Section socialiste de l'île de Ré
Le courage, c'est de chercher la vérité et de la dire. Jean Jaures – Psiledere@aol.com

28 mai 2009

2 et 2 font 4, comment conter et recompter la Récession?

Filed under: 03 - Economie,12 - Brèves — iledere @ 15:00

le blog de l'île de RéLa France est en récession, « c’est désormais officiel, avec deux trimestres consécutifs de contraction de son produit intérieur brut, la France est en récession », annonçaient les médias de ce week-end. Aurions-nous raté un épisode? La France n’est-elle pas en récession depuis le mois d’octobre? Le 2 octobre dernier, avec la même conviction que ce 16 mai et les mêmes mises en scène, le mot « récession » faisait son entrée officielle dans le langage médiatique.

Alors que s‘est-il passé? Pourquoi soudain de nouveau annoncer que la France est en récession? – 0,4% au 2e trimestre, -0,2% au 3e trimestre 2008, -1,5 au 4e trimestre de 2008. Rebelote au 1er trimestre de 2009 avec -1,2%, cela ne fait pas 2 mais bien 4 trimestres négatifs consécutifs.
Pourquoi la France serait-elle plus en récession maintenant qu’en octobre? Parce que la récession a passé la barre fatidique du 1%?
Parce que de décroissance, de croissance négative ou de simple recul, il ne peut plus être question?
Ou parce que l’usage du mot « Récession » a finalement été approuvé en haut lieu dans le langage gouvernemental?
« Le gouvernement entérine une récession de 3%», titre étrangement Le Monde du 16 mai. « Le gouvernement entérine »? Comme on écrit l’histoire on écrit La Crise….
L’Etat est bel et bien revenu dans l’économie.

La bêtise économique
L’actualité économique, côté pile, côté face, par Catherine Malaval et Robert Zarader

Carla Bruni-Sarkozy: opération Bernadette!

Filed under: 09 - Evènement — iledere @ 12:00

le blog de l'île de RéIl ne vous a pas échappé que, depuis quelques jours, nous avons droit à notre « dose » de Carla Bruni-Sarkozy, quasiment de manière quotidienne.
De la séquence Chouchou et Loulou se bécotent en vidéo (dans Femme Actuelle) à la lettre écrite pour demander la libération de l’opposante birmane Aung San Suu Kyi, la femme du Président occupe de nouveau – très visiblement – le terrain médiatique.Eh bien, ce n’est pas terminé.
Dès demain, Carla Première sera aussi à la « une » du Figaro Magazine et, surtout, elle n’y sera pas toute seule…
Eh oui !
LA RENCONTRE !
Ne croyez pas que cette avenante couverture tombe, comme ça, là, par hasard.
Comme vous êtes de grands naïfs !
À la veille d’élections européennes importantes – et toutes les élections sont importantes – absolument tous les moyens sont bons pour toucher toutes les catégories de population.
Des pipolettes accros à Facebook aux lectrices à la retraite qui préfèrent le point de croix !
D’ailleurs, au passage, j’en profite pour signaler à nos autorités qu’il va falloir rapidement penser au Twitter de Carla 2.0 ! Je me régale déjà des petits messages de 140 signes qu’elle y déposera…
Mais je m’égare.
Revenons à Mémère-Magazine.
Je suis prêt à parier – pas cher – qu’une enquête confidentielle à la noix a dû montrer, récemment, aux spins doctors du Palais qu’il pourrait être « politiquement rentable », « bon pour l’image », « porteur », etc., d’appuyer davantage sur le registre mémère première dame de la femme du Président.
Je veux dire de « recentrer » Carla Bruni-Sarkozy sur le registre mémère première dame « traditionnelle ».
Et d’un peu moins insister sur son côté – déjà largement sollicité – « chuitopmodel, chuitropbelle, chuitroplibredansmatête ».
D’où l’idée – de génie – qui a dû germer dans la tête des conseillers chargés de ce genre de questions centripètes (ça ne veut pas forcément dire grand chose, mais ça sonne bien…).
Une rencontre médiatique (huit pages quand même…) entre la femme du Président Sarkozy et l’incarnation de la mémère première dame à l’ancienneBernadette Chirac !

L’Opération Bernadette.
Après le petit coup de modernité et d’inédit, grâce aux vidéos de Femme Actuelle (excellent le coup de la présentation des chiens)… Hop-là, juste derrière, une grosse pincée old school grâce au Figaro Magazine et à la mémère de toutes les mémères… Bernadette !
Et quelqu’un m’a dit… Que ce n’est pas fini.
Attendez-vous donc, d’ici au 7 juin, à d’autres initiatives choisies et à des « apparitions ciblées » d’une Carla Bruni-Sarkozy, plus à la manœuvre que jamais.
J’adore la politique !

À suivre, donc.

Par birenbaum

Un management « cruel envers les faibles »

Filed under: 01 - Etudes et analyses,03 - Economie — iledere @ 6:15

Le blog de l'île de RéLe géant du cosmétique se distingue par son modèle de management, dit par la « saine inquiétude », et considéré comme exemplaire dans le monde de l’entreprise. Mis en place par M. Lindsay Owen-Jones, qui a dirigé le groupe pendant près de vingt ans, il repose sur l’informel, sur la culture orale, et sur l’esprit de compétition, tant en interne qu’en externe. Quelques anciens salariés ont bien voulu nous raconter leur expérience.

« La plupart des ouvriers ne s’intéressaient ni à leur besogne, ni à la vie de l’entreprise. Au contraire, celle-ci leur était comme étrangère et souvent même leur paraissait hostile. C’est à ce moment-là que le problème de redonner un sens à la vie des hommes qui travaillaient dans mes entreprises a commencé à m’obséder (1). » Près de soixante-dix ans après la publication de ces lignes, on peut considérer que leur auteur, Eugène Schueller, fondateur de L’Oréal, a pleinement atteint son but. La société qu’il a créée, et qui compte plus de 67 000 employés, se caractérise par une culture interne très forte, allant de pair avec le culte du secret et un souci de l’image quasi paranoïaque. Les rapports sociaux y sont marqués par un tel paternalisme qu’un syndicaliste avoue avoir beaucoup de mal à rompre avec la bienséance du consensus pour mener des négociations efficaces ; un esprit que la longévité des dirigeants a contribué à perpétuer : en un siècle, L’Oréal n’en a connu que cinq, Schueller compris.

Adulé dans les milieux économiques, M. Lindsay Owen-Jones, président du groupe après en avoir été le PDG de 1988 à 2006 – M. Jean-Paul Agon assumant depuis cette date les fonctions de directeur général –, est entré chez L’Oréal en 1969. En sortant d’Oxford, ce citoyen britannique aux allures de play-boy avait renoncé à la diplomatie – avec la fin de l’empire, le Foreign Office licenciait – pour s’inscrire dans une école de commerce parisienne. Il entendit parler de l’entreprise de cosmétiques « par un copain » : « Il m’avait raconté qu’il connaissait une boîte qui m’irait comme un gant, où on était payé pour choisir les pin-up d’Ambre Solaire (2). »

Dans Ambition & Cie, le roman à clé de Thierry Bizot, qui travailla huit ans chez L’Oréal, le narrateur, un jeune cadre, est soudain frappé par une révélation : son entreprise est une secte. « C’est vrai qu’ils vous donnent un salaire, au lieu d’essayer de vous le piquer ; c’est la seule différence (3). » Raphaëlle*, qui y a passé neuf ans dans les années 1990, nous confie elle aussi : « Le chasseur de têtes qui m’a recrutée m’a dit : “Je vous préviens, entrer chez L’Oréal, c’est comme entrer dans une secte.” » Son expérience n’a toutefois pas confirmé ce diagnostic : « Il n’y a pas d’embrigadement. Au contraire : c’est à vous de faire le chemin, de comprendre les codes, de vous adapter. » M. Georges Liarokapis, délégué CFE-CGC au siège, à Clichy, confirme : « Personne ne vous dira comment il faut parler, comment il faut se tenir. Si vous êtes en phase avec la culture maison, vous êtes coopté, et vous montez. Mais il n’y a pas de règles écrites. Longtemps, on n’avait même pas de fiches d’évaluation pour chaque collaborateur ; on a dû les instituer quand les filiales à l’étranger se sont multipliées. »

Dans cette logique, instaurée par l’ère Owen-Jones, privilégiant l’oral et l’informel, les grandes décisions peuvent se prendre sur une impulsion, au cours d’une discussion. Un salarié peut jouer son sort sur une bonne ou une mauvaise réunion. Pour réussir, mieux vaut donc cultiver ses talents d’orateur – au point que le héros d’Ambition & Cie prévient sa psychanalyste : « Arrêtez-moi si vous sentez que je vous baratine (4). » Raphaëlle avoue avoir été « fascinée » par le spectacle de ce qui a pu être comparé à une « cour du Roi-Soleil » : « Certains, les plus brillants, étaient adorés et grimpaient les échelons très vite. Mais ils pouvaient tomber en disgrâce tout aussi vite, sans qu’on sache très bien pourquoi. Parce qu’ils avaient déçu, qu’ils ne s’étaient pas montrés assez forts… C’était parfois totalement injuste, et assumé comme tel. » La sélection est impitoyable : « La plupart étaient très jeunes, et pour ceux qui n’étaient pas assez vifs, ou qui manquaient de personnalité, l’expérience pouvait être très destructrice. En fait, on peut dire que c’est un mode de management cruel envers les faibles. » (more…)

L’actualité de la crise : Le pire est-il encore évitable ?

Filed under: 01 - Etudes et analyses,03 - Economie — iledere @ 6:00

Le blog de l'île de RéLE PIRE EST-IL ENCORE EVITABLE ?

Depuis quelque temps, je me cantonne dans l’actualité, j’évite d’imaginer l’avenir et d’en parler. Non pas à cause des incertitudes persistantes qui demeurent, ou de l’étrangeté de cette situation totalement imprévue et inédite dans laquelle nous sommes, mais parce que je ne vois, quand je m’y mets, que les plus sombres des perspectives advenir. Le mal est combattu par le mal, la débâcle de la finance par de nouvelles folies, ce qui dérange est écarté, comment pourrait-il en sortir du bien ?

J’ai acquis le sentiment, au fil de mes lectures et réflexions, que le prix qu’il faudra payer pour résorber des pertes que l’on ne sait même pas chiffrer n’est pas à portée, même avec le concours des Etats. Les investisseurs privés ne se manifestant que garantis par les Etats, ce qui renvoie au cas précédent. J’ai d’abord cru que les financiers ne voulaient pas assumer les pertes et se défaussaient, ce qui n’était pas à mes yeux étonnant outre mesure, mais je saisis maintenant que c’est tout autant en raison de cette impasse que l’on tente de masquer les pertes. Ce qui est bien davantage surprenant. Pour gagner tout simplement du temps, faute de mieux. Quant aux financements déjà engagés ou à venir, au titre du sauvetage des banques ou de la relance, ils recréent une bulle financière, différente de la précédente en ceci qu’elle est cette fois publique. Et l’on sait déjà que cette bulle ne sera pas extensible à l’envi, car elle s’appuie sur la monétisation des dettes ou sur l’émission obligataire, solutions ayant chacune leurs limitations. Depuis que le mauvais chemin a été choisi, nous avançons dans un cul-de-sac, à tâtons.

Le mot est trop fort ? parlons-en. Les banques centrales ne vont pas pouvoir augmenter sans limites la taille de leur bilan – ligne de plus grande pente qu’elles suivent les unes après les autres – sans devoir rechercher le moment venu auprès des Etats, des points d’appui financiers que ceux-ci seront bien en peine de leur accorder. Il n’y aura plus d’artifices disponibles, le montant prévisible de leurs émissions obligataires dépassant selon toute probabilité ce que le marché est prêt à supporter. Au mieux, les taux obtenus généreront un service de la dette insupportable pour leurs budgets : les Etats s’endettent auprès des investisseurs privés pour réunir les moyens de sauver ceux-ci de leur propre déroute. Nous vivons dans un monde bien étrange. Ce n’est pas raisonnable de leur part, mais l’ont-ils jamais été ?

Alors qu’il devient de plus en plus clair que seule l’inflation permettra de résorber cette dette (et encore, pour une petite partie uniquement), le débat s’engage timidement sur ses conséquences potentielles. Pas celles que l’on connaît par cœur, réservées aux rentiers et aux créanciers qui verront leurs revenus ou patrimoines diminuer en terme réels. Mais celles qui atteindront la timide et rédemptrice relance de l’économie tant espérée, car l’inflation aura d’inévitables conséquences sur les taux d’intérêt, accroissant les taux de défaut sur les emprunts, perturbant le marché des obligations privées et publiques, augmentant le stock de mauvaises dettes. Au risque de se retrouver au final avec dans une main ce que l’on a lâché de l’autre : des dettes. (more…)

27 mai 2009

General Motors : faillite en vue

Filed under: 03 - Economie,06 - Travail-Entreprises — iledere @ 14:00

Prends l'oseille et tire-toi! C'est la logique des fonds obligataires américains!L’ex-numéro 1 mondial de l’automobile pourrait être mis en faillite dès le 1er juin, parce que les détenteurs d’obligation, très souvent des fonds spéculatifs gagneraient à cette solution !

Ceux qui ont osé dire que la crise est déjà derrière nous devront peut-être faire leur autocritique à genoux dès le 1er juin. Car l’événement annoncé, la mise en redressement judiciaire (chapter 11) de General Motors sera, s’il survient, non seulement la preuve de l’aggravation de la crise économique mais aussi que les pratiques qui avaient lieu avant la crise des subprimes persistent, voire embellissent.
Explication : le gouvernement a fixé à la direction de General Motors, numéro 1 américain et il y a peu mondial de l’automobile, deux conditions pour que le groupe survive :

1. Il devait trouver un accord avec le syndicat des travailleurs de  l’automobile (UAW) pour réduire drastiquement la couverture sociale des travailleurs ainsi que celle des retraites de GM.
Les deux points principaux qui bloquaient encore l’accord avec le trésor étaient donc le coût de la main d’œuvre mais aussi le financement de l’assurance-maladie des retraités de GM. Visiblement donc les trois parties ont trouvé un terrain d’entente. Selon plusieurs médias américains, le syndicat aurait accepté des concessions sur la rémunération de la main d’œuvre et sur le fonds VEBA en charge du financement de la couverture santé des retraités de General Motors.

Cet accord qui ne demande plus qu’une ratification par les syndiqués constitue l’une des étapes de la restructuration profonde de GM avant la date butoir du 1er juin.
General Motors devra désormais s’orienter efficacement sur une politique concrète de réduction de sa dette obligataire de 27 milliards de dollars.

2. Et c’est le deuxième point noir : trouver un accord avec les créanciers, notamment les porteurs des 27 milliards de dollars d’obligations émises par GM.
En fait la direction a proposé un deal global à tout le monde, Etat, salariés et obligataires qui entreraient tous au capital, en échange des abandons de créances. L’Etat aurait 50% des actions, le fonds de pension des salariés 39% et les obligataires 10%, les ex-actionnaires 1%. Un deal assez courant en cas de faillite d’une entreprise : tous les créanciers deviennent actionnaires quand les actionnaires précédents sont lessivés. On appelle cela aussi un « coup d’accordéon ». Joli, non ? Les fonds de pensions renonceraient donc à 27 milliards de dollars en l’échange de 10 % des actions…

Prends l’oseille et tire-toi !
Et bien, les obligataires ne veulent toujours pas en entendre parler. Pourquoi ? Parce qu’ils ont souscrit des assurances (des CDS) couvrant le défaut de paiement de GM. Mais pour  toucher l’assurance, il faut que GM soit en redressement judiciaire. Selon certaines estimations, les porteurs d’obligations auraient la certitude de ramasser 2,4 milliards de dollars en remboursement des sociétés d’assurance. Ce qui serait moins risqué, pour eux, que de prendre le risque de devenir actionnaire de GM, auquel cas, ils ne disposeraient plus d’assurance ! (more…)

Du vol de démocratie

Filed under: 12 - Brèves,20 - UMP — iledere @ 12:00

Le phoenix du PoitouJean-Pierre Raffarin a une nouvelle marotte. Il veut réfléchir à l’instauration du scrutin à un tour. C’est quoi ça me demanderez-vous ? Par exemple, pour les présidentielles, le candidat arrivé en tête au premier tour obtiendrait directement la présidence.

Imaginons le premier tour, en 2012 :
Divers gauche (Besancenot, Buffet, Mélenchon) : 10%
Verts : (5%)
PS : 27%
Modem (Bayrou) : 15%
UMP (Sarkozy) : 28%
Divers droite : 5%
FN (Marine Le Pen): 10%

Hop ! Le candidat UMP est élu et devient Président de la République alors que la droite ne représente que 43% de la population ! Du vol de démocratie ! Déjà que le gouvernement nous prépare un tripatouillage des circonscriptions pour les législatives…

Ils sont rigolos à l’UMP. Après avoir inventé le parti unique en absorbant l’UDF, ils se rendent compte, maintenant, du désavantage : ils n’ont plus de réserve de voix pour le second tour !
Imaginons ça, maintenant :
Le Pen : 19,1%
Chirac : 19%
Jospin : 18%
Bayrou : 10%
Voynet : 8%
Chevènement : 5%

Qui est élu ?

Dégainé par Nicolas sur « Partageons mon avis« 

Le pouvoir de dire nom

Filed under: 20 - UMP — iledere @ 6:15

Le blog de l'île de RéC’est le propre des grands hommes. Leurs ailes de géant les empêchent de marcher, comme ne l’a pas dit la princesse de Clèves. Prenez notre président. Si brillant avec Angela Merkel, Barack Obama ou Hu Jintao, il ne peut s’abaisser à notre niveau. Quoi qu’il fasse, il subit nos critiques. Pas seulement les nôtres ni même celles des préposés aux postes de premiers proposants. Non, le ver est dans le fruit. A l’intérieur des palais de la République.

Deux exemples consternants : certains se félicitent que deux membres de la commission de déontologie de la fonction publique aient démissionné, choqués d’avoir été mis devant le fait accompli, lors du choix de François Pérol, conseiller élyséen pour diriger – pardon, sauver – deux banques. Quelle honte ! Sous d’autres cieux, l’ensemble des membres de cette commission de rien du tout se seraient fait hara-kiri. A cause d’eux, rappelons-le, notre président, en voyage à l’étranger, a dû mentir. Dire, de Rome, le 24 février, que « la commission de déontologie a eu l’occasion de donner son point de vue » sur ce pantouflage doré, ce qui n’était pas le cas.

L’albatros trébuche
Deuxième exemple : le ministère des finances. Le soin que met Stéphane Richard, directeur de cabinet de Christine Lagarde, à exhiber ces jours-ci le blanc-seing obtenu de ladite commission pour partir diriger France Télécom devient touchant. On en oublie presque : 1. Que l’intéressé n’a jamais dirigé d’entreprise de ce secteur. 2. Que l’Etat n’est plus qu’un actionnaire minoritaire. 3. Que nul ne s’est préoccupé de savoir s’il y avait d’autres candidats. Peu importe le fond. Les formes sont respectées. Et le message passé : Stéphane Richard, c’est l’anti-Pérol.

La liste n’est pas close. Avez-vous vu ce pauvre Jean-Luc Hees, président de Radio France ? Obligé de mentir devant le CSA : « Philippe Val est mon ami, mais l’amitié est un mauvais critère pour effectuer des nominations. » On connaît la suite. Il est vrai que le dossier est délicat.
De retour sur terre, même notre président s’est trompé (et nous a trompés aussi, mais c’est secondaire). C’était le 5 février, à la télé. Interrogé sur les nominations des PDG de l’audiovisuel public qu’il effectuera désormais seul (une idée de son ami Hu Jintao ?), le président a dit : « Si le CSA dit oui (…), ce nom proposé part aux commissions des affaires culturelles de l’Assemblée nationale et du Sénat, où il doit être accepté à la majorité des trois cinquièmes, c’est-à-dire que l’opposition doit être d’accord avec la majorité pour accepter le nom. »
Pas de chance, c’est l’inverse. Pour être refusé, un nom doit l’être par les trois cinquièmes. Il faut donc que des élus de la majorité s’associent à ce refus. Evidemment, notre président ne s’arrête pas à ces détails.

Heureusement, pendant que l’albatros présidentiel trébuche, François Fillon tient la barre. En témoigne l’autorité dont il a fait preuve pour nommer le patron du groupe Thales. Les administrateurs de ce groupe (dont l’Etat détient 26 % du capital, à peu près comme son associé Dassault) ont-ils la mauvaise idée de proposer plusieurs noms et même d’émettre des « réserves » sur le candidat de Matignon ? Fi ! C’est, malgré tout, ce dernier qui est retenu. Ça, c’est gouverner.

par Frédéric Lemaître pour Le Monde.fr

La rédemption écologique de Bayrou

Filed under: 18 - UDF-MoDem-Centre — iledere @ 6:15

Le blog de l'île de RéDe quoi Bayrou-Christ est-il le nom ?

Pendant et après la campagne présidentielle 2007, Bayrou a fait l’objet de nombreuses analyses et critiques. Grillé après sa défaite dans la course à l’Elysée, Bayrou est en passe de réussir, si on en croit les sondages, à revenir dans la course grâce à l’élection européenne. Consummé aux législatives 2007 et carbonisé aux municipales 2008, l’électorat lui a montré qu’il le tenait en peu d’estime au point de ne pas lui faire confiance pour gérer une municipalité de 80.000 âmes.

Ces âmes qui se refusent à Bayrou, il veut pourtant les conquérir et son prêche ne faiblit pas. Bayrou n’a pas changé de stratégie, même si c’est précisément sa stratégie qu’a emprunté Sarkozy et celle qui a conduit sa gouvernance au fiasco. Ratisser à gauche, glaner à droite, à présent Bayrou vise moins les hommes que les idées. Parce qu’il faut le dire, Bayrou n’a pas d’idées, à part une idée fixe, être le premier en 2012. Il a tenu compte des griefs sur l’absence de programme qui avait émaillé sa campagne 2006/2007, aujourd’hui il revient avec un programme fraîchement édité, il y a à peine moins de 10 jours, et ce programme est stupéfiant. En effet, la moitié des propositions est un pur copié-collé des propositions des altermondialistes comme José Bové ou des propositions socialistes, notamment contenues dans le programme présidentiel socialiste 2007.

Opportuniste un jour, opportuniste toujours, telle est la devise des centristes. Mais sur leur compétence à gérer l’économie et les affaires, personne ne s’interroge. Or, les centristes qui ont lâché Bayrou pour s’adosser à l’UMP, ce Nouveau Centre qui n’est le nom de rien, n’ont pas démontré qu’ils étaient aussi compétents qu’ils le prétendent pour fixer un budget, le contrôler, le garantir et limiter les déficits. Bien au contraire, les centristes députés et sénateurs qui hier faisaient partie de la garde rapprochée de Bayrou ont cautionné toutes les dérives budgétaire de Woerth, de Lagarde et donc de Sarkozy.

Dans son dernier opus, Bayrou parle de tout sauf de propositions économiques. Il parle de tout, parce qu’il parle surtout de lui et de son ennemi personnel, Sarkozy.

Mais nous, est-ce que ça nous intéresse, les péripéties de Bayrou pour gagner à genoux s’il le faut, les Champs Elysées ? Non, on s’en fiche parce que nous avons compris de qui les électeurs du Modem sont le nom : contestataires d’extrême-droite autant que de gauche démocrate. Le noyau dur du Modem, 6% c’est-à-dire autant que le FN, est environné par une couronne de sympathisants non politisés, peu instruits de l’historique des diverses formations. « C’est nouveau, donc c’est intéressant ». « Ca ne me parle pas tout le temps de misère, ça me soulage ». « C’est ni de droite ni de gauche, tant mieux ça ne m’intéresse pas ». Tels sont les arguments des électeurs centristes. D’autant que Sarkozy a su semer le trouble en prétendant posséder Ze special Sarkozy’s social touch, ce qui permet à Bayrou d’opter sans vergogne pour le même profil. Puisque l’un a échoué, peut-on tenir grief à l’autre de tenter ? Sarkozy et Bayrou jouent sur le côté un peu matois d’une certaine catégorie d’électeurs, « tant que ça n’est pas interdit, ni vu ni connu j’t’embrouille, la vérité si j’mens », c’est la méthode Le Pen, c’est aussi la méthode Mélenchon aujourd’hui, celle du populisme. (more…)

26 mai 2009

Le « pitre-bull » de Sarkozy mord dans le droit du travail….

Filed under: 06 - Travail-Entreprises — iledere @ 14:05

Le blog de l'île de Ré« C’est tout simplement hallucinant ! Les principes ainsi bafoués remontent à la fin du XIXe siècle », a déclaré dans l’hémicycle à propos de l’amendement Lefebvre le socialiste Alain Vidalies.
« Bien entendu, c’est toujours à l’abri du volontariat du salarié que vous avancez ces régressions majeures. Les salariés doivent être volontaires pour travailler le dimanche, volontaires pour le prêt de main-d’œuvre et maintenant volontaires pour continuer à travailler même s’ils sont malades« , a-t-il ajouté.
« Cette démarche est la négation même du lien de subordination qui est la raison même de l’existence du code du travail« , a estimé le député socialiste.

Lefebvre, député qui n’a jamais été élu, venait une fois de plus de faire de la provocation en jouant les « pitre-bull » de Sarkozy et en tentant de détricoter un peu plus le droit du travail.

L’amendement Lefebvre, que certain ont tout de suite surnommé « la jurisprudence Dati », donnait aux employés inaptes à la reprise du travail la possibilité de demander de poursuivre leur travail depuis chez eux.
Selon lui, le télétravail doit permettre aux salariés en arrêt maladie, en congé maternité prolongé ou en congé parental de « continuer de travailler s’ils le souhaitent et d’avoir des revenus supérieurs« .

Comme pour les heures supplémentaires défiscalisées et le travail le dimanche, le projet d’amendement de Frédéric Lefebvre était entouré de jolies promesses : une meilleure rémunération des périodes de congés, le rattrapage du retard de la France en matière de télétravail, des réductions de charges sociales… Dans les faits, il ne ferait que faire progresser un peu plus le démantèlement du droit du travail en faisant des jours de congés des jours de travail comme les autres (comme Richard Mallié tente de le faire à minima avec le dimanche) et en délestant l’assurance maladie du paiement de ces jours.

Le salarié malade, un salarié moins cher
Il s’agit surtout de poser toutes les questions qui fâchent en même temps : le projet de loi « faciliter le maintien et la création d’emploi » de Jean-Frédéric Poisson au sein duquel l’amendement Lefebvre avait été glissé, faisait déjà polémique en proposant, entre autres, d’assouplir le prêt de main d’oeuvre. « Le texte de Poisson ne va pas assez loin », déclarait Lefebvre sur RTL. C’est vrai que si demain, tout le monde travaille tout le temps chez eux, il n’y aura plus besoin de bureaux, ni de métro, ni de bagnoles. Bref, plein de problèmes réglés en même temps !

Et aller plus loin, pour le porte-parole de l’UMP, c’est appliquer bêtement le « travailler plus pour gagner plus » aux congés maternités et congés maladies. Le texte de l’amendement le formule de façon transparente : « L’intérêt de la poursuite du contrat de travail est évident pour le salarié à qui elle permettrait, au minimum, de maintenir sa rémunération, à nombre d’heures de travail effectuées équivalent. »

Pauvres salariés qui « subissent » les congés maladies, les dimanches chômés et autres oripeaux de traditions sociales antiques ! Mais surtout gentil patron qui peut faire bosser à moins cher son employé malade : comme le précise l’amendement, c’est l’employeur qui s’acquitte du paiement des heures travaillées mais qui pourrait, grâce aux économies réalisées par la caisse d’assurance maladie, se voir offrir des réductions de charges sociales ! (more…)

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