Pôle écologique : le poil à gratter du Parti Socialiste
Dire que l’île de Ré, au delà des clivages politiques, s’intéresse à la protection de l’environnement, est une litote….C’est d’ailleurs une nécessité pour tous mais pour nous une urgence absolue : notre écosystème est d’une inquiétante fragilité et le niveau des sols se situant pour une proportion importante au dessous du niveau de la mer lors des grands coefficients, le cordon dunaire et les digues sont les garants de notre survie. Un cordon dunaire rongé par la mer et qu’il convient de renforcer continuellement par des plantations qui fixent le sable, mais qui sont trop souvent piétinées par les touristes ignorants ou irrespectueux, malgré les barrière de protection. Et parlons pas des quads et autres 4×4 qui jouent au Paris-Dakar sans risques pour nantis abrutis…
Les digues, elles, nécessitent un entretien régulier et important, ce qui est trop coûteux pour que l’Etat ou le Conseil Général tiennent les promesses de campagne des élus.
L’avènement d’un pôle écologique au PS ne peut donc que retenir notre attention et attirer notre sympathie. Un avènement trop discret à notre goût auquel nous souhaitons donner quelque modeste publicité supplémentaire en publiant un article de Henri Moreigne, bien connu des lecteurs de blogs pour son talentueux “La Mouette.
Alain Renaldini
Il y a toujours quelque chose de nouveau au parti socialiste. Au-delà de la multiplication des candidatures au poste de Premier Secrétaire, abondamment relatée par les grands médias, la vraie nouveauté du premier semestre 2008 aura été la constitution au sein du PS du Pôle écologique. Entité informelle, le Pôle regroupe des élus, personnalités ou simples militants, issus de différents courants. Tous partagent le constat de la simultanéité et de la convergence des crises environnementale et sociétale ainsi que de l’urgence à apporter des réponses à travers une ligne politique clarifiée et cohérente. Le dépôt d’une contribution dans le cadre du congrès de Reims atteste de la détermination de ses initiateurs à vouloir faire bouger les lignes.
Difficile de trouver un écho dans la presse quand on ne dispose pas de personnalité nationale. Le pôle écologique en fait l’expérience mais, c’est loin d’en troubler ses animateurs. Sa crédibilité nationale, il la trouve toutefois dans la poignée de parlementaires (11) et de responsables nationaux du PS qui le constitue dont :Christophe Caresche, député de Paris, Nicole Bricq, sénatrice de Seine-et-Marne, Philippe Plisson député de Gironde, Géraud Guibert, secrétaire national à l’environnement …
Longtemps réduit à un simple groupe de réflexion au sein des instances du PS, les membres du Pôle ont su habilement se saisir du chantier de la nouvelle déclaration de principes adoptée par le parti en juin. Cette dernière marque de réelles avancées dans la prise en compte des enjeux environnementaux. Une vraie évolution qui est le fruit de leur capacité intellectuelle à peser sur le fond et à convaincre, notamment en l’espèce Alain Bergounioux , co-rédacteur avec Henri Weber de la déclaration de principes et par la suite les différentes instances du PS.
La démarche ne pouvait s’arrêter en si bon chemin. A sa façon, en dépassant les courants traditionnels, le Pôle participe à la recomposition de la vieille maison socialiste et surtout à revisiter le message de cette dernière. « Une mise à jour du logiciel socialiste » confie Eric Loiselet, premier fédéral de Haute Marne et cheville ouvrière du Pôle.
Soucieux de capitaliser les avancées de la déclaration de principes et de peser sur les orientations futures du PS, les dirigeants du Pôle ont franchi le Rubicon en déposant une contribution. En d’autres temps, elle aurait été thématique. Cette fois témoin que les choses changent, elle est générale. La jonction est enfin faite entre les questions environnementales, autrefois réservées à quelques spécialistes, et les questions de société relevant d’un traitement politique.
Assez des arbitrages toujours défavorables pour des raisons de circonstances. Eric Loiselet en est persuadé, le PS gagnera à clarifier les choses, à mettre fin aux positions non tranchées. Au nom d’un consensualisme érigé en mode de gouvernance le PS a étouffé le débat et donc le fond. A l’inverse, le Pôle écologique aspire à des débats larges et en profondeur comme sur la politique énergétique par exemple.
« Ne rien faire, c’est renoncer à faire de la politique », « notre objectif est de clarifier sur une ligne politique cohérente » figurent ainsi en gage d’avertissement dans la contribution. La révolution verte prend des allures de révolution tout court dans un parti construit depuis deux décennies sur un cumul d’ambiguïtés. Un poil à gratter pour un parti d’élus enfermé dans un consensualisme électoraliste qui a fait le choix d’en dire le moins possible pour fâcher le moins possible.
Le Pôle écologique ne devrait pas être, au grand dam de quelques barons et éléphants, une simple opération de greenwashing de la rue de Solférino. « On sent un intérêt pour notre démarche » confie Eric Loiselet qui se félicite de la constitution plus aisée que prévue d’un réseau de mandataires départementaux.
Le succès de la démarche, ses initiateurs le reconnaissent, sera évalué à l’aune de la capacité du Pôle à peser sur le contenu des futures motions et notamment sur la motion finale dite de synthèse.
Si les membres du Pôle sont des socialistes tendance écolo, ils ont aussi une vision politique, « nous ne sommes pas des perdreaux de l’année » confient-ils. Volontaristes, ils aspirent à ce que leur parti reviennent aux affaires pour changer les choses car, ils en sont persuadés, derrière le gadget du Grenelle, Nicolas Sarkozy n’a rien d’écolo.
Un pari uniquement possible à leurs yeux que si se le PS se transforme en un grand parti de toute la gauche, réel rival de l’UMP capable de réunir 35% de suffrages. Du parler vrai et de l’ambition collective. Il y a bien quelque chose de nouveau au parti socialiste.



L’ile de Ré devrait être beaucoup plus protégée
@Françoise
La myxomatose a tué les lapins depuis longtemps. Même si ici ou là on peut en rencontrer la nuit, traversant la route.
Comme sur le continent, des chasseurs-viticulteurs l’inoculent aux faisans pour les contaminer plus facilement : trop de vignes jeunes étaient rongées et en mourraient…
Les Parisiens et riches propriétaires de maisons secondaires pas forcément Parisiens, ne sont pas responsables de tout.
Mais ce qui est sûr, c’est que la majorité des Conseils Municipaux sont élus par eux, qui y sont d’ailleurs élus. Exit les gens du pays pour décider de l’avenir de l’île.
Ceci explique cela, pardi !
Quant aux pelleteuses dans les marais, attention ! Souvent ces marais privés étant la proie des agents immobiliers, ils furent tout simplement asséchés, et empierrés pour être vendus comme terrains constructibles.
Là aussi des gens du cru, firent leur beurre.
C’est pas si simple….
@Alain R
Quand tu auras un petit moment, tu penseras à me donner les références (éditeur…) des “cahiers de la mémoire” de Jacques Boucard ?
Je te remercie par avance.
Je me souviens il y trente ans d’avor vu dans le marais quelque part sur l’ile, des pelleteuses toutes seules avec leur chauffeur qui entretenaient çà comme des grands. Des réunions avec engueulades homériques lors des réunions des syndicats de marais, y inclus l’entretien des digues. Puis sont venus les Parisiens politicards et autres et la vie chère et la promiscuité…
Restent-ils des lapins dans les sapinèdes ? les cochons de la coubre passent-ils encore le chenal à la nage pour aimer ? Préférant le BAC au pont, je me suis toujours interdit de le regarder et donc je ne suis plus allée sur mon île préférée. Tant pis, à mon age je n’aurai pas de regrets !
Mais quels souvenirs !
Merci Alain, pour tout.
J’y ai passé 50 ans de ma vie sur cette île. une paille !
Ma mère et ma grand-mère, comme toute ma famille maternelle sont enterrées aux Portes.
Je vais voir en librairie ici. Je pense que l’on peut commander.
As-tu les réf de l’éditeur ?
Amitié,
ciboulette.
Hélas, notre ami et camarade Jacques n’a pas été réélu malgré un bilan plus que positif, pensant, hélas à tort, qu’un excellent bilan le dispensait d’aller faire des ronds de jambe sur les marchés.
Dans un monde où la communication prend le pas sur les réalisations concrètes, et ou le verbe importe plus que les actions, cela lui a coûté sa réélection.
Pour les superbes “cahier de la mémoire”, revue d’ethnologie locale remarquable d’intelligence et d’érudition, je ne crois pas qu’il y ait de site sur le net… (mais je vais me renseigner)
Il te faudra sans doute venir les acheter en librairie lors de ton prochain passage…
Bonsoir Alain R.
Je viens de faire un tour sur Wikipédia :
un maire PS dans l’île !!! à Sainte-Marie. une belle découverte pour moi, qui n’avais entendu parler jusque là, que des Gendres et consorts sévissant sur cette île conservatrice…
* où l’occupation Allemande s’est “si bien passée” … (!)
* où le commerce est roi.
Mais je ne peux accéder aux réf de ses cahiers. Peux-tu me les communiquer ?
Merci d’avance.
Merci de ce rappel digne des” cahiers de la mémoire” de notre ami Jacques Boucard.
Il est vrai que les digues, leur surveillance et leur entretien est un travail quotidien et minutieux. Il n’y a pas si longtemps des cantonniers étaient affectés à ce travail. Ils connaissaient ces digues dans les moindres recoins et armés d’un seau et d’un peu de ciment ils comblaient le moindre trou la moindre fissure qui venaient à se créer
Ils n’ont jamais été remplacés et aujourd’hui les trous et les fissures s’agrandissent à chaque marée. Le temps qu’un rapport soit écrit et que le budget soit débloqué, la petite réparation est devenue une grosse affaire et il faut de nouveau faire des devis et des appels d’offre. Avec pour résultats une digue qui s’effondre régulièrement aux grandes marées ou aux tempêtes automnales. Il suffit d’en parler à St Clément des Baleines.
Mais en automne les campings sont vides et les inondations ne font donc pas la une des journaux.
On remblaie comme on peu et on attend la prochaine rupture, tout en jurant de prendre les choses en main…
Mais nous savons ce que valent les promesses électorales…
Bonjour,
Mais il y a peu encore, l’île de Ré n’était pas 1 mais 3 îles.
Les digues ont été créées par l’homme. Toutes.
Si ce n’était qu’une questions de touristes peu respectueux, le problème serait réglé depuis longtemps je crois.
La plus importante de ces digues artificielles, sur la bande la plus étroite de lîle étant celle du Martray.
J’ai connu les plages de la Solitude (la bien nommée il y a plus de 40 ans !), de la Conche et du Lisay par exemple avec dunes non boisées (ni pins ni cupressus) ni barricadées. Combien de galets au bas des dunes, ont disparu, aussi, chapardés par maçons et résidents !
Mais c’est surtout la mer qui rongeait les côtes et faisait s’affaisser ces dunes, la plage avançant sur l’intérieur. Comme partout sur la côte Atlantique.
C’est un travail de longue haleine. A étaler dans le temps, comme à entreprendre avec patience et opiniâtreté.
Et l’êle seule ne peut pas grand chose : le rôle de l’Etat est vital.
Et puis les canaux comme fiers (d’Ars par exemple) s’envasent … Comment faire ?