Section socialiste de l'île de Ré
Le courage, c'est de chercher la vérité et de la dire. Jean Jaures – Psiledere@aol.com

23 décembre 2007

Du bon usage des voyous : Renaud Donnedieu de Vabres

Filed under: 09 - Evènement — iledere @ 10:17

RDV ministre à la solde des MajorsFranche rigolade à l’écoute du commentaires de Nicolas Sarkozy lorsqu’il a nommé Renaud Donnedieu de Vabres « ambassadeur, chargé de la dimension culturelle de la présidence française de l’Union Européenne » (sic). « Pour moi, les gens qui ont été ministres ne sont pas des gens à jeter. Ils ont une compétence, un carnet d’adresse. Il faut les utiliser. » a déclaré, sans rire, notre Président désireux de prouver que « plus c’est gros, plus ça passe« 

Il serait intéressant de s’interroger sur le contenu exact de la mission de « l’ambassadeur, chargé de la dimension culturelle de la présidence française de l’Union Européenne » (re sic) et le mettre en perspective du coût d’un tel poste, entre salaires (de RDDV et ses collaborateurs), charges, frais de déplacement et de reception.

Cela dit, ne soyons pas trop critique car, dans un gouvernement où nombre de membres sont en butte à des tracasseries judiciaires, il n’eut pas été pertinent de se passer de l’expérience de RDDV sur le sujet et les meilleures manières de s’en sortir…

Nous avions déjà évoqué l’individu, par en bon pédagogue, il me semble important de revenir sur le sujet puisque le sujet revient, lui, sur le devant d’une scène où on ne l’imaginait plus.
Mais qu’a-t-il donc dans ses petites fiches pour renaître et pour toujours obtenir le pardon de ses fautes. Ce n’est pourtant pas le phénix…
Quoiqu’il en soit, il ne fera pas mentir l’adage selon lequel

le grand-père était un aigle, le père était un faucon et lui un vrai…

Car Renaud Donnedieu de Vabres (parfois abrégé en RDDV) est le fils de Jacques Donnedieu de Vabres, maître des requêtes du Conseil d’État, ancien Secrétaire général du Gouvernement et petit-fils de Henri Donnedieu de Vabres, magistrat français, juge au procès de Nuremberg. Pour faire carrière c’est mieux que septième enfant d’une famille pauvre dont le père est un alcoolique brutal et la mère tuberculeuse…

Une carrière politique entre opportunisme et copinage
RDDV fera donc carrière dans la politique : Il occupera un certain nombre de postes adaptés à son échine souple, dans l’ombre de François Léotard et du PR dont il est membre.
Il participera à un certain nombre de fantaisies peu culturelles, comme le contrat des célèbres frégates antiaériennesqui aurait généré des commissions astronomiques…
RDDV quitte donc le RP et rejoint Balladur puis devient directeur de cabinet de l’UDF. Qu’il quittera pour rejoindre Chirac et le RPR. En politique, à droite, l’important c’est la souplesse.

Le temps des affaires
Nommé ministre délégué aux Affaires européennes du gouvernement Jean-Pierre Raffarin, il n’est pas reconduit en juin 2002 dans le gouvernement Jean-Pierre Raffarin II en raison d’une mise en examen dans l’affaire du financement occulte de l’ex-Parti républicain.
Sur ce dossier, il est condamné pour blanchiment d’argent le 16 février 2004 par le tribunal correctionnel de Paris, à une peine de 15 000 euros d’amende, peine qui n’est pas assortie d’une sanction complémentaire d’inéligibilité.
Econduit d’un ministère pour mise en examen, il sera nommé après son procès alors qu’il a été condamné… Du jamais vu !! Quel talent !! Nul doute que Santini et Laporte, entre autres seront particulièrement attententifs à ses conseils.

Un ministre trés à l’écoute des « Majors »
A la culture, son grand oeuvre est le DADVI, (Droit d’auteur et droits voisins dans la société de l’information), un texte technique dont l’intérêt purement culturel reste trés flou…
Cependant, l’adoption de ce projet a été plus difficile que prévu. Des parlementaires comme Christian Paul ont accusé M. Donnedieu de Vabres d’avoir donné une place trop grande aux lobbies des grands industriels de la musique, allant jusqu’à organiser une démonstration de téléchargement sur des sites de grands acteurs commerciaux dans l’enceinte de l’Assemblée nationale.
Christine Boutin, Alain Suguenot et d’autres parlementaires ont dénoncé la répression prévue par le texte et ont soutenu un régime d’autorisation des téléchargements de contenus dit de « licence globale » ; contre toute attente, l’Assemblée nationale a adopté le premier de leurs amendements.

Mais RDDV a montré de réels talents sportifs notament sur le tir en touche : Il a en effet hérité de son prédécesseur Jean-Jacques Aillagon du dossier sulfureux du régime d’assurance chômage des intermittents du spectacle.
Avec le projet de loi DADVSI, c’est le deuxième gros volet de son passage rue de Valois.

Un art consommé de la contorsion politique
Il affirme d’un côté partager l’avis des syndicats majoritaires concernant une période annuelle de calcul des droits d’accès à ce statut, mais refuse d’intervenir directement dans le débat considérant que toute initiative parlementaire dans ce dossier nuirait aux négociations entre les partenaires sociaux. Du grand art.
Mais le plus affigeant reste que pendant ce temps les subventions à la culture, aux activités culturelles ont été réduites comme peau de chagrin. Pourtant il n’y pas un espace de notre société ou la culture n’ait son importance. Mais la droite souhaite que la culture soit rentable… D’ou la passion de Sarkozy pour Johnny. Encore que tous les spectacles de celui-ci ont été financés par les municipalités dans lesquelles il s’est produit. C’est très fort de la part de quelqu’un qui s’installe en Suisse pour devenir Belge et pouvoir habiter monaco, de tempêter après des impôts qui ont fait sa fortune… Enfin, tout sa pour le mieux à Sarkoland puisque Johnny et RDV reviennent.

Une courte traversée du désert
Alors qu’il répétait dans tous les salons qu’il souhaitait rempiler pour un nouveau mandat, Donnedieu de Vabres était remplacé par Christine Albanel dans les gouvernements Fillon I et II.
Critiqué de toutes parts, aussi bien par le public que par les professionnels, il avait été exécuté par son collègue Jean-Louis Debré par un phrase peu protocolaire : « un nul qui nous a mis dans la merde et qui, depuis le début, nous a embarqué dans une aventure »
Exit donc RDDV, d’autant plus que Sarkozy n’aime pas les loosers et M. Donnedieu de Vabres avait été battu en juin par le socialiste Jean-Patrick Gille dans la 1ère circonscription d’Indre-et-Loire.
Mais RDDV a plus d’un « Tours » dans son sac et a sans doute pu séduire de nouveau notre Winner en Chef en mettant en avant son fort lien avec le Fondation Franco-Américaine, seule organisation aux États-Unis qui se consacre à renforcer les liens entre la France et les États-Unis.

RDDV, le retour
Doit-on voir dans son retour en grâce une menace pour Christine Albanel, à laquelle Renaud Donnedieu de Vabres, revenu aux affaires et rancunier comme pas un, va certainement savonner un peu plus une planche déjà pourrie.
A moins qu’il ne s’occupe plus spécialement de Boutin qui l’avait étrillé lors de la loi sur le DADVI (voir plus haut.
Wait and see…

Bien sûr, maintenant qu’il est nommé « Ambassadeur, chargé de la dimension culturelle de la présidence française de l’Union Européenne » (Voilà un titre qui va faire frémir les huissiers de Matignon à Bruxelles…) il peut enfin reprendre son ascension politique.
Il sera donc candidat aux élections municipales à Tours pour dit-il « arracher la ville aux griffes de la gauche ».
Et en bon fayot, il pourrait pratiquer l’ouverture chère à son nouveau bienfaiteur en ouvrant sa liste à un membre de la CGT et à la représentante du Modem de François Bayrou.

Alain Renaldini

Une réponse à “Du bon usage des voyous : Renaud Donnedieu de Vabres”

  1. Serge dit :

    Etant originaire de Tours, je suis convaincu qu’il n’a aucune chance.

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