Section socialiste de l'île de Ré
Le courage, c'est de chercher la vérité et de la dire. Jean Jaures – Psiledere@aol.com

4 février 2009

Exclusif: le livre qui peut ruiner Kouchner

Filed under: 20 - UMP — iledere @ 6:45

Le blog de l'île de RéDans son prochain numéro, à paraître samedi 31 janvier, Marianne publie les «bonnes feuilles» du livre-choc que Pierre Péan consacre à Bernard Kouchner: «Le Monde selon K.» Une enquête qui met à jour les pratiques cyniques et très limite du french doctor. De quoi obliger le ministre des Affaires étrangères à démissionner?

Toujours bonne à dire, la vérité est parfois triste. La lecture du dernier livre de Pierre Péan consacré à Bernard Kouchner laisse un sentiment d’immense gâchis, d’amère déception. Ses révélations accablantes ne sauraient réjouir tous ceux qu’inquiète l’effet délétère de la perte de confiance dans les élites. En mettant à bas l’icône Kouchner, Pierre Péan ne dévoile pas seulement une imposture personnelle ; il nous oblige à faire le deuil d’un mythe auquel il ne fut pas méprisable de croire : le souci des victimes, la conscience des urgences, le bénévolat, la compassion, le droit-de-l’hommisme. De tout cela il ne reste pas grand-chose après avoir refermé Le monde selon K. Nous découvrons aussi que, dans sa fin de parcours, le bon Docteur Kouchner a mis la réputation que lui ont value ses engagements de jeunesse au service du cynisme le plus désinvolte et d’une quête effrénée de valeurs plus financières.

La chute de Bernard Kouchner ne peut laisser indifférent parce que son parcours ne le fut pas. Contrairement à beaucoup d’autres, cette grande gueule de la gauche morale ne s’était pas contentée de belles paroles. Le cofondateur de Médecins sans Frontières a vraiment fait des choses dans sa vie. Non sans courage, il s’est mouillé personnellement, devenant le symbole de ces French Doctors qui portaient aux quatre coins du monde le meilleur de Mai 68 mis au service d’une générosité française. La popularité dont il jouit depuis longtemps n’était pas usurpée : à travers lui, les Français retrouvaient une capacité d’indignation toujours renouvelée face aux mauvaises nouvelles du monde. Ils plébiscitaient en lui leur désir d’action immédiate pour soulager les malheurs indistincts.

De l’humanitaire-spectacle au spectacle tout court
Bien sûr, le héros n’était pas sans travers et l’on distinguait même de gros défauts, mais ils semblaient tellement servir la Cause du Bien que l’on s’était habitué à en sourire affectueusement. L’ego démesuré de Kouchner passait pour une variante moderne du militantisme. S’il se mettait en permanence en scène, n’était-ce pas au nom de cette « loi du tapage médiatique » indispensable pour donner de l’écho à l’action humanitaire ? Grâce à lui, celle-ci a fait un Grand bond en avant depuis l’époque des Docteurs Schweitzer qui devaient besogner trente ans au fond de la brousse avant de commencer à émouvoir. Avec le Docteur Kouchner, quelques jours et quelques caméras suffisent. Il a inventé « l’humanitaire-spectacle » pour la bonne cause : dynamiser l’altruisme et faire mieux rentrer les dons. Car, justifiait-il, « l’image émotionnelle en dit plus qu’un discours », et « l’on assassine moins en présence des caméras ». Voilà pourquoi, se disait-on, il avait fait don de son image à la médiasphère : pour l’aide aux victimes, « qui ne sont ni de droite ni de gauche ». Comme lui. Le Bien contre le Mal, c’est plus simple.

Ces dernières années, de nombreux débats autour de l’action humanitaire et de son bilan nuancé ont montré que les choses étaient plus compliquées. En parcourant les dernières étapes de l’épopée kouchnérienne, Pierre Péan constate que, non seulement l’humanitaire-spectacle peut desservir les objectifs de l’action humanitaire, comme le montre par exemple la consternante opération menée en 1991 au Kurdistan, mais que sa confusion avec un droit d’ingérence mariant l’assistance et le militaire renouait parfois avec la forme la plus brute de la politique internationale : l’ingérence étatique avec les bons sentiments du colonialisme.

Mais contester la nouvelle posture de « va-t-en-guerre » du French Doctor, notamment lors de l’intervention américaine en Irak, relève encore du débat politique. Pierre Péan a malheureusement fait des découvertes beaucoup plus pénibles. Son enquête montre que la statue-Kouchner est désormais habitée par un personnage dont le cynisme calculateur a remplacé les généreuses naïvetés de jeunesse. Le bénévole de l’humanitaire voulait occuper le pouvoir parce « que c’est là que tout se passe ». Nicolas Sarkozy aura exaucé ce vœu mieux que la gauche à laquelle il pensait avoir dérobé l’un des plus beaux symboles. Mais l’effet-Kouchner n’a pas fait long feu. A l’épreuve de la réalité, son droit-de-l’hommisme a fait pschitt !

Kouchner n’a pas attendu Rama Yade pour ne plus croire aux droits de l’homme
Une année aux affaires lui aurait donc suffi pour renier trois décennies de beaux discours et découvrir, comme il vient de le dire, qu’il « y a contradiction permanente entre les droits de l’homme et la politique étrangère d’un Etat » ? Les révélations de Péan indiquent une autre explication : les droits de l’homme, cela faisait un bout de temps que Bernard Kouchner n’y croyait plus lui-même, au point de se mettre en affaires avec ceux qu’il pourfendait hier. Depuis quelques années, en effet, une autre passion l’animait : tirer, via une activité de consultant privé camouflée derrières quelques sociétés-écrans créées par ses proches, les dividendes de sa réputation et de son influence. L’ex-militant ne pourchassait plus le malheur, mais le fric.

La petite histoire retiendra qu’il a trébuché là où il avait péché, au cours d’un épisode où ses contradictions ont fini par le trahir. Un épisode, début 2008, dont nous n’avions eu qu’un signe – l’éviction brutale du Secrétaire d’Etat à la Coopération Jean-Marie Bockel – sans connaître l’intégralité du scénario, qui ne manque pas de piquant.

En se mettant à dénoncer tout haut « la Françafrique » despotique et corrompue à l’occasion de ses vœux à la presse, début janvier 2008, Bockel ne s’imagine pas être en décalage avec le discours de son ministre des Affaires étrangères. Il ignore ce que personne, alors, ne sait : avant de redevenir ministre, Bernard Kouchner fut simultanément responsable, versant vie publique, d’une organisation internationale (Esther) distribuant des aides internationales aux pays pauvres et, versant vie privée, consultant allant discrètement démarcher certains de ces mêmes pays pour des expertises grassement payées. Notamment pour quelques-uns des chefs d’Etat africains brocardés par Jean-Marie Bockel, Omar Bongo et Sassou Nguesso, qui règnent sur le Gabon et le Congo. Les deux autocrates sont fous de rage : ils viennent de payer les services du consultant Kouchner à des tarifs qui leurs laissaient imaginer un service-après vente sans faille.
Ils ne comprennent donc pas la sortie « scandaleuse » de Bockel, petit subordonné de celui dont ils pensent avoir acheté l’influence. Ce dernier faisant mine de ne plus les connaître, les deux chefs africains décident de faire savoir leur courroux – accompagné des factures qui le justifient – à Nicolas Sarkozy. Ils apprennent en même temps au Président de la République que l’homme de confiance de Bernard Kouchner, qui les pressait de payer le solde de ces factures après son arrivée au ministère des Affaires étrangères, n’est autre qu’Eric Danon, le nouvel ambassadeur de France qu’il avait nommé à Monaco sur proposition de Kouchner !

Atterré par ce qu’il découvrait, le Président de la République fit tout pour éviter le scandale. Il apaisa les représentants offensés de la Françafrique en mutant Jean-Marie Bockel au Ministère des Anciens combattants. Il s’étonna vertement que son Secrétaire général, Claude Guéant, ait ignoré la très gênante double vie du French Doctor. Il mit fin aux fonctions de l’ambassadeur Danon à Monaco. Et il humilia son Ministre des Affaires Etrangères en lui faisant savoir qu’il venait de découvrir ses petits secrets par la bouche de… Rama Yade qui annonça elle-même à son Ministre de tutelle la destitution de Danon.

Avec la publication du Monde selon K., ce dispositif ne suffira peut-être pas…

marianne2.fr

Allez, pour ce débarrasser de cette odeur pestilentielle un poête, un vrai : Charlelie Couture : « Comme un avion sans ailes »
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Charlélie Couture, ou CharlElie Couture, de son vrai nom Bertrand Charles Elie Couture, né à Nancy le 26 février 1956 est un chanteur, compositeur, peintre, écrivain et photographe français.
Il se revendique comme un artiste « multiste », c’est-à-dire explorant de multiples disciplines artistiques[réf. nécessaire]. Il est cependant connu dans son pays d’origine, la France, avant tout comme un musicien.
Il est le frère de Tom Novembre.

CharlElie apprend très jeune le piano avec sa grand-mère et la guitare. Enfant, il fabrique des sculptures dans les ateliers d’ébénisterie qui jouxtent le magasin d’antiquités de ses parents.
En 1978, son premier disque produit à compte d’auteur 12 chansons dans la sciure attire l’attention des professionnels. Il est invité au Printemps de Bourges et l’année suivante son second disque sort, intitulé « Le Pêcheur ».
Le blog de l'île de RéEn 1981, après des études d’arts, il fonde à Nancy, le groupe « Local à Louer », associant photographes, dessinateurs, peintres et poètes. Il publie à cette occasion le « Manifeste de l’Art Rock », où il écrit : « l’Art doit faire la jonction entre le fonctionnalisme de la société industrielle et les aspirations de la culture pop! ».
La même année, le producteur anglo-jamaïcain Chris Blackwell le remarque et produit son album ‘Pochette surprise’. CharlElie est le premier Français signé en 1981 par Chris Blackwell sur son label Island Records. Neuf mois plus tard, le succès est au rendez-vous avec l’album « Poèmes rock » enregistré à New York grâce au titre « Comme un avion sans aile » que j’ai le plaisir de vous faire écouter…

7 réponses à “Exclusif: le livre qui peut ruiner Kouchner”

  1. Exec T dit :

    Le livre de Péan, l’auteur s’en est expliqué, montre l’absence de moralité de BK (tuberculose?).

    Maintenant, pour être ministre des affaires étrangères, dans un gouvernement dirigé par le maire de Neuilly, la moralité c’est un accessoire dans le CV.

    Je pense plutôt que Le PR l’a choisi justement pour sa capacité à gérer cette apparente contradiction entre morale droit de l’homme et diplomatie, et pour humilier la gauche (bonus).

    L’un et l’autre se ressemblent, goût de la scène médiatique, avidité matérielle (honoraires, immobilier), cynisme extrème.

  2. la grignette dit :

    Qui est le maître, qui est l’élève dans cette histoire médiatico-droits de l’hommiste ? Kouchner qui se trimballe un sac de riz (50 kg c’est vrai) avec un pantalon et une chemisette fraîchement repassés…. ou Sarko qui « sauve un enfant otage en prenant soin que la caméra prenne son bon profil ?
    Il y a du vrai dans ce que dit revizor, mais cela vaut-il la peine de retourner le couteau dans la plaie (encore à vif) de nos camarades et de déclencher une nouvelle polémique du : je l’avais bien dit ! On en tous gros sur le coeur de voir les attitudes de ces renégats, alors traitons les comme tels : par le mépris.

  3. revizor dit :

    La parution d’un livre de Pierre PEAN, qui avait aussi en son temps « révélé » le passé d’extrême-droite et pétainiste de Monsieur François MITTERRAND, sur les « affaires » de Monsieur Bernard KOUCHNER, fait grand bruit dans nos médias.

    Je n’ai pas encore lu ce livre, mais d’après ce que j’en sais et surtout de ce que je connais de KOUCHNER, il ne semble pas apporter beaucoup d’éléments nouveaux au procès que tout militant de gauche devrait faire à ce triste individu qu’est KOUCHNER.

    Bernard KOUCHNER est bien sûr méprisable mais pas seulement depuis qu’il est devenu Ministre des Affaires Etrangères de notre président SARKOZY.

    Il l’est par toute son attitude politique et personnelle au cours de ces 3 dernières décennies.

    Après une jeunesse plus ou moins gauchiste au sein de l’UNEF et de l’UEC, il est vite devenu un serviteur zélé et intéressé du capital et de l’impérialisme, camouflant tout cela sous le masque de la  » défense des droits de l’homme » et osant même se prétendre de gauche parce qu’il avait la carte du Parti Socialiste et était ministre de MITTERRAND et de JOSPIN.

    En fait il était un agent de l’impérialisme américain, de l’Europe ultra-atlantiste,du néo-colonialisme français comme l’ont montré toutes ses actions tant en Yougoslavie en Afrique et ailleurs sans oublier le drame des Palestiniens de Gaza.

    Mais dans cette histoire il y en a qui me paraissent encore plus odieux que lui.

    Ce sont ses anciens camarades du Parti Socialiste qui ne se gênent pas pour l’accabler, oubliant qu’ils ont été dans le même parti, qu’ils l’ont acclamé et qu’ils ont partagé et qu’ils partagent avec lui les mêmes valeurs.

    Où est dans tout cela la « fraternité » que réclame Ségolène ROYAL?

    Car après tout si Bernard KOUCHNER est ce qu’il est , il l’est bien devenu au sein du Parti Socialiste dont il a partagé l’histoire sinon la politique.

    Il me semble qu’un Parti qui produit ou accepte dans ses rangs des KOUCHNER et autres BESSON doit s’interroger.

  4. louis dit :

    Imaginons que cela finisse mal pour Kouchner et qu’il doive démissionner.
    Alors vous verrez les médias , TF1 en tête, rappeler assidument que celui ci était socialiste.
    Car il faudra que l’on puisse faire l’amalgame : socialiste = pourri, et que , heureusement, notre bon et gentil Nicolas qui s’était fait berner par ce traitre, aura su s’en nous débarrasser de cette racaille … socialiste.
    Mais, le plus probable, c’est que Kouchner reste au gouvernement jusqu’au prochain remaniement et qu’ensuite , on lui trouve un bon parachute bien doré, payé par la princesse, je veux dire la République.
    Cela n’empêchera pas TF1 de faire l’amalgame déjà cité.
    Nous le savions déjà félon, désormais le voilà pourri jusqu’à la moelle.
    C’est peu de dire que je me sens floué et amer.

  5. La main gauche dit :

    j’ai beau essayer, je n’arrive pas à être surpris, et si un gars qui ne connaît le bonhomme qu’à travers ses accès théâtraux médiatisés n’arrive pas à être surpris, je m’dit qu’un p’tit nerveux à talonettes qui l’a rencontré en vrai devait bien avoir une idée bien précise sur la qualité de la marchandise…. Mais s’entourer de médiocres présente quelques avantages, vous êtes assuré qu’ils ne décevront pas et seront médiocres (pas besoin de savoir quand ni comment…il suffit d’attendre et la pomme tombe de l’arbre..).. Reste à savoir à quoi ça peut bien lui servir…là, si vous avez des idées ?? déjà, 68 se prend un tâcle.. ensuite on paraît toujours moins médiocre avec des médiocres… ça occupe les jours de crise… ça permet aussi de faire dire une belle phrase à Bockel et de s’en débarasser avec un coupable qu’on sortira du réfrigérateur à l’occasion, la fin de la fin de la françafrique c’est pas Sarkomoimoi, c’est Koukouch…

    bon, c’est sûrement tordu..

    .. à moins que..Sarko soit un grand naïf.. oh, les gars, les filles, nous avons un président super grand naïf (même si un peu petit nerveux aussi), ça c’est ouachement populaire (c’est bien connu le peuple est naïf !) alors, en plus, un naïf trahi, là, c’est double ration aux élections !!

  6. Chris dit :

    Dans un article du Nouvel Obs, Kouchner nie tout. Avec un aplomb insolent.
    Ainsi, pour le rapport sur Total en Birmanie il soutient que Total n’a pas employé de travailleurs forcés. Alors que Total accepte d’indemniser les victimes de ce travail forcé. Kouchner lui n’a rien vu et il a un argument de poids : « Lorsque je m’y suis rendu, les travailleurs de Total m’ont garanti qu’ils n’employaient pas de travailleurs forcés » ben s’ils le disent…

    Pas de conflit d’intérêt avec le poste de sa femme qui s’enrichit à France 24
    Cela donne cet échange amusant :

    N.O. – Il se trouve cependant que plusieurs collaborateurs de l’Audiovisuel extérieur avec lesquels vous auriez eu des conflits ont été sanctionnés…
    B. Kouchner.- Je n’ai jamais été mêlé à aucun licenciement et sanction d’un journaliste de l’audiovisuel extérieur. Et je ne vois pas qui sont ces journalistes.
    N.O.– Leurs noms sont pourtant connus : Richard Labévière, Grégoire Deniau, Bertrand Coq et Ulysse Gosset qui a été écarté de France 24 après un accrochage avec vous, à l’antenne…

    Et c’est pareil pour toutes les accusations : il ne sait rien il ne voit rien il est beau, il est grand… Voyou !!!

    Kouchner, dehors….

  7. bonjour,
    Le pouvoir c’est presque toujours la corruption.
    Quand un « french doctor » accepte de travailler dans ce gouvernement qui est tout le contraire de ce pourquoi il prétend travailler, rien ne peut nous surprendre.

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