Section socialiste de l'île de Ré
Le courage, c'est de chercher la vérité et de la dire. Jean Jaures – Psiledere@aol.com

24 juin 2008

Laurent Joffrin pour la riposte graduée: le fantasme du “laissez-faire”

Filed under: 05 - Presse, média, Internet — iledere @ 2:55

joffrin.jpgJ’avais déjà exprimé ici quelques réserves sur la profondeur de la pensée de Laurent Joffrin, la pertinence de ses analyses ou la rigueur de ses raisonnements. Je me méfie, c’est sûrement idiot, des donneurs de leçons, qui pourraient enseigner l’art de la révérence ou d’irrévérence selon le sens du vent et le plan de carrière qu’ils ont établi. Je ne suis pas particulièrement épaté par des individus de son genre qui ont un avis sur tout et comme le disait Coluche, « qui on surtout un avis »
Je ne suis donc pas plus surpris que cela de voir Joffrin entonner le chant des sirènes UMP concernant le téléchargement et Internet en général, faute d’avoir étudié le sujet d’un peu près. Mais le problème de la copie est un peu complexe pour ce spécialiste du raisonnement à l’emporte-pièce… La parole est à un de ses journalistes…

C’est samedi sous la plume de Laurent Joffrin, directeur de la rédaction de Libé et à ce titre mon patron, et j’en ai recraché ma tartine:

 

A cet égard, n’en déplaise à l’esprit libertaire en vigueur sur le Net : faute d’avoir choisi le système de la licence globale, le meilleur à nos yeux, la voie choisie par Christine Albanel, d’une échelle graduée de sanctions dans la lutte contre le piratage, est nécessaire. Elle vaut mieux, en tout cas, que le simple laissez-faire.

Curieux raisonnement politique: j’ai aussi soutenu le mécanisme de licence globale (moins mauvais des systèmes plutôt que le meilleur, d’ailleurs) mais l’invocation du spectre du “laissez-faire”, pour justifier un soutien à la politique d’une Christine Albanel alignée sur les plus radicaux et les plus conservateurs lobbies culturels, est stupéfiant.
Qui peut sérieusement parler de “laissez-faire”? La loi s’applique sur le Net comme ailleurs, et on ne peut pas dire que le législateur soit resté passif face au développement du réseau: à coup de LCEN, DADVSI, directives européennes diverse, lois sur les télécoms et myriades d’amendements dans d’autres textes, on frise plutôt le “trop-faire”.

Le mécanisme de riposte graduée envisagé aujourd’hui implique (entre autres joyeusetés) une surveillance massive des activités sur le réseau, la mise en place d’une autorité administrative extra-judiciaire au fonctionnement complexe et la définition d’une nouvelle infraction pour défaut de surveillance de son accès au Net.

Ce n’est pas un hasard si les “libertaires” (!) de la Commission nationale de l’informatique et des libertés ou le Parlement Européen se sont opposés à ce mécanisme ubuesque.

La riposte graduée sera coûteuse, ses conséquences sur la liberté d’expression et l’accès à la culture imprévisibles. Et elle sera très probablement inutile: la surveillance des échanges d’oeuvres sur le Net ne pourra se faire que dans certains espaces publics du réseau, or il est de plus en plus facile aujourd’hui d’échanger massivement des oeuvres à l’abri des nouveaux policiers du Net, par disques dur, clefs usb, emails ou réseaux privés et cryptés.

Il ne s’agit certainement pas d’adopter une chimérique posture libertaire -invective paresseuse de ceux qui ne veulent pas comprendre les ressorts de l’Internet et les interactions complexes entre technique et politique. Mais bien de s’opposer à la mise en place d’une énième usine à gaz inefficace, dangereuse pour les libertés individuelles et qui nie l’apport essentiel de l’infrastructure Internet à la diffusion de la culture: la transformation partielle d’une logique de consommation marchande en logique d’échange culturel.

La question du financement de la création est brûlante, mais il est illusoire d’imaginer la résoudre avec une riposte plus ou moins graduée et un montage parajudiciaire “créatif” -pour ne pas dire hasardeux. Le “faire-n’importe-quoi” serait en ce domaine bien plus dangereux qu’un “laissez-faire” fantasmé.

Caveat Emptor

Une réponse à “Laurent Joffrin pour la riposte graduée: le fantasme du “laissez-faire””

  1. Assane Moammadi dit :

    Quand on a la tete aussi sale que la tienne on ferme sa gueule puante. Ton compte te sera regle, toi et ton journale; petit chien dont le pere et la mere ne sont que des batards! Apres le Mondial, nous allons revenir sur les crimes horribles commis par la France et son armee de tueurs et de violeurs. Soit pret, fils de sale pute.

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