Section socialiste de l'île de Ré
Le courage, c'est de chercher la vérité et de la dire. Jean Jaures – Psiledere@aol.com

9 juin 2009

Remaniement: Sarkozy a les mains libres pour relancer l’ouverture

Filed under: 01 - Etudes et analyses,20 - UMP — iledere @ 6:15

Le blog de l'île de RéDimanche soir, au siège de l’UMP, une fois les cris de victoires poussés et les règlements comptes contre Bayrou et Aubry liquidés, le remaniement annoncé était dans toutes les têtes. La rue de la Boétie a ainsi vu défiler ministres et cadres du parti toute la soirée. Si Jean-Pierre Raffarin voyait dans le score de l’UMP «un appel à la relance de l’action gouvernementale», les avis étaient partagés sur deux points. Un grand ou un petit remaniement? Avec ou pas une nouvelle dose d’ouverture à gauche?

Une chose est sûre, le score de la majorité présidentielle laisse les mains libres à Nicolas Sarkozy. D’un côté, cette victoire lui permet de s’afficher en sauveur et rassembleur de la droite, rappelant, comme l’a fait François Fillon, que «c’est la première fois depuis 1984 qu’un parti de la majorité présidentielle arrive en tête aux élections européennes». De l’autre, ce 28%, parce qu’il reste un score relativement faible pour une majorité sans réserve de voix, l’autorise à poursuivre sa stratégie d’ouverture et à évincer les maillons faibles du gouvernement.

L’ouverture à gauche faisait d’ailleurs l’objet de toutes les attentions lors de la soirée électorale organisée dans les locaux de l’UMP. La mise en scène de Xavier bertrand, sur le coup de 21h15, entrant dans la salle des militants flanqué d’Eric Besson et Jean-Marie Bockel, n’est pas passée inaperçue. Une intervention dans la droite ligne des meetings de campagne, qui n’ont eu de cesse d’exhiber les ministres d’ouverture.

Dimanche, Roger Karoutchi, qui veut croire qu’il conservera son secrétariat d’Etat aux relations avec le Parlement, était d’avis que la victoire de l’UMP sonnait comme une confirmation, pas comme une sanction, «et que par conséquent la logique est à la continuité, pas à un grand changement».

On le sait, François Fillon devrait rester à Matignon, au moins jusqu’aux régionales. La campagne l’a conforté dans son rôle de moteur de la majorité, éclipsant le secrétaire général de l’UMP, cantonné à un rôle de chauffeur de salles des meetings. C’est d’ailleurs au premier ministre qu’est revenu le privilège d’annoncer, peu après 20 heures, «le très bon résultat de la majorité présidentielle», un «succès» qui «est aussi le résultat de l’unité» de la droite, selon lui.

Côté sortants, deux certitudes : Rachida Dati et Michel Barnier, tandem victorieux en Ile-de-France, devront laisser leur place à la justice et à l’agriculture. Pour le reste, Roger Karoutchi (relations avec le Parlement), Christine Boutin (logement), voire Christine Albanel (culture) sont menacées. Les deux femmes ont d’ailleurs filé à l’anglaise, dimanche soir, au siège de l’UMP.

L’écologie, nouveau dada de l’UMP?
Concernant les arrivées, les rumeurs vont bon train depuis quelques semaines (lire notre article du 23 mai). On évoque une prime aux sarkozystes historiques, à l’image du député-maire de Nice, Christian Estrosi, qui pourrait revenir au gouvernement, cette fois-ci dans un secrétariat d’Etat à la sécurité publique. Xavier Darcos, lui, pourrait quitter l’éducation, dont il estime avoir fait le tour, pour reprendre le maroquin de Rachida Dati. Luc Chatel, actuel porte-parole du gouvernement, pourrait le remplacer. A la culture, l’option Christophe Girard, l’adjoint de Bertrand Delanoë à Paris, est revenue à plusieurs reprises pour succéder à Christine Albanel. Interrogé à nouveau sur le sujet dimanche soir, l’intéressé a réaffirmé ne pas avoir été sollicité, tout en affirmant: «Si le président de la République me le propose, je lui demanderai une heure pour en parler à Bertrand Delanoë». De quoi semer un peu plus la zizanie au PS.

Pour compenser le départ de Rachida Dati, érigée en symbole de la diversité, le nom de Fatine Layt, femme d’affaire de 42 ans d’origine marocaine, circule également. En revanche, après le mauvais score du MoDem, l’hypothèse d’une entrée au gouvernement du sénateur centriste (et trésorier du mouvement démocrate), Michel Mercier, semble moins pertinente.
Dans sa déclaration en début de soirée, François Fillon s’est bien gardé de dévoiler ce qui se trame en coulisses, mais, en insistant sur la nécessité de relever «deux grands défis» – la crise économique et le réchauffement climatique -, il a donné le programme: l’ouverture vers la gauche et les Verts sera certainement au menu.
Ils ont d’ailleurs été plusieurs, au sein de la majorité, à saluer avec insistance le score d’Europe-écologie. Patrick Devedjian a quant à lui parlé de «green business». L’écologie, nouveau dada de l’UMP? La vague qui a porté Daniel Cohn-Bendit pourrait en tout cas engloutir les ambitions de Claude Allègre, dont on sait les prises de positions sur le réchauffement climatique. Interrogés sur la question, Laurent Wauquiez, Luc Chatel et Roger Karoutchi ont tous repoussé la question en renvoyant sur le pouvoir du président de décider qui entre et qui sort. «L’hypothèse Allègre [opposé à la thèse du réchauffement climatique] a été mise dans un tiroir depuis quelques temps», a assuré un cadre de l’UMP à Marianne 2. De là à penser que l’ouverture pourrait aller jusqu’aux écologistes…

«Le problème de l’ouverture, c’est que quand on fait rentrer quelqu’un, il faut en faire sortir un autre», commentait Gilles Casannova, un des conseillers parmi les plus influents de Jean-Marie Bockel. Comme Karoutchi, Jean-Marie Bockel veut croire qu’il restera au gouvernement, mais il n’en reste pas moins que l’analyse est pertinente. Nicolas Sarkozy ne peut pas ouvrir plus que de raison. A supposer que certaines grosses prises soient susceptibles de trahir leur camp et d’accepter de rentrer au gouvernement, le président ne peut pas multiplier les prises sans froisser ses propres troupes et ses alliés.

Malgré la faiblesse de leurs forces militantes, Besson et Bockel ont acquis des positions qu’il sera difficile de déboulonner. Xavier Bertrand, fort de son succès, incarne cette alliance avec Morin d’un côté et Besson-Bockel de l’autre. «L’Union permet la victoire», a-t-il martelé dimanche soir. Pour minuscules, les partis des deux anciens membres du PS n’en sont pas moins les seuls sur le marché à accepter de pactiser avec la droite.

Par Gérard Desportes pour Médiapart

Rodrigo y gabriella, toujours dans la reprise de grands standards… ici « Wish you were here »
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2 réponses à “Remaniement: Sarkozy a les mains libres pour relancer l’ouverture”

  1. la grignette dit :

    @ Chantal :

    Il faut prendre les chiffres dans leur globalité : électeurs inscrits 100% – électeurs absents : 60 % – résultats : Sarko à 28% de 40% des voix, le PS etc…
    trouves moi les chiffres réels, je ne les ai pas en tête, mais çà fait un sacré nombre d’électeurs qui n’ont pas voulu de son programme au « chouchou » !
    Parce que les abstentionnistes, faut surtout pas les oublier, ni pour nous, ni pour les autres. Ils ont leurs raisons.
    Quant à penser aux présidentielles de 2012…. faut d’abord tout de suite se mettre EN ORDRE de marche pour les règionales !

  2. Bonjour, il ne faudrait quand même pas trop en faire, l’ump n’ a pas fait davantage que le plein de ses voix naturelles. Ils ont simplement bien suivis les ordres du chef, c’est tout. 28% favorables = 72% de mécontants.
    Bayrou est maintenant fini pour la présidentielle de 2012 et donc il va falloir une sacré volonté au PS et seulement 3 ans pour redonner envie. Alors courage, nous ne voulons pas d’un 2ème mandat de l’autre.

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