Section socialiste de l'île de Ré
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27 juin 2009

Imbroglio à la bourse du Travail: la CGT déloge des sans-papiers

Filed under: 06 - Travail-Entreprises,09 - Evènement — iledere @ 12:00

Le blog de l'île de RéLa CGT, à l’origine d’un mouvement inédit de grèves au printemps 2008 pour faire régulariser des salariés sans-papiers, a utilisé la manière forte pour déloger 100 à 200 travailleurs africains squattant depuis plus d’un an ses locaux à la Bourse du travail à Paris.
Environ 180 travailleurs délogés campaient toujours jeudi sur le trottoir devant ce bâtiment servant à des réunions syndicales, au milieu de matelas entassés en tout sens, a constaté l’AFP, tandis que la polémique a enflé sur la méthode employée pour vider les lieux, plaçant la CGT en porte-à-faux.

Les critiques sont venues sur sa gauche du syndicat Sud Etudiant ou sur sa droite du Conseil représentatif des associations noires (Cran), lobby qui converge avec le gouvernement pour promouvoir la notion de « diversité ».
Des associations ont également « regretté ce dénouement » (Fasti) ou l’ont jugé « lourd de sens » (France Terre d’asile). Les élus Verts de Paris ont critiqué une « violence injustifiable ».
Dans une mise au point, l’union départementale CGT a rejeté les accusations de violence sur la « vingtaine de sans-papiers » qui refusaient de partir.
Bernardette Cittot, responsable communication, a formellement démenti à l’AFP les affirmations de la coordination nationale des sans-papiers accusant la CGT d’avoir envoyé « une centaine de nervis » portant « cagoules, barres de fer, bâtons et gaz lacrymogènes« .
« C’est totalement faux« , a-t-elle déclaré. « Nos militants ont reculé, attendu que les choses se calment et ont refoulé sans violence les sans-papiers (…) Il n’y a eu aucun blessé et aucune arrestation« .
« Evidemment, pour refouler quelqu’un, on y met les mains, mais il n’y a eu ni coup, ni blessure« , a précisé Mme Cittot.
La CGT a aussi démenti la présence d’enfant lors de l’évacuation.
Jean-Claude Amara, de l’association Droits devant!, qui milite avec la CGT et avec la Coordination 75 qui soutenait l’occupation, a qualifié la situation d' »imbroglio » et préféré « ne pas s’en mêler ».

La confédération CGT s’est refusée à toute réaction au sommet, rappelant que « ses orientations n’avaient pas changé, ni son exigence de voir régulariser tous les travailleurs sans-papiers ».

L’occupation durait depuis le 2 mai 2008.
La Coordination des sans-papiers 75 avait investi les locaux, après le refus par la préfecture de police de Paris de recevoir 1.000 dossiers que la Coordination voulait voir traiter, la préfecture renvoyant vers la CGT.
« Cette provocation de la préfecture a conduit des sans-papiers à se tromper de cible », avait réagi la CGT de Paris, décidée à ne pas tomber dans ce qu’elle considérait comme un piège et ne pas faire appel aux forces de l’ordre.
Quand l’occupation a débuté, la CGT venait de déclencher, avec Droits devant!, un mouvement de grèves coordonnées dans plus de 100 entreprises d’Ile-de-France (restaurants, nettoyage industriel, BTP, intérim) employant, parfois depuis des années, des travailleurs sans documents en règle.
Le mouvement visait à structurer des grèves isolées lancées en 2007 à Buffalo Grill et Modelux dans l’Essonne.
Il visait aussi à éviter d’avoir des travailleurs régularisés uniquement par la voie patronale et en totale subordination vis-à-vis de leur employeur, puisque la carte de travail temporaire est délivrée pour un an et soumise à une procédure de renouvellement, suivant le principe de l’immigration choisie, cher au gouvernement.
La CGT revendique « plus de 2.000 régularisations obtenues » depuis avril 2008. Droits devants! souligne « avoir ouvert une brèche » et qu’il y a maintenant des dépôts de dossiers dont la régularisation tombe sans grève ».

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