La gauche française doit sortir de ses crispations et se remettre en mouvement
Interrogé cette semaine par le Nouvel Observateur, Vincent Peillon a rappelé les propositions du PS pour réformer les retraites, de manière globale, car « ce n’est pas parce que le gouvernement choisit de saucissonner les problèmes pour les monter en épingle et faire diversion que l’on devrait s’interdire de dégager une vision d’ensemble! »
« La gauche française doit sortir de ses crispations et se remettre en mouvement »
Le Nouvel Observateur – Le PS est inaudible depuis le début des grèves. Pourquoi?
Vincent Peillon – Notre position est pourtant claire. Nous sommes favorables à un alignement de la durée de cotisation des régimes spéciaux sur le régime général, mais dans le cadre d’une réforme des retraites qui garantisse deux objectifs : l’efficacité économique, pour résoudre le problème du financement; et la justice, pour arrêter l’érosion des petites pensions et prendre en compte la pénibilité du travail. Or le projet du gouvernement n’y répond pas. Les discussions sur la pénibilité n’ont pas avancé d’un iota depuis cinq ans. Quant aux petites retraites, elles n’augmenteront que de 1,1% en 2008, bien moins que l’inflation, alors que Nicolas Sarkozy avait promis de les augmenter de 25% pendant la campagne!
Le Nouvel Observateur – Vous allez vite en besogne, la réforme globale est prévue pour 2008…
Vincent Peillon – Les régimes spéciaux ne peuvent pas être détachés du reste. Ce n’est pas parce que le gouvernement choisit de saucissonner les problèmes pour les monter en épingle et faire diversion que l’on devrait s’interdire de dégager une vision d’ensemble! Alors d’accord pour parler d’équité, mais mettons tout sur la table : les régimes spéciaux des transports publics, mais aussi les six milliards d’euros qui abondent chaque année, par exemple ceux des agriculteurs, des commerçants et des artisans, ou les autres sources possibles de financement, les parachutes dorés, les stock-options, etc.











