« parlons gros sous »… saison 5
Nous continuons à parler gros sous en cette rentrée qui s’annonce difficile pour de nombreux ménages.
Nous continuons à explorer les arcanes du pouvoir et de l’argent. Du vôtre puisqu’il s’agit de vos impôt…
Episode 5 : Les décors luxueux des ministères
On l’oublie souvent mais la plupart des sièges des ministères sont d’anciennes résidences des Grands du Royaume. Dans un ouvrage intitulé « Abus de pouvoir », le journaliste Vincent Quivy nous fait découvrir les coulisses des luxueux palais de l’ancien régime devenus depuis les « palais de la République » en dénonçant le fait que « la République soit rentrée dans les meubles sans se formaliser d’un luxe d’un autre temps ». Mais concrètement que trouve-t-on dans les principaux ministères ?
Adresse des ministères : la rue plutôt que le nom du bâtiment
Hormis le ministère de l’Economie, des Finances et du budget situé dans le bâtiment moderne de Bercy, tous les sièges des ministères sont situés dans des anciens hôtels de la noblesse d’Ancien Régime. Si le Premier ministre habite bien à l’hôtel Matignon, la plupart des ministères ont pris le nom de la rue où il se trouve comme pour mieux signifier que le pouvoir est proche de la rue et non du luxe de l’Ancien Régime. Ainsi, on ne parle pas de l’hôtel de Seignelay, de l’hôtel de Beauvau, de l’hôtel de Rochechouart, mais plutôt de la « place Beauvau » pour désigner le ministère de l’Intérieur, de la « place Vendôme » pour désigner le ministère de la Justice plutôt que l’hôtel de Bourvallais, nom historique du bâtiment. Ce tabou de l’appellation du ministère n’est qu’une façade, car à l’intérieur, tout le luxe d’antan est quasiment resté intact.
Ministère de la Justice : le décor royal de la place Vendôme
Les rares visiteurs qui peuvent pénétrer dans l’enceinte du ministère de la justice sont très souvent surpris du faste des lieux : tapisseries de la manufacture des Gobelins (estimées à environ 300 000 euros la pièce), commodes Boulle du nom d’un grand ébéniste du XVIIIe siècle (estimées à environ 120 000 euros la pièce), vases et porcelaines de Sèvres (dont la valeur peut aller jusqu’à 300 000 euros la pièce). A l’origine, ce décor fastueux devait rappeler la puissance du pouvoir. Aujourd’hui, si ces décorations apparaissent totalement anachroniques dans une démocratie représentative du peuple, elles font pourtant partie du cadre de travail des ministres. Aucun des gouvernements de droite comme de gauche n’a osé remettre en cause le luxe indécent de ce que l’on appelle pudiquement « les palais de la République ».
Ministère de la fonction publique : le patrimoine de l’hôtel de Castries
Dans l’imagerie populaire, le ministère de la Fonction publique devrait ressembler aux bâtiments administratifs des services de l’Etat : préfecture, sécurité sociale, caisse d’allocation familiale. En réalité, le siège du ministère de la fonction publique est situé dans l’ancienne résidence du marquis de Castries. Vincent Quivy a pu se procurer un fascicule émanant des services de la Direction générale de l’administration recensant les différentes œuvres d’art présentes dans ce lieu : « »un buste de Marie-Antoinette en biscuit de Sèvres, un tapisserie en laine exécutée à la Manufacture des Gobelins, une suite de sièges d’époque Régence, en bois naturel ciré et garnis de tapisserie d’Aubusson, des peintures représentant le cardinal Mazarin et la duchesse de Longueville »". Et la liste est encore longue.
Dorures, œuvres d’art, meuble ancien composent donc le cadre quotidien des ministres de la République. Difficile dans ses conditions de demander à un ministre de rester au contact de la réalité lorsque son quotidien s’apparente à la vie de la cour d’Ancien Régime. Les décors de ces ministères ne constituent pas à proprement de « dépenses ». Toutefois, dans le cadre de cette série sur l’argent du pouvoir, on peut s’étonner de la concentration de richesse des sièges des ministères. Vendre la totalité de ces objets décoratifs reviendrait à dilapider un patrimoine historique. Mais conserver des milliers de vases et de meubles de collection en plusieurs exemplaires dans les ministères, est-ce bien nécessaire ?
(source politique.net)



Enfin, une chose est claire, quand il s’agit de brader le patrimoine historique ou de vendre les « bijoux de famille », l’on fait moins de chichi pour la sécurité sociale, l’école, les droits de l’homme et du travail….
@Alain
J’ai l’habitude de peser mes mots et ce à quoi ils ‘appliquent. Sur la série d’articles intitulés « parlons gros sous », mes commentaires ne s’appliquent ni au premier, ni au second, ni au troisième, ni au quatrième, ni au sixième… Sur le cinquième article, je maintiens que c’est un non-sens de qualifier de « dysfonctionnement du gouvernement » le fait de posséder des demeures historiques où sont installés certains ministères. Faire l’amalgame entre une situation donnée et les comportements individuels de ceux qui s’y trouvent, c’est justement cela qui relève de la démagogie ou du poujadisme. Trois remarques pour conclure :
a) J’ai trop vu, depuis quelques années, certains prédateurs ultra-libéraux du gouvernement pousser, au nom de la « rationalité économique », à la vente de certains de ces « palais de la République » et de leurs mobiliers, pour ne pas être très hostile à ce qui va dans ce sens. Cette opération a été faite à deux reprises au moins : pour l’ancien hôtel du ministère de la Coopération, et crois-moi, ce n’est pas « le peuple » qui a bénéficié de la vente, et pour l’ancien immeuble de l’Imprimerie nationale, vendu pour une somme sous-évaluée et rachetée à prix d’or : même un rapport du Sénat a dû convenir que c’était une gabegie inexcusable…
b) Transformer ces bâtiments en musées peut sembler une idée généreuse : aujourd’hui, non seulement l’Etat n’a plus les moyens d’entretenir son patrimoine historique, mais depuis la décentralisation Raffarin de 2003, il cherche même à le transférer aux collectivités locales. Laisser les différents ministères assurer « le clos et le couvert » que doit le propriétaire est, à mon humble avis, aujourd’hui le moyen le plus raisonnable de préserver ce patrimoine…
c) Provoquant n’était sous ma plume ni un reproche, ni une critique, mais plutôt un compliment, sous la réserve que la provocation vise juste…
A te lire…
… si Louis XVI revenait, il risquerait moins de perdre la tête que de mourir de rire !!!!!!
J’aimerais assez que ce soit populiste que de dire qu’en France ça pue la monarchie à tous les coins de rue… mais c’est hélas simplement réaliste….
Alors, en musée, pourquoi pas… c’est la 1ère pensée qui m’est venue en lisant l’article…ou bien, tant qu’à disparaître peu à peu dans la poche de quelques locataires indélicats et tant qu’à être populiste, pourquoi pas distribuer les oeuvres gratuitement à la population !?!
@ Jean François
Etonnant lorsque l’on dénonce un fait qui peut être choquant, d’être taxé de populisme, de démagogie ou de poujadisme… Dans ce cas ce sont les trois à la fois.,
Surtout lorsqu’on se retranche derrière d’hypothétiques solutions irréalistes, qui ne sont pas les nôtres, pour démontrer que l’on gagnerait à laisser en l »Etat…. Mais je ne veux croire que tes écrits dépassent ta pensée…
Car je ne vois pas où dans cet article il est question de vente à un fond de pension…
Les richesses se trouvant dans les palais de la république seraient certainement bien plus utiles dans des musées ou le public y aurait accès, que dans des palais, pour le seul plaisir de happy few qui pour certains se croient encore sous l’ancien régime, et pire, s’en croient propriétaires.
Alors il sera bon, dans un prochain article, d’aller jusqu’au fond des choses : ce sont plus de 16.000 oeuvres qui manquent à l’appel puisque les dit-ministres et secrétaires d’Etat ont la triste habitude, lors de leur départ, d’emmener quelques souvenirs… Ce sera dans l’épisode 8…
Ce n’est pas, mon cher Jean François, et le conseiller d’Etat que tu es ne peux l’ignorer, du poujadisme que de dénoncer les dysfonctionnement du gouvernement. Ta réaction quelque peu excessive corrobore le deuxième article de cette série : il y a un tabou sur les histoires d’argent de nos gouvernements… Que des petits marquis meublent leurs conseils généraux ou régionaux de la même manière est tout aussi condamnable. Si l’on veut que l’art soit accessible à tous pourquoi le mettre à l’abri des regards dans des lieux que le peuple n’est pas à même de fréquenter ?
Quant au fait que le blog puisse être, à ton sens provoquant, je prends plutôt cela pour un compliment compte tenu de l’atonie de la communication des instances dirigeantes du PS. Cela explique sans doute l’étendue de notre lectorat et devrait interpeler le parti dont les militants sont plus que désemparés.
Le fait que tous ces beaux immeubles restent dans le giron de l’Etat et même occupés par les ministères cela ne me gêne pas, tout en me revendiquant d’être à la « gauche de la gauche » du PS.
La seule préoccupation que l’on peut avoir que certains occupants dits de choix se prennent pour des princes voir des rois comme le locataire actuel de l’Elysée.
La vente de tels immeubles ferait le bonheur de la caste des plus nantis à des prix qui en aucun cas ne correspondraient à la réalité, leur valeur étant inestimable puisqu’ils sont généralement chargés d’une partie notre Histoire. Ce n’est pas les murs qui ont de la valeur mais c’est surtout ce que renferme ces murs !
On pourrait dire que l’on vend les « bijous de famille » ! même si notre Histoire n’est pas toujours reluisante et encore moins celle d’aujourd’hui, ce patrimoine est indiscociable de notre culture commune et les acheteurs potentiels risqueraient d’être en core moins reluisants.
Je trouve qu’avec cet article, les bornes de la démagogie populiste sont très largement atteintes et même totalement dépassées… Car naturellement, l’auteur ne propose aucune solution. Vendre ce patrimoine ? A qui ? Aux fonds de pension américains ? Aux émirs des monarchies pétrolières du Golfe ? Cerains « hôtels » de région ou de département, construits depuis 1982 (lois de décentralisation) dépassent largement en luxe et en confort les palais nationaux parisiens, souvent piètrement entretenus. En plus, ils sont souvent plus fonctionnels. Il fut d’ailleurs un temps, aux débuts du XX° siècle, où les premiers maires de gauche construisaient des mairies somptueuses et monumentales, au motif que la maison commune devait être aussi « belle » que les préfectures ou les ministères… A tort ou à raison, on considérait dans ces temps antédiluviens que le droit à la beauté était aussi un droit du peuple. Le problème est complètement ailleurs que là où l’auteur de l’article le situe : il y a ceux qui se considèrent, dans ces palais nationaux, comme des hôtes de passage, des usufruitiers temporaires, et ceux qui se voient comme propriétaires des lieux, c’est-à-dire du pouvoir. Mais c’est intrinsèquement différent du caractère historique du lieu. Je sais bien que le blog de la section socialiste de l’Ile de Ré aime à provoquer pour susciter le débat, mais faut-il pour autant verser dans le poujadisme ?