Section socialiste de l'île de Ré
Le courage, c'est de chercher la vérité et de la dire. Jean Jaures – Psiledere@aol.com

17 avril 2009

Ce que le néolibéralisme fait à la diplomatie

Filed under: 01 - Etudes et analyses — iledere @ 6:00

Le blog de l'île de réLa somme des intérêts égoïstes permettrait de produire de l’intérêt général. Si la théorie libérale s’est à nouveau fracassé sur le mur de la réalité avec la crise, son influence n’a pas fini de se faire sentir, par la tournure d’esprit qu’elle donne aux diplomaties de la planète.

Du néolibéralisme et de l’Europe

Quand les Etats européens négocient un nouveau paquet climat, c’est une foire d’empoigne pour négocier des exemptions ou de meilleurs quotas pour ses industriels. La mise en place d’une taxe nous aurait épargné ce spectacle assez peu réjouissant. En fait, les pays européens n’ont pu s’entendre que sur un plan coordonné pour sauver des banques. En revanche, les plans de soutien à la demande ne sont pas concertés et les pays qui le peuvent, comme la Grande-Bretagne, utilisent la dépréciation monétaire…

Sans doute en bonne partie sous l’influence néolibérale, l’Union Européenne n’est plus un espace où un intérêt général européen pourrait s’imaginer mais simplement un champ de bataille où chacun cherche à protéger mesquinement ses propres intérêts ou, mieux, à les imposer aux autres pays, voir dans le cas des lobbys, à les imposer aux gouvernements et aux peuples. Les ravages de l’idéologie néolibérale sont ancrés profondément dans l’ensemble des Institutions européennes.

Dans les années 50, la France et l’Allemagne étaient capables de construire un projet commun, la CECA, qui servait leurs intérêts communs. Dans les années 60, le Général de Gaulle avait réussi à faire adopter une Politique Agricole Commune avec un grand dessein. Avec Airbus et Ariane, les Etats ont su faire preuve d’une certaine abnégation pour construire un dessein plus grand.

Du néolibéralisme et de la diplomatie
Il en est de même à l’échelle de la planète. Qu’avons-nous appris aux pays émergents si ce n’est une logique détestable de rapports de force où le plus puissant fait ce qu’il veut et peut imposer sa volonté à plus faibles que lui. Quand les pays riches traversent une crise économique, ils n’hésitent pas à creuser les déficits pour amortir la crise. Quand les pays émergents vont mal et qu’ils sont contraints d’avoir recours à l’aide du FMI, qu’ils cherchent donc à éviter, on leur impose des cures d’austérité…

Diplomatiquement, la situation est simple. Un pays peut faire ce qu’il veut du moment qu’il est puissant, économiquement ou militairement : les autres pays ne viendront pas lui chercher des noises. En revanche, un pays relativement faible, comme l’Irak, le Liban ou Gaza, pourra être envahi par plus puissant que lui sans la moindre conséquence concrète de la part de la communauté internationale. Le règne du chacun pour soi en économie devient la règle en diplomatie.

Conséquences et remèdes
La volonté de puissance affichée par la Russie ou la Chine est une conséquence logique de la façon dont fonctionne la communauté internationale fonctionne. Malheureusement, c’est ce que nous leur avons appris. La Russie s’est vue imposer une thérapie de choc inhumaine par un Occident inconscient dans les années 90. Il est donc parfaitement normal que le régime russe soit toujours dans une logique de rapports de force avec les autres pays. Nous leur avons montré qu’il valait mieux être puissant et riche…

Dans un autre monde, l’Europe aurait pu tendre la main à sa partie orientale pour l’aider à se relever de l’effondrement du communisme en prenant exemple sur le plan Marshall du sortir de la guerre. Ainsi, nous aurions appris à nos frères de l’Est que l’égoïsme ne fait pas tourner le monde. En un sens, la crise actuelle est une opportunité de nous racheter. Malheureusement, il est peu probable qu’elle soit saisie.

En un sens, l’aventure européenne, jusque dans les années 70, a représenté et représente toujours une formidable aventure humaine qui a permis à des nations autrefois séparées par d’innombrables guerres et des millions de morts, de construire un projet commun qui nous a permis de dépasser les antagonismes et de construire de nouvelles solidarités. Malheureusement, ses promoteurs ont fini par tomber dans un double travers : un dogmatisme ultralibéral sans limites et une volonté affichée d’affaiblir les nations.

Le néolibéralisme prêche la guerre économique entre les nations. Il n’est malheureusement pas étonnant que cet état d’esprit conduise à des comportements belliqueux. Il est urgent d’imaginer de nouveaux projets communs pour remettre de l’intérêt général dans les relations diplomatiques.

Laurent Pinsolle pour son « blog gaulliste libre »

Joe Cocker dans le temple du libératisme : « summer in the city« 
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