Section socialiste de l'île de Ré
Le courage, c'est de chercher la vérité et de la dire. Jean Jaures – Psiledere@aol.com

29 mai 2009

La France a peur

Filed under: 07 - Justice,09 - Evènement,21 - Mensonges de Sarko — iledere @ 6:00

Le blog de l'île de RéAujourd’hui, la France a peur. Alors que la violence monte partout dans le pays, notre vénéré président, continue opiniatrement un travail entamé alors qu’il n’était que ministre de l’intérieur : constituer un arsenal de lois permettant de stopper le déferlement de viols, de meurtres, et d’actes d’incivilité en tous genres qui font que nos concitoyens vivent dans la terreur.
Au moment ou le « Leader Minimo » était en passe de réussir, puisque désormais dans le triangle infernal Auteuil Neully Passy on dort en paix, la justice, aux mains du syndicat de la magistrature, aux ordres des bolcheviks, remets en liberté un terroriste, qui fut « ennemi N°1 » en France et qui ramène Mesrine au rang de truand de salon.
Julien Coupat, chef du gang de Tarnac est libre et nul doute qu’il est déjà en train de fomenter de nouveaux attentat, dés qu’il aura repris l’entrainement dans son camp retranché des Millevaches…
David Dufresne de Mediapart, au péril de sa vie, a été enquêter autour de l’épicerie du disciple de Ben Laden, là ou grenades fusils mitrailleurs, cocktail molotof sont en vente libre…

Ce matin, à Tarnac, les pompes à essence du Magasin général sont à sec. C’est à cause du beau temps, à cause des débroussailleuses et des tondeuses qui tournent à plein régime. «Ça peut pas durer, rigole Alain, l’un de ceux qui tiennent le bar-épicerie-terroriste du village : l’essence est partie plus vite que le diesel, et le diesel, pour les cocktails Molotov, ça le fait pas !»
La voici enfin l’épicerie de Tarnac (photo ci-dessus). Depuis le temps qu’on en parlait, qu’on se l’imaginait. Elle est là, grande ouverte. Comme elle l’est sept jours sur sept. Hier soir, dans l’unique petite salle, il y avait foot sur écran géant. D’ordinaire, sur l’écran, il y a des films, des projections débats, et dans la salle, des soirées lecture. Hier soir, c’était Barcelone-Manchester, 2-0.

Et puis, à 22h, comme dans d’étranges prolongations judiciaires, la rumeur est tombée : «Julien va être libéré.» Ils ont bu un coup, à trois ou quatre, et sont allés se coucher. Parce que ce matin, il y avait du boulot. L’épicerie à ouvrir, les repas ouvriers soupes-entrées-plats-desserts à mijoter, le camion de tournées à réviser, le primeur qui est venu livrer à 8h, «parfois c’est à 6h». Et même, pour certains, une petite partie pêche, aux aurores. Et, enfin, les premiers habitués. Un vieux monsieur courbé, et rieur. Un ancien punk courbé, et rieur aussi.

L’épicerie, au fond, est comme on se l’imaginait : improbable, imperturbable, indémodable même si la nouvelle édition du guide Petit Futé, dit-on, fait du village un haut lieu terroristico-touristique. «Si on fait pas tourner la boutique, c’est la mort du bourg», poursuit Alain.

Alain, avant, travaillait en Belgique. Il est venu aider ici, quand l’affaire a éclaté, «dans l’idée que ça durerait trois semaines, un mois». Six mois plus tard, l’ancien jardinier est toujours là. Sur les murs du café, des affiches. «Crachez ici, c’est pour nos fichiers ! Quelques bonnes raisons de refuser le fichage ADN.» Ou : « 17 mai, moules frites à volonté au magasin général.» De Coupat Julien, bientôt libéré, on parle peu, au fond.

Ici, au comptoir, on raconte qu’au plus fort des événements, on en a vu tituber des journalistes. Ou plutôt, on en a fait tituber. «C’était un peu le sport local, les habitués payaient leur tournée générale. C’était une façon de dire aux journalistes: “Vous, vous rigolez avec nous, on va rigoler avec vous ».» Une façon comme une autre d’essayer de reprendre la main sur le cours des choses. Dérisoire et amusante, fière et improvisée. Aux journalistes du Monde qui lui demandaient, lundi dernier, «Pourquoi Tarnac ?», Coupat répondait : «Allez-y, vous comprendrez. Si vous ne comprenez pas, nul ne pourra vous l’expliquer, je le crains.»

Nous voulons affirmer le conflit
Les journalistes, justement. Ce jeudi matin, ils ont déjà débarqué. Une télé locale, un brin embarrassée. Qui filmer, comment, «vous voulez bien»? La méfiance est de mise, la méfiance est quasi totale, la méfiance est souvenir. Celui du 11 novembre 2008 au matin, lors des arrestations, quand le village était quadrillé police-gendarmes-caméras. Au coin de chaque rue, ou presque, les images des 20h d’alors remontent à la surface. Devant la mairie, devant l’épicerie : Tarnac, c’est à la fois plus grand et plus rude que vu à la télé.

Tout ici semble dire qu’on n’oubliera rien de ce qui s’est passé. Pour Raph, du comité de soutien : «La question de l’anti-terrorisme reste entière.» Et la distance affichée semble être bien plus qu’une alliance taiseux paysans/taiseux militants, trop évidente : «C’est une façon de s’inscrire dans notre temporalité», affirme Ghislain (pseudonyme), un des habitants du Goutailloux, la désormais fameuse ferme «des Tarnac». Ce matin, les premières radios sont montées «là-haut» dès 9h. «Un type est descendu de sa bagnole et il m’a dit : “Je viens vous apporter la bonne nouvelle… Coupat est libéré”.» Comme si, ici, il n’y avait pas de moyens de s’informer. Comme si, ici, la libération prochaine de Coupat n’était que ça : une bonne nouvelle.

A la terrasse du Magasin général de Tarnac, c’est pourtant bien de cela dont il faut parler. Comment interpréter la nouvelle? Freiderich (pseudonyme), un de ceux qui, il y a quelques jours encore, rendait visite à Coupat à la prison de la Santé, semble comme tous les autres un peu détaché. «L’émotion, les grandes rencontres, les belles photos, le Spectacle», très peu pour lui, très peu pour eux : «On sait bien que ce n’est pas là que les choses se passent. La vraie question, c’est celle de la durée. C’est la durée qui produit des effets. Nous avons l’impression que nous sommes partis pour des années comme ça, dans cette procédure. C’est ça, l’une des victoires de la justice : sa lourdeur. On sait très bien comment les choses se déroulent, et traînent en longueur, comment on fait pour que les procès soient tenus des années plus tard pour désactiver les débats.»

Autrement dit, au bar-épicerie de Tarnac, même en un moment pareil, surtout en un moment pareil, on cherche à marquer sa différence. A ne pas être beau joueur. A ne rien céder, ni à la justice ni, peut-être, à soi-même. Et surtout pas au rouleau compresseur de l’agenda judiciaire et des caméras qui vont avec: «Quand tu es dans une logique anti-répression, tu as déjà perdu, explique Ghislain. Tu es sur la défensive. Nous, nous voulons être dans une autre logique. Nous voulons nous organiser pour, oui, représenter une forme de menace, mais pas celle qu’on nous prête. Nous voulons le faire joyeusement, sans se faire écraser.» Une pause, et puis il reprend: «Nous voulons affirmer le conflit.»

Julien Coupat a finalement été libéré jeudi après-midi. A Paris, devant la prison de la Santé, les caméras étaient en place.

Par David Dufresne pour Mediapart

Richie Havens, Freedom, (Woodstock)
[youtube=http://www.youtube.com/v/fA51wyl-9IE&hl=fr&fs=1]

3 réponses à “La France a peur”

  1. Serge dit :

    Tout est bon pour « bonimenteur 1er » afin de détourner les français du scrutin européen.

  2. la grignette dit :

    @Pazmani
    T’inquiètes, y a des vieux qui en vu d’autres et qui pensent !

  3. Pazmany dit :

    Le pire c’est que les vieux vont encore tomber dans le panneau alors que la multiplication de toutes ces lois n’est d’un avoeu d’échec de sa politique.
    http://www.jeune-garde87.org/2009/04/21/sarkozy-manipule-a-nouveau-linsecurite/

Laisser un commentaire

Plate-forme de blogs du Parti socialiste | Propulsé par Wordress Mu | Articles (RSS) et Commentaires (RSS)
Sauf mention contraire, le contenu de cette page est sous contrat Creative Commons Creative Commons