Section socialiste de l'île de Ré
Le courage, c'est de chercher la vérité et de la dire. Jean Jaures – Psiledere@aol.com

6 novembre 2008

Et Sarkozy « the american » devint anachronique…

Filed under: 03 - Economie,09 - Evènement,20 - UMP — iledere @ 6:21

Le blog de l'île de RéL’Amérique a donc choisi Obama. Une révolution culturelle pour un pays marqué historiquement par le communautarisme et l’esclavage. En France, Nicolas Sarkozy s’est toujours prévalu d’un atlantisme décomplexé.

Sarkozy, l’ami français de G.W. Bush

En septembre 2006, Jacques Chirac encore président avait mal supporté le déplacement de son ministre de l’intérieur à l’occasion de la commémoration du 11 septembre 2001. Ce dernier s’était permis d’excuser la France pour son « arrogance » auprès du président américain.
« Je reconnais que la France n’est pas exempte de reproches : bien qu’il me semble que nos désaccords aient souvent été légitimes, il y a différentes façons de les exprimer. Il n’est pas convenable de chercher à mettre ses alliés dans l’embarras, ou de donner l’impression de se réjouir de leurs difficultés. J’ai toujours préféré l’efficacité dans la modestie plutôt qu’une grandiloquence stérile. Et je ne veux pas d’une France arrogante et pas assez présente. » (Nicolas Sarkozy, discours le 12 septembre 2006.)
Sarkozy fustigeait donc à l’époque cette arrogance qu’il s’est appropriée depuis et qui lui est très souvent, trop souvent, reprochée par nos alliés européens…

Et Sarkozy aimait alors à proclamer « En France on m’appelle Sarkozy the american » avec son pitoyable accent indigne d’un lycéen anglophobe. Il vantait son modèle qu’il voulait vendre à la France : « Voici un pays qui connaît le plein emploi depuis près de quinze ans, un pays où la croissance économique est chaque année supérieure à la nôtre d’un point ou un point et demi, un pays où la démocratie combine harmonieusement l’alternance et la stabilité politique. Enfin un pays qui, en matière d’intégration, montre l’exemple : La moitié des prix Nobel y sont d’origine étrangère. Je ne suis pas un admirateur aveugle des Etats-Unis. Mais tout observateur de bonne foi devrait considérer que c’est un bilan qui n’est pas honteux, et que nous n’avons aucune raison d’être fâchés avec le peuple américain. » (source : Sarko2007)

Depuis, ces beau discours ont montré leurs limites : du bourbier Irakien au piège Afghan, les Etats Unis guerriers ont accumulé les erreurs, accompagnés par un Sarkozy devenu Président qui n’a eu de cesse de renforcer la présence militaire française au coté de son ami Bush… Quand au modèle économique, le monde entier peut en juger quand les pires effets sont encore à venir. Nous aurons la décence de passer sous silence le modèle social, quand plus de 40 % des travailleurs, aux USA, n’ont pas d’assurance maladie et que les retraites par capitalisation vont jeter dans la misère les travailleurs en fin de vie professionnelle…

Le blog de l'île de RéAmerica
Sarkozy revendiquait le modèle américain : le faible chômage lié pour lui à la possiblité de licencier aisément, les crédits hypothécaires qui furent une de ses promesses de campagne aux français, ou Tom Cruise, porte parole de la scientologie, reçu comme un chef d’Etat et qui montra à quel point notre chanoine de Latran était attaché à la laïcité !!!
A cette époque, tout est bon de l’autre côté de l’Atlantique pour le Sarkozy candidat qui se montrait même en jean, à cheval en Camargue, comme un Georges W. Bush de pacotille, suivi par des journalistes dociles entassés comme des moutons dans une charette…
Pour ses premières vacances présidentielles à l’été 2007, il rendit visite au président Bush. En novembre 2007, le président français a connu son heure de gloire américaine en s’exprimant devant le Congrès.
En France il se faisait le prosélyte de la théorie économique du ruissellement chère aux néo-libéraux, le « trickle down effect ». Mot à mot, le « ruissellement vers le bas » de la richesse. Sous-entendu, plus les riches s’enrichissent, plus les pauvres en profiteront : c’est la politique Reagan, qui a conduit à une explosion des inégalités. C’est avec cette théorie que Sarkozy justifiera les 15 milliards d’Euros offerts aux plus fortunés de nos concitoyens, sous le nom de « bouclier fiscal » ou loi TEPA… Censée créer un « choc de confiance« , cette théorie qui fut désastreuse pour les inégalité aux USA, n’a eu à ce jour aucun effet bénéfique sur l’économie française, et n’a même pas ramené au bercail les amis expatriés de Sarkozy…

A l’été 2007, Sarkozy n’a pas mesuré l’importance de la crise des subprimes. Un an plus tard, la tourmente financière, née en Amérique, emporte les places boursières mondiales. Sarkozy part un week-end en compagnie de Carla Bruni. Il ne sait pas quoi dire et prononce quelques platitudes en faveur d’une rénovation du système financier mondial (que dire d’autre ?). Il attendra encore 10 jours, à Toulon, pour commencer à se saisir du problème.

Barack Obama, lui, défend une vision différente de l’Amérique idéalisée par Sarkozy. Il promeut davantage de régulation, comme une assurance maladie accessible au plus grand nombre car sponsorisé par l’Etat (quand son rival McCain en restait à soutenir le « marché libre » pour baisser les coûts de santé), ou le développement des médicaments génériques.
En matière de politique étrangère, Barack Obama a pris de court le rapprochement sarkozyste. Il s’est déclaré en faveur d’un retrait américain de l’Irak. Pragmatique, il reste interventionniste, et souhaite le renforcement des actions américaines en Afghanistan, voire au Pakistan. Le président français le retrouvera là-dessus.

« je crois toujours que l’Amérique est le dernier et le meilleur espoir de la planète. Il faut simplement montrer au monde pourquoi. Le président actuel [Bush] occupe la Maison-Blanche, mais pendant ces six dernières années le poste de « leader du monde libre » est resté vacant. Il est temps de l’occuper ». B. Obama.

Dans la nuit du 4 au 5 novembre, Barack Obama a prononcé son discours de victoire devant 70 000 personnes à Chicago qui scandaient : « Yes we can« . « Tonight, change has come to America« . Il a célébré une Amérique réunie, loin des divisions communautaires. Mais il a prévenu : « il y aura des échecs et des désaccords. mais je vous préviendrai pour en discuter. »

sarkozy va avoir à redécouvrir l’humilité pour faire oublier ses embrassades avec Geoges W. Bush, et doit regretter aujourd’hui, de n’avoir pas eu, lui aussi, une angine blanche au bon moment…

Alain Renaldini

2 réponses à “Et Sarkozy « the american » devint anachronique…”

  1. jean luc dit :

    Bonjour Alain,

    Sarkozy : éternel opportuniste, change de veste comme de chemise. « j’ai changé » disait-il, on connaît la musique. Attention, le Président OBAMA est plus grand que lui pas seulement en taille.

    Toutes mes Amitiés

    Jean-Luc

  2. bonjour, votre analyse est très intéressante mais il me semble que S….va oublier momentanément ce qu’il avait dit pour répéter ce que dit Obama. Il est comme cela, une girouette qui tourne avec le vent. Mon espoir c’est que le nouveau président américain le remette à sa place calmement et poliment comme il sait bien le faire.
    Quoiqu’il arrive une page très importante a été tournée et cela en soit c’est formidable.

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