Section socialiste de l'île de Ré
Le courage, c'est de chercher la vérité et de la dire. Jean Jaures – Psiledere@aol.com

30 octobre 2008

François Bayrou choisit de ne pas choisir

Filed under: 09 - Evènement — iledere @ 5:00

Le blog de l'île de RéDevant quelques deux mille délégués du Mouvement démocrate (MoDem), réunis à la Mutualité à Paris, François Bayrou en réponse à la crise financière qui secoue la planète s’est borné à refuser de choisir entre socialisme et capitalisme. Une politique à la normande du ni-ni qui symbolise bien le perpétuel grand écart du Modem.

«Je ne crois pas plus à la refondation du capitalisme que je ne crois à la refondation du socialisme», a affirmé le leader centriste. On peut ne pas apprécier Nicolas Sarkozy mais saluer son engagement, son volontarisme. Pas François Bayrou. «Le modèle de Sarkozy, c’est le modèle américain. Si de Gaulle était là, vous croyez qu’il laisserait dire que c’est le capitalisme, même refondé, l’idéal de la France ?»

La critique systématique des actions présidentielles pourrait à terme se révéler contre productive. Nicolas Sarkozy défend l’idée d’une réforme profonde du système financier mondial ? François Bayrou est contre, forcément. Pour le leader du modem, il y a de la «naïveté à croire qu’on peut dicter à des mécanismes en œuvre depuis le début des temps de se plier à la volonté politique publicitaire». «On cherche à nous faire croire qu’il y aurait un capitalisme vertueux, le gentil capitalisme des affaires d’autrefois, perverti par le mé­chant capitalisme financier. Et qu’on pourrait refonder le premier en supprimant le second. Pour cela, on brûle ce qu’on adorait dimanche. Même Chavez salue la conversion socialiste de Sarkozy. Ça doit bien faire rigoler du côté du Fouquet’s !»

Mué en altermondialiste humaniste, le patron du Modem, a évoqué une autre voie sans vraiment la dessiner autrement qu’en indiquant que l’Europe devra en être le support. «Entre le projet socialiste et le projet capitaliste, les Français auront désormais le choix avec un projet humaniste, dont la première affirmation, c’est qu’il y a dans la vie humaine, dans la société, des choses qui n’appartiennent pas à l’univers marchand». «Nous, ce que nous mettons en premier, ce n’est pas l’argent, c’est l’être humain».

En illustration François Bayrou s’est appuyé sur la réforme de l’éducation nationale. «L’éducation appartient au non-marchand. Or, la réforme ac­tuelle des lycées m’inquiète. Avec la semestrialisation, on cherche à gagner des heures, à faire des économies. Et on fait sortir le lycée de la culture de la durée pour la culture du zapping». Même discours critique contre le projet de privatisation de La Poste.

Le diagnostic semble tenir la route mais le praticien qui le dresse est-il le plus à même pour le faire ? Ancien ministre de l’Éducation des gouvernements Balladur et Juppé François Bayrou a laissé le souvenir d’années marquées par leur immobilisme. Ancien député européen, le béarnais exonère rapidement ses amis du parlement européen de leur absence de remise en cause du dogme de la libre concurrence.

Or, la cohérence des discours avec ses actes, en politique ça a un nom :crédibilité. Le seul fait d’être habité, comme Ségolène Royal, par l’idée qu’il a une destinée à accomplir ne saurait suffire. Derrière les envolées lyriques et les mots vides, les français attendent du concret. Autre chose que la simple affirmation selon laquelle «le combat européen, ce n’est pas un rendez électoral, c’est un choix de destin».

Conscient de ce risque le député des Pyrénées-Atlantiques devrait dans les semaines à venir multiplier les déplacements sur le terrain, « aller partout avec les gens qui vivent la crise ». Il ne devrait pas être déçu.

Henry Moreigne pour « La Mouette« 

3 réponses à “François Bayrou choisit de ne pas choisir”

  1. Serge dit :

    Je souscris totalement à l’analyse de révizor.

  2. La main gauche dit :

    Que la 3ème force soit avec moi… et voici le NPAA de Bayrou (Nouveau Parti Anticapitaliste et Antisocialiste), le N peut aussi bien dire « Normand » du p’t’ète ben qu’oui, p’t’ète ben qu’non, idéologie à géométrie variable, le tout étant de dire ce qu’on dit, de faire ce qu’on fait, mais de surtout pas faire ce qu’on a dit et de ne pas dire ce qu’on fera…

  3. revizor dit :

    Quand Bayrou refuse de choisir entre capitalisme et socialisme il trompe le monde.

    En effet personne en France ne veut changer de société( mais peut-être changer la société?), passer du capitalisme au socialisme.

    Le PCF a abandonné depuis longtemps de ses fondamentaux la construction du socialisme et parle plutôt de « dépassement du capitalisme ».

    L’anticapitalisme de la LCR-NPA ne va pas jusqu’à revendiquer l’édification du socialisme.

    En France presque tout le monde est pour le capitalisme régulé, moralisé, éthique, etc…bref pour l’économie de marché, pour le libéralisme( mais contre l’ultralibéralisme ou le néolibéralisme).

    En fait Bayrou prétend rejeter le choix entre la droite( projet capitaliste) et le PS(projet socialiste)

    Mais en réalité on sait bien que Bayrou et son Modem sont de droite, ses criailleries contre Sarkozy(dont il approuve d’ailleurs certains projets) ne sont là que pour donner le change.

    Il rêve en fait d’un retour, impossible dans le cadre des institutions actuelles, à la politique de la 3éme force qui avait cours sous la 4éme République de 1947 à 1958, c’est-à-dire une alliance entre le Parti Socialiste, les Radicaux, le MRP( en fait l’ancêtre du Modem-UDF) et divers groupes centristes ou de droite.

    Mais il n’est pas le seul à faire ce rêve.

    On a vu certains à gauche pendant la présidentielle essayer de ressusciter ce choix de la 3éme force avec les résultats que l’on sait.

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