Section socialiste de l'île de Ré
Le courage, c'est de chercher la vérité et de la dire. Jean Jaures – Psiledere@aol.com

30 mars 2009

L’Amérique fait une poussée de populisme

Filed under: 09 - Evènement — iledere @ 6:01

Obama et la fièvre populiste - JPG - 41.8 koL’Amérique gronde. Contre les dirigeants le scandale de l’assureur AIG. Contre la crise que l’administration Obama peine à enrayer. Et si une révolution était en marche ?
Aux Etats-Unis, le mot « populiste » n’a pas la même connotation péjorative qu’en France et en Europe. Outre-atlantique, le mot renvoie au mouvement populiste réformiste de la fin du XIXème siècle, une alliance de fermiers et de travailleurs contre les élites, les banques et les trusts née dans les plaines de l’Amérique profonde et le Far West pendant la «  Grande Dépression » (1873 -1897).

Ayant élu six sénateurs et quarante-cinq membres à la Chambre des représentants, le mouvement populiste a finalement trouvé sa figure de proue en la personne de l’anti-impérialiste William Jennings Bryan du Nebraska. Candidat présidentiel (malheureux) du Parti démocrate en 1896 et à deux reprises consécutives, cet orateur hors pair a su incarner la colère populaire au cours d’un discours prononcé lors de la convention démocrate et devenu célèbre. Bryan avait déclaré : « You shall not press down upon the brow of labor this crown of thorns, you shall not crucify mankind upon a cross of gold ! » («  Vous n’enfoncerez pas sur la tête des travailleurs cette couronne d’épines, vous ne crucifierez pas l’humanité sur une croix d’or ! »)


La fièvre populiste gagne les allées du pouvoir

Aujourd’hui, dans l’Amérique en crise de 2009, les allées du pouvoir sont de nouveau secouées par la fièvre populiste. Une colère populaire dont Barack Obama ne semble pas avoir bien mesuré l’ampleur ni la profondeur.
La fureur contre les bonus payés à ses dirigeants par le géant de l’assurance AIG, qui a reçu 185 milliards de dollars de subsides du gouvernement fédéral, symbolise cette nouvelle fièvre populiste. AIG a été mis sur la paille par le jeu de Ponzi de ses dirigeants et ces messieurs ont cru bon de s’auto-récompenser à hauteur de 218 millions de dollars pour leur comportement malhonnête. Avec des bonus tirés de l’argent des contribuables ! Ces derniers en sont révoltés et ont même manifesté devant les luxueuses villas des responsables de l’assureur dans une banlieue huppée du Connecticut.

Les membres de la Chambre des représentants, qui sont obligés de se présenter tous les deux ans devant les électeurs et qui ont bien plus l’œil rivé sur l’opinion publique que les sénateurs (élus tous les six ans) ont réagi à cette exaspération populiste.

La semaine dernière, ils ont voté par une écrasante majorité de 328 voix contre 93 une loi qui taxe les bonus des dirigeants d’AIG à hauteur de 90 %. Au Sénat en revanche, où la Maison Blanche a fait un lobbying de tous les diables contre, la mesure n’est pas passée.
Mais comme l’a écrit le New York Times le 22 mars, «  le tumulte populiste d’aujourd’hui va bien au-delà d’AIG et pourrait marquer un tournant… ». Avec la crise engendrée par des fraudes massives que le gouvernement n’a pas détectées, les citoyens américains se sentent trahis par toutes les institutions du pays.

Les ennemis d’hier sont ceux d’aujourd’hui
L’hebdomadaire Newsweek de cette semaine consacre un numéro spécial à la montée du populisme à laquelle on assiste. Pour l’excellent historien Michael Kazin (auteur entre autres d’une biographie de William Jennings Bryan), qui y participe, « quand les premiers populistes étaient sortis des petites villes et des centres miniers à la fin du XIXème siècle, ils ciblaient le même groupe qu’aujourd’hui, celui que les Américains jugent responsable de l’évaporation de la valeur de leurs actions et de la perte de leurs emplois : les magnats de l’économie qui ont trahi le public… Le populisme aux Etats-Unis reste au fond ce qu’il a toujours été, une protestation de gens ordinaires qui veulent que le système s’en tienne à ses idéaux, c’est-à-dire un traitement juste et honnête du marché et un gouvernement qui penche en faveur des masses populaires sans beaucoup d’argent. »
Mais l’équipe économique du président Obama, qui joue au centre-droite, ne répond guère aux attentes populaires. Les révélations selon lesquelles son secrétaire au Trésor, Timothy Geithner, a longuement œuvré à protéger les bonus des dirigeants d’AIG, et saboté un amendement au Sénat visant à empêcher ce type de bonus pour les entreprises que le gouvernement aide massivement ont révulsé plus d’un citoyen. Geithner l’a d’ailleurs reconnu et, en dépit des appels à renvoyer le secrétaire au Trésor des commentateurs comme de bien des membres du Congrès, Obama le soutient plus que jamais.

L’équipe Obama acoquinée avec Wall Street ?
Cette semaine, Geithner a fini par dévoiler son plan, longtemps attendu, pour sauver le système bancaire. Mais, comme l’écrit à juste titre le Prix Nobel d’économie Paul Krugman, par ailleurs chroniqueur économique au New York Times, le plan de Geithner est « plus que décevant, il me rempli carrément de désespoir. » Krugman a mille fois raison de penser que Geithner «  a persuadé le président Obama de recycler la politique de l’administration Bush et le plan Paulson… C’est comme si le président était fermement décidé à confirmer la perception grandissante que lui et son équipe économique sont déconnectés de la réalité, que leur vision n’est plus éclairée à cause de leurs liens excessifs avec Wall Street ». De plus, souligne Krugman, «  le plan Geithner ne peut pas marcher ! » ; il est même « financièrement abracadabrant » !

Bonus délirants : AIG ne ferait pas figure d’exception

Quant au chouchou des barons de Wall Street, Geithner, il cherche, comme l’a dit sur la chaîne MSNBC l’économiste progressiste Robert Reich (ancien Ministre du Travail de Bill Clinton), à «  sauver certaines des grandes banques » dirigées par ses amis, au lieu « de tenter de reformer le système bancaire. » Bien vu, surtout quand on sait que toutes les grandes banques qui ont déjà reçu des subsides du contribuable dans les précédents « plans de sauvetage » refusent de dire si elles ont, elles aussi, octroyé de généreux bonus à leurs dirigeants.
C’est le cas de Goldman Sachs (10 milliards de dollars de subsides), Morgan Stanley (10 milliards), Citigroup (45 milliards), Wells Fargo (25 milliards), JPMorgan Chase (25 milliards) et PNC Financial Services (7,6 milliards). Selon les experts, dans certains de ces groupes, le total des bonus dépasse de beaucoup ceux d’AIG ! Quand cette information sera connue, elle ne manquera pas d’ajouter de l’huile sur le feu et d’alimenter le ressentiment populiste…
En attendant, le contribuable lambda contemple tout ébaudi la dette énorme que lui fait supporter le budget d’Obama — non pas les 7 000 milliards de dollars que l’administration a prédit sur la base de pronostics naïvement roses — mais une dette quasi-incompréhensible de 9 300 milliards, selon le Congressional Budget Office, une officine d’études budgétaires du Congrès. Très peu de cet argent sera affecté à la création d’emplois, ce qui rend, encore une fois, l’opinion publique folle de rage.

Risques de dérives droitières
Si le nouveau populisme n’as pas encore trouvé son William Jennings Brian, le mois dernier, au Congrès, plusieurs dizaines de membres démocrates de la Chambre des représentants ont formé un « caucus populiste » (groupe parlementaire). Leur objectif : agir pour un programme économique plus osé qui profitera aux classes moyennes et ouvrières.
Mais l’Histoire nous enseigne que si les « classes possédantes » empêchent le populisme de s’exprimer et de s’épanouir, il peut potentiellement en découler une vilaine dérive droitière. L’aventure populiste du XIXème siècle, vaincue par les riches barons du Parti républicain, s’est d’ailleurs terminée dans une frustration qui a dégénéré en racisme.
La timidité de Barack Obama et son refus d’oser un programme économique digne de ce nom en dépit de la formidable popularité personnelle dont il jouit dans les sondages jusqu’ici, est en train de décevoir plus d’un Américain.

Le programme économique d’Obama jugé faiblard
Dans un excellent article de l’influent et iconoclaste mensuel The Washington Monthly, l’économiste James K. Galbraith (ancien directeur du Joint Economic Commitee du Congrès, professeur à l’Université du Texas, et fils du mondialement célèbre économiste John Kenneth Galbraith) estime que nous sommes déjà en train de nous démener dans la première phase d’une nouvelle « Grande Dépression ».
Et Galbraith de déclarer que le programme d’Obama est trop insuffisant pour arrêter et inverser la tendance. On entend d’ailleurs le même son de cloche chez l’économiste Nouriel Roubini, professeur à l’Université de New York, qui avait prédit avec un sacré temps d’avance et dans le détail la crise actuelle.
En singeant la politique économique de George W. Bush après tant de promesses de « changement » Barack Obama risque d’encourager le cynisme à son égard et de se retrouver emporté par la nouvelle vague de populisme. Pire, s’il s’avère que nous sommes réellement dans une nouvelle « Grande Dépression » que le programme du nouveau président ne parvient pas à enrayer, il se pourrait bien qu’Obama soit l’accoucheur involontaire d’un virulent populisme de droite.

Sondages mitigés pour Obama
Les commentateurs qui ont prédit la fin du parti républicain après la victoire d’Obama l’année dernière avaient tort. Déjà, un sondage effectué la semaine passée pour la National Public Radio (radio du service public) et demandant pour quel parti voteraient les électeurs si l’élection législative de 2010 avait lieu aujourd’hui, montre que les deux grands partis sont à égalité : 42% pour les Démocrates et 42 % pour les Républicains.

Si 63% des citoyens se disent « personnellement satisfaits » d’Obama dans un sondage Gallup publié le 24 mars, le pays est en revanche divisé sur la façon dont le président gère le scandale d’AIG. En effet, 41% l’approuvent contre 42 % qui pensent le contraire, comme l’a révélé un sondage de la chaîne de télévision CBS en date du 23 mars.
Un signal en guise de sonnette d’alarme qui inquiète au plus haut point une Maison Blanche à la manoeuvre pour dépassionner le débat sur AIG. Et pousse à s’interroger : si Obama continue d’imiter la politique économique vouée à l’échec de Bush, les électeurs, sous l’emprise du populisme, voteront-ils pour un second mandat du président ?

Doug Ireland pour Bakchich

Tout simplement magnifique : un titre de légende. Sultan of swing Pour mon fils qui soigne son entorse à la cheville en torturant sa guitare… En espérant que tu seras remis pour notre Kite session égyptienne…
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Petite bio indispensable:
Dire Straits est un groupe de rock britannique créé durant l’été 1977 par Mark Knopfler (guitare et chant), David Knopfler (guitare), John Illsley (guitare basse) et Pick Withers (batterie).
Mark Knopfler est un jeune journaliste de 27 ans quand un ami musicien lui présente le bassiste John Illsley. Tous deux décident alors de s’installer dans un studio et de tenter de vivre de leur musique. Les débuts sont difficiles, et le duo vit avec des moyens très limités. C’est cette situation qui influence le groupe, initialement appelé « The Cafe Racers », pour le choix de son nom : « to be in dire straits » peut en effet se traduire par « être dans la dèche ».
Dans leur petit studio, Mark Knopfler va composer en 1977 le titre qui restera comme l’hymne du groupe: Sultans of Swing, un hommage à tous les musiciens de bar et cabaret. Avec ce titre, le groupe décroche un petit contrat d’enregistrement pour un album, avec un budget très faible. C’est ainsi que la carrière du groupe démarre …
En effet, l’album éponyme, enregistré pour seulement 12.500 livres sterling, remporte rapidement un énorme succès dans toute l’Europe – à l’exception notable du Royaume Uni, qui ne viendra au groupe que plus tard – ainsi qu’aux Etats Unis. Le succès ne se dément pas avec le second disque du groupe, Communiqué, qui réussit le tour de force d’occuper la première place des charts allemands alors que Dire Straits est toujours à la 3e !
En pleine époque Punk, le succès d’un tel groupe, qui pratique un Rock très classique influencé par J.J. Cale et Dylan peut surprendre, mais il ne diminuera pas pour autant avec les prochains albums, Making Movies en 1980 et Love Over Gold en 1982. Ces disques, qui inaugurent des compositions et arrangements plus complexes, sont marqués par les tubes Roméo and Juliet et Private Investigations et par le départ de David Knopfler et du batteur Pick Withers. Ils seront remplacés pour les prochains disques par Hal Lindes (guitare) et Terry Williams (batterie), renforcé par Alan Clark aux claviers.
En 1983, le groupe, pas davantage influencé par les tendances discoïdes des années 80 que par le Punk des seventies, sort ExtendedancEPlay, un mini-album de 4 titres qui contient le single Twisting By the Pool. Il sera suivi en 1984 par le double live Alchemy, qui remporte un énorme succès.
En 1985, le groupe sort Brothers In Arms, qui restera comme son plus grand succès. Cet album est celui des premières mondiales : première vidéo à passer sur MTV en Angleterre pour Money for Nothing, single exceptionnelement « rock » pour le groupe, et surtout l’un des premiers album à être gravé sur un tout nouveau support discographique : le Compact Disc.
La sortie du disque est suivie par une tournée monumentale, qui voit Dire Straits jouer dans des stades pleins à craquer : le groupe remplit l’enceinte de Wembley 13 soirs de suite, et celle de l’Entertainment Centre à Sydney 21 fois ! Il joue égalemment au Live Aid en compagnie de Sting, et devient, grâce à cette tournée, le groupe le plus vendeur des années 80. Cette époque marque le départ de Hal Lindes, remplacé par Jack Sonni, et l’ajout d’un second clavier, Guy Fletcher.
Epuisés par le gigantisme de la tournée Brother In Arms, les membres du groupe décident en 1986 de faire une pause, occasion pour Knopfler de travailler sur ses albums solo. Le groupe ne jouera qu’une fois, pour l’anniversaire de Nelson Mandela en 1988 (accompagné pour l’occasion d’Eric Clapton), avant sa reformation l’année suivante.
En 1989, Dire Straits, composé alors de Knopfler, John Illsley, et des claviers Alan Clark et Guy Fletcher, et accompagné par divers musiciens de session dont le batteur de Toto Jeff Porcaro, se lance dans l’enregistrement d’un nouvel album. Mais On Every Street, sorti finalement en 1991, ne remportera pas le succès de ses prédécesseurs, pas plus que la tournée qui suivra, dont on retrouve des extraits sur le live de 1993 On The Night. Finalement le groupe se sépare en 1995, avec un Marc Knopfler au bout du rouleau qui déclare « [ne plus vouloir] entendre parler de Dire Straits pendant au moins 10 ans ! »
A l’heure actuelle, Dire Straits reste un groupe légendaire pour beaucoup, notamment dans des pays comme l’Inde ou l’Afrique du Sud. Le groupe a vendu plus de 118 millions d’albums depuis ses débuts.

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