Section socialiste de l'île de Ré
Le courage, c'est de chercher la vérité et de la dire. Jean Jaures – Psiledere@aol.com

25 mars 2009

Heulliez, nouvelle bataille Sego-Sarko ?

Filed under: 06 - Travail-Entreprises,09 - Evènement — iledere @ 6:00

le blog de l'île de RéLundi 23 mars, Nicolas Sarkozy a fait savoir, par Jean-Pierre Raffarin interposé, qu’il allait proposer très rapidement un plan de sauvetage de l’emploi pour l’usine du constructeur Heuliez, dans les Deux-Sèvres.

Dimanche, on apprenait que Ségolène Royal, présidente de Poitou-Charente, et Christine Lagarde, ministre de l’Economie, s’étaient parlées sur le sujet.

Heuliez, cas d’école pour Sarkozy
Heuliez, installé près de Cerizay depuis 1920, emploie quelques 1000 personnes. C’est le 3ème constructeur français d’automobile. En graves difficultés financières et économiques, l’entreprise ne serait plus en mesure de payer ses collaborateurs après le 11 avril, selon les syndicats.
La présidente de région souhaitait que la région entre au plus vite dans le capital de la société poitevine via un fonds de capital-risque en cours de constitution, et qu’elle garantisse les prêts bancaires nécessaires.
Lundi, « avec le renfort de Ségolène Royal » rapporte l’AFP, les salariés et la direction de l’équipementier automobile ont manifesté dans les rues de Cerizay (Deux-Sèvres) pour réclamer une intervention du gouvernement pour sauver l’entreprise en difficulté financière. L’entreprise, soutenue par la Région, est contredit par le gouvernement. « Mardi nous sommes reçus à Bercy. Nous préconisons un solution globale, le gouvernement préfère une scission de l’entreprise. La semaine s’annonce déterminante pour l’avenir d’Heuliez » a expliqué Paul Queveau, le président du directoire d’Heuliez et membre de la famille propriétaire. Le fameux « Fonds stratégique d’investissement » (FSI), mis en place à grand renfort de publicité par Nicolas Sarkozy dans le cadre de son plan de relance en novembre dernier, a refusé d’apporter les 10 millions d’euros.

Sarkozy préfère-t-il Bolloré ?
Le projet de sauvetage défendu par la Région et la famille propriétaire mise notamment sur le développement de véhicules électriques. Un projet que le FSI juge irréaliste, car il reposerait notamment sur l’hypothèse d’une part de marché jugée fantaisiste à horizon 3 ans en Europe (23% des véhicules électriques)  : « L’enveloppe du FSI est un montant de 400 millions d’euros et on nous refuse 10 millions pour Heuliez. On me dit que les gens à la tête du FSI n’auraient pas un regard bienveillant à l’égard d’Heuliez. Je ne peux le croire. De plus, j’espère que ce refus n’est pas le résultat d’une pression exercée par un groupe concurrent. Je ne peux l’imaginer. », s’est inquiétée Ségolène Royal. Elle s’est déplacé à l’usine lundi 23 mars. Le groupe Bolloré a en effet, comme Heuliez, a un projet de voiture électrique. En décembre 2007, Bolloré avait annoncé vouloir commercialiser rapidement sa « Blue Car« , fabriquée en Italie (sauf les batteries, à Quimper et au Canada). La réservation des premiers véhicules a débuté … début mars 2009. Le montant total de l’investissement du groupe Bolloré est estimé à 150 millions d’euros.

« Les deux sites de Bolloré, à Quimper et au Canada, vont entrer en production le 15 juin : ils produiront des batteries pour 10 000 voitures en 2010, 20 000 en 2011 et 30 000 en 2012. Les « Bluecar » seront produites à Turin chez Pininfarina, le partenaire italien de Bolloré. L’objectif est d’atteindre un volume de production de 60000 véhicules à l’horizon 2015. » (source)

Sarkozy favorise-t-il Bolloré ?

Raffarin en désaccord avec Sarkozy ?
Sur son blog, Jean-Pierre Raffarin, l’ancien président de la région évincé en mars 2004, explique: « Le Président prend le dossier Heuliez en main »

« Je me suis entretenu ce matin avec le Président de la République du dossier Heuliez.
Bien informé du dossier, Nicolas Sarkozy m’a confirmé son attachement à la défense de nos capacités industrielles, notamment dans les secteurs d’avenir tel que le véhicule électrique, technologie qu’Heuliez possède depuis au moins 9 ans.
Le Président de la République s’est lui-même saisi du dossier et fera très prochainement des propositions. »

Quelques heures plus tôt, il avait exprimé les mêmes craintes que Ségolène Royal, en critiquant vertement la fermeture du marché de la voiture électrique par quelques grands groupes:

« On envisagerait dans les hautes sphères de séparer les activités des constructeur automobile des activités de construction de prototypes de véhicules électriques de Heuliez.
C’est absurde ! Voilà bientôt 9 ans que ce constructeur installé en Poitou-Charentes sait produire un prototype capable d’une autonomie de 200 km ! Le problème est que nos grands constructeurs nationaux ont toujours refusé le passage à la production industrielle. »

Heuliez, victime de délocalisation ?
Comme le rappelle Fabrice Frossard, dans son édito de l’Usine Nouvelle, Heuliez mise depuis longtemps sur la voiture électrique. Elle a développé quelques 750 brevets… Mais ses concurrents et clients ont préféré s’entêter sur d’autres solutions :

« Qui plus est, Heuliez est une société innovante. Alors que les constructeurs ont tardé à prendre le virage de la voiture électrique, Heuliez a développé des modèles fonctionnels, la Will et la Friendly, et s’est même associé à Michelin pour mettre en œuvre sa roue à moteur électrique. A ce jour Heuliez dispose de 750 brevets. Un portefeuille de propriété intellectuelle très garni pour une entreprise de cette taille.

Car Heuliez innove. C’est à son bureau d’étude que Renault a fait appel pour la Mégane coupé. Le carrossier a réalisé toutes les études, développé les prototypes, mais a vu la production filer chez son concurrent numéro 1, l’allemand Karmann. Idem avec le coupé 308 RCZ : Peugeot produirait le modèle en utilisant le brevet Heuliez, mais confierait l’industrialisation au canadien Magna.

Du coup, si le bureau d’étude tourne à plein, l’unité de production du carrossier reste au bord de la route, lâchée par des constructeurs français préférant ouvrir une usine en Europe de l’Est où Dieu sait où plutôt que de pourvoir à la survie de l’usine d’Heuliez en lui confiant la mise en œuvre de ses développements. »

Par Juan pour SarkoFrance

Il sera au Francofolies de La Rochelle, le musicien préféré de Kusturica, rendu célèbre par son album « musique pour mariage et enterrement »: Gora Bregovic « Gas Gas« 
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