Tirer les leçons de la crise
Nous disons clairement dès l’introduction de notre motion : « le capitalisme, à l’échelle mondiale découvre à ses dépens ses propres tares. Notre modèle de développement est à repenser en profondeur ». La situation actuelle vérifie ce diagnostic.
Mais il faut aller au-delà des mesures d’urgence prises par les gouvernements européens, car la crise révèle les déséquilibres globaux d’un système dominé par la financiarisation et la recherche du profit immédiat au détriment de l’économie et de la société.
Nous devons revenir sur les dérégulations qui ont permis au capitalisme financier de dicter sa loi. Le socialisme que nous défendons est particulièrement apte à proposer un autre modèle économique, qui impose aux marchés un encadrement, des régulations, de la redistribution et des normes sociales et écologiques.
Dans notre motion nous traitons de toutes les dimensions de la crise.
Le plan européen est techniquement adapté pour l’urgence : la garantie des prêts interbancaires, la recapitalisation des banques, y compris sous forme de nationalisation, la définition des normes européennes différentes des normes américaines …
Mais il y a des manques très importants. Notre motion dresse un tableau complet d’objectifs qui doivent être au cœur d’une gauche, politique et syndicale, efficace : « réforme des agences de notation … régime de responsabilité pour les acteurs du système financier, modifications des normes comptables des entreprises, contrôle et réglementation accrues des fonds spéculatifs, lutte contre les paradis fiscaux ». La crise met en lumière la nécessité de ces réformes structurelles.
Mais, c’est aussi sur l’économie réelle qu’il faut agir. La droite a déjà considérablement affaibli notre pays avant même les manifestations de la crise mondiale.
La vraie priorité est d’investir dans l’innovation, l’éducation et la recherche, de favoriser de grands projets industriels et d’infrastructure en France et en Europe. C’est la clé pour la croissance, l’emploi et le pouvoir d’achat. Notre motion contient des propositions précises : pour les énergies nouvelles, les voitures propres, les biotechnologies, pour soutenir le logement social, pour rééquilibrer la négociation sociale en faveur des salariés. Nous proposons d’annuler le paquet fiscal et la plupart des niches fiscales pour redonner des marges à l’action publique.
Entre les improvisations largement hypocrites des droites européennes, et un repli sur des visions et des mesures anciennes qui amèneraient une fragmentation de l’Europe et un affaiblissement des pays membres, nous avons la conviction qu’il y a place pour un modèle socialiste partagé largement, une puissance publique efficace, un Etat social prévoyant, une Union européenne protectrice et influente.
Alain Bergounioux,
Élisabeth Guigou,
Pierre Moscovici,
Michel Sapin
Merci à Karim Aou


