Section socialiste de l'île de Ré
Le courage, c'est de chercher la vérité et de la dire. Jean Jaures – Psiledere@aol.com

8 mars 2009

Les blogs : info ou influence ?

Filed under: 05 - Presse, média, Internet — iledere @ 6:00

le blog de l'île de RéComme blogueur politique, ou webmestre d’un blog politique, j’ai subi quelques critiques mais également des attitudes assez condescendantes de certains qui ne comprennent pas la révolution qui se met en place dans le monde du web 2.0.

Je n’ai pas la prétention d’être un blogueur influent, mais j’en fréquente certains. Et, qu’on le veuille ou non, que cela fasse plaisir ou pas, les scores sont là et négliger un mode d’expression qui permet à une section forte d’une cinquantaine de militants d’engranger 700 à 800 visiteurs par jour est une faute majeure en terme de communication.
Il est a espérer que dans aucune fédération socialiste des responsables de la communication tomberont dans le piège consistant à mépriser ce mode de communication au prétexte qu’ils ne le comprenne ou ne le maîtrise pas…

Certes, il est difficile de mesurer l’importance des réseaux sociaux, la puissance du buzz ou la force de frappe de quelques blogs décidant ensemble de traiter un même sujet… C’est encore plus difficile pour ceux qui sont en dehors de ce monde, et pour lesquels jeter un œil d’une semaine à l’autre sur ses mails correspond à un exploit technologique qui, croient-ils, les fonde à parler des NTIC avec des mots d’experts…

Pour autant, les blogs, les réseaux sociaux sont là et il ne s’agit plus de croire ou non à leur influence, il est simplement question d’apprendre à les utiliser. Baver devant les innovations technologiques de la campagne d’Obama ne suffit plus. Il faut apprendre à en faire autant et peut-être mieux. Car ces technologies avancent vite et le risque est grand de se trouver distancer.
Les tentatives, dans la « blogosphère de gauche », de fédérer des réseaux d’action ou à constituer des répertoires de textes et d’analyses sont à surveiller et à encourager : Il s’agit par exemple des « Vigilants », de « A gauche toute » ou des « left-blogs »…

Nous avons publié un certain nombre d’articles sur le sujet (voir les liens en fin de texte) et j’engage nos dirigeants à les lire car si certains semblent résolus à utiliser toutes les ressources du web, d’autres, hélas, pensent qu’un blog avec leur joli trombine et quelques bons exercices de langue de bois sont suffisants pour croire être « dans le move« . Tragique erreur…

Mais d’abord, qui sont les blogueurs :

Ils sortent des scoops, commentent l’actualité, tancent les grands de ce monde. Certains les appellent des « journalistes citoyens ». D’autres les affublent du surnom moins flatteur de « journalistes en pyjama ». Mais personne ne peut les ignorer. Les blogueurs et autres rédacteurs du Web se sont taillés une place au soleil dans le système de l’information. Les entreprises ont vite compris qu’elles ne pouvaient les ignorer.

« Nous sommes obligés d’en tenir compte, ne serait-ce que pour éviter un buzz négatif sur le Web, souligne Anne Shapiro-Niel, présidente de l’Association des professionnels des relations presse et de la communication. La difficulté, c’est que les règles ne sont pas les mêmes qu’avec les journalistes. Par exemple, nous ne sommes pas assurés d’obtenir un droit de réponse en cas d’erreur. » « Les avis sont très partagés et les pratiques très différentes, avoue Sophie Cornet, de l’agence C’est dit, c’est écrit. Doit-on envoyer des produits, des livres aux blogueurs, les inviter aux voyages de presse, en sachant qu’il faudra tout payer, car ils ne sont pas défrayés ? »

Dans certains secteurs, les blogueurs jouent un rôle de prescripteurs décisifs. C’est le cas bien sûr pour les jeux vidéo, l’informatique et le high-tech, mais aussi l’alimentation, la cuisine, la décoration, la médecine, la musique, les loisirs au sens large. Les entreprises ont recours à des agences spécialisées de veille sur les blogs. « Les blogueurs compliquent la tâche des services de presse, explique Ludovic Bajar, directeur associé de Human to Human, l’une de ces agences. Leur pratique est fondamentalement différente de celle des journalistes. Ils ne respectent pas les trois piliers du métier que sont la distanciation, l’objectivation et le recoupement des sources. Ils sont dans une subjectivité totale par rapport à leur sujet. Ils vivent leur activité comme une passion. Ils se racontent. Lorsqu’un blogueur arrive à une conférence de presse, la première chose qu’il fait est de se prendre en photo ou de se faire photographier… »

Les institutions ont appris à composer avec ces nouveaux commentateurs de la vie publique. Pour la rencontre entre Barack Obama et Nicolas Sarkozy, en juillet 2008, l’Elysée avait accrédité une dizaine de blogueurs. « Le critère de base reste la carte de presse, précise Franck Louvrier, responsable de la communication à la présidence de la République. Mais je suis pour ouvrir davantage nos portes aux blogueurs les plus influents. Ceux qui ont une légitimité dans leur métier et dont les blogs sont très fréquentés. »
L’Elysée a mis en place une cellule de veille des blogs, dirigée par Nicolas Princen. A Matignon, le service de presse s’en tient au critère de la carte professionnelle. « Pour des raisons de sécurité« , souligne Myriam Lévy, sa responsable.

le blog de l'île de RéDe son côté, le Parti socialiste a accrédité des blogueurs lors du congrès de Reims. « L’inflation des sites Internet et des blogs nous pose un problème, admet Alain Clergerie, coordinateur du service de presse du PS. Nous avons pour habitude de demander la carte de presse, ou sinon de vérifier que le site ou le blog sont reconnus et ont une bonne réputation. »
La porosité entre le métier de journaliste et celui de blogueur bouscule les habitudes. « Nous sommes dans une situation comparable à l’époque des radios libres, dit Benoît Raphaël, rédacteur en chef du site LePost. Les blogs permettent de faire émerger des nouveaux talents qui pourront faire d’excellents journalistes par la suite. »

Eric Marquis, vice-président de la Commission de la carte d’identité des journalistes, est moins indulgent : « A force de dire que tout le monde peut être journaliste, on dévalorise ce métier et on occulte le fait que la bonne information a un coût. Après tout, on ne parle pas de « chirurgien citoyen ». Le terme de « citoyen » ne sert qu’à habiller une dévalorisation de l’information et une précarisation de la profession. Nous sommes déjà descendus très bas dans les critères d’attribution de la carte de presse, jusqu’à la moitié d’un smic pour les revenus tirés du journalisme. » Pour ce syndicaliste SNJ, « les termes du débat sont exactement les mêmes que dans les années 1930, lorsque Georges Bourdon a posé les bases du statut de journaliste. A l’époque, il tenait un discours très dur, en affirmant qu’il fallait distinguer les professionnels des amateurs« .

Pourtant, la plupart des blogueurs ne se considèrent pas comme journalistes. Leur pratique inclut même souvent une critique implicite de la presse. « L’espace public numérique joue un rôle de complément, il est donc assez logique qu’il soit en réaction et en correction, explique Nicolas Vanbremeersh, alias Versac, qui a tenu un blog politique de 2003 à 2008. Moi-même, je n’ai pas de rapport professionnel à l’information. J’ai ma propre hiérarchisation. Le blog reste un plaisir et une activité annexe dans ma vie. »

Si l’on s’en tient à un critère purement statistique, l’avantage est du côté des blogs. Selon la Commission de la carte de presse, il y aurait 37 000 cartes de presse et, selon Wikio, 60 000 à 70 000 blogs.

Alain Renaldini
(source : Xavier Ternisien « Le monde.fr« )

Pour aller plus loin :

Le classement du blog : lectorat ou notoriété ?
Internet : un nouvel outil de communication politique
 Cyberpolitiques, cybercitoyens : les enjeux
D’Obama à Royal : les mutations de la communication politique 
De Barackobama.com à Change.gov

Alpha Blondy-Journalistes en Danger.
[youtube=http://www.youtube.com/v/ss-2UpUdFcI&hl=fr&fs=1]

4 réponses à “Les blogs : info ou influence ?”

  1. BiBi dit :

    Pour contribuer au débat politique ouvert, BiBi avait posé en son temps son regard de néophyte sur la Nébuleuse Left-Blogs ( comme ça fait chic et choc de prendre une bannière avec un accent yankee). Il en était sorti avec les honneurs et aussi sous les insultes ( andouille, trou du c et autres joyeusetés) qui ne font guère avancer le débat politique. BiBi tentait dans ses deux articles de comprendre en quoi ces Blogs de « Gauche » (tendance Ségo) jubilaient à participer au Congrès de Reims pour un dépucelage en règle ( profits ultra-rapides de distinction vis-à-vis du militant de base qui va distribuer les tracts au petit matin etc…)
    BiBi vous invite donc à lire ses deux articles. [BiBi et les LeftBloggeurs (1) et (2) Rubrique : Pensées Politiques sur le site de BiBi] (http://www.pensezbibi.com)
    Bonne lecture et à bibientôt

  2. Paul Villach dit :

    Bonjour,
    « Parle-t-on de « chirurgien-citoyen ? » demande-t-il en se moquant. Pourquoi donc des « journalistes citoyens » ? »
    Voici le lien de cet article :
    http://www.AgoraVox.fr/article.php3?id_article=52894
    Cordialement,
    Paul Villach

  3. la grignette dit :

    Les journalistes sont inquiets car ils craignent de retrouver dans les blogs ce qu’ils ont perdu : l’objectivité, la distanciation et la vérification des sources. Ils ont lentement dégradé les valeurs morales de leur profession en se laissant circonvenir au gré des changements de directions financières de leurs bailleurs.
    Il est évident que le blogueur se raconte, car il donne son opinion, mais lui, accepte la contradiction et même la discute facilement et rapidement, ce que ne peux pas un journaliste-papier. Quant à ceux qui se disent journaliste-télé, ils sont tellement inféodés qu’on ne peux éviter de voir qu’ils ont les yeux de travers, un sur la fiche de paie et l’autre sur la porte.

  4. La main gauche dit :

    Partageons mon avis dit « S’il fallait connaître quelque chose en politique pour en parler, ça limiterait l’intérêt de la démocratie et les recettes des bistros. »

    ça m’plaît !

    Il me semble qu’Eric Martis aurait tord de craindre le développement de l’expression « amateur ou amateur éclairée » dont l’intêrèt se fait moins par l’apport de la bonne information que l’apport d’angles de vues. Il me semble qu’il devrait plutôt s’interroger sur ce que le statut d’expert journaliste qu’il souhaite défendre peut ou devrait apporter en plus aujourd’hui et à partir de ça comment faire évoluer son métier…

    A force d’avaler de l’information, notre conscience du « tout probable » s’est aiguisée, la bonne info n’apporte plus la découverte de l’improbable, la fameuse prise de conscience (on sait déjà plus ou moins), de plus la bonne information est forcément partiale et parcellaire puisque c’est le tri d’une bonne information parmi mille autres, alors il reste quoi, susciter le voyeurisme ? faire du chiffre d’affaire ?

    Quel intêrèt de savoir si c’est 40% ou 80% de gens qui sont prêt à travailler le dimanche ? par contre l’expert journaliste pourrait peut-être nous dire ce qu’une journée non travaillée commune à presque tout une population ou sa suppression peut déclencher comme processus naturels (de la nature humaine) pour quels résultats sur la société à plus ou moins long terme… le genre de chose assez diffcile à faire en conférence de presse ou en interview en réponse à des petites phrases « vérité tout en un » d’un Sarkosy…et c’est peut-être ça qui dévalorise le journaliste, c’est d’accepter de continuer par convention ou habitude d’aller sur des terrains où son apport d’expert est devenu dérisoire.

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