la conversation sur le casino a bien eu lieu, confirme l’ancien coach des Bleus, mais il nie avoir fait pression. Il assure avoir fait de l’humour. «En déconnant, j’ai répondu ’donne-moi 10% et je te l’aurai ce rendez-vous (avec Nicolas Sarkozy, ndlr)», a-t-il dit à l’Equipe.

    Ce problème pénal s’ajoute à l’enquête fiscale menée de longue date par Bercy sur des sociétés privées où le secrétaire d’Etat a des intérêts, dans la restauration et les casinos notamment. Le fisc dit dans un rapport soupçonner des faits d’abus de biens sociaux, de travail au noir et incrimine des mouvements de fonds suspects. Une nouvelle transmission au pénal est possible.

  2. Chriss dit :

    L’affaire du casino d’Arcachon « revient sur le tapis » révèle Libération mardi 30 octobre : Bernard Laporte fait l’objet d’une plainte pénale, déposée auprès du parquet de Paris. Elle est initiée par un petit casino du bassin d’Arcachon, qui ne parvient pas à obtenir du ministère de l’Intérieur ses autorisations d’ouverture et de machines à sous – alors que ses gros concurrents du secteur, les groupes Partouche et Barrière n’ont pas les mêmes difficultés. D’après la tenancière de cet établissement, Bernard Laporte aurait « fait miroiter ses relations avec Nicolas Sarkozy (alors ministre de l’Intérieur, tuteur des casinos) à Frédérique Ruggieri, tenancière du casino de Gujan-Mestras (Gironde), contre des parts de son établissement. » En droit, on appelle cela de l’extorsion.

  3. Raoul dit :

    Plus c’est gros plus ça passe… Vu dans le Figaro qui n’est pas franchement gauchisant :

    Soupçonné d’irrégularités fiscales, le futur secrétaire d’Etat aux Sports assure qu’il n’y a pas d’enquête à son encontre.

    «J’ai la conscience tranquille, assure dit Bernard Laporte, dans une interview accordée au Journal du Dimanche. «D’ailleurs, il n’y a pas d’enquête. Il y a juste une société qui est contrôlée comme cela arrive tout le temps. Croyez-vous que j’aurais accepté ce poste si j’avais eu le moindre doute?», ajoute-t-il, quelques heures avant de prendre lundi matin ses fonctions de secrétaire d’Etat aux Sports.

    Selon l’Equipe Magazine, au terme de près d’un an d’enquête et d’une quinzaine de perquisitions, la Direction nationale d’enquêtes fiscales (DNEF) a mis au jour une série d’irrégularités dont les plus graves pourraient être transmises à la justice.

    Interrogé samedi soir après la finale de la Coupe du monde de rugby, le président Nicolas Sarkozy s’est refusé à commenter ces accusations: «Je ne juge pas un homme sur un match gagné ou un match perdu», a seulement répondu le chef de l’Etat, alors qu’on lui posait une question sur les déboires de son secrétaire d’Etat avec le fisc. «La vie est faite de victoires, elle est faite d’échecs aussi. Il faut savoir porter un jugement sur les hommes avec un peu de recul», a ajouté le chef d’Etat.

    Alain Renaldini a raison : Laporte cherche désespérément un refuge au sein de l’Etat, où, une fois en poste, la peur du scandale lui assurera une impunité totale…
    Pauvre justice, pauvre France…

  4. C’est une bonne question mon cher Robert et tu n’es pas le seul à te la poser…
    Sur quel critère Sarkosy a confié des la constitution de son gouvernement le poste à Laporte, avec, ultime faveur, la possibilité de rejoindre son poste seulement après la Coupe du Monde. Du jamais vu…
    D’autres ministres des sports furent des champions ou des personnes influentes dans le milieu. Lamour en est une illustration. Mais aucun n’est passé du sport à la politique directement. D’habitude ils remplissent un certain nombre de mission ou de postes de conseiller.

    Je pense que ce qui se passe est l’expression d’un mépris absolu du sport ! Sarko n’y voit qu’un moyen de détourner l’attention des foules et de distraire la populace… Du pain et des sports, en somme.

    Alors quel intérêt les compétences de Laporte ? Il n’aura sans doute rien d’autre à faire que de la représentation et à divertir les badauds.
    Les techniciens seront là pour porter les dossiers. Et Nanard pourra continuer ses petits business louches qui ont certainement contribué à séduire sarko qui est fasciné par tout ce qui touche à l’argent. Peut importe la manière dont il est gagné pourvu qu’i y en ait beaucoup…
    En plus, d’ici là Laporte aura bénéficié d’une discrète amnistie fiscale, ce qui en fera un serviteur zélé.
    Et de ce coté, Laporte est blindé…

  5. ROBERT dit :

    Je me demande, sur quels critères Mr Laporte a été choisi ?
    Peut-être son savoir faire ?
    Il va sûrement nous rassurer par la suite, MAIS QUAND?
    Si il suffit d’être ami avec l’excité de l’Elysée alors ………….

  6. La main gauche dit :

    Laporte, ministre des sports et de la fiscalité douteuse, aprés les milliards de déductions fiscales de cet été, nous allons avoir la dépénalisation des fraudes en tout genre.
    Avec ça tout va aller beaucoup mieux pour le pays!

  7. Raoul dit :

    Ca commence…
    Une plainte pour favoritisme contre Laporte classée sans suite

    Les faits concernent le casino de Gujan-Mestras. L’entraîneur du XV de France aurait également commis une série d’irrégularités occasionnant l’ouverture d’une enquête fiscale.

    Alors que L’Equipe magazine annonçait vendredi 19 octobre l’ouverture d’une enquête pour irrégularités fiscales à l’encontre de Bernard Laporte, Le Monde daté de samedi 20 octobre indique qu’une plainte déposée pour « favoritisme » contre l’entraîneur du XV de France, avec constitution de partie civile, a été, elle, classée sans suite par le parquet de Paris. Selon le quotidien, la plainte avait été déposée dans le cadre de l’affaire du casino de Gujan-Mestras (Gironde). « La plaignante, Frédérique Ruggieri, citait notamment le rôle joué en 2005, selon elle, par Bernard Laporte, alors qu’elle tentait d’obtenir une autorisation pour exploiter des machines à sous », indique le journal. Toujours selon la plaignante, l’actuel entraîneur du XV de France, alors proche du magnat des casinos Isidore Partouche, avait proposé son intervention « en faisant valoir son amitié avec Nicolas Sarkozy », proposant une compensation financière. Le Monde indique que le parquet de Paris a estimé vendredi que le délit de « favoritisme » n’était pas constitué au vu de la plainte déposée.

    Rigolez pas y en aura d’autres….

  8. bonjour,
    Tout est permis pour les amis de qui l’on sait, tout est couvert, mais par contre une personne anonyme qui se trompe dans sa déclaration d’impôts et c’est le grand jeu.
    Espérons que les français vont se réveiller. J’en doute malgré tout, c’est comme lorsqu’on regarde un cobra, il vous hypnotise avant la morsure fatale.
    Chantal

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