Section socialiste de l'île de Ré
Le courage, c'est de chercher la vérité et de la dire. Jean Jaures – Psiledere@aol.com

20 décembre 2008

Subprimes, Madoff… les boomerang sur le retour – Les doigts dans la crise

Filed under: 03 - Economie — iledere @ 5:23

le blog de l'île de RéLe dicton du jour (en vogue dans les cercles financiers) : « 99% des banquiers donnent une mauvaise réputation à tous les autres ».

Bernard Madoff s’offre une pyramide à 50 milliards de dollars. « Haro sur les escrocs ! » clament les érudits de tous les continents. Fannie, Freddie, spécialistes des Subprimes et autres « responsables » de la crise financière tapent dans les milliers de milliards, mais c’est la faute à pas-de-chance… Vraiment ?

Pyramide instable

Bernard Madoff a arnaqué la planète finance de 50 milliards de dollars. Le plus simplement du monde. Il promettait à de riches investisseurs des retours sur investissements hors normes : 11% par an, quelle que soit la météo. Et ça marchait. Et puisque ça marchait, de plus en plus d’investisseurs voulaient en être et le petit génie voyait affluer les milliards par palettes entières. Le hic, c’est que l’argent entrant n’était jamais investi, il servait simplement à rémunérer les intérêts des plus anciens et le reste finissait dans les poches de Madoff. Cette méthode s’appelle la « Pyramide de Ponzi« , du nom de l’inventeur de ce schéma. Elle fonctionne tant que les investisseurs se bousculent au bas des escaliers, poussant les précédents vers le haut. Mais lorsqu’il n’y a plus personne en bas de la pyramide, ou que quelques mauvais coucheurs demandent à retirer leur mise de départ, alors ça coince. L’ouvrage s’écrase, et ses ingénieurs restent prisonniers des décombres.

la crise financière

D’un Ponzi à l’autre
50 milliards de dollars. Un tremblement de terre dont l’onde de choc résonnera longtemps. Un milliard d’euros pour les banques françaises, au minimum, 3 milliards pour l’Espagne, autant pour la Suisse et la Grande-Bretagne, etc. Le monde entier se réveille éberlué. Ou presque. Girish Reddy, directeur financier de Prisma Partners, fonds américain d’investissement spéculatif, a déclaré au New-York Times : « les résultats étaient trop beaux pour être vrais et depuis longtemps« . Paul Jorion nous apprend aussi que Franco Modigliani, Prix Nobel d’économie, écrivait en 1992 : « une banque dans une position délicate ne doit pas automatiquement déposer son bilan tant qu’elle est à même de verser à ses épargnants des intérêts, faisant pour cela appel à ses réserves, ou liquidant certains de ses actifs, mais surtout, en utilisant la technique dite ‘de Ponzi’ : en attirant de nouveaux clients« . Revendre du capital pour financer des intérêts. Merci du conseil…

L’aspect frauduleux du système mis en place par Bernard Madoff cache pourtant un principe fondamental de l’économie mondiale actuelle. Les Subprimes en sont un exemple flagrant. En résumé, les Subprimes sont des prêts hypothécaires dont les taux d’intérêt sont au plus bas pendant deux années. Passées cette période de soldes, les intérêts grimpent en flèche, et ce, pendant une trentaine d’années. A la fin de la période à prix bradés, très peu revendaient leur maison. Ils profitaient plutôt de la hausse de l’immobilier pour renégocier un prêt plus avantageux leur permettant de rembourser les intérêts du premier. Ce qu’on appelle… la « finance Ponzi », un empilement de produits financiers qui fait finalement oublier l’investissement initial. Si le nombre d' »entrants » baisse, alors l’immobilier dégringole, et le système tout entier se bloque, totalement.

Mais si le cas de Bernard Madoff est clairement frauduleux, celui des Subprimes ne l’est pas… au même niveau. Il est maintenant avéré, depuis leur audition devant le Congrès US, que les dirigeants de Freddie Mac et Fannie Mae connaissaient (tous) les risques du système et qu’ils ont entrainé la planète finance dans leur sillage, consciemment. Ils ont aussi, pour l’anecdote, vendu des contrats incompréhensibles à leurs clients, en toute connaissance de cause. Le résultat final était connu d’avance mais ils ont foncé, tête baissée. La seule inconnue de l’équation était la date de l’explosion. Avidité et cupidité sont (toujours) bien récompensées !

Des Subprimes en forme de pyramide ?
Alors, non, les Subprimes ne sont pas une pyramide de Ponzi, mais les schémas se ressemblent terriblement. Dans les deux cas, les acteurs étaient conscients que la seule issue était l’implosion. Et si, dans le cas des Subprimes, le capital était bel et bien investi, il n’en constituait plus le centre du jeu, loin de là. Il n’était qu’un point d’entrée indispensable, finançant un empilement de crédits et de produits dérivés totalement démesuré, dont on savait qu’il s’écroulerait un jour. Arriva donc le moment où les investissements se firent plus rares, où les acteurs commencèrent à vouloir retirer leurs billes, et le château de carte s’écroula. Dans les deux cas.


par Napakatbra  pour « les mots ot un sens »
ismael Lo « Le Joola »
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 » Le Joola  » (ou  » Diola  » du nom de la principale ethnie de Casamance) qui assurait la liaison maritime entre Dakar et Ziguinchor via l’île de Carabane était un cordon ombilical entre la région Sud de Casamance et le reste du Sénégal. Il participait au désenclavement de la région et était essentiel pour son économie.
Depuis sa mise en service, en décembre 90, on se bousculait pour embarquer sur le ferry. La grande majorité de ses usagers était des commerçants, des « banas-banas » qui écoulaient leurs marchandises, fruits, poissons, huîtres, huile et vin de palme au marché Elisabeth Diouf du port de la capitale Dakar et dans tout le Sénégal.

Construit en Allemagne  » Le Joola  » était un transbordeur d’eaux côtières de 1.532 tonnes, 79m50 de long, une largeur de 12m50 et un tirant d’eau de 3m10. Sa cale de chargement de 450 m3 pouvait emporter 550 tonnes de marchandises, dont une dizaine de véhicules.
Immobilisé depuis le 13 septembre 2001, pour la réparation d’avaries mécaniques et le remplacement de son moteur bâbord, « Le Joola » avait reprit la liaison Dakar-Ziguinchor le 10 septembre 2002.
C’était toute une région qui respirait à nouveau et retrouvait le sourire. Cet événement était attendu par tous car pendant un an toute la Casamance s’est retrouvée un peu plus isolée dans son enclave entre la Gambie et la Guinée-Bissau.

Bon nombre de commerçants avaient arrêté toutes activités car la route devenue le seul moyen pour transporter les marchandises revenait beaucoup plus cher que le bateau et surtout beaucoup trop long pour les produits périssables.
860 km pour 14 à 20 h de trajet en contournant la Gambie, ou bien 450 km par la Transgambienne mais avec les « tracasseries » imposées par les douanes, plus la longue attente au bac de Farafégni pour traverser le fleuve Gambie.
 » Le Joola  » a quitté le port de Ziguinchor jeudi 26 septembre 2002 à 13h30 par temps calme pour effectuer sa troisième rotation depuis sa réparation. Avec officiellement 809 passagers à bord en possession d’un billet plus les 52 militaires membres de l’équipage.

Après 3h de descente du fleuve Casamance, le bateau a fait escale à Carabane où, toujours officiellement, 185 passagers et des marchandises ont été embarqués.
Le bateau s’inclinait fortement à tribord, mais à chaque escale à Carabane  » Le Joola  » est bondé de passagers qui s’ammassent aux bastinguages pour observer le pittoresque spectacle de l’embarquement, qui se fait par pirogues car il n’y avait pas de quai sur l’île.
L’escale à Carabane le 26 septembreAlors que  » Le Joola  » était prévu pour transporter 580 personnes, à 18h après l’escale de Carabane il y avait officiellement suivant la vente des billets 1.046 personnes à bord.
Plus les passagers montés sans billets et les nombreux enfants de moins de 5 ans pour qui aucun titre de transport n’est délivré …
Beaucoup de commerçants casamançais, mais aussi des touristes occidentaux, des étudiants se rendant à Dakar pour la rentrée scolaire, 32 enfants de 10 à 15 ans des écoles de football de Ziguinchor qui allaient à Fatick pour participer à un tournoi.
Pendant l’escale de Carabane le ciel s’assombrit et une forte pluie a commencé à tomber. Quand  » Le Joola  » a quitté l’île la visibilité était quasiment nulle, le bateau à vite disparu dans le brouillard en direction de l’océan.

A 18h45 l’équipage a envoyé un message au centre de coordination des opérations de la Marine à Dakar, pour indiquer que le navire était sorti du fleuve Casamance et qu’il poursuivait normalement sa traversée dans l’océan. Le temps était calme mais très pluvieux.

Le dernier appel a été donné à 22h pour signaler que tout allait bien à bord.

Un peu avant 23h  » Le Joola  » naviguait à 40 km des côtes de la Gambie à environ 170 km au sud de Dakar dans une mer houleuse avec des coups de vents à 50 Km/h et sous une forte pluie. Comme à chacun de ses voyages au restaurant l’ambiance était à la fête et l’orchestre faisait danser les passagers.

Le naufrage du Joola au large de la Gambie Tout c’est passé très vite, des bourrasques de vent ont accentué l’inclinaison du ferry, pour s’abriter du vent et de la pluie beaucoup de passagers se sont précipités en masse du côté bâbord ce qui a brusquement accentué le déséquilibre du navire, tout le monde a glissé vers le même côté en tombant les uns sur les autres, l’inclinaison du bateau étant trop forte il s’est renversé sur le côté et l’eau s’est engouffrée par les hublots,  » Le Joola  » a chaviré brutalement en moins de cinq minutes …

Les passagers sur le pont se sont jetés à l’eau. Ceux restés à l’intérieur, surpris ou saisis dans leur sommeil, n’ont pas eu le temps de s’équiper de gilets de sauvetage. Dans l’obscurité seulement quelques personnes ont pu s’extraire du bateau en brisant les hublots.

Deux Fran&ccedilais, Patrice Auvray et son amie Corinne, ont réussi à sortir du bateau, mais Corinne affaiblie par le paludisme a sombré après environ trente minutes de nage. Beaucoup d’autres passagers se sont noyés, ce n’était pas la tempête mais la mer était agitée par des creux de deux mètres et les bateaux de sauvetage ne se sont pas ouvert automatiquement car ils étaient sanglés …

Un seul radeau de sauvetage a pu être ouvert recueillant 25 rescapés.
22 autres passagers ont pu grimper sur la coque du  » Joola  » retourné. Parmi eux le Français Patrice Auvray et Mariama Diouf la seule femme rescapée du naufrage.

Ils ont attendu toute la nuit jusqu’à 7h du matin avant d’être secourus par des pêcheurs en pirogues …

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