Section socialiste de l'île de Ré
Le courage, c'est de chercher la vérité et de la dire. Jean Jaures – Psiledere@aol.com

31 octobre 2007

Les retraités et leurs retraites en 2005.

Filed under: 01 - Etudes et analyses — iledere @ 1:11

retraités solidaires ?En juillet dernier, la Direction de la Recherche, des Études, de l’Évaluation et des Statistiques (DREES) du ministère de la santé a publié les résultats de son enquête annuelle sur les retraites. A la veille du rendez-vous de 2008 sur les retraites, il paraît utile d’en souligner quelques enseignements.

En 2005, 31 180 000 pensions de droit direct (pensions de réversions exclues) ont été versées par l’ensemble des régimes de retraite. Chaque retraité percevant en moyenne 2,304 pensions (2,300 en 2003), l’effectif des retraités de droit direct a donc été estimé à 13 530 000 au 31 décembre 2005 (+3% par rapport à 2004). A ce total, s’ajoutait alors, un million de retraités qui ne percevaient que des pensions de réversion. L’augmentation des effectifs a concerné tous les régimes, à l’exception de celui des exploitants agricoles et de la SNCF, où le nombre des décès a dépassé celui des nouveaux retraités.

De 2004 à 2005, le pouvoir d’achat de la pension moyenne de droit direct, tous régimes confondus, augmente de 0,7% à 1044€ . Mais cette évaluation globale masque de fortes inégalités, en niveau comme en tendance.
C’est ainsi que la pension moyenne mensuelle servie en 2005 par la CNAV à plus de 10 millions de retraités était de 492€ (+1% en € constants sur 2004), mais qu’elle est aussi, pour les femmes, inférieure de 30% à celle des hommes (49% de l’effectif total), en raison des disparités de carrière.
S’agissant des nouveaux pensionnés de la CNAV, on observe une baisse de la pension moyenne par rapport à 2004 (-2,2% à 559€) qui tient à l’entrée en vigueur des départs pour carrière longue en 2004 : les bénéficiaires de ces départs sont à 54% des hommes ayant accompli des carrières complètes (absence de décote) et bénéficiant d’une pension supérieure à la moyenne ; la baisse de leur proportion dans les départs en retraite en 2005 explique donc celle de la pension moyenne des nouveaux retraités dans ce régime.
En termes d’évolution du pouvoir d’achat de l’ensemble des pensions servies aux retraités, y compris des nouveaux de 2005, le gain maximum est atteint par les anciens artisans du RSI (Cancava-complémentaire) (+2,3%), alors que, à l’inverse, la retraite Agirc enregistre une perte de 1,3%. Ces écarts résultent du renouvellement de la population des retraités, les nouvelles générations ayant bénéficié en moyenne de carrières mieux rémunérées que les anciennes. Seule l’Agirc fait exception à cette règle, en raison de la diminution de l’assiette de cotisation des cadres induite par la revalorisation annuelle du plafond de la Sécurité sociale, plus forte que celle de leur salaire moyen (la cotisation Agirc est calculée sur la différence entre ces deux montants).

Dans les fonctions publiques, les âges de départ à la retraite sont plus diversifiés que dans le secteur privé et l’accès à la surcote y est aussi plus fréquent.
Ces différences reflètent l’hétérogénéité du fonctionnement du marché du travail. Dans le secteur privé, aucun dispositif ne permet de partir à la retraite avant 55 ans. 25% des départs y interviennent avant 60 ans et la moitié, exactement à 60 ans, contrairement à la fonction publique où 33% des départs s’effectuent à 55 ans ou moins et la moitié avant 60 ans.
Par ailleurs, dans les fonctions publiques, liquidation de la pension et cessation d’activité coïncident plus souvent que dans le secteur privé, où, compte tenu des pouvoirs de gestion des employeurs, la liquidation de la pension est majoritairement précédée par une période de chômage avec dispense de recherche d’emploi ou de préretraite ou encore, de périodes d’invalidité prises en charge, avant 60 ans, par des régimes distincts des régimes de retraite.
Pour des raisons identiques, la fréquence des départs avec surcote dans les fonctions publiques (en 2005, il fallait totaliser 154 trimestres pour accéder à la surcote après 60 ans et 160 dans le privé) est de 3 à 5 fois supérieure à celle du secteur privé bien que les liquidations après 60 ans y soient 2 fois plus fréquentes (en 2005, la mise à la retraite d’office avant 65 ans était encore possible via des accords dérogatoires, prévus dans la loi de 2003).
Par ailleurs, pour 20% des nouveaux pensionnés à la CNAV et 37% de ceux de la CNRACL, le gain de la surcote a été nul, le minimum contributif (40% de la totalité des nouveaux pensionnés à la CNAV en 2005) ou le minimum garanti de la fonction publique étant supérieur au montant de leurs pensions ainsi majorées.

Enfin, de 2004 à 2005, l’évolution du pouvoir d’achat des pensions nettes de prélèvements sociaux n’a été positive que pour l’ensemble des pensionnés exonérés en 2004 et 2005 de la totalité des prélèvements sociaux (45% des foyers de retraités concernés) et ce, en raison du différentiel d’évolution de l’indice des prix (+1,7%) et de la revalorisation des pensions (+2% pour la CNAV et la fonction publique), d’une part, et de l’augmentation de la CSG (+0,4 point), d’autre part.

Au total, la diversité de la réglementation des régimes se conjugue avec celle qui préside aux conditions de gestion de la main d’œuvre en fonction du statut, du secteur, du genre ou de la qualification pour expliquer les profondes inégalités de niveau de vie et de conditions d’accès à la retraite qui caractérisent la population des retraités. Une réalité qu’il convient de ne pas oublier dans les mois qui viennent…

Jean louis Besnard est Conseiller National de l’UNSA. Il est membre du “Conseil d’Orientation des Retraites” et militant socialiste.

En tous cas, je vous propose des nouvelles d’un artiste qui comme le bon vin se bonifie avec l’age : William Sheller : « comme dans un vieux rock and roll »
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Extrait du spectacle de William Sheller au Cirque Royal de Bruxelles en 2006.
William Sheller, a vu le jour le 9 juillet 1946 à Paris. Lorsqu’il a 3 ans, sa famille part s’installer dans une petite ville de l’Ohio. Tout petit, William côtoie les plus grands musiciens de jazz américains, amis de ses parents qu’on l’oblige à écouter assis sans bouger ni parler pour ne pas les déranger. Ce qui lui a laissé par la suite une allergie profonde et définitive envers le jazz.
A l’âge de sept ans, William rentre définitivement en France. Il est pris en charge par sa famille maternelle travaillant dans le milieu du théâtre. Cela lui permet d’assister à des centaines de spectacles, aussi bien côté salle que côté coulisses. Si bien qu’à dix ans, le petit William a déjà décidé de son destin : il fera Beethoven comme métier.
Il s’initie au piano pour servir de support à ses compositions, puis trouve un maître en la personne d’Yves Margat, ancien disciple de Gabriel Fauré. Celui-ci lui apprend non seulement le piano et la composition, mais aussi le latin, la philo, l’histoire, la littérature etc… En classe de 3e, William quitte définitivement le milieu scolaire pour parfaire son enseignement musical. Lancé à fond dans la composition de musique sérielle, qui l’ennuie assez profondément, il se prépare très sérieusement au Prix de Rome.
Mais les Beatles vont venir involontairement infléchir cette trajectoire toute tracée : un jour où son piano était en réparation, William va s’entraîner chez une copine qui lui fait écouter de la musique « moderne ». Il repart avec les disques, et quelques heures plus tard, il plaque tout pour aller faire du rock. Au grand désespoir de son pauvre maître qui lui dit : « Mais avec le bagage que vous avez, vous n’allez tout de même pas faire le saltimbanque ! » William s’adjoint alors aux Worst (« Les pires ») un groupe de rock niçois spécialisé dans les concerts-galères assortis de cachets misérables.
En 1968, William Sheller connaît enfin le succès grâce à My year is a day, chanson des Irrésistibles dont il avait composé la musique. L’argent gagné sera immédiatement réinvesti dans la confection d’une messe de mariage psychédélique offerte comme cadeau à un couple d’amis. Barbara lui propose en 1973 de s’installer chez elle pour réaliser les arrangements de son album La Louve.
En 1975, William sort son premier album avec le concours des musiciens du groupe de rock Alice. Rock’n’dollars, moquerie faussement anglophone écrite en 5 minutes devient un tube et propulse son auteur dans la roue infernale du show-bizz, des émissions de télé en play-back complet et des magazines pour ados crédules. Trois albums sortiront en trois ans.
En 1979, usé et profondément malheureux de cette vie médiatique si éloignée de ses aspirations, William coupe les ponts et part à Los Angeles pour enregistrer l’album Nicolas. Quelques mois plus tard, à l’automne 1980, il découvrira l’immense plaisir de faire de la scène, ce qui le sauvera moralement et donnera une nouvelle direction à sa carrière. Après quelques concerts en province, William fait ses débuts sur une scène parisienne le 4 mai 1981 à Bobino. Un an plus tard, il foule pour la première fois les planches de l’Olympia, ce qui donnera lieu à son premier album live.
En 1982 William se produit seul au piano sans ses musiciens. Un peu plus tard, il expérimente également le quintette avec piano et quatuor à cordes en compagnie de l’ensemble belge Halvenalf. Mais c’est à partir de 1987, avec Univers, que William peut enfin donner libre court à ses aspirations musicales mêlant musique savante et chanson populaire, en étant totalement libre du contenu de son album. Dans Ailleurs, sorti en 1989, William mélangera ainsi avec bonheur de la musique symphonique avec une pièce issue de la musique impériale japonaise.
N’oublions pas non plus que William Sheller a composé de nombreuses pièces pour orchestre créées sur scène lors de concerts classiques ou des festivals comme la Suite française, créée au festival de Montpellier en 1985. En mai 1990, il donne une série de concerts au Palais des congrès de Paris avec un orchestre symphonique de 70 musiciens, placé sous la direction de Louis Langrée. À cette occasion est créé son Concerto pour violoncelle et orchestre, sous l’archet de Jean-Philippe Audin, déjà violoncelliste solo sur Ailleurs.
En 1991, l’album piano-voix Sheller en solitaire, totalement à contre-courant de la musique électronique en vogue, remporte un immense succès. Un titre tout nouveau, Un homme heureux, s’impose immédiatement comme la chanson emblématique de Sheller.
Par peur de s’autocaricaturer, William ne réitèrera pas, mais s’offre une bonne tranche de hard-rock en 1994 avec Albion, enregistré en Angleterre. Il faudra ensuite attendre jusqu’en 2000 pour écouter Les machines absurdes, première expérience shellerienne de musique électronique assortie de vraies cordes, sur des textes surréalistes. Le 11 novembre 2000 au Théâtre des Champs-Élysées, a lieu le plus long concert de sa carrière : William y a interprété sur près de quatre heures les principaux titres de son répertoire.
En avril 2003, Le Quatuor Parisii enregistre un ensemble de pièces pour quatuor à cordes écrites par William. En 2004, ce dernier compose une symphonie commandée par le Festival de musique classique de Sully-sur-Loire. L’œuvre a été créée le 5 juin 2004 par l’orchestre Ostinato, placé sous la direction de Jean-Luc Tingaud.
La même année, William Sheller a renoué avec le piano-voix en proposant Epures, suite de mélodies très dépouillées enregistrées chez lui et sur son propre piano. Au début de l’année 2005, il effectue une grande tournée avec orchestre pour fêter ses trente ans de succès. Celle-ci donne lieu au premier DVD de sa carrière, Parade au Cirque royal, enregistré à Bruxelles en mars 2005. A la fin de la même année, William Sheller est reparti pour une deuxième tournée, accompagné cette fois par le Quatuor Stevens.
En octobre 2006 est paru Ostinato, un CD entièrement dédié à la musique symphonique de William Sheller, interprétée par l’Orchestre Ostinato. Enfin le 1er octobre 2007 est paru William Sheller et le quatuor Stevens live, version CD de deux concerts avec piano et quatuor à cordes enregistrés à Lannion en décembre 2005.

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