Section socialiste de l'île de Ré
Le courage, c'est de chercher la vérité et de la dire. Jean Jaures – Psiledere@aol.com

2 janvier 2009

La communication politique et les NTICE (2)

le blog de l'île de RéAprès l’introduction, la suite…

Cyberpolitiques, cybercitoyens : les enjeux
Au départ, la communication politique désignait l’étude de la communication du gouvernement vers l’électorat, puis l’échange des discours politiques entre la majorité et l’opposition. Ensuite le domaine s’est élargi à l’étude du rôle des médias dans la formation de l’opinion publique, puis à l’influence des sondages sur la vie politique.
Aujourd’hui, elle englobe l’étude du rôle de la communication dans la vie politique au sens large en intégrant aussi bien les médias que les sondages, le marketing politique et la publicité avec un intérêt particulier pour les périodes électorales. Cette définition extensive a l’avantage de prendre en compte les deux grandes caractéristiques de la politique contemporaine : l’élargissement de la sphère politique et la place croissante accordée à la communication, avec le poids des médias et de l’opinion publique.

La communication politique apparaît comme « l’espace où s’échangent les discours contradictoires des trois acteurs qui ont la légitimité à s’exprimer publiquement sur la politique et qui sont les hommes politiques, les journalistes et l’opinion publique à travers des sondages ».
Cette définition insiste sur l’idée d’interaction de discours tenus par des acteurs qui n’ont ni le même statut ni la même légitimité mais qui, de par leurs positions respectives dans l’espace public, constituent en réalité la condition de fonctionnement de la démocratie de masse.

Cette interaction n’est possible que dans le cadre d’une démocratie, reconnaissant le droit à l’expression et l’égalité des opinions, qui modèlent les nouveaux contours de la politique. En effet, l’irruption d’Internet dans la communication politique a profondément bouleversé les relations entre les médias traditionnels et les hommes politiques.
L’espace public tel qu’on le connaissait jusqu’alors a changé : de nouveaux acteurs politiques communicants sont apparus, et les acteurs déjà présents ont dû modifier leurs modes de communication. La communication politique sur Internet passe en France, comme ailleurs, par deux modalités : une première communication, officielle, émanant des partis ou des candidats eux-mêmes, respecte à la fois la loi et les règles tacites de respect et de bienséance qui sont l’usage dans le milieu politique ; mais il existe également une autre communication, qui peut être nettement plus agressive, et utiliser des moyens d’attaque parfaitement illégaux des adversaires politiques, ce qui est alors plutôt le fait de militants motivés ou de sphères de e-militants. Internet est donc à la fois un outil de dialogue et une arme de combat au service du politique.

Internet, VITRINE des partis politiques et support PRIVILÉGIÉ pour la revendication partisane
Selon Stéphane Grégoire, « sur le net, le respect du pluralisme vient de la facilité d’accès au réseau. C’est un média peu coûteux, on peut y rester longtemps, voire en permanence, pour un coût mineur » ; en effet, aucune fréquence de passage, de découpage d’horaire, de restriction de temps de parole n’a lieu d’être, le parti peut être représenté de façon ininterrompue, sans être invité par une quelconque « émission », l’Internet pallie alors au manque de visibilité de certains représentants de partis politiques et, de ce fait, favorise le débat électoral par le pluralisme qu’il entretient.
Les sites Internet des partis politique sont une vitrine de la vie interne du parti, ils témoignent d’une idéologie et d’un mode de fonctionnement. A gauche comme à droite, le rôle principal de leurs sites Internet est de faire passer une idéologie, un programme auprès du public sans passer par le filtre des médias traditionnels.

Ils sont également un outil de militantisme : tracts, affiches, brochures sont téléchargeables sur la majorité des sites. Nous pouvons constater que lors de la campagne pour la présidence de la République, tous les candidats avaient pris le soin de faire inscrire sur leur pupitre ou sur la toile de fond pour les discours (qui reprenait aussi les logos et couleur du parti), le nom du site référant, du site officiel du candidat.
Cela pourrait paraître anecdotique mais la pratique reste très récente et suppose de la part des équipes de campagne une volonté d’élargir leurs champs d’action et leur possibilité d’atteindre de nouveaux publics. L’Internet fait partie intégrante de ce nouveau mode de communication : chaque tract, programme, stickers ou autres produits dérivés fait référence aux sites partisans ou aux sites institutionnels.
Cette pratique communicationnelle pourrait presque s’apparenter à du marketing viral, l’objectif recherché est d’amener les électeurs à consulter ces sites dans lesquels il retrouve, de manière interactive et à la demande, les informations dont ils ont besoin.

A titre d’exemple, la LCR propose en téléchargement des tracts spécifiques par secteurs d’activités et section géographique, adaptant ainsi ses outils comme ses réponses aux problèmes locaux. Les sites sont également des vecteurs de formation et d’information pour leurs militants. Le MPF comme le FN propose une lettre d’information. Les Verts se sont dotés d’un Intranet et peuvent ouvrir des groupes de discussion afin de débattre et d’échanger. L’UDF, comme l’UMP, mettent à disposition un flux RSS afin de « retrouver toute l’actualité » du parti.
Les sites nationaux des partis sont souvent la partie immergée d’un réseau plus dense de sites amis (journaux en ligne, représentation locale, associations…). Le PCF, lui, peut compter sur les nombreux sites de ses fédérations départementales comme du site du quotidien l’Humanité, quant au Front National, il s’appuie sur une quinzaine de sites locaux et quelques sites associés.

Tous les cadres dirigeants se sont rapidement appropriés les outils de communication du web en créant leurs pages personnelles, leur blog et élargissant leurs réseaux sur la toile. Cette prise de position et cette démarche de représentation et d’existence sur la toile participe à ce que l’on pourrait appeler la « net-politique », par analogie à la définition de la net-économie, la net-politique est « l’ensemble des activités politiques ayant pour support les nouveaux médias, dont Internet fait partie ».
Ce nouveau moyen de communication entraîne de nouveaux modes de communication : la net-politique n’est pas la simple transposition de la politique traditionnelle sur un média neutre et inerte, elle emprunte des canaux qui ouvrent de nouvelles perspectives à l’information, à la mobilisation, à l’engagement, à la participation politique et à l’action civique.
Le réseau a aussi joué un rôle dans le renforcement ou la légitimité du positionnement de certaines candidatures ; on se souvient bien entendu de l’apparition de Ségolène Royal au moment de la campagne interne du PS qui s’est beaucoup appuyée sur le site « désirs d’avenir », ses débats participatifs en ligne et la constitution d’un réseau de comité locaux à la marge du PS.
En plus de ses actions vers la presse quotidienne régionale (PQR), François Bayrou, lui, s’est aussi beaucoup reposé sur le Net pour asseoir sa stratégie, aidé en cela par le dynamisme des jeunes centristes et leur blogosphère. Dans une moindre mesure (surtout parce qu’il n’a pas réussi à collecter les 500 signatures), on se souviendra de l’apparition de Rachid Nekkaz, candidat inconnu, qui s’est largement appuyé sur les grands médias citoyens et leurs réseaux pour se faire un nom.

En 2007, le programme du candidat n’a plus uniquement été l’affaire d’experts et le média Internet a permis aux simples citoyens de se faire entendre des candidats. Ségolène Royal l’a érigé en système avec un dispositif de débats participatifs très abouti, d’autres, comme Nicolas Sarkozy et François Bayrou, ont beaucoup consulté les commentaires et sollicité les questions des internautes.
Dans cette perspective nous avons pu assisté à l’émergence du « net-citoyen », appelé aussi « cyber-citoyen » ou « cyber-militant ». Le président du Sénat, Christian Poncelet parle même de «la facilité et l’instantanéité de l’interaction entre ce qui se fait à la base et ce qui se décide au sommet [qui] sont amenées à changer inévitablement la nature de la relation entre le citoyen et l’autorité politique. C’est en ce sens que l’on peut en effet considérer la naissance d’une nouvelle forme de citoyenneté, plus ouverte, plus dynamique et participative : une cybercitoyenneté ».

L’Internet est alors apparu comme une alternative à la communication politique traditionnelle, en instaurant une nouvelle façon de communiquer entre les gouvernants et les gouvernés. La masse et la diversité des informations véhiculées par l’Internet et la possibilité de participation offerte à chacun constituent autant d’expressions de la liberté démocratique. C’est à ce titre une forme de renouvellement pour la politique (entendue au sens générique), qui participe au décloisonnement de la société et qui inscrit les cyber-citoyens dans une logique de réseaux interactifs où l’information est accessible à tous, où chacun peut intervenir à tout moment. Cette prise de parole est véritablement une prise de parole du public, on constate d’ailleurs l’émergence d’un espace public alternatif, circonscrit au public des internautes, en marge des appareils traditionnels de représentation et de relais d’opinion qu’incarnent historiquement les partis politiques et les médias : cet espace accueille l’apparition d’initiatives politiques et citoyennes.

Le web offre ainsi la possibilité technologique de connecter entre eux l’ensemble des citoyens, de reconstituer une « agora antique », et de restaurer au travers des groupes de discussion (newsgroups) le débat et la confrontation d’idées. Il est impossible évidemment de répertorier l’ensemble des sites, tellement ceux-ci sont nombreux, mais il est essentiel de prendre conscience de la nature politique de l’Internet et la nature de la politique telle qu’elle s’exprime sur Internet.

Source « mémoire on line »
Communication politique et communication électorale sur l’Internet par Marjorie Pontoise
Université Panthéon Assas Paris II – Master 2 Recherche Droit de la communication

Vangelis Papathanassiou « Chariot of fire« 
[youtube=http://www.youtube.com/v/TYJzcUvS_NU&hl=fr&fs=1]

14 réponses à “La communication politique et les NTICE (2)”

  1. Roger dit :

    La grignette : un petit tuyau . En or !

    http://bea.hautetfort.com ( courage … )

    nettement mieux : http://cdrv.hautetfort.com

  2. haha dit :

    et je précise que je serai le premier à me réjouir de la réussite de leur travail… Seulement, à l’expérience, j’ai quelques doutes. il m’a semblé que le premier fédéral en avait aussi…

  3. haha dit :

    La grignette précise : « Il est bien entendu que les signataires de DA n’ont pas été tenus au courant de ces choses »

    Pourtant ils étaient nombreux à cette réunion, dont certains ont pris une parole auquel ils n’avaient pas le droit….
    Peu importe, il faudra assumer les responsabilités exigées… Et je ne doute pas que certains (notre webmestre doit en faire partie) seront vigilants quant au rapport « responsabilités exigées/responsabilités assumées »… Je crois qu’il va falloir que certains se sortent les mains des poches… Au boulot les grandes gueules…

  4. La Grignette dit :

    @ haha
    Il et bien entendu que les signataires de DA n’ont pas été tenus au courant de ces choses. Je suis donc en complet désaccord avec eux, avec les conséquences à suivre. Il est vrai que JF aurait été un parfait formateur, malgré les charges que cela lui aurait imposées. Rien ne nous empêche de nous adresser à lui pour ce faire.

    @ le Belge

    On peut le joindre comment ton blog ?

  5. haha dit :

    le belge a dit : « les Ségolénistes feraient mieux de se consacrer à la formation interne, ce qui aurait le double avantage de causer un échange militant ET de faire bouger le Parti »

    Pour nous dans la fédé de charente maritime c’est déjà gagné car le secrétariat à la formation a fait l’objet d’une lutte entre une camarade de la motion E qui l’a emporté face à un camarade de la motion A jugé incompétent pour cette raison. Dommage il est au Conseil d’Etat et son passé universitaire parlait pour lui…

    Quoiqu’il en soit la nouvelle secrétaire à la formation va certainement oeuvrer, pas plus tard que bientôt pour la formation des militants et nous allons pouvoir enfin bouger… Nous attendons son projet de formation avec impatience.

  6. Belgo4.0 dit :

    je roule pour mes Camarades du Parti, tout simplement. Comme mon père et mon grand-père.

    J’ai remarqué que nous autres encartés nous donnons trop souvent des leçons aux autres, en oubliant de nous étudier nous-mêmes. Plus exactement (tu devrais trouver je pense sur eMule « les Enfants du Borinage », un excellent documentaire récent sur ma fédération belge d’origine), les ELUS donnent des leçons (dont le célebre « j’ai remarqué que la misère est plus supportable au soleil »), tandis que nous assumons.

    Nous connaissons tous maintenant les limites du Parti Socialiste.
    Soit on les dépasse, soit on se résigne.

    Pour les dépasser, et provoquer un regain, il faut tirer une analyse des faits, et des conclusions pour l’avenir. Et en effet ça passe par la formation. Ta proposition de blog est intéressante quoiqu’assez césariste ;-) . J’ai un blog, mais je m’y contente d’y faire réfléchir mes concitoyens. Pour la formation interne, je pense que c’est aux militants de s’y consacrer. Je me bats en ce sens depuis CINQ ANS dans ma Fédération, et l’actuel Fédéral en a vidé le principe. Je pense toutefois que le vase se remplira par voie militante : la nature a horreur du vide.

    Laisse-moi te dire d’ailleurs qu’au lieu d’élever les bras dans DésirsdAvenir, les Ségolénistes (je n’ai pas dit les Royalistes, attention :-) ) feraient mieux de se consacrer à la formation interne, ce qui aurait le double avantage de causer un échange militant ET de faire bouger le Parti….

    « le Belge »

  7. La Grignette dit :

    @ « Le Belge »
    Tes avis ressemblent à s’y méprendre aux cours « d’Action Psychologique en temps de répression des émeutes » !
    Tu en as des définitions qui me font me souvenir…
    Pour qui roules tu ?
    Tu carbures à quoi ?
    Tes attaques incessantes contre Ségolène Royal et d’autres camarades ainsi que d’autres groupes de gens hors parti ressemblent à de la paranoïa. Si ce n’est pas cela, tu joues la mouche du coche ou la Calliphora vomitaria ?
    Je ne doute pas de ta grande érudition, mais saches qu’elle serait bien plus productive si tu les répandais sur un blog particulier sous forme de cours et non sous forme d’énigmes résolvables que par des initiés. Cà ce serait rendre service aux militants, parce que quoi que en dise il savent lire, réfléchir et couper l’alimentation de leur ordinateur quand cela va trop loin.
    Excuses moi, Alain, mais dans mon état je ne peux prendre que du paracétamol et seulement à dose quotidienne restreinte, et le mal de tête, je l’ai eu tout à l’heure à ma première lecture de cet article et des commentaires…

    Alain, en gros, j’ai bien compris ton exposé. Reste une mise en place du bas vers le haut et ensuite du haut vers le bas. Y aurait-il un moyen d’aller plus vite ?

  8. la main gauche,

    Dans l’état où tu erres, l’aspirine ne sert à rien… Essaie le picon-bière-rhum… C’est souverain…

  9. La main gauche dit :

    A bien réfléchir, Jaurès avait peut-être tort… sur les races… ceux qui ont la migraine et…ceux qui ne l’ont pas !! ;-)

    La comm pour expliquer, ça me semble honnête, mais, dans la fusée communicaton, il y a parfois étages séparés avec ceux qui expliquent ( avec plus ou moins de convictions et de sincérité) et ceux qui savent se servir de ceux qui expiquent pour tout autre chose en réalité. Et la communication s’écartant trop régulièrement des intentions, elle finie par devenir un espèce de truc surréaliste qui voyage tout seul et fait élire que sur ce seul critère.

    Bon je m’rentre prendre 2 aspirines et méditer sur ma propre désindividuation

  10. Tu as raison Serge, mais les meilleures intentions du monde, les meilleurs programmes ont besoin d’être expliqués pour obtenir l’adhésion des électeurs. Et c’est là qu’intervient la communication !!!
    C’est pourquoi celle-ci est si importante puisqu’elle est l’outil qui va permettre de faire entendre des idées, d’expliquer des projets, de convaincre…
    Le peuple a peut-être des doutes sur nos capacités à répondre à ses attentes, mais pour lever ces doutes il faut utiliser des outils qui permettent d’entrer en contact et d’être entendu, compris puis soutenus…
    Du boulot en perspective pour nos camarades en charge de la communication…

  11. Serge dit :

    Analyse certainement très pertinente qui me dépasse.

    je suis plus axé sur les difficultés que rencontrent les plus démunis, les travailleurs pauvres, les chômeurs……

    Si la gauche s’est érodée au fil du temps, c’est le fait que le Peuple a des doutes sur la capacité de la gauche à faire une politique sociale répondant à ses attentes.

    C’est le « traitement de la vie quotidienne » qui pourra amener une majorité de français à se reconnaître dans notre mouvement.

  12. Belgo4.0 dit :

    je suis tout à fait d’accord et jusqu’aux dernières lignes,
    d’autant que je m’intéresse aux clubs-services comme piliers de la Droite, et qu’on y enseigne ces techniques, soit par le biais de conférences (Ron Hubbard a donné des conférences au Rotary), soit par le biais de formations pour décideurs (or le Rotary, tu le sais sans doute, compte les 3 plus hauts personnages de l’Etat, soit comme membres d’honneur, soit comme Membres actifs (Accoyer, et maintenant Larcher)).

    Rien n’empeche les Sections de transmettre ces notions aux militants, par le biais de la formation ;-) , par exemple. Apres tout, une conférence via un club associé permettrait de s’ouvrir à des tas de notions, y compris les effets secondaires des 35h, les techniques sociales d’influence, ou meme des élements de technique normative (les reglements, les lois)

    Qui sait dans nos rangs que le MeDef rétribue un service spécialisé dans la rédaction d’amendements législatifs ? Qu’avons-nous à opposer ?

    Pour y répondre, il nous faut informer et former, car ces techniques, dont tu dis fort justement qu’elles n’intéressent que peu de lecteurs, sont des techniques de DECIDEURS.

    Or précisément Internet, c’est non seulement une virtualité personnelle, mais c’est aussi un partage de décision (site collaboratifs, site myfab.com, par exemple).

    Il me semble tout à fait symptomatique d’une série de tabous français que les sites de blogs se LIGUENT, que les droits fondamentaux y soient peu respectés, tandis que les sites commerciaux (les plus nombreux) sont individualisés et abondamment réglementés, il me semble tout à fait français qu’on n’ose pas sur les sites (mais là encore c’est une législation typiquement française) aborder les questions de vie privée lorsqu’elle est liée à la vie publique. Par exemple les liens entre DEXIA, Elio Di Rupo, Richard Miller et Axel Miller. Ou encore les liens « fraternels » entre Dray, Bauer, Valls et Sarkozy. Ou encore les liens de famille « spirituelle » entre Sarkozy et la famille Bouygues, ou encore la structuration du réseau fabiusien, ou du réseau strauss-kahnien.

    Tant sur Internet que dans la vie réelle, on dirait que les Français ont peur de se regarder eux-mêmes. Dans ce sens, une militance Internet, même virulente contre la Droite, ne serait qu’un exutoire, une catharsis, et non un moyen d’embrayer la réalité.

    Ces tabous sont les héritages de violences sociales (euphémisme) bien françaises et on dirait, avec de la distance, que la loi conforte ces violences plutot que de les résoudre. Mais on rejoint là cette idée perturbante des effets secondaires ou collatéraux de toute mesure sociale-humaine-politique…

    C’est attendrissant pour un type comme moi : vous subissez des violences réelles, et vous chantez !!…vous restez dans le performatif…
    Attention, hein, j’explique cela comme une somatisation…

    Tu as raison à propos de la brutalité sous pseudo, mais je présume que toi et moi serons d’accord pour exprimer l’idée que cette brutalité est CAUSEE par des pressions sociales…et politiques. Il est tout à fait étonnant pour notre bonne foi (je pense traduire l’avis majoritaire de mes Camarades, sans y avoir mandat toutefois) que cette violence se retourne sur nous. C’est tout le sens, en tout cas, de ma critique du Royalisme.

    Notre analyse politico-sociale de ces violences constitue d’ailleurs la base de notre engagement, neh ? Mais la faire aboutir, cela nécessite je pense de creuser l’organisation – pour qu’elle dépasse ces lacunes – dans un sens actif, réel, opératif. Revenir sur la Charte d’Amiens, par exemple, ou sur le Congrès de Tours. Ce sont de rudes défis, car il faudrait, à supposer que ce soient de bonnes idées, énormément d’énergie pour contrebattre deux ou trois générations d’intériorisation de la violence.

    Mais à mon sens, un renouveau est possible sur la base d’un mouvement charté. Et charté par Internet. Charté au sens républicain…

    Amitiés socialistes,
    Pierre le Belge de Lille

  13. Merci Pierre pour tes conseils éclairés. Je ne veux pas non plus écrire ou publier d’articles trop complexes car la Psychologie sociale ou la psycho-sociologie est un domaine ardu et aride…

    Je connais bien sûr l’expérience de Milgram qui avait été popularisé par le film I comme Icare avec Montand.

    Le but de cette série d’article est plutôt de mettre en avant l’absolue nécessité de s’intéresser aux NTICE qui sont un outil performant de communication politique mais également de manipulation.

    Je ne souhaite pas entrer dans l’analyse de comportements tels que la « désindividuation en groupe » ;-)
    Pourtant cette notion permet d’expliquer la production d’actes que l’individu n’aurait pas commis seul.

    Comme tu le sais, l’effet de foule peut expliquer les comportements excessifs. Dans la foule, tout se passe comme si l’individu perdait ses inhibitions et diminuait son sentiment de responsabilité. La notion de désindividuation renvoie donc aux situations de foule qui provoquent chez les individus une perte de leur identité personnelle.
    Si l’on met cela en regard de certains comportement, disons frénétiques, voire fanatiques, je crains que cela soit mal interprété, car les actions en groupe laissent une trace qui pousse l’individu pris isolément à justifier son comportement pour ne pas se renier ou renier son appartenance au groupe.
    Le cas des supporters de football est assez éclairant, mais il n’est pas le seul exemple et le milieu politique n’est pas exempt de ces postures. J’ai quelques exemples en tête.

    Les blogs, par exemple favorise cette « désindividuation » qui est un état psychologique qui se caractérise par un affaiblissement de la conscience de soi, le fait de se sentir anonyme etant la condition qui favorise le plus la désindividuation.
    L’anonymat ou l’impossibilité d’être reconnu et identifié en tant de personne singulière réduit les inhibitions de chaque individu présent.
    Ceci explique la brutalité de certains commentaires…

    Je pense que les axiomes fondamentaux et les principes motivationnels de la psychologie sociale devraient être enseignés aux décideurs et leaders politiques, mais je crains que dans nos colonnes cela n’intéresse que peu de lecteurs…

    Amitiés socialistes

  14. Belgo4.0 dit :

    Dans l’ensemble je suis d’accord, quoique je doive relire au cours de la journée, ce que j’ai fait pour ton introduction

    1/ sur Internet, tu pourras lire Nielsen (pas Leslie, Jakob) ou différents auteurs sur l’aspect virtuel. Internet n’est PAS la réalité, quoiqu’il s’y branche. C’est un lieu de représentations, un outil cognitif, qui se prête bien (trop bien) au marketing…avec ses dérives. Les internautes dissocient le virtuel et le réel.

    2/ je pense que tu ferais ta provende de quelques bouquins de psychologie sociale, notamment sur la théorie du conflit, les modèles cognitifs (à relier à Internet..), la théorie de l’engagement et de la dissonance.

    Tu as par exemple aux PUF « Psychologie sociale » d’un certain Serge…Moscovici, ou encore Doise. Tu connais certainement les expériences de Milgram. Ou encore le célèbre « petit traité de la manipulation à l’usage des honnêtes gens » (Joule et Beauvois) (20E tout de même) qui est une bonne entrée en matière.

    Tu as aussi l’excellent site « psychologie-sociale point com », avec des sujets parfois difficiles à aborder au Parti Socialiste, mais qui t’intéresseront sûrement, enfin qui intéresseront aussi tous les lecteurs.
    Ca nous aidera notamment à dépasser….disons l’histoire récente.

    Tu as certainement de solides notions de psychologie, mais de la psy sociale, je ne sais pas, ça a été délaissé depuis les années septante au profit de « la communication ».

    Bon courage,
    Pierre le Belge de Lille

    Bon courage et bravo,
    le Belge

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