Section socialiste de l'île de Ré
Le courage, c'est de chercher la vérité et de la dire. Jean Jaures – Psiledere@aol.com

13 janvier 2009

Notre ex camarade, ce collabo….

Filed under: 20 - UMP — iledere @ 12:00

« Besson est dans une logique, il va jusqu’au bout, il l’assume, c’est le traître heureux. Laissons-le à son bonheur« , a lâché François Hollande sur Canal+ à propos du secrétaire d’Etat à la Prospective, qui devrait prendre la succession de Brice Hortefeux au ministère de l’immigration.

Secrétaire national à l’économie du PS et proche de François Hollande, Eric Besson avait changé de camp en pleine campagne présidentielle de 2007 pour soutenir Nicolas Sarkozy. Dans le présent blog il avait, pardon, il est toujours surnommé le « traître étalon », bien que ce titre lui soit âprement disputé par Allègre ou Kouchner.

Une bonne nouvelle : François Hollande est en pleine forme. Son humour est intact et plus corrosif que jamais. « Laissons le à son bonheur » est une vacherie majuscule qui me comble d’aise. Pour autant, elle est terrible et m’interpelle….

Comment un homme peut-il trahir ainsi, puis dans son nouvel habit, s’avilir dans une docilité, une servilité incompréhensible envers son nouveau maître, qu’il avait pourtant étrillé dans un livre voici trois ans ? Besson n’est pas un imbécile et il ne peut pas ne pas s’apercevoir que Sarkozy est un batteur d’estrade, un tribun hors pair, certes, mais qu’il n’a aucune vision politique et que c’est seulement un opportuniste assoiffé de pouvoir, au mieux, et au pire un malade tentant d’instaurer une ploutocratie…

Comment besson peut-il se tromper lui même à ce point ? Fermer lui-même ses propres yeux sur une analyse qu’il avait faite avant la campagne présidentielle?

La réponse est peut-être dans le dernier ouvrage de Dominique Fernandez sur son père, « Ramon », que nous fait découvrir le Nouvel Obs’ de la semaine dernière.
Dans ce pavé de 800 pages, il parle de son père, fin intellectuel de gauche, devenu collabo. Comment cet ami de Proust, de Malraux, de Prévost de Duras, brillant essayiste et romancier, a-t-il pu se fourvoyer autant et devenir disciple de Doriot, de Brasillach, jusqu’à se faire le chantre de Goebbels sur Radio-Paris ?

Besson se trouve-t-il, par goût immodéré du pouvoir et des honneurs dans la même dérive qui le pousse, une fois le Rubicon franchi, à aller toujours plus loin, plus bas, jusqu’à fraterniser avec Hortefeux et peut-être prendre sa place à la tête de l’ignoble ministère de l’immigration. Son inconscient le pousse-t-il a toujours repousser toute tentation de dignité, où prend-il un plaisir pervers à être considéré par beaucoup de français comme l’archétype de la crapule politicienne ?

C’est sans doute ce que pense François Hollande lorsqu’il lâche son « Laissons-le à son bonheur » qui dans ce cas tombe comme la marque ultime d’un mépris mérité…

Alain Renaldini
« Ramon » par Dominique Fernandez.
Grasset, 816 pages, 24.90 €

Sinéad O’Connor « nothing compare to you »
[youtube=http://www.youtube.com/v/rO8JWbG6bVw&hl=fr&fs=1]

26 réponses à “Notre ex camarade, ce collabo….”

  1. Serge dit :

    @ à Alain

    Bon vent Alain, fais toi plaisir, car tu le mérites vraiment
    On peut te remercier nous les militants sans grade du PS, sans toi, je crains que notre section de l’Ile de Ré serait réduite à une peau de chagrin.

    Quant à Besson, était-il normal que ce genre d’individu ait siégé au BN de notre mouvement?
    Pouvait-on espérer une victoire avec de tels énergumènes sans âme et capables de toutes les trahisons.

  2. Belgo5.0 dit :

    notez bien qu’il n’a rien compris : pour lui les nationaux-socialistes sont des socialistes…
    Il n’a pas compris que nous nous battons, Socialistes, contre les uniformes et l’ordre patronal du travail, et que le camp c’est l’usine totale.

    Il n’a pas compris que la France se transforme lentement en camp…retranché…et que les uniformes sont tout prêts au profit de ceux qui ont tout !

  3. Belgo5.0 dit :

    le mot « vision » est tout à fait caractéristique du militant National, antiRépublicain, donc droitier…
    Encore une victime de la propagande…

  4. tristram dit :

    les voilà donc les socialistes du 21 ème sciècle , pret à lapider un frère car il change de vision peut être parceque ses mêmes frères sont eux même perdu ? c’est avec des mentalités pareil que vous revez pour nous pauvres citoyens ,d’un monde meilleur ? vous commencez à adopter les manières de vos ennemis de toujours les  » nationaux-socialistes  » faites attention ça se termine pareil……

  5. Belgo4.0 dit :

    « Intellectuel » est la définition donnée par Schumpeter, dans son livre intitulé « Capitalisme, SOCIALISME ET DEMOCRATIE » à la classe de ceux qui sont depuis (livre écrit vers 1942) devenu des « travailleurs des services » et ont massivement voté à droite, et notamment depuis 2001 pour Sarkozy.

    N’oublions pas que les travailleurs formés (tels les imprimeur, les ronéo, les linotypistes etc) n’étaient pas , et souvent, des travailleurs socialistes, mais plutot « libre penseurs », qu’ils ont souvent cassé des grèves. Les travailleurs intellectuels modernes ont souvent cassé le mouvement socialiste, espérant (vainement : voir les tribulations récentes de l’économie 2008) participer au festin capitaliste.

    le Belge

  6. la fourmi rouge dit :

    @La Grignette

    Certains « responsables » du PS, anciens amis de Besson (pour le propulser dans les sphéres solfériniennes, il en faut de « l’attachement », mine de rien !), suggèrent une psychologie de 4 sous (un peu malheureusement comme Patrice Lestrohan), pour expliquer le glissement « idéologique » de Besson.

    Le pauvre Besson est comme beaucoup de ces technocrates :

    * sans guère de convictions, inodores autant qu’insignifiants car coulés dans un même moule tous, et axés essentiellement sur leur « plan de carrière ».
    L’idéologie quésaco ?

    * à 100 lieues de jugements de valeurs que l’on peut tenir sur eux. Pire, s’en fichant royalement s’ils viennent à les lire.

    * De plus, PL a tort de comparer ce type d’individu à un « intellectuel ».

  7. Belgo4.0 dit :

    « ce sont d’ailleurs souvent leurs intérets » propres, mais surtout leur intéret de groupe, de classe, souvent leurs interets communautaires.

    Ce sont d’ailleurs souvent des gens qui développent (discretement) un discours communautariste. Besson vient d’en montrer l’exemple, puisqu’il parle « d’identité nationale ».

    Le Belge

  8. Belgo4.0 dit :

    je pense que tout le discours « collabo » sur Kouchner, etc est un peu excessif.
    Il cache une réalité.

    C’est une réalité sociologique, avec des gens « intellectuels » qui se jugent comme « progressistes » et passent d’un coté à l’autre de l’échiquier politique selon leurs intérets…
    Ce sont d’ailleurs souvent leurs intérets

    Quand je dis « ces gens » et « leurs interets », je ne vise pas QUE les Besson, Kouchner, Hirsch, etc. Je vise toute une classe sociale dite « intellectuelle », tout un peuple de gens qui peuvent avoir voté Sarkozy « pour les réformes ».

    Relire ce que dit Joseph Schumpeter dans Capitalisme, Socialisme et Démocratie, v. P 200 au sujet des intellectuels. Ca a été écrit en 1942…et vous savez tous que « La Bête a été ramenée sur Terre » à cette époque par des bureaucrates. A vous d’y réfléchir.

    le Belge

  9. La Grignette dit :

    Il nous ferait un Alzeimer galopant notre petit Eric ?

  10. La Grignette dit :

    … je continue, excusez moi, …
    carte à l’UMP et dans trois mois il prendra celle du FN !

  11. La Grignette dit :

    @ la fourmi rouge

    N’empèche qu’avec ce nouveau jeu de chaises musicales au gouvernement on se retrouve avec une majorité carrément extrème-droite !
    Besson vient de prendre sa

  12. la fourmi rouge dit :

    @Riri -post 12

    Comme l’a fort bien croqué Pétillon le magnifique, dans le Canard de cette semaine (pour revenir à la réf de La Grignette) :
    Besson était à la droite du PS. Il est à l’heure actuelle à la droite de l’UMP….

  13. la fourmi rouge dit :

    oui mais La Grignette, le Canard n’est plus ce qu’il aura été. Même si, un article deci delà retient l’attention.

    Il ne s’agit en rien de nostalgie.
    Des collusions mal-odorantes sont encore dans la mémoire de certains d’entre nous, et qui justifièrent le silence du Canard (cf les ambiguïtés du journal sur le personnage sulfureux Roland Dumas (qui était son avocat) …).

    Mais entre Morvan Lebesque et autres grandes figures du Canard, rebelles, et à la réflexion journalistique balisée par des valeurs et une éthique remarquables qui firent la renommée du Canard Enchaîné à l’époque, et certains journalistes actuels (nouveaux comme d’anciens vieillissants) alignés sur la pensée unique libéral-socialiste de la bulle politico-journalisque, il y a un gouffre.

    Ce que l’on savait de liens qui contredisaient une indépendance supposée « légendaire », s’est accéléré au cours du temps (les habitudes fossilisent toute autocritique et remise en cause) tout autant qu’avec le renouvellement de journalistes soumis en fait pour trop d’entre eux à une idéologie dominante qui poisse et englue notre presse de façon générale, et une formation initiale un peu trop uniforme.
    Le machisme et le conservatisme se sont ossifiés dans ce journal, ce qui n’arrange rien …

    Il n’est qu’à observer leurs infos « de première main » (en provenance directe de conseillers de l’Elysée : bonjour le journalisme d’investigation et de gôche !….. jusqu’à leurs copinages qui deviennent insupportables : Cabu-Val co-actionnaires du Charlie-Hebdo d’aujourd’hui, les Gracques … etc)

    Je sais parcourir seule, le Figaro et Libération. Je ne prends pas le Canard pour les retrouver dans cet hebdo !
    Pour la première fois, j’envisage de me désabonner au Canard , que je ne parcours plus qu’en 10 mn !

  14. La Grignette dit :

    Si vous ne l’avez pas encore lu, il y a une bonne analyse du cas Besson sur le Canard d’aujourd’hui – intéressante analyse psychologique.

  15. Riri dit :

    Je ne comprends pas votre ressentiment… Besson était à la droite du PS… Grâce à Ségolène, la droititude du parti s’est accentuée et Besson, naturellement, est arrivé au centre, lequel est la gauche de l’UMP. Il a donc tiré leçon de ce mouvement d’ensemble… Faut-il lui jeter la pierre ?

    Aujourd’hui, alors que le mouvement s’amplifie ce qui a été démontré à Reims ou les Ségolénistes ont reproché les dangereuses dérives gauchiste de la fille de Delors (???), l’UMP se démarque de la droite centrisante de l’UDF et entre de plein pied dans la (basse) cour du FN en phagocytant non seulement la gauche du FN, mais également son centre, avec Hortefeux…. LePen, ne pouvant aller plus à droite se trouve acculé (ce qui est déplaisant entre l’extrême droite nazzillante (et pas nasillarde) de son ami Dieudonné ou la retraite… Entre deux maux il a choisi le moindre, d’autant que le parti est ruiné et pas lui….

    Besson, en fin politique, suit le mouvement en se positionnant à gauche de l’aile la plus droite de l’UMP ce qui le situe à gauche de la gauche du FN et lui permet d’arborer le sourire niais de la photo qui agrémente cet article par ailleurs divertissant. Il reste gauchiste de quelqu’un….

    Enfin, pour éclairer les lecteurs peu porté sur la dérive des incontinents, il faut envisager l’avenir. Si Ségolène Royal au coude à coude avec le Modem arrive à dépasser celui-ci par la droite, la gauche étant tenue par Aubry, qui elle ne peut se déporter vers la corde du fait de l’obstruction de Mélenchon et du PS en barrage pour protéger Besancenot, alors Besson aura beau jeu de jouer les anarchistes en rejoignant Bayrou, si celui-ci, bien sûr peut proposer des ministères. Evident non ?

    Bon, je sors….

  16. la fourmi rouge dit :

    @Serge
    oubli

    Hollande fit partir Besson EN PLEINE campagne présidentielle …. euh……..volontairement ?

  17. la fourmi rouge dit :

    Tout à fait d’accord aussi avec Christine, comme Serge.

    Mais les « ténors » comme l’appareil solférinien se tiennent tous par la barbichette.
    Et Hollande n’est pas le dernier : son hypocrisie en la matière est énorme !

  18. La Grignette dit :

    D’accord avec Christine.

    Il est à remarquer le col de chemise en pelle à tarte et l’énorme noeud de cravatte qui pose le bonhomme comme un parvenu revètu des oripaux de son maître !

  19. Christine dit :

    N’empêche que je suis mal à l’aise que mon parti n’ait eu aucun mot quand le grand débauchage a eu lieu, avec pour cerise sur le gâteau, Besson dans les pas d’Adrien Marquet!
    Je ne suis pas partisane de l’épuration mais dans ce cas très grave, il aurait fallu des condamnations, des radiations sans équivoque. L’absence de mots mis sur cet épisode nous a tous un peu souillés, nous les militants. On ne mérite pas ça!
    La marque de mépris infligée à Besson par François Hollande me paraît bien mince à côté de l’entaille profonde qu’ont laissé ces trahisons dans nos combats pour défendre nos valeurs socialistes. Je suis attristée et révoltée par la tiédeur de mon parti sur cette affaire outrageante et inutilement blessante. Je ne me sens pas défendue.

  20. Serge dit :

    D’avoir donné des responsabilités à des individus comme Besson, on peu se demander si le PS s’inscrivait toujours dans des valeurs de gauche.

    Merci Sarko de l’avoir accueilli, dans le cas contraire il serait peut-être toujours au PS !Besson il est comme son « nouveau maître » capable du pire pour exister.
    Il en est de même pour le « gominé french doctor » et pour « l’essoufflé scientifique ».
    Quand on connaît « le parcours de sarko », c’est tout à fait normal qu’il apprécie ce genre de traitres.

  21. la fourmi rouge dit :

    Evidemment « jedoute » !

    Tu poses ton regard toujours sur les racines du mal.

    Jamais de tels individus, sous le prétexte d’une « compétence » ou « technicité pointue » utile au PS, n’auraient dû accéder à de telles responsabilités dans notre parti.

    Cooptés bien entendu, par-dessus les vrais militants de convictions socialistes, par le seul fait du prince.
    D’abord, il faut le reconnaître avec tristesse, François Mitterrand qui savait que la gauche (et singulièrement le parti socialiste), manquait « d’experts ». Sans se poser de questions sur les conséquences, Lionel Jospin poursuivit (son ami Allègre fut un cas emblématique), imité par François Hollande (pour se constituer une cour d’obligés …pour 2012 ?) et pour finir, Martine Aubry, elle-même choisie par barons zé zéléfans de façon analogue.

    Nous ne sommes pas au bout de nos surprises, car le PS en contient encore un tombereau !

    *

    Hollande peut paraître désinvolte sur le sujet : sa responsabilité est entière aussi bien dans la promotion interne au PS d’Eric Besson, que dans son départ (c’est lui qui s’est disputé avec Besson, ne l’oublions pas).

    *
    Eric Besson est sans complexe.
    Sarkozy qui connaît la nature humaine, ne s’y est pas trompé !
    Aucun autre, dans les rangs-mêmes des plus arrivistes umpistes, n’auraient voulu succéder à Brice Hortefeux à la tête de ce Ministère pourri.

    Besson développe son plan de carrière. Alors, là ou ailleurs….

  22. Phil dit :

    @ jedoute
    Le propre d’un traître, est de ne se découvrir que lorsqu’il trahit… Avant, ce n’est pas facile de déceler la propension à devenir une ordure…
    C’est pourquoi il ne faut pas les rater, mais il ne faut pas non plus accuser trop rapidement les structures du parti de n’avoir pas pu empêcher cela…
    Mais on peut effectivement s’interroger comme le fait B.mode sur d’autres trajectoires.
    Pour Lang et Allègre, je crois que leur fidélité est surtout due à un manque de propositions suffisamment alléchantes…

  23. b.mode dit :

    Il va falloir suivre aussi dans les mois qui viennent la trajectoire d’Allègre et celle de Lang, pour ne citer que deux anciens ministres socialistes de l’Educ Nat…

  24. jedoute dit :

    Comment se fait-il que tant de personnages douteux aient pu avoir des responsabilités au P.S.? Ne foudrait-il pas s’interroger sur la strcture interne
    du parti?

  25. rimbus dit :

    Comme Kou-kouchner, Besson a sacrifié son honneur au goût trop marqué pour les honneurs. La question que je me pose, c’est qu’elle est la trajectoire du petit Martin Hirsch, ce kouchnerboy qui devient un cumulard du sarkozysme. Je l’avais épargné jusque là, mais maintenant…

  26. b.mode dit :

    Avec Kouchner, les deux font la paire… ça laisse rêveur sur les côtés obscurs de la nature humaine…

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