Section socialiste de l'île de Ré
Le courage, c'est de chercher la vérité et de la dire. Jean Jaures – Psiledere@aol.com

28 janvier 2009

Comprendre le refus d’évaluation en CM2

Filed under: 02 - Education,09 - Evènement — iledere @ 6:35

Pourquoi ces évaluations ?
Cet billet est tiré d’un diaporama dont le but est de montrer les aberrations du système d’évaluation en CM 2 décidé par le ministère.
Présentée comme un bilan, cette évaluation porte sur le contenu d’un nouveau programme pour toute l’École et qui n’a commencé à être mis en oeuvre qu’à la rentrée 2008. ce qui induit une première question : « Comment peut-on évaluer ce programme qui n’a que que 5 mois d’existence ? »

Cette évaluation programmée en janvier porte sur l’ensemble des compétences devant être acquises en juin, c’est-à-dire en fin de CM2. D’où la deuxième question : « Quelles indications pourra-t-on tirer des échecs alors même que les notions n’ont pas été étudiées »

Les éléments de l’évaluation étaient téléchargeable sur Internet ! Comment tirer des enseignements d’une évaluation si certains peuvent « bachoter » et pas d’autres…. Car l’accès à internet n’est pas égalitaire en France et la fracture numérique va induire des différences importantes de résultats.

D’autant que la difficultés de certains exercices les mets hors de portée d’enfants n’ayant pas eu le soutien en amont.
Exemple :
– Deux tiers des exercices situés dans le domaine numérique font intervenir des nombres décimaux. Or, ceux-ci ne commencent à être travaillés qu’au CM1 et ne sont souvent repris que dans la deuxième partie du CM2, après janvier donc…

– Calculer mentalement le résultat d’une opération ou d’une suite d’opérations, ou le terme manquant d’une opération » est évaluée à partir des deux exercices suivants : o,8 = 8 x … (item 69) ou 0,5 = 2 x … (item 70 ). La compétence « Multiplier un nombre par 0,1 ; 0,01 ; 0,001 » sollicitée dans l’exercice 0,8 = 8 x … est précisée comme non exigible dans le cadre du socle commun dans le programme de sixième alors même qu’elle est demandée au milieu du CM2 dans cette évaluation référée à ce même socle !!!

– Résoudre des problèmes relevant des quatre opérations » est évaluée à travers le problème suivant : Une directrice d’école achète 12 dictionnaires, pour un montant total de 186 €. Combien coûte un seul de ces dictionnaires ? Or, seule la division peut permettre de résoudre ce problème et De plus, le résultat de cette division est un nombre décimal.

D’autres notions n’ont pas encore été abordées : en Français, ex 12 : le plus-que-parfait, en Maths, ex 10 : la division des décimaux, ex 17 : le calcul d’aires complexes, ex 19 : la proportionnalité….

Si ajoutent des conditions de passation contestables !

Tous les exercices sont passés avec un temps contraint pour chaque exercice, alors que :
– certains élèves lents pourraient réussir si on leur laissait davantage de temps
– aucune adaptation n’est prévue pour les élèves dyspraxiques dont le handicap est pourtant reconnu officiellement par l’Éducation Nationale.

Les conditions de temps sont limites :
Une directrice d’école achète 12 dictionnaires, pour un montant total de 186 €. Combien coûte un seul de ces dictionnaires ? Vous avez 3 minutes
– « Je vais vous dicter une série de dix multiplications. Pour chacune, écrivez le résultat dans les cases de A à J figurant sur le cahier. Si vous ne trouvez pas tout de suite un résultat, laissez la case vide. A la fin de l’exercice, je relirai toutes les multiplications » 1 minute, y compris la relecture des multiplications…

Et si la docimologie est une science délicate, là on se simplifie la vie : 0 ou 1 ! noir ou blanc, nul ou parfait… Pas de demi-réussite, pas de repérage des démarches originales, pas d’identification des erreurs, même pas de distinction entre non réponse, réponse erronée et réponse partielle.. Une horreur pédagogique…
Comment aider les élèves en difficulté si on ne peut pas les repérer par une évaluation fine et fiable ?

Un exemple de grille de correction : Tables de multiplications

9 multiplications justes = 1, 8 multiplications justes = 0. Pas de différenciation entre l’élève qui à 8 bonnes réponse et celui qui n’en a aucune… O pour tous, le ministre reconnaîtra les siens…

Avec la dictée c’est encore pire, en voici le texte :


« Les enfants sont partis faire une promenade en bordure de forêt. Les filles cherchent des champignons souvent cachés sous les feuilles sèches, pendant que les garçons cueillent des framboises odorantes. Ils aimeraient bien voir des écureuils mais ces petits animaux ne se montrent pas facilement. De retour à la maison, ils mangeront des crêpes, avec du sucre ou de la confiture. »

Sur l’item 28, une erreur sur un mot d’usage courant = 0. Pourtant il y a dix autres mots courant qui sont bien orthographiés.
Sur l’item 29 une erreur sur l’accord en genre ou en nombre entraîne un 0, même si les 11 autres accords du texte sont bons….
Pareil sur les mots invariable (item 30) ou les accords sujet-verbe (item 31) : une erreur entraîne le zéro à chaque fois alors qu’on ne prend pas en compte les réussites… 4 erreurs, une dans chacun des items donnent le même résultat qu’une faute ou plusieurs par mots : la bulle

Freynet revient, il sont devenu fous !!!
L’évaluation n’a d’intérêt que si elle apporte des informations sûres, adaptées et utiles à l’élève, au maître et à ses parents mais aussi à l’institution. Le choix des exercices, le moment retenu pour cette évaluation et les modalités de codage limitent les possibilités d’exploitation des résultats.

Il faut donc se demander quel est l’enjeu réel, voulu ou non, de ce dispositif ?
Puisqu’il est difficile de considérer qu’il puisse être au service des enseignants (et donc des élèves), on n’ose pas imaginer qu’il puisse être utilisé contre eux, en organisant délibérément l’échec de leurs élèves, puis en publiant par la suite le palmarès des écoles.

Car il ne s’agit plus, comme auparavant, d’annoncer aux parents, les résultats de leur enfant. Il s’agit de comparer celui de l’enfant à celui de son école, de son département, de son académie et de la France entière. Et dès lors, rien n’empêchera une association de publier le palmarès des écoles du secteur et de les mettre ainsi en concurrence.

Alors, parents d’élèves, si les enseignants descendent dans la rue le 29 janvier, ce n’est pas pour la défense d’intérêts corporatistes, mais bien pour se battre pour un enseignement de qualité pour tous vos enfants, dans le respect des talents et des individualités.

Soutenez les !!!

Alain Renaldini

Nous, pédagogues, nous rêvons à une éducation, un enseignement, donnant à chacun de nos enfants une réelle chance… Pas d’une compétition destructrice…
Une douce utopie d’après les amis de Darcos…
L’Utopie n’est qu’un rêve non construit. Et les rêves d’aujourd’hui sont les réalités de demain…
Je vous invite à rêver ensemble sur cette musique de Loreena McKennit : « Mummer’s danse«  et de très belles images issues du « Seigneur de anneaux » d’après l’œuvre immortelle de J.J.R. Tolkien, dont je ne peux que vous recommander la relecture, quelque soit votre âge….
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5 réponses à “Comprendre le refus d’évaluation en CM2”

  1. Serge dit :

    la finalité des résultats de ces grotestques évaluations, n’a peut être pas pour effet d’évaluer le niveau de nos « petites blondes et brunes » mais si les résulats d’ensemble s’avèrent nuls ou médiocres, « néron le fou » en conclura que c’est la faute des enseignants.

  2. la grignette dit :

    Vous vous trompez, il ne s’agit pas (pour ces gouvernants) de critiquer et mettre à la poubelle les anciennes méthodes pédagogiques, mais au contraire de baisser le plus possible le niveau de l’enseignement, moins ils (les futures générations) en sauront, plus nous pourrons leur farcir la cervelle avec NOS idées, NOTRE enseignement, NOTRE immoralité, NOTRE idiocratie.
    Seuls s’en sortiront les élites et fils, filles, qui avec NOTRE argent aura droit à des enseignements supérieurs dispensés par des enseignants RESPONSABLES (devant eux bien sûr), dûment ACCREDITES par LEUR BUREAU POLITIQUE et tutti quanti … on peut continuer longtemps comme cela.

    Moi, comme dirait mon petit-fils qui ne fait pas partie des ZELITES, je pète un cable !

    Comme je vous le disait sur ce site il y a quelque temps, je me souviens encore après quarante cinq ans de ce maire qui disait à l’instituteur (diplômé et titulaire, ce qui n’a pas souvent été le cas dans ces contrées, tel ce chanteur « pied-noir » grand ami de notre si cultivé HAUT DIRIGEANT)
    « apprenez leur à lire, à écrire et à compter mais surtout n’en faites pas des lettrés »….
    Qu’en terme peu choisi, c’est nous prendre pour des « bougnoules ». Et c’est ce qui se passe !
    (j’ai même honte quand j’écris ce mot).

    Nous nous bannaniérisons (je ne me nomme pas Ségolène) mais après tout puisque l’académie Française se permet d’inscrire des définitions de mots anglais et autres langues dans NOTRE dictionnaire national, allons-y gaiement et sans remords. Je regrette pour le mot « idiocratie », j’aurais dû écrire « idiocrassie », c’est plus réaliste.

    Faut-il avoir fait l’ENA ou autres grandes écoles pour nous pondre des directives aussi traumatisantes pour ces pauvres gosses, NOS gosses que leur ont-ils fait ? Combien de psychiatres, de » psychologues et autres spécialistes va-t-il falloir aller puiser dans le grand réservoir de nos ex-colonies pas encore évoluées (à l’aune de l’intellectualisme de NOTRE HAUT DIRIGEANT) pour faire disparaître le produit de cette éducation ?

    Faut-il être couillon quand même pour évaluer les connaissances des gamins alors qu’ils n’ont pas encore pu apprendre les sujets de l’évaluation. Et le système de notation débile, quel matheux a bien pu inventer cela,(l’avait pas fumé du carrec c’ui là).

    Vrai de vrai, j’ai vraiment pété un cable (dixit mon dernier petit-fils) que cela a bien fait marrer. « Faut pas t’en faire, avec ton parti, çà va s’arranger ». Optimiste va !

  3. La main gauche dit :

    et la re-relecture

  4. louis dit :

    Il s’agit de montrer qu’avec les anciens programmes, car c’est bien ceux là dont il faut montrer la faiblesse, nos pauvres têtes blondes ne savent ni compter comme avant ni écrire non plus. Et que grâce aux nouveaux programmes, vous verrez, l’an prochain, qu’ils vont faire de spectaculaires progrès. A bas le pédagogisme, vive les vieilles recettes qui ont fait leurs preuves. Bien sûr, il y a des mauvais esprits qui s’interrogent sur le fait que si ces vieilles recettes étaient si bonnes et si efficaces, pourquoi tous les enseignants ou presque les ont abandonnées ? C’est de la manipulation pure et simple. On instrumentalise les évaluations.
    Ici comme ailleurs, plus c’est gros, plus ça passe… encore qu’il semble bien que cela ne passe pas si bien que ça!

  5. Exec T dit :

    Evaluation, un terme à deux visages.

    L’évaluation comme donner de la valeur à… permettre de faire un point d’étape, de progresser.

    L’évaluation comme outils de contrôle, une modalité de la sanction.

    Compte tenu des lubies et de l’idéologie des gouvernants actuels, l’on devine vers quel choix se portera la finalité de l’évaluation.

    Cela dit le peuple est il un golem?

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