Sénat : Larcher terrasse Raffarin
En choisissant Gérard Larcher au premier tour de leur primaire, les sénateurs UMP ont très probablement désigné cet après-midi le prochain président du Sénat. Même si, sur la forme, ils n’ont dans les faits que désigné leur candidat pour l’élection du président du Sénat du 1er octobre prochain.Le vote d’aujourd’hui annonce pourtant le résultat final, compte tenu du rapport de forces toujours favorable à la majorité malgré son très mauvais score de dimanche dernier.
Quel qu’il soit, le prochain président du Sénat devra faire à un double défi. L’un d’entre eux sera de tordre le cou à cette méchante image d’indolence qui colle au Sénat. Une situation que la dernière présidence n’aura pas vraiment contribué à corriger. Au contraire, le Sénat, en s’ouvrant de façon désordonnée à de multiples manifestations, a occulté son rôle et la qualité de ses travaux, confondant communication et spectacle.
Un autre consistera à préparer l’institution à l’alternance qui ne saurait tarder. Dominé par la droite depuis 1958, le Sénat n’y échappera pas. La droite y avait déjà perdu la majorité absolue en 2004, elle vient de perdre la majorité des 3/5e en cas de congrès. Jean-Pierre Raffarin a sans doute perdu cette primaire parce qu’il peut légitimement être tenu pour responsable de la défaite des régionales de 2004, donc du début de cet affaiblissement de la droite au Sénat. Au train où vont les choses, le prochain président du Sénat, dont le terme du mandat, 2014, dépassera de deux ans celui du président de la République, pourrait en effet être le premier président du Sénat à ne plus appartenir à la majorité sénatoriale de 2011 et à la majorité présidentielle de 2012. Gérard Larcher, comme il l’a lui-même souligné dans son discours de candidature devant le groupe UMP, en appelle déjà au refus de cette fatalité. Décidément une semaine très politique.
Pierre-Marie Vidal pour « Profession politique«


