Section socialiste de l'île de Ré
Le courage, c'est de chercher la vérité et de la dire. Jean Jaures – Psiledere@aol.com

31 octobre 2008

Rachida Laporte et les communicants

Filed under: 07 - Justice — iledere @ 5:56

Le blog de l'île de Ré1) La bourde de Bernard Laporte
Invité hier de Jean-Pierre Elkabbach sur Europe 1, le secrétaire d’Etat aux Sports, Bernard Laporte, était visiblement très remonté contre les conseillers en communication de Rachida Dati. Ce qui n’était qu’une petite péripétie sans grand intérêt est en train de virer à l’affrontement gouvernemental par médias interposés. Tout a débuté par une mauvaise blague : lors d’une inauguration, Bernard Laporte a déclaré officiellement qu’il n’était pas le père de l’enfant de Rachida Dati. (ce que nous savions..) Sur le coup, la ministre a bien ri, mais quelques jours plus tard, elle a traité avec mépris ce qu’elle considère comme de la grossièreté. Entre temps, les conseillers en communication sont passés par là…

Extraits.
« Je ne suis pas l’enfant de Rachida Dati« . C’est par ce lapsus que Bernard Laporte a une nouvelle fois démenti qu’il n’était pas le père de la fille de Rachida Dati au micro de Jean-Pierre Elkabbach sur Europe 1. Visiblement excédé par la pluie de critiques qui s’est abattue sur lui ces derniers jours, le secrétaire d’Etat aux Sports s’agace de voir sa boutade se transformer en couac gouvernemental. Il a donc tenu à faire une nouvelle mise au point hier en revenant sur les circonstances de ses premières déclarations.
Et la version entre Rachida Dati et Bernard Laporte diverge. Selon lui, elle était au courant de sa blague puisqu’il le lui avait dit cinq minutes avant. D’ailleurs, CANAL+ avait montré des images de la scène où l’on voit la ministre rire aux éclats après la boutade de Bernard Laporte. Mais, quelques jours plus tard, sur le plateau de France 2 dans l’émission « A vous de juger », changement de ton, la ministre traite avec mépris ce qu’elle considère comme une grossièreté. La joute verbale aurait pu s’arrêter là. Sauf que Bernard Laporte en a remis une couche hier sur Europe 1, comme l’a relevé DeSourceSure :

« D’abord, elle était au courant parce que je lui ai dit cinq minutes avant (…) après, effectivement, les gens de la communication, ils sont très importants les gens de la communication, ils ont dit : ‘c’est pas bien' ».

Du coup les conseillers de Rachida Dati reviennent sur le devant de la scène
L’affaire des communicants de Rachida Dati vient de rebondir. Tout a commencé en juillet 2008, quand le site d’information Rue89 révélait que près de 30 personnes au ministère et dans sa mairie du VIIème arrondissement de Paris étaient en charge de la communication de Rachida Dati. A l’époque, la presse n’avait pas relayé l’information, se contentant d’annoncer le lancement du blog vidéo de la ministre de la justice. Mais l’affaire des communicants a été relancée par le site d’information Mediapart la semaine dernière : selon le journal dirigé par Edwy Plenel, la ministre de la Justice aurait constitué début septembre une sorte de cabinet fantôme en charge de sa communication en récupérant 11 agents du ministère, dans un cadre juridique plutôt flou. Le ministère dément mais Mediapart maintient ses informations. Décryptage.

Une ministre de la Justice entourée de… 30 communicants ?
La communication a envahi toute la sphère politique depuis plusieurs années. En 1992, le garde des Sceaux de l’époque, Michel Vauzelle, employait une seule attachée de presse. Son successeur, Pierre Méhaignerie, avait un conseiller en communication et une attachée de presse. Autre temps, autres mœurs. Selon Rue89, la ministre de la justice, Rachida Dati, aurait près de 30 communicants dans son staff : 14 personnes travaillent pour le site du ministère de la justice et le blog de la ministre. Sur ces 14 personnes, au moins 5 personnes font partie de son entourage direct, à commencer par son porte-parole, son attachée de presse, un stagiaire et deux assistantes. Outre ces 14 personnes, la ministre a également des communicants à la mairie du VIIe arrondissement dont elle est élue depuis mars. L’attachée de presse de la mairie a d’ailleurs confié à Rue89 qu’elle travaillait en étroite collaboration avec les conseillers en communication de la ministre… au ministère.
Rachida Dati a donc constitué une véritable armée de communicants, au ministère et à la mairie. Cette équipe de communication bien fournie a été complétée en septembre dernier par 11 fonctionnaires du Scicom (Service central de l’information et la communication) qui viennent d’être rattachés au cabinet de la ministre. Au total, Rachida Dati serait donc entourée de pas moins de 30 communicants. Et selon les dernières révélations de Mediapart, les 11 fonctionnaires qui ont rejoint son staff travailleraient sans aucun cadre juridique. Ils n’apparaissent même plus dans l’organigramme du ministère.
Depuis septembre, 11 agents travaillent pour la ministre dans un cadre juridique flou

Au nom d’une rationalisation administrative, le ministère de la Justice a changé son organisation interne pendant l’été. Jusqu’à présent, une distinction était faite entre la communication institutionnelle d’intérêt général (actualité du ministère, des cours d’appel, des tribunaux en région…) et la communication de la ministre, plus politique, destinée à redorer une image écornée par la presse et internet. La communication de l’administration judiciaire était confiée jusque là aux 40 fonctionnaires, membres du service central de communication du ministère (Scicom). La communication de la ministre était assurée par ses collaborateurs.
Le 11 juillet dernier, un arrêté publié au Journal Officiel a remis en cause cette organisation : les effectifs du Scicom ont été divisés par deux et le service a été reconverti en « département de l’information et de la communication » (Dicom), qui n’a conservé qu’une vingtaine d’agents dans des fonctions définies de manière très floue : « outils de communication », « événements ». Mais, surtout, la ministre s’est attachée les services de 11 anciens fonctionnaires du Scicom… sans que ceux-ci n’apparaissent dans l’organigramme du ministère et sans décret au Journal Officiel. Selon Mediapart, ces collaborateurs, sans existence juridique et qualifiés d’agents « fantômes » dans un courrier interne de la CFDT, sont placés sous l’autorité du porte-parole du ministère et sont venus renforcer le service de communication de la ministre.

Le ministère dément ces accusations mais le doute persiste

Interrogé par Mediapart, le porte-parole de Rachida Dati assure que ces fonctionnaires, en charge de la communication institutionnelle, et non de celle de la ministre, ont des missions purement logistiques. En clair, ils ne sont pas au service de la ministre, mais bien du ministère, comme auparavant. Ils seraient toujours en charge de la revue de presse, de la gestion des abonnements de presse, de la rédaction des communiqués et des dossiers de presse pour les évènements institutionnels.
Malgré ce démenti, plusieurs questions restent en suspens. Tout d’abord, ces agents travaillent bien dans un cadre juridique flou puisque le porte-parole a confirmé que le ministère devait publier un décret pour clarifier leur situation administrative. Par ailleurs, le doute persiste sur la nature de leur travail car s’ils effectuent toujours la même tâche qu’auparavant, s’ils ne travaillent pas pour la communication de la ministre mais pour la communication institutionnelle, pourquoi n’ont-ils pas été rattachés au nouveau service prévu à cet effet, le  » Dicom  » ? Enfin, toujours selon Mediapart, certains juristes de la chancellerie s’inquiéteraient d’une situation qui pourrait s’apparenter à une appropriation des moyens de l’Etat au service d’une seule personne, la ministre. Et certains d’aller plus loin en expliquant qu’un recours sur le sort de ces agents pourrait avoir lieu devant une juridiction administrative.

Quoi qu’il en soit, cette affaire n’arrange pas la ministre, dont la côte de popularité a considérablement baissé depuis un an selon le baromètre TNS-Sofres pour le Figaro-Magazine. 59% des personnes interrogées en juillet 2007 souhaitaient « lui voir jouer un rôle important au cours des mois et des années à venir », elles ne sont plus que 33% en juillet 2008. Pour retrouver sa popularité d’antan, Rachida Dati compte donc sur une meilleure communication…

Politique.net

La vidéo qui a lancé la rumeur
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2 réponses à “Rachida Laporte et les communicants”

  1. bonjour Bravo Françoise, tu as raison. Il faudrait qu’elle prenne sa retraite définitive, enfin en politique. De toute façon je pense qu’elle ne fait qu’exécuter les ordres. C’est dommage. C’est vrai que c’était un beau symbole. Avec ce gouvernement tout n’est qu’apparence de démocratie, mais quoi que l’on dise où que l’on fasse ils ne font que se qu’ils veulent et c’est très dommage pour tous, car la fin ne peut être que triste.

  2. Françoise Bonnin dit :

    Il est effectivement urgent que Rachida prenne le congé de maternité auquel elle a droit.

    La justice française quoiqu’elle en dise, est toujours l’une des plus mal loties des pays développés.
    La politique du tout répressif a engorgé dangereusement nos prisons qui restent la honte de l’Europe.
    La réforme de la carte judiciaire, simple construction artificielle a plongé un grand nombre de justiciables dans le désarroi et va aboutir à un accès difficile voire impossible pour eux au Droit.

    Ce ministre malgré la symbolique qu’elle représentait, malheureusement détournée de son sens, s’est mise à dos l’ensemble des acteurs du monde judiciaire à tel point que lors de la convention de Lille qui réunissait 5000 avocats, même les plus à droite d’entre eux l’ont sifflée, tout en applaudissant debout Martine Aubry!!!

    André Bonnin, avocat, ancien bâtonnier du barreau de Rochefort « impacté » par la réforme de la carte judiciaire…

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