Section socialiste de l'île de Ré
Le courage, c'est de chercher la vérité et de la dire. Jean Jaures – Psiledere@aol.com

28 février 2009

Encore un coup médiatique en vue ?

Filed under: 05 - Presse, média, Internet,12 - Brèves — iledere @ 12:00

le blog de l'île de RéLe directeur de la rédaction de Libération, Laurent Joffrin, figure dans le dernier carré, dans la « short-list », des personnalités pressenties pour remplacer Jean-Paul Cluzel à la présidence de Radio France, nous indique t-on à l’Elysée.
C’est en mai prochain qu’expire le mandat de l’actuel PDG de la Maison ronde, un patron en partie affaibli, nous dit-on, par la tonalité de certaines des chroniques récentes de l’humoriste Stéphane Guillon, à l’antenne de France Inter. Ce qui est, au passage, proprement scandaleux si telle serait la raison avancée, en privé, pour justifier la non-reconduction de Cluzel…

Car des informations de la meilleure source tendent à indiquer, en effet, que Jean-Paul Cluzel ne sera pas reconduit dans ses fonctions au printemps. Nicolas Sarkozy semble décidé, ajoute t-on du côté du Château, à nommer un journaliste à la tête de l’entreprise, maison-mère de France Inter, de France Culture, de France Info, de France Musique et de France Bleu.

Le nom de Laurent Joffrin constituerait une vraie surprise et un « coup » politique pour Nicolas Sarkozy. En effet, la nomination à ce poste du patron de « Libé », ( avec lequel le chef de l’Etat a eu de violents désaccords, dans un récent passé), aurait valeur de symbole : un choix d’ouverture habile qui tairait les contestations de l’opposition, où l’on a sévèrement critiqué le nouveau mode de désignation des patrons de chaînes par l’exécutif.

Parmi les autres noms cités, figurent ceux du PDG de l’INA, Emmanuel Hoog, de l’ancien directeur de France Culture et conseiller de Jean-Paul Cluzel, David Kessler ou encore de l’ancien patron du Monde, Jean-Marie Colombani, bien que l’age de ce dernier constitue un obstacle.

Rernaud Revel

Sarkozy lance la bataille de l’intelligence… et la perd

Filed under: 02 - Education,20 - UMP — iledere @ 6:00

C’est la vidéo que s’échangent les chercheurs : un banc d’essai des discours de Sarkozy et d’Obama sur la science. Devinez qui s’en tire le mieux ?

Une vidéo qui en dit long sur la vision de la science des deux côtés de l’Atlantique : le 20 décembre 2008, Barack Obama assurait qu’elle est « une clé pour la survie de la planète et la prospérité de la nation » et qu’il entendait s’en servir pour ouvrir son pays aux défis du 21e siècle, « découvrir des médicaments », « créer des emplois », « préserver le globe pour nos enfants et nos petits enfants », faire des Etats-Unis un leader dans tous les domaines de pointe.

Un mois plus tard, le 22 janvier 2009, Nicolas Sarkozy, qui avait apparemment retenu la leçon de l’Oncle Sam de travers, affirmait que la recherche et l’innovation sont la clé pour sortir renforcé d’une crise sans précédent… et qu’il s’apprêtait à la mettre sous la porte. Quand le Président américain flattait les cerveaux qui « pourchassent la nouvelle grande idée » et préparent « la révolution qui pourra changer nos vies », le chef de l’Etat français sortait le fouet et alignait des contrevérités manifestes sur la recherche tricolore. Le premier, en offrant sa confiance aux chercheurs, leur a donné envie de se dépasser dans les labos, le second en les humiliant les a encouragés à arrêter le boulot. Les propos généraux de l’un se sont traduits par de généreuses subventions et des dons des fondations, les propos de café de commerce de l’autre, qui reposent sur des chiffres faux et des à peu près, n’ont été repris que par les imbéciles qui croient tout ce qu’on leur dit.

Finalement, mieux aurait valu arriver après la bataille
En grève depuis le 2 février, les enseignants-chercheurs, eux, restent mobilisés dans toutes nos universités et nos laboratoires contre la politique d’enseignement supérieur et de recherche du gouvernement. Et même si Nicolas Sarkozy, Valérie Pécresse et sa médiatrice Claire Bazy-Malaurie jouent le pourrissement, les chercheurs inventent chaque jour de nouvelles actions pour combattre le règne de l’ignorance … L’imagination est au pouvoir lorsqu’ils descendent dans la rue. Le Président avait donc raison, le 22 janvier dernier, lorsqu’il disait que « la bataille de l’intelligence est engagée ». Mais on dirait qu’il l’a perdue.

Anna Alter pour marianne2

La rumeur : DSK potentiel 1er ministre ?

Filed under: 13 - PS — iledere @ 6:00

DSK 1er ministreLorsque mon ami Bertrand m’a fait parvenir l’information selon laquelle Dominique Strauss-Kahn pourrait être premier ministre, j’ai cru tout d’abord à un canular.

Pour autant, le courant entre Nicolas Sarkozy et Dominique Strauss-Kahn passe bien. Et les deux hommes sont en contact permanent depuis le début de la crise. Le nouveau directeur du FMI était d’ailleurs aux côtés du Président lors du dernier G20.

Le nouvel Observateur serait à l’initiative de la diffusion de la rumeur. Rêve ou réalité ? Avec ces  80 conseillers, Sarkozy a préféré choisir, en guise de ministres, une armée de bras cassés. Aucun risque qu’ils ne fassent d’ombre au petit prince ! L’ancien – et toujours – ministre de nos affaires intérieures, avec la crise, aura sans doute touché aux limites de l’exercice. Et son premier cercle composé pour l’essentiel d’énarques brillants n’est plus en capacité de trouver des réponses à la nouvelle société qui se dessine. Il est donc seul, désespérément seul face aux syndicats, face aux guadeloupéens et autres martiniquais… seul face aux Français.

Ce qui inciterait DSK à le faire
La récente affaire privée qui a touché DSK l’a profondément éclaboussé. Dans la perspective d’une candidature en 2012, les chances de l’actuel directeur du FMI sont bien maigres en vérité. Montrer aux Français son sens des responsabilités, sa compétence réelle sur la chose économique ne peut en aucun cas nuire à la perspective d’une éventuelle candidature. Certains prêtent, en outre, à Sarkozy l’envie de ne pas se représenter pour un deuxième mandat. D’ici là, de l’eau coulera sous les ponts !

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27 février 2009

Pérol : il y a un risque que la commission ne soit « pas d’accord », estime Balladur

Filed under: 12 - Brèves — iledere @ 12:00

le blog de l'île de RéEdouard Balladur a estimé jeudi que le gouvernement courait le risque que la commission de déontologie ne soit « pas d’accord » avec la nomination de François Pérol à la tête du nouveau groupe Caisse d’épargne/Banque populaire, ajoutant que « ça poserait un problème ».
Le président de la commission de déontologie, Olivier Fouquet, a émis « un avis personnel » qui « n’engage pas la commission« , a noté l’ancien Premier ministre sur RTL.
« La commission a son rythme de réunion et le risque que prend le gouvernement, c’est que si d’aventure la commission n’était pas d’accord pour cette nomination, ça poserait un problème« , a-t-il affirmé.
Le gouvernement « a pris la précaution de demander l’avis d’une personnalité éminemment respectable, mais ce n’est pas une garantie« , a-t-il ajouté.
L’Elysée a reçu un avis personnel de M. Fouquet pour la nomination du secrétaire général ajoint de l’Elysée à la tête de ce qui sera le 2e groupe bancaire français. Mais la commission de déontologie en tant que telle ne s’est pas prononcée. Sa prochaine réunion de la commission est prévue le 11 mars.

Les Echos.fr

Après les sénateurs invités à voter une loi déjà appliquée (la fin de la pub sur les chaînes publiques) la commission sera bientôt invitée à se prononcer sur une nomination déjà effective… Et que croirez vous qu’elle fera ?  Godillots, godillots…

Les trois tiers, vraiment ?

Filed under: 03 - Economie — iledere @ 6:15

le blog de l'île de RéNicolas Sarkozy souhaite que les actionnaires, les salariés et l’entreprise se partagent à part égale les bénéfices. Si on en croit les comptes établis par l’Insee, le chemin va être long.
Nicolas Sarkozy l’a claironné haut et fort le 5 février dernier : il faut que les entreprises partagent leurs bénéfices en trois tiers. Un tiers pour les actionnaires, un tiers pour les salariés sous forme d’intéressement et de participation aux bénéfices et un tiers qu’elles conservent pour financer leurs investissements et leur développement. Si on en croit les comptes de l’ensemble des entreprises françaises en 2006 (1) tels que les a établis l’Insee, le chemin va être long.

Les catégories des comptes nationaux ne correspondent pas exactement à celles de la comptabilité d’entreprise et il faut donc les triturer un peu pour retomber sur ses pieds. L’Insee considère par exemple l’intéressement et la participation comme des salaires. La comptabilité nationale ne connait pas non plus la notion de bénéfice : elle n’estime que des « profits bruts » avant amortissement, c’est-à-dire prise en compte de l’usure des équipements existants et de la nécessité de simplement les remplacer. La Note de l’Insee évoquée par le quotidien Les Echos du 18 février 2009 entretient d’ailleurs cette confusion : le partage des profits qui y est calculé n’a, en particulier pour cette raison, rien à voir avec le partage des bénéfices des entreprises tels qu’ils ressortent de leurs comptes annuels…

Si on opère rigoureusement les reclassements nécessaires, il apparait que pour un chiffre d’affaires global de 2260 milliards d’euros, les entreprises (les sociétés non financières dans le jargon de la Comptabilité nationale) avaient réalisé en 2006, 137 milliards de bénéfices avant impôt, soit 6 % de leur CA. Elles avaient payé 41 milliards d’impôts sur les bénéfices et il leur est donc resté 95 milliards d’euros à partager. Là-dessus 71 sont partis aux actionnaires (une fois déduits les dividendes que les entreprises ont-elles-même reçues de leurs filiales), soit 75 % du total, 15 aux salariés sous forme d’intéressement et de participation, soit 16 % du total (2). Et il n’en restait que 9, soit 9 % du total, pour financer le développement des entreprises… Sans commentaires. (more…)

Petite histoire édifiante de la Sécu ou comment « Sarkozy m’a tuer… »

Filed under: 08 - Santé-Services publics — iledere @ 6:00

le blog de l'île de RéRéaction après le visionnage du documentaire « l’accès au soins en danger » réalisé par Jacques Cotta et Pascal Martin sur France 2 le 12 février 2009 à 22h 45 .

Le professeur Jean Grimaldi, l’économiste Jean de Kervasdoué, Nicolas Sarkozy, Roseline Bachelot, François Fillon et de nombreux malades, Pascal Chevalier, Janine, Bruno, Eric, Alexandre et bien d’autres, s’expriment à propos des réformes de la sécu. Elisabeth Pénide commente à chaud ce documentaire.

Jusqu’aux années 80, il existait déjà un moyen pour responsabiliser les assurés sociaux qui s’appelait –et s’appelle encore – le ticket modérateur : il semblerait que même notre président l’ait oublié. Le patient devait se payer une assurance complémentaire s’il voulait pallier les frais entraînés par ce ticket modérateur, afin de ménager sa bourse. Les assurances privées ont tout de suite compris et profité de cette porte d’entrée sur le marché de la santé.

Coût de la Sécurité sociale, mécontentement des professionnels : s’y rajoute, dans les années 80, la création du secteur 2, avec l’apparition des dépassements d’honoraires, puisant de nouveau à même le portefeuille des familles. Depuis, ces dépassements sont devenus une nouvelle manne pour les assurances complémentaires…

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26 février 2009

La présence de Ségolène Royal dérange le patronat guadeloupéen

Filed under: 13 - PS — iledere @ 12:00

le blog de l'île de RéPeut-on tout dire de et à Ségolène Royal ? Sans que cela suscite beaucoup de remous, Jean-Luc Lubin, secrétaire général du Medef Guadeloupe, a déclaré dimanche à l’AFP que l’ancienne candidate socialiste aux élections présidentielle “est très très mal placée pour venir mettre de l’huile sur le feu” en Guadeloupe et lui a recommandé ni plus ni moins que de “se casser”.

Les propos, outre leur grossièreté, sont d’une rare violence : “Dans la situation actuelle, Mme Royal est très très mal placée pour venir mettre de l’huile sur le feu, aujourd’hui on a besoin de sérénité dans ce pays et non pas de politiciens arrivistes, qui viennent nous donner des leçons” et “nous dire ce qui est bon, ce qui n’est pas bon”.”Maintenant çà commence à suffire cette affaire là, maintenant si elle n’a rien à dire, qu’elle se casse, çà commence à bien faire cette affaire là”, “elle sera mieux en Poitou Charente qu’en Guadeloupe”.

La dérive verbale du président de la république n’y est sans doute pas pour rien. “Le casse-toi pauvre con” prononcé par Nicolas Sarkozy il y a tout juste un an au salon de l’agriculture est encore, et pour un certain temps, dans toutes les têtes.

Le mode d’interpellation du responsable patronal guadeloupéen à l’égard d’une élue de la République candidate aux élections présidentielles n’en reste pas moins inadmissible. Certes, il s’inscrit dans les vives tensions qui traversent l’île mais, le soleil des Antilles n’explique pas tout. Ségolène Royal est une élue qui, à l’image de Nicolas Sarkozy, laisse rarement indifférent. On aime ou on déteste, rarement avec modération dans une gamme de réactions épidermiques des plus variées.

Arrivée samedi en Guadeloupe, la présidente de la région Poitou-Charentes ne s’est livrée à aucune déclaration révolutionnaire ou inadaptée. Elle a simplement exprimé le sentiment partagé par de nombreux Français de voir se conclure le conflit social. Selon un sondage BVA pour Orange, L’Express et France-Inter rendu public mardi, 78% des Français trouvent justifié le mouvement social. Prenant la précaution de séparer le bon grain de l’ivraie, elle a demandé dimanche aux grands patrons d’accorder 200 euros d’augmentation aux salariés. Idem pour les PME mais cette fois avec l’aide de l’Etat. “Ce qui manque c’est le geste des gros patrons qui se sont enrichis pendant des années sur le système néo-colonial”.

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La cigarette de madame Tiberi

Filed under: 07 - Justice,20 - UMP — iledere @ 6:15

le blog de l'île de RéXavière est comme ça. Quand elle en a assez de répondre aux questions pénibles, elle s’en va fumer une petite cigarette. Le président a eu le malheur ou l’élégance de lui permettre cette liberté, à la grande fureur d’un avocat des parties civiles.
Me Comte a eu deux mots : « Quelle complaisance ! » Le président l’a pris de travers, « le tribunal saura s’en souvenir, maître ». Antoine Comte veut seulement s’ôter d’un doute : « A-t-on jamais vu une audience où la prévenue peut s’en aller fumer pendant qu’on l’interroge ? » Non, mais ce n’est pas une prévenue, c’est madame Tiberi, et Dieu sait si elle a déjà des soucis.

Les Tiberi ne sont plus assez nombreux pour former le dernier carré : ils sont deux. Anne-Marie Affret, fidèle d’entre les fidèles, première adjointe du maire du 5e arrondissement depuis 1984, a compris mardi 24 février qu’elle n’appartenait plus au clan. Hésiter, c’est trahir, et Mme Tiberi ne lui a pas envoyé dire qu’elle n’était plus son amie. C’est peu, mais peut-être suffisant pour faire basculer l’audience.

Ainsi va le procès des faux électeurs du 5e arrondissement ; ces trois semaines n’ont pas apporté de révélations sur un dossier vieux de quinze ans, mais une page se tourne, celle des années Chirac, avec celle des années Tiberi. Les époux s’accrochent avec une obstination qui force l’admiration, en dépit d’un dossier épouvantable. La terre s’effondre sous leurs pieds, mais c’est la terre qui ment.

Onze prévenus attendent depuis le 2 février que la 16e chambre correctionnelle du tribunal de Paris les fixe sur leur sort, il manque quelques exécutants et beaucoup de poids lourds de la vie municipale parisienne, sauvés par la prescription. Les positions sont à peu près tranchées désormais, et la confrontation générale, mardi 24 février, n’a qu’insensiblement fait glisser les lignes de front.

D’un côté les sous-fifres de Mme Affret. Deux bénévoles RPR, puis Annick Mercier, sa secrétaire, qui murmure, « On m’a rendue malhonnête, on m’a fait écrire des choses, je reconnais ma faute, mais j’ai subi des ordres. » On lui a aussi trouvé un appartement, fait observer le procureur, et trois cartes du RPR.

Patrick Mondain, ensuite, « homme à tout faire » de Mme Affret. Il a lui aussi, sous la dictée, rempli de fausses demandes d’inscription sur les listes, parce qu’il était soumis. « Mais qu’est-ce que c’est que ces hommes soumis ! explose Anne-Marie Affret, qui ne lui arrive pas tout à fait à l’épaule. Je ne leur mettais pas le couteau sous la gorge, quand même ! »

De l’autre, les fifres. Jean-Charles Bardon, « maire postiche » du 5e, comme il s’en régale lui-même, de 1995 à 2001 quand Jean Tiberi est devenu maire de Paris, qui n’en finit pas de déglutir son chapeau. Il ne savait rien, n’a rien vu, « j’étais dans mon bureau et j’essayais d’en sortir le moins possible ». A côté de lui Jacqueline Mokrycki, aussi grise que Jean-Charles Bardon est transparent ; elle est entrée à 17 ans comme secrétaire à la mairie du 5e, Jean Tiberi, toujours maire de l’arrondissement, a tout fait pour sa carrière, elle est aujourd’hui sa directrice de cabinet et n’a vraiment rien remarqué de suspect.

Deux hommes se sont mis à table. Raymond Nentien, le secrétaire général de la mairie, mis au parfum dès 1991 des fraudes par son prédécesseur, Claude Comiti. Il a découvert en 1994 qu’elles étaient massives et n’a tout raconté aux gendarmes qu’en garde à vue en 2000. « Les ordres venaient de plus haut, de M. Tiberi, je ne pouvais rien faire, j’aurai été laminé », il exhorte son maire, élu de la République, à reconnaître la vérité devant la justice de son pays, « ce serait votre honneur ». « Je n’ai pas de leçon de morale à recevoir de vous », laisse tomber, glacial, le maire. (more…)

Le comité Balladur propose un big bang territorial

Filed under: 09 - Evènement — iledere @ 6:00

le blog de l'île de RéC’était couru d’avance: avec un tel sujet et une telle méthode, le rapport sur la réforme des collectivités territoriales auquel Edouard Balladur met la dernière main, mercredi 25 février, devait s’ébruiter à tout-va. Et depuis lundi 23 février, ce ne sont plus des fuites mais un feu d’artifice de renseignements et d’informations ébruités aux cinq coins de l’Hexagone!

Deux socialistes, Pierre Mauroy et André Vallini, participaient à ce comité installé par le président de la République le 22 octobre 2008. Flanqués au départ de deux élus de la majorité, l’un censé représenter les départements (Dominique Perben), l’autre ayant eu des responsabilités régionales (Gérard Longuet) mais rejoints très vite par trois autres mousquetaires délégués pour symboliser l’union sacrée de la majorité – Maurice Leroy (Nouveau Centre) et les sénateurs Jean-Patrick Courtois (UMP) et Joseph Kerguéris (Union centriste) –, avec des hautes fonctionnaires et des professeurs, la composition de l’équipage ne laissait guère espérer quant à l’étanchéité du navire. La méthode non plus.

Signée Nicolas Sarkozy lui-même, dans un retentissant discours le 27 novembre 2008 à l’occasion du 91e congrès des maires de France, elle n’a pas eu l’heur de mettre de la sérénité dans le débat. Genre éléphant dans un magasin de porcelaine. «Peut-on continuer? Communes, communautés de communes, pays, départements, régions, État, Europe, qui peut me dire que la France peut continuer dans ces conditions là? Ce n’est pas pensable. Plus personne n’y comprend rien, plus personne ne s’y retrouve. De surcroît, chacun sait parfaitement qu’entre les départements et les régions, cela ne fonctionne pas (…) Et si on réfléchissait à la diversité, au volontariat, à l’expérimentation? Est-ce que notre pays serait plus fort ou est-ce qu’il serait moins fort? Moi, je pense qu’il faut mettre de la souplesse là-dedans.»

Une exagération et une tension en amont d’autant moins compréhensibles, que le même Nicolas Sarkozy a cru bon de lancer en parallèle, entre autres réponses à la crise, la suppression de la taxe professionnelle qui abonde les caisses des collectivités locales, accentuant encore l’inquiétude des élus.

Des élus chauffés à blanc

Le comité Balladur, qui finalise son texte toute la journée de mercredi, donnera la possibilité à ceux de ses membres qui ont émis un avis contraire de produire des contributions additionnelles (André Vallini, d’autres?), ensuite et ensuite seulement, l’ancien premier ministre ira remettre son rapport au président de République et «prendr[a] son bâton de pèlerin» pour convaincre du bien-fondé de son architecture. Il est permis de se demander si le bâton n’est pas plutôt un paratonnerre.

Le rapport Attali était arrivé au résultat que, pour libérer la croissance, il fallait dynamiter l’échelon départemental. Le charivari occasionné avait contraint Nicolas Sarkozy à un lâchage en plein vol. Au moins l’ancien sherpa de Mitterrand avait-il travaillé tranquillement. Là, avant même qu’il ait bouclé sa copie, c’est un déluge qui s’abat sur le comité.

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