Section socialiste de l'île de Ré
Le courage, c'est de chercher la vérité et de la dire. Jean Jaures – Psiledere@aol.com

27 février 2008

Président casse-toi

Filed under: 20 - UMP — iledere @ 1:18

“…casse-toi, pauvre con…”Nicolas Sarkozy est assurément moins fou que nous le susurrent les plus acharnés de ses détracteurs. Tout au plus souffre-t-il d’une « maladie de l’ego » diagnostiquée sans fard par la presse internationale. Si ce mal est loin de lui être propre dans la classe politique, en France comme ailleurs, le quotidien espagnol El Pais juge néanmoins cette « hypertrophie probablement incurable ».

Une chose est certaine : le président de la République réagit fort mal à son brutal changement de statut dans l’opinion. L’ancien candidat charismatique est devenu un chef d’Etat lourdement impopulaire. Loin d’un quelconque calcul populiste, le désormais célèbre « casse toi, pauvre con » exprime la vérité profonde de son présent désarroi. « Sarko » congédie sans ménagement l’électeur mécontent et acariâtre que les sondeurs rencontrent de plus en plus fréquemment. Une forme de déni de réalité sur fond de caractère que la fonction présidentielle se révèle décidément incapable de dompter.

Face à l’adversité, le chef de l’Etat peut réagir de deux manières : changer de politique ou de pratique. Contrairement à beaucoup d’observateurs, je demeure persuadé que les Français sont d’abord déçus par son action sur le fond. Le différentiel de popularité inédit dont bénéficie le Premier ministre fait souvent l’objet d’un contresens. On croit que les électeurs approuvent l’action gouvernementale mais rejettent le style du président. Mais l’interprétation inverse peut être soutenue. Les Français savent parfaitement que c’est le chef de l’Etat qui décide personnellement de la politique menée. C’est très logiquement qu’ils lui reprochent son manque de résultats. François Fillon en est tenu pour moins responsable. Et l’indulgence manifestée à son endroit tient, pour beaucoup, à la sobriété de son comportement public qui contraste avec l’attitude de son supérieur hiérarchique.

Car il est clair que l’incessante agitation sarkozienne a rendu encore plus contestable une politique qui n’a pas concrétisé les espoirs soulevés en 2007. A défaut de changer de politique – ce qui n’est pas une mince affaire – ou en attendant qu’elle porte ses fruits – ce qui est la thèse officielle – il conviendrait alors que le président change de pratique.

Pour l’heure, il n’en prend guère le chemin. Comme on pouvait le craindre, Sarkozy choisit la fuite en avant. Prisonnier de ses vieilles ficelles, il tente de réactiver la démagogie sécuritaire. Etienne Mougeotte s’en réjouit dans un éditorial bizarrement intitulé « Que les assassins commencent ». Le directeur du Figaro se moque que le chef de l’Etat, chargé de veiller au respect des institutions, ose demander au premier président de la Cour de cassation les moyens de contourner une décision du Conseil constitutionnel. Cette manière agir témoigne d’un dangereux syndrome de toute-puissance que j’avais eu l’honneur d’analyser dans les colonnes de ce quotidien alors même que Sarkozy était encore adoubé par l’opinion…

Le président gagnerait à être plus attentif à la prose d’Edouard Balladur qu’à celle d’Etienne Mougeotte. Dans le style feutré qui lui est propre, l’ancien mentor de Sarkozy vient de sommer son ancien protégé de changer de « méthode », de « rythme », de remettre dans l’ordre dans le gouvernement comme à l’Elysée, ou encore de se plier enfin aux règles de la « sobriété » et de la « concertation ». Bref, de changer du tout au tout sa manière d’agir. L’hôte actuel de l’Elysée serait sans doute mal inspiré de lui rétorquer, même avec la plus onctueuse des amabilités : « Ayez l’obligeance de vous écarter de mon champ de vision, triste Sire déchu que vous êtes ».

Par Eric Dupin pour le Blog « Les murmures d’Eric Dupin« 

6 réponses à “Président casse-toi”

  1. La main gauche dit :

    Génial, un président qui dérape aussi facilement, ça fait moderne. Au fait, n’est ce pas ce jeune et fringant cowboy qui détient les codes de l’arme atomique ??

    Chirac…Sarko.. on peut dire que le gratin de l’UMP-ex-RPR est particulièrement doué pour nous dégoter de la crème des crèmes !?! ç’va ètre dur de faire encore plus fort la prochaine fois… à moins que..à gauche..?..

  2. françoise dit :

    Ce qui s’est passé Lundi au Conseil Régional devant public, caméras et micros n’est-il pas aussi un énorme dérapage en pleine campagne électorale?

    Jean-François Fountaine, qui s’est montré d’une loyauté exemplaire lors de la campagne présidentielle, ne méritait pas je crois, d’être mis au piquet la semaine dernière, ni qu’on l’empêche d’exprimer son point de vue de façon humiliante.

    Nous sommes nombreux à avoir été très gênés …Françoise

  3. j’ai vu hier la prestation de ségolène Royal sur le plateau de Fr2.
    A-t-elle volontairement minimisé la portée de ce dérapage verbal qu’il n’est pas permis de faire quand on est le premier magistrat de France ?
    J’ai été fort déçue.
    Président en exercice, et, quand on fût le ministère l’intérieur (avec les karchers et autres racailles) du temps de la droite au pouvoir depuis 2002, soit 6 années de pouvoir en France,
    Les dérapages verbaux sont presque une manière d’être médiatique pour combler le vide de la politique, une manière de faire parler de « soi » pour ne rien dire. La petite phrase, le bon mot pas à la bonne ou mauvaise place, peu importe quand on est à cette place (!)mais qu’attendre de ce Nicolas Sarkozy qui ne sait faire que des annonces publicitaires à défaut de programme politique, des effets de manches d’avocat quand on attend d’un président en exercice de donner un cap, une direction.

    Mais quel Cap ? Nous le savons, nous le savions!

    Il faut être con pour ne pas voir que Nicolas Sarkozy n’a pas à donner le cap, haut et fort puisque nous le connaissons !
    Il fait du Thatchérisme ou du Reaganisme (au choix pour taper sur les travailleurs), que son programme est néo-con, qu’il est dans le move libéral, se sert des médias comme opium du peuple et faire avaler les pilules, que tant qu’il tape sur les sans-papiers, les immigrés, les sans-logis, le peuple est content, sécurisé faussement; mais le PS ne bougera pas car il est le parti des classes moyennes, celles-là mêmes qui ont voté Sarko et pas Ségo avec les baby-boomers en retaite!

    J’attends qu’au lieu de jouer au gestionnaire du capitalisme d’Etat, dans les municipalités, les conseils régionaux, l’Etat et les réprésentations politqques, Le PS sorte dans la rue et batte le pavé.
    Depuis quand les grosses têtes du PS n’ont pas usé leur semelles dans les manifs ?
    Hier soir sur Fr2, on entendait Nicolas Sarkozy glousser contre ceux qui ont les semelles usées et qui protestent pour rien, faute de ne rien représenter, apparemment, alors que lui est en place, comme Président.

    Il a raison.
    En effet,il faut lui montrer le contraire. Seuls les petits partis, les associations, les mouvements sociaux qui dépassent les syndicats, les mouvements atomisés protestent.
    Que le PS représente une force populaire, capable de converger vers les mouvements sociaux dans l’ensemble, au lieu de penser qu’il aura nécessairement le pouvoir quand il ne représente rien pour les gens d’en-bas.

    Qu’il le sache. Si nous votons pour le PS aux municipales ce n’est pas pour la perspective qu’il ne nous offre pas (n’en déplaise à Ségolène Royal qui parlait d’espérance, encore faut-elle qu’elle sorte de sa médiatisation bon chic bon genre sur FR2 et affiche plus de charisme populaire) mais c’est, en ce sens parfaitement nihiliste, c’est contre cette droite au pouvoir .
    Comme projet nihiliste, Le PS gagnera aux municipales.
    Mais Après ?

    blog des utopiens
    http://utopiens.wordpress.com

  4. Reste une question, mon cher Louis : Si un élève mécontent te dit « casse toi, pauvre con » comment devras-tu réagir ?
    Si les textes permettent effectivement des mesures disciplinaires à l’encontre d’élèves insultant un prof, (des mesures que le gouvernement Chirac avait durci…) l’élève ne pourra-t-il pas se retrancher derrière l’exemplarité présidentielle ?
    De joyeux débats dans les conseils de discipline…

  5. louis dit :

    Je viens de me relire.
    désolé pour les fautes d’orthographe.

  6. louis dit :

    Avant de titulariser un professeur, après de multiples visites et rapports, se pose en fait une seule question : le candidat a-t-il la posture nécessaire pour être un enseignant digne de ce nom ? Si oui, il sera titularisé, sinon, il ne le sera pas.
    Je suis certain qu’un jeune collègue qui aurait insulté un parent d’élève, ou pire un élève, même avec des circonstances difficiles, se verrait reprocher la perte de contrôle. Il suffit pour s’en convaincre de voir la réaction qu’a suscitée la « baffe » donnée à un élève de sixième par un professeur après que l’élève l’ait gravement insulté. D’ailleurs ce collègue a très vite regretté son geste.
    Pour autant, on peut comprendre ce geste, ce qui ne signifie pas l’excuser, car dans une classe, sauf à perdre en une seconde toute autorité, le professeur devait réagir. Il n’a sans doute pas fait le meilleur choix, mais peut-on l’en blâmer?
    Nicolas Sarkosy lorsqu’il répond à l’insulte par une insulte au moins aussi grosse ne risquait pas de perdre son autorité face à un public. D’ailleurs, la vidéo est formelle, il ne se départit pas de son sourire passe partout, il ne fait que répondre à l’insulte par l’insulte.
    Si on a pu reprocher au professeur son manque de posture, que dire alors de Nicolas Sarkozy ? Le même qui venait quelque jours plus tôt de remettre à l’honneur la morale dans les programmes de l’école primaire est le premier a donné l’exemple contraire.
    Non, assurément, Nicolas Sarkozy n’a pas la posture nécessaire pour être président de la République.

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