Section socialiste de l'île de Ré
Le courage, c'est de chercher la vérité et de la dire. Jean Jaures – Psiledere@aol.com

29 janvier 2008

La vérité vraie sur l’affaire de la Générale

Filed under: 03 - Economie — iledere @ 2:21

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« Bon, les gars, on déconne, on déconne, mais on s’éloigne des vrais problèmes. Qui veut un calva ? J’ai du 80 ans d’âge que je fais venir directement de la ferme. Une rareté.
– Qui a pris les cigares ? Jean-Eudes, faites pas le rat, renvoyez les havanes par ici.
– Messieurs ! Quand vous aurez fini de vous arsouiller, on en reviendra au sujet du jour. Où est Roger ?
– Aux toilettes, monsieur le président, il a du mal à digérer la purée de céleri.
– Bon, puisque notre directeur financier est malade, je vais moi-même rentrer dans le sujet. Peuf… Peuf… (il allume un cigare). Messieurs, comme je le disais, l’heure est grave. Merci pour le calva, Pierre-Henri. Les calculs faits par ma stagiaire cette nuit montrent que nous avons perdu entre 5 et 9 milliards par la faute de ces gros ploucs d’amerloques.
– Font chier, ces yankees. On ne peut plus faire confiance à personne !
– Silence, Charles-Edouard ! Il est trop tard pour nous lancer dans une analyse de risques approfondie. La question du jour est : qui va porter le chapeau ?

Silence général. Tout le monde se regarde bizarrement.

Non, ne vous inquiétez pas, on n’en est pas encore à foutre des cadres dirigeants à la porte. Le plan social, on le fera sur les guichetiers, faut pas que déconner. Non, mais sérieusement, faut trouver un clampin à faire dégager rapido. De préférence, un qu’aucun d’entre nous ne connaît, histoire de dire qu’on n’était pas au courant.
– Oui, monsieur le président, mais qui ?
– Je sais pas moi, je suis pas là pour tout faire, non plus. Y’a personne que vous voulez virer ? Un trou de balle, un minus, mais avec une bonne gueule de psychopathe, qu’on pourrait montrer à la télé en disant « tout est de sa faute » ?
– Oui, comme les anciens hébreux chargeaient un bouc de leurs péchés avant de l’envoyer dans le désert…
– Charles-Hubert, vous nous les pétez menu avec vos histoires de cureton. C’est pas parce que vous avez passé 15 ans chez les jèzes qu’il faut la ramener à chaque codir. La dernière fois, c’était Saint-Paul à Damas pour illustrer le moment où Bernanke a compris qu’il était dans la merde, et la prochaine fois, vous nous faites quoi ? Sodome et Gomorrhe ? Le Déluge ? Allez, on y va, on me donne un nom.
– Mais, président, on ne les connaît pas, les noms des collaborateurs. On leur parle à peine, et encore, seulement pour les engueuler.
– Bon, OK, je vois, c’est encore moi qui vais tout faire. Pierre-Matthieu, passez-moi votre portable. Le trombi de la boîte, il est où ?
– Ici, monsieur le président.
– Putain, ces tronches de tarés qu’ils ont ! Eh, aux RH, vous avez jamais pensé à donner des consignes, genre « éviter d’embauchés des demeurés » ? Bon, on va pas s’en sortir, je clique au hasard… Tiens, celui-là, Bernard Hurningh, vos en dites quoi ?
– Il est conseiller clientèle à Dôle, monsieur, personne ne croira jamais qu’on a perdu 5 milliards à cause de lui.
Même en magouillant avec la Suisse ?
– C’est plus ce que c’était, monsieur, la Suisse. Le secret bancaire n’est même plus garanti, ils seraient foutus de nous prouver par A+B qu’on raconte des craques.
– Mouais, va falloir taper dans du plus lourd. Celui-là, un certain Marc Brice, à votre avis ?
– Directeur financier d’une sous-filiale de spécialisée dans le prêt agricole, monsieur. C’est la bourse qui craque, pas le marché du purin.
– C’est ça, faites le malin, Jean-Edouard, foutez-vous de ma gueule quand j’essaie de nous sortir le cul des ronces… Oh ! Ca y est ! C’est bon, c’est celui-là, il a une vraie tronche de vainqueur ! C’est mon dernier mot, vous vous sortez les doigts du cul et vous me le mouillez à mort. Jean-Guy, en tant qu’ancien membre du cabinet de l’Elysée sous Mitterrand, les barbouzeries, ça vous connaît, non ?
– Oui, on peut tripoter un peu le système informatique, histoire de faire croire qu’il nous a blousés. Faites voir le nom ?
– K…, Jérôme K… Encore un de ces petits merdeux qui croient qu’ils dirigent le monde parce qu’ils passent des ordres de bourse toute la journée sur leur écran. On dirait des hamsters sous acide, ces branleurs. Allez, celui-là paiera pour les autres.
– Mais, monsieur, 5 milliards sur le dos de ce trou de balle, personne n’y croira jamais !
– Je vous signale, mon petit Charles-Edouard, que 80% des français se sont déplacés il y a un peu plus de six mois pour départager une dinde hystérique, et un velléitaire complexé par sa taille, alors vous savez, le sens critique de ces glandus… Bon, on y va. Plan média, bidonnage informatique, communiqué de presse, plan social en backup, je veux tout ça sur mon bureau demain matin. Et vous me supprimerez le coupon de cette année, ça fera les pieds à ces connards d’actionnaires. Quelqu’un reveut du champ’, on va se saouler la gueule pour fêter ça ? »

(Repris du post original sur Boursorama : lien)

4 réponses à “La vérité vraie sur l’affaire de la Générale”

  1. La main gauche dit :

    Ha mais môsieur Serge, relisez bien la dernière carte « caisse de communauté » que je viens de tirer de mon jeu de Sarkopoly, vous y lirez en gros « bouclier havane »… les interdits n’entrent pas dans les conseils d’administration voyons !!!

  2. Serge dit :

    Eh, la main gauche, il est interdit de fumer !

  3. La main gauche dit :

    9 millard x 33% / 60 millions de Français = env. 50 € par tête… dommage la société générale aurait pu nous payer la franchise médicale cette année…
    Enfin…une petite bouffée de mon havane puis j’oublie…

  4. Serge dit :

    En regardant « C dans l’Air » et « Mots croisés », j’ai cru comprendre que la crise de la Société Générale résultait de placements spéculatifs sur les «  »produits dérivés » dits « produits vanille ou exotiques »!.

    J’avoue que je n’ai guère compris le jeu maléfique de cette finance opaque et écoeurante pour le manant que je suis.

    Cependant, à écouter les différents intervenants et plus particulièrement l’éminent économiste très libéral J. Marseille, les 7 à 9 milliards € disparus de la S.G. n’auraient très peu d’incidence sur notre vie quotidienne.

    J’ai cru comprendre que cette « perte » était censée représenter le bénéfice de la S.G. pour l’année 2007 et que l’Etat aurait empoché au titre de l’Impôt sur les Sociétés 33% de ce « bénéfice ».

    Ce manque à gagner non négligeable pour l’Etat venant s’ajouter aux fameux « cadeaux fiscaux » devront bien être compensés par des recettes fiscales, étant donné que selon le  » petit, tout petit président » (pas par la taille mais par sa manière de traiter les français) les caisses seraient vides.

    La question que l’on est en droit de se poser qui va « trinquer » pour compenser ces pertes dans le Budget de l’Etat ? :

    – augmentation de l’impôt sur le revenu, sachant que seulement un peu plus de 50% des ménages y sont assujettis ?

    – nouveau transfert de compétences aux collectivités territoriales en limitant les compensations financières avec le risque, pour les années à venir, d’une augmentation des impôts locaux?

    – Voir pointer le « spectre » de l’augmentation de la TVA?

    Ces hypothèses sont peut-être obsolètes, mais il faudra bien que l’ Etat trouve des recettes pour renflouer des caisses « vides », à moins de brader tout le secteur public, le démantèlement étant déjà bien entamé!

    Quand on constate le monde « sans âme » de la finance, il est difficile d’admettre qu’un « Président de la République » digne de ce nom s’acoquine avec ce type de rapaces.

    Quand il ose parler de moralisation de la société il devrait penser à sa propre moralité.

    Si tout le monde ademet que le sytème financier » est fou, mais celui qui dirige la France n’est pas loin d’être dans le même état !

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