Section socialiste de l'île de Ré
Le courage, c'est de chercher la vérité et de la dire. Jean Jaures – Psiledere@aol.com

30 avril 2008

Réforme des ports autonomes

Filed under: 09 - Evènement — iledere @ 4:51

89727_.jpgLes ports autonomes sont en grève. La reforme de leur fonctionnement, voulu par l’Etat inquiète les personnels et la brutalité sociale de la méthode ne pouvait qu’attiser les colères.
Une fois de plus, l’Etat Sarkosyste va pointer du doigt une partie des travailleurs pour les désigner à la vindicte des autres. Ce coup-ci se seront les dockers et les grutiers qui seront montrés comme des nababs surpayés… Et puis l’excuse de l’Europe devrait aider à faire passer la pilule en expliquant gravement que, mon bon monsieur, c’est l’Europe qui nous y oblige…
Et de contrevérités en approximations l’Etat atteindra son but : vendre les bijoux de famille, privatiser des activités lucratives au grand bonheur des amis du président, qui s’apprêtent à se goinfrer du bon gâteau qu’on va leur offrir. N’est-ce pas Monsieur Bolloré ?
Nous aurons l’occasion de revenir sur cette affaire pour faire preuve de pédagogie et montrer aux français le dessous des cartes biseautées que l’Etat utilisent pour réussir ses mauvais tours..

En attendant voici une vision d’un maire Socialiste d’arrondissement de Marseille, Frédéric Dutoit

Le port de Marseille privatisé ?

Le patronat appuyé par la présidente du MEDEF veut privatiser le port autonome de Marseille. Qu’elle drôle d’idée ? Leur proposition est tout simplement de changer le statut public du port pour en faire une société anonyme au prétexte que les acteurs privés sont aujourd’hui les plus gros investisseurs sur le port.
Le président de CMA-CGM, Mr Jacques Saadé lui-même, invoque leur droit à dire leur mot dans la gestion du PAM. Mais si mes souvenirs sont bons, le PAM est géré par trois parties engagées dans l’économie du territoire ; les entreprises, les collectivités territoriales et l’état.
Et cette privatisation se ferait dans de singulières conditions :
A la partie publique les fonctions dites régaliennes ; gestion du foncier, planification, sécurité, etc. ; c’est-à-dire ce qui coûte mais ne rapporte rien.
Et aux entreprises privées les fonctions commerciales ; c’est-à-dire tout ce qui rapporte des dividendes aux actionnaires.
Décidément on ne refait pas le patronat.
Sa vision ultra libérale est donc de réserver tous les couts à la puissance publique et tous les profits aux actionnaires privés. Le président de la chambre de commerce lui-même, Mr Pfister, doit remettre un rapport fait de propositions allant dans ce sens au Maire de Marseille d’ici fin juin. Alors, soyons un peu sérieux. Rien aujourd’hui ne limite l’activité privé sur le port de Marseille. Bien au contraire. L’état, depuis des années, se désengage, de son rôle moteur dans la vie du port.
Et comme le déclare si bien le président du conseil d’administration du PAM, lui-même chef d’entreprise, Mr Garin, « le problème majeur ce n’est pas celui de la gouvernance, c’est celui de la position de l’état. Comment envisage-t-il les partenariats public-privé ? Comment se position-t-il en tant qu’investisseur ? Que deviennent l’établissement public et son personnel à partir du moment où l’actionnaire public n’est plus présent ? Les vrais enjeux sont là ».
Le port autonome de Marseille, ce qu’on appelle les bassins Est, c’est 16000 emplois directs et indirects pour Marseille. Avec les bassins Ouest, c’est-à-dire la zone de Fos, c’est 40000. Et personne ne remet en cause la diversification de l’activité portuaire entre le trafic passager avec les croisières, le pétrole et le gaz, et le trafic conteneurs. Au moment où Nicolas Sarkozy, nouveau président de la république, en visite samedi au Salon aéronautique du Bourget, a prôné une « vraie politique industrielle européenne » face à la concurrence des géants chinois ou américain, et en récusant « une approche idéologique qui fait de la concurrence une fin en soi », ce n’est pas le moment de jouer avec le feu pour l’avenir de Marseille.
Soyons donc honnête en vers nous même, l’atout majeur du port de Marseille d’Est en Ouest des Bouches-du-Rhône, réside dans sa capacité à jouer la carte de la complémentarité : la complémentarité géographique et la complémentarité des activités économiques. Cette cohérence repose sur l’harmonisation des activités économiques comme la réparation navale industrielle de haut niveau, la réparation de grande plaisance, les plateformes logistiques pour l’accueil, la distribution et la transformation des marchandises, le transport des dites marchandises et des passagers, le cabotage maritime, les croisières, la plaisance et la pêche.
Alors je pose la question. Puisque rien ne justifie la privatisation du port autonome de Marseille, ni juridiquement, ni socialement, ni économiquement,
cette proposition n’aurait-elle pas pour objectif tout simplement de livrer les terrains portuaires aux appétits des promoteurs immobiliers en mal d’espaces
en bord de mer ?

Une réponse à “Réforme des ports autonomes”

  1. Serge dit :

    La privatisation des ports autonomes n’échappe pas aus règles libérales, à savoir privatiser ce qui est rentable et laisser au public ce qui coûte cher.
    Dès lors, les salariés sont les dindons de la farce, en soulignant que les dépenses seront à la charge de l’Etat, c’est-à-dire « nous », tandis que le gâteau sera partagé par le patronat et les actionnaires (qui sont souvent majoritairement les mêmes).

    Mais il faut remercier « les porcs autonomes » qui sont à la tête de l’Etat !

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