Section socialiste de l'île de Ré
Le courage, c'est de chercher la vérité et de la dire. Jean Jaures – Psiledere@aol.com

19 décembre 2007

Les affaires de logement continuent

Filed under: 10 - Chronique de la haine ordinaire — iledere @ 16:00

Ce type est une ordure…Qui a dit :  » Qu’aujourd’hui se trouvent dans le parc HLM des gens qui ne devraient pas y être, et que se trouvent dans la rue des gens qui devraient être dans les HLM, je considère que c’est un véritable scandale… » ?

Bravo, c’est bien Jean Paul Bolufer, directeur de cabinet de Christine Boutin, ministre du logement, qui sait si bien verser une larme sur les mal-logés. Surtout quand les caméras sont dans les parages…
C’est bien le même Bolufer dont le « Canard Enchaîné » dans sa livraison deu 19 Décembre relate les aventures immobilières.

« Etre au pouvoir, non pour Servir, mais pour Se Servir »

Décidément les dirigeants de l’UMP ont quelques difficultés a admettre que lorsque l’on est un haut responsable, avec le salaire afférant à la fonction, on peut certainement payer un loyer décent sans utiliser ses relations, sa fonction ou son pouvoir pour s’octroyer des avantages scandaleux.

On se souvient de l’affaire de l’appartement de Juppé (6 pièces dans le 6ème à prix d’ami), condamné pour délit d’ingérence et prise illégale d’intérêts pour être locataire d’un appartement du domaine privé de la Ville de Paris, dont il avait souscrit le bail alors qu’il était adjoint au maire. Et dont les travaux de restauration, menés à grands frais, avaient été payés par les contribuables Alain Juppé était également intervenu pour que la ville de Paris diminue le loyer de l’appartement de son fils Laurent Juppé…
Une affaire dénoncée par un jeune avocat : Arnaud Montebourg…
Plus près de nous, l’UMP défrayait la chronique avec l’affaire de l’appartement du ministre Gaymard, un croquignolet duplex de 600 m2, toujours au frais du contribuable, pour 14.000 € par mois… La défense de Gaymard faite de fausses allégations, de pleunicheries et de mépris des lois lui avait coûté son portefeuille de ministre et avait signé la fin de sa carrière politique.

Tout cela n’a pas servi de leçon puisque c’est une nouvelle affaire qui tombe bien mal, en plein dans la polémique sur les promesses non tenues par le gouvernement Sarkozy en matière d’accueil des sans logis.

Le directeur de cabinet de Christine Boutin occupe depuis 1981 un appartement HLM de la ville de Paris, via sa filiale la RIVP. On se souvient des larmes de Christine Boutin sur les quais quand elle découvrit la misère des sans-logis. Cette fois-ci que va-t-elle nous faire? C’est donc ça la rupture? De qui se moque t’on?

Voici la dépêche AFP qui annonce le tout :

PARIS, 18 déc 2007 (AFP) – Le directeur de cabinet de la ministre du Logement, Christine Boutin, loue un appartement à loyer modéré appartenant à la RIVP (Régie immobilière de la ville de Paris) depuis 1981, a-t-on indiqué au ministère du Logement confirmant une information du Canard Enchaîné.
Le ministère a indiqué à l’AFP que Jean-Paul Bolufer louait un logement à la RIVP depuis 1981 et qu’il payait ses loyers depuis cette date au tarif fixé par la Régie.
Selon l’hebdomadaire satirique daté de mercredi, M. Bolufer, préfet hors cadre, bénéficie d’un appartement de 190m2 dans le quartier de Port-Royal (Vème arrondissement), avec vue sur la chapelle du Val-de-Grâce, au prix de 6,30 euros le m2. Les prix du secteur, remarque l’hebdomadaire satirique, se situe généralement dans le parc privé entre 20 et 30 euros le m2.
M. Bolufer se serait vu attribuer ce logement en 1981 quand il était directeur adjoint du cabinet de Jacques Chirac, alors maire de Paris.

Evidemment dans ce monde de voyous ou chacun tente de mettre ses doigts dans le pot à confiture, il n’y a pas de pitié pour ceux qui ce font prendre. Un juste courroux peut détourner l’attention des français et redorer un blason terni par les compromissions diverses.
Ainsi, le Haut commissaire aux solidarités actives Martin Hirsch a déclaré mercredi sur RTL que le directeur de cabinet de Christine Boutin, devrait «proposer sa démission».
Et Martin Hirsch ne fait pas dans la demi-mesure et exige la démission de Boutin :
«Si cela arrivait à quelqu’un qui travaille avec moi, je lui demanderais de me proposer sa démission, je verrais ensuite si je l’accepte ou pas. Je lui dirais de déménager, de me proposer sa démission, de rembourser ou d’en faire don» et enfin il faudrait «voir si ça s’applique à d’autres», a-t-il déclaré de jour sur RTL.

Il faut reconnaître que le Bolufer en question a quelque peu tiré sur la ficelle dans un milieu ou l’on s’offusque pourtant peu des prises illégal d’intérêt ou des délits d’abus de position. Il s’attribuait ce logement depuis 1981 !!!
Mieux, il le sous-louait lorsque ses fonctions l’appelaient à être nommé hors de Paris comme ce fut le cas de 1989 à 1996 puis de 1997 à 2007…
Et bon père de famille, il avait obtenu en 1997 un studio dans le même immeuble pour sa fille, à un loyer plus que compétitif.
Interrogé par l’hebdo satirique, Bolufer joue les grands distraits en affirmant ne pas se souvenir du montant du loyer qu’il estime, malgré tout, proche du prix du marché… Et il annonce ne pas être le seul dans ce cas. On le croit, hélas sur parole…
Ceux qui peine à joindre les deux bouts apprécieront de savoir que nos hauts fonctionnaires ne connaissent pas le coût de leur loyer, qui pourtant représente la dépense mensuelle majeure de bien des ménages.
Mieux, ces gens sensés diriger notre pays ne connaissent pas les tarifs pratiqués. Alors qu’ils sont sensé trouver des solutions aux problèmes des français, ils méconnaissent les-dits problèmes.

Pendant combien de temps encore serons-nous dirigés par ces vautours aggripés à leurs privilèges, leurs honneurs et leurs avantages de castes ?
Pendant combien de temps continueront-ils à vivre au grassement au frais des contribuables tout en imposant à tous des sacrifices qui mesures après mesures détricotent les acquis sociaux, les protections des travailleurs, et nous renvoient à l’Ancien Régime ?
Verront nous un jour les Bolufer et consorts chassés par les CRS, à coups de matraques et de lacrimogènes sous les applaudissements des sans logis, qui en ce moment meurent de froid sur les trottoirs du Royaume de France ?

Alain Renaldini

3 réponses à “Les affaires de logement continuent”

  1. Lu dans le Nouvel Obs en ligne :

    Le directeur de Cabinet de Christine Boutin, Jean-Paul Bolufer, a remis, jeudi 20 décembre, sa démission à la ministre du Logement qui l’a acceptée. François Fillon, Premier ministre, et Christine Boutin, avaient auparavant « jugé nécessaire la démission » de Jean-Paul Bolufer après sa mise en cause pour l’appartement à loyer modéré qu’il occupe.
    Mercredi, Le Canard Enchaîné avait révélé que Jean-Paul Bolufer était logé depuis 1981 dans un appartement à loyer modéré de 190 m2 boulevard de Port-Royal à Paris (Ve), au prix de 6,30 euros le m².
    En remplacement de Jean-Paul Bolufer, Christine Boutin a nommé jeudi comme directeur de son cabinet Alain Lecomte. Il était jusqu’à présent directeur général de la Direction générale de l’urbanisme, de l’habitat et de la construction (DGUHC), et accompagnera la ministre à la réunion du Comité de suivi du Plan d’Action Renforcé en faveur des Sans-Abri (PARSA), jeudi après-midi.

    Enquête sur les conditions d’attribution

    Interrogé sur France 2 après sa démission, Jean-Paul Bolufer a réclamé une enquête de la chambre régionale des comptes. « Je souhaiterais que la chambre régionale des comptes fasse une enquête très rapidement sur les conditions d’attribution et de fixation des loyers dans l’ensemble des parcs privés des collectivités territoriales d’Ile-de-France », a-t-il déclaré. Il a également demandé au maire socialiste de la capitale, Bertrand Delanoë, de « faire publier par la Régie immobilière de la Ville de Paris (RIVP) [à qui appartient l'appartement qu'il occupe, ndlr], la liste de l’ensemble des appartements gérés par cette société, de leur superficie, ainsi que de leur localisation et éventuellement de leurs loyers ».

    Démission décidée d’un commun accord

    Jean-Paul Bolufer a par ailleurs assuré avoir « montré l’exemple en donnant [sa] démission » prise, selon lui, d’un commun accord par « le Premier ministre, la ministre du Logement et [lui]-même » afin de « mettre un terme à cette polémique invraisemblable » et « pour retrouver [sa] liberté de parole ».
    Il a également assuré avoir voulu rendre les clefs de l’appartement incriminé à la Régie immobilière qui n’aurait pas donné suite à sa demande et n’avoir jamais sous-loué l’endroit, contrairement à des informations en ce sens parues dans la presse. Il a précisé n’avoir jamais réclamé de loyers mais avoir seulement fait « bénéficier » des lieux une personne dont il n’a pas précisé l’identité.

    « Une décision qui s’imposait »

    A la suite de l’annonce de la démission de Bolufer, François Fillon a estimé qu’ »il faut toujours mettre en conformité ses actes avec ses paroles », après la démission de Jean-Paul Bolufer, directeur de cabinet de la ministre du Logement, Christine Boutin, épinglé pour l’appartement à loyer modéré qu’il occupe.
    « Je crois qu’il s’agissait d’une décision qui s’imposait », a déclaré le Premier ministre en marge de l’ouverture du comité des signataires de l’accord de Nouméa.
    « Nous avons estimé, Mme Boutin et moi-même, qu’il n’était pas possible » pour Jean-Paul Bolufer « de poursuivre sa mission compte tenu de la polémique qui a éclaté à propos de son logement », a-t-il ajouté.

    « Toujours faire preuve d’exemplarité »

    Le Haut commissaire aux solidarités actives Martin Hirsch avait jugé que le collaborateur de Christine Boutin, qui s’efforce de régler le problème des sans abri et des mal logés, devait « proposer sa démission ».
    Jeudi, peu avant la diffusion du communiqué de Matignon, le conseiller social du président de la République Raymond Soubie considérait aussi qu’il fallait « toujours faire preuve d’exemplarité lorsqu’on a quelque pouvoir dans la République », alors que le ministre du Travail Xavier Bertrand souhaitait que Jean-Paul Bolufer « régularise très vite » sa situation

    « Chasse à l’homme »

    Jean-Paul Bolufer a, pour sa part, dénoncé « une chasse à l’homme » dont il est « victime » concernant son appartement parisien, dans un entretien à Aujourd’hui en France/Le Parisien.
    « C’est un débat de société qui ne doit pas prendre la forme d’une chasse à l’homme dont je suis aujourd’hui victime », a-t-il déclaré. « Je suis gêné par cette attaque ad hominem », a-t-il ajouté, « car je ne suis pas une exception ».
    Selon lui, « mon cas ressemble à celui de milliers de personnes qui vivent à Paris ». « Je ne bénéficiais d’aucun privilège », a-t-il affirmé.
    Concernant la lettre envoyée le 14 décembre par la Régie immobilière de la ville de Paris (RIVP) lui enjoignant de donner « sans délai son congé », le directeur de cabinet de la ministre du Logement a expliqué que c’était « bizarre », car il ne l’avait « toujours pas » reçue.

    « Mauvaise gestion du bailleur »

    Dans Le Parisien, Jean-Paul Bolufer affirme n’avoir « jamais dissimulé » aucun fait. Il lui est notamment reproché d’avoir sous-loué l’appartement pendant plusieurs années. « Les personnes qui ont occupé mon logement lorsque j’avais pris des fonctions hors de Paris ont acquitté leur loyer auprès de la régie », explique-t-il. « Celle-ci ne m’a jamais envoyé de courrier pour faire part de son désaccord. Pourquoi s’en émeut-elle aujourd’hui? »
    Mais, il avait affirmé qu’il n’avait bénéficié « à aucun moment d’un privilège personnel ». « Si des erreurs ont été commises, elles ne peuvent être imputées qu’à une mauvaise gestion du bailleur », souligne le communiqué diffusé par le ministère du Logement. Le directeur de cabinet de Christine Boutin estime que « ce dossier relève (…) tout au plus d’un litige entre bailleur et locataire ».
    Lors d’une intervention sur France-Culture, le 16 novembre, Jean-Paul Bolufer avait lui-même dénoncé « l’absence de rotation dans le parc HLM ».
    « Aujourd’hui, se trouvent dans le parc HLM des gens qui ne devraient pas y être, et se trouvent dans la rue, dans des campings, des gens qui devraient y être (…). Je considère que c’est un véritable scandale », avait-il dit.

    Un « héritage singulier » à la mairie de Paris

    Dans un communiqué diffusé mercredi, la mairie de Paris a confirmé de son côté que le président de la Régie immobilière de la ville de Paris (RIVP) avait « enjoint » le directeur de cabinet de Christine Boutin de « donner sans délai son congé » pour l’occupation de cet appartement, dans un courrier daté du 14 décembre.
    Dans son communiqué, la mairie de Paris explique que la « nouvelle municipalité s’est trouvée en 2001, au moment de son élection, face à un héritage singulier », puisque « les deux principales sociétés d’économie mixte de la ville géraient alors un nombre considérable de logements sans que notre collectivité ait pour autant le contrôle de ces sociétés ».
    « Après des négociations extrêmement difficiles, la ville a enfin réussi, en décembre 2006, à devenir majoritaire à la RIVP (…) Un élu de Paris en est devenu président, et un nouveau directeur général a été nommé en septembre 2007″, précise le communiqué. « Tous deux ont pour mission prioritaire de vérifier que les appartements (…) sont gérés suivant des règles incontestables de déontologie professionnelle et sociale et d’en tirer toutes les conséquences », assure l’Hôtel de Ville. (avec AP)

  2. Pierre dit :

    Circonstances aggravantes ?
    Il serait intéressant de savoir à quel prix il l’a sous-loué pendant 17 ans, à prix coûtant ou avec marge?.
    Et au point où on en est, y a-t-il eu cash de reprise, loyer payé en liquide etc.etc.

  3. Serge dit :

    Monsieur le Président dit « le prince qu’on sort…partout », la voyoucratie
    est également au sein de vos proches collaborateurs !

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