Section socialiste de l'île de Ré
Le courage, c'est de chercher la vérité et de la dire. Jean Jaures – Psiledere@aol.com

12 février 2009

G.O.A.L. (Grande Oeuvre de l’Alliance Libérale) (suite)

Filed under: 20 - UMP — iledere @ 6:15

Le blog de l'île de Ré(épisode 1 : ici)
Davos (Suisse), samedi 31 janvier 2009 (Une réunon à laquelle a participé Olivier Pagès sous une cagoule offerte par  BetaPolitique)

« Mes amis, je vous rappelle que cette réunion du Conseil Occulte du G.O.A.L. est consacrée à la réalisation de notre Grande Oeuvre en France. Le président français y a été convoqué. Aussi, je vous demande de mettre vos cagoules et de vous abstenir de tout aparté. Notre anonymat reste notre première arme. Grand Maître n°10 a rédigé à l’intention de chacun de nous un bilan provisoire de la situation en France. Vous disposerez ainsi des données économiques et sociales les plus récentes, de façon à intervenir avec une pertinence optimale – si vous le souhaitez, bien entendu. Faites entrer le président français. »

(Nicolas Sarkozy entre, esquisse un sourire et s’assoit à la seule place libre, à l’extrémité de la longue table couverte de feutrine noire. Il semble agité, jette un oeil à sa Patek, regarde furtivement chacun des treize personnages assis autour de la table, se râcle la gorge…)

« Monsieur le Président, nous vous avons convoqué pour vous indiquer comment nous souhaitions donner une nouvelle impulsion à la réalisation de notre Grande Oeuvre dans votre pays…

– Vous savez, ça n’a pas été facile de venir. Carla et moi…

– Vous parlerez lorsque je vous y inviterai ! Une convocation du Conseil Occulte ne se négocie pas ! Toute absence vaut révocation ! Votre pays, m’apprêtais-je à dire, a pris trop de retard. Nous n’ignorons pas que vous faites de réels efforts, mais à ce rythme-là, vous n’aurez atteint que dans dix ans l’objectif ultime que nous vous avons assigné. C’est trop ! Vous avancez à pas de fourmi ! Vous avez certes bien négocié le dossier de l’énergie, mais beaucoup reste à faire dans les secteurs de la santé, de l’éducation et des transports. Je vous rappelle que votre objectif est la transmission de tous les services publics aux acteurs privés. De tous, vous entendez !

– Mais les syndicats …

– Taisez-vous ! Parlons-en, des syndicats ! Vous êtes avec eux d’une faiblesse affligeante. Votre attitude avant-hier nous a consternés. “Le chef de l’Etat comprend les inquiétudes des Français.” On croit rêver ! Pensez-vous qu’en feignant la compassion vous favorisez notre Grande Oeuvre ? Répondez !

– Ben… euh… comprenez-moi, je suis au plus bas dans les sondages…

– Et alors ?

– Mais… il faut que j’aie un minimum de soutien pour… pour faire mon boulot…

– Ah bon, vous en êtes sûr ?

– Mais…

– À quoi sert la police ? Pourquoi ne pas avoir infiltré des casseurs dans la manif du jeudi 29 ? La vérité, c’est que vous vous aimez trop. Vous détestez être détesté. Vous ne supportez pas le mépris des autres. C’est une grande faiblesse, que nous avons beaucoup sous-estimée lorsque nous vous avons recruté. Aussi, nous ajoutons à votre mission des annexes que nous vous ordonnons de réaliser à brève échéance. Vous pouvez à bon droit considérer qu’il s’agit d’une sanction. Vous allez maintenant écouter très attentivement Grand Maître n°3 qui va vous énoncer les deux réformes que vous devrez finaliser avant le 31 décembre de cette année. »

(Le président français semble contrit. Des perles de sueur apparaissent sur son front.)

« Merci Grand Maître n°1. Première réforme : limiter au maximum les possibilités d’exercice du droit de grève…

– Mais c’est déjà fait en grande partie ! Dans l’éducation, le décret du 2 décembre…

– On s’en fout de l’éducation ! On s’en fout que les profs fassent grève ! Ce n’est pas eux qui nous gênent. Ce que nous voulons, c’est que le droit de grève n’ait aucune incidence sur les activités marchandes. Nous voulons disposer de notre main d’oeuvre de manière continue. Il faut donc que vous rendiez quasi inopérant le droit de grève dans les transports. Le service minimum doit devenir un service maximum. Poursuivez, Grand Maître n°3.

– Deuxième réforme : abolir le SMIC…

– Hein !? Mais…

– Taisez-vous ! Laissez parler Grand Maître n°3 !

– Abolir le SMIC graduellement, en commençant par les contrats de première expérience professionnelle…

– On a déjà essayé en 93…

– Taisez-vous enfin !

– …puis par les chômeurs de longue durée de plus de 50 ans, de façon à réduire sensiblement le niveau moyen des pensions de retraite. Élargir ensuite cette abolition à tous les contrats à durée déterminée, ce qui fera tomber en désuétude le contrat à durée indéterminée.

– Merci Grand Maître n°3. Monsieur Sarkozy, vous semblez mal à l’aise…

– Mais il y a la crise !

– La crise ? Quelle crise ?

– Les gens vont me haïr !

– Quelle importance ?

– Mais, enfin, le chômage augmente de mois en mois…

– Justement, c’est l’occasion rêvée ! C’est maintenant qu’il faut agir, avant que la croissance redevienne positive. Le chômage vous fournit un argument imparable pour abolir le SMIC !

– Mais les mouvements soc…

– Cessez d’être puéril ! De toute manière, vous n’êtes pas en mesure de négocier. Nous pouvons dès demain faire en sorte que l’affaire de votre appartement de l’île de la Jatte soit à la une de tous les journaux. Vous pouvez sortir à présent. Nous ferons le point dans six mois. »

(Nicolas Sarkozy se lève, blème, en sueur, et quitte la salle sans dire un mot.)

« Mes amis, je pense que nous devons rester vigilants. Le narcissisme de cet homme affecte sa servilité. Grand Maître n°8, vous veillerez à rectifier les instructions données à son épouse si la fermeté du président français venait à décroître. La séance est levée. Argent et domination !

(Tous ensemble 🙂 ARGENT ET DOMINATION !!! »

MULATU ASTATKE & The Heliocentrics Live from Cargo, London 17th April 2008 « Yèkèrmo Sèw« , un morceau qui était aussi dans la bande son de « Broken flowers »
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