Section socialiste de l'île de Ré
Le courage, c'est de chercher la vérité et de la dire. Jean Jaures – Psiledere@aol.com

31 juillet 2009

Décroissance croissante

Filed under: 03 - Economie — iledere @ 14:17

Il fallait voir l’air interloqué de M. François Fillon. Ce 14 octobre 2008, M. Yves Cochet défendait les thèses de la décroissance du haut de la tribune de l’Assemblée nationale.
Diagnostiquant une « crise anthropologique », le député Vert de Paris affirmait, sous les exclamations de la droite, que « la recherche de la croissance est désormais antiéconomique, antisociale et antiécologique ». Son appel à une « société de sobriété » n’avait guère de chances d’emporter l’adhésion de l’hémicycle. Toutefois, l’idée provocatrice de « décroissance » avait forcé les portes du débat public.

La récession est passée par là. Bien sûr, la décroissance « n’a rien à voir avec l’inverse arithmétique de la croissance », comme le souligne M. Cochet , le seul homme politique français d’envergure à défendre cette idée. La mise en examen de la croissance apparaît toutefois comme une conséquence logique de la double crise économique et écologique qui secoue la planète. Les penseurs de la décroissance sont subitement écoutés d’une oreille plus attentive. « Je suis beaucoup plus sollicité », se réjouit Serge Latouche, l’un de ses pionniers. « Les salles sont pleines dans nos débats », lui fait écho Paul Ariès, un autre intellectuel de référence de ce courant de pensée.

Le mot même de « décroissance » est de plus en plus repris, bien au-delà des cercles restreints de l’écologie radicale. « Au moment où les adeptes de la décroissance voient leur argumentaire conforté par la réalité, y a-t-il une alternative entre la décroissance subie ou non dite, comme l’est la récession actuelle, et la décroissance conduite ? », s’interrogeait, pendant la campagne européenne, Nicolas Hulot, pourtant régulièrement qualifié d’« écotartuffe » par les objecteurs de croissance. Soutien d’Europe Ecologie, l’animateur avouait douter de la « croissance verte » et envisageait plutôt une « croissance sélective doublée d’une décroissance choisie ». « Seule la décroissance sauvera la planète », lâcha même le photographe Yann Arthus-Bertrand, dont le film Home, au demeurant largement financé par le groupe de luxe (…). »

Lire la suite de cette enquête dans le Monde Diplomatique d’août 2009.

Par Eric Dupin pour « les murmures d’Eric Dupin« 

Burqa: «Une loi, ce serait un gros pilon pour écraser une mouche»

Filed under: 20 - UMP — iledere @ 12:00

Le nombre de femmes portant le voile intégral en France, évalué par les services du ministère de l’Intérieur à 367, relance les interrogations sur l’opportunité d’une loi alors qu’une mission parlementaire a commencé ses travaux sur la question.

Révélées mercredi par Le Monde, les conclusions des services de renseignement de la police sur le port – extrêmement marginal – du voile intégral en France relancent les débats sur l’opportunité d’une loi visant à l’encadrer, voire à l’interdire.

Un mois après l’installation d’une mission parlementaire, présidée par le député (PCF) André Gerin, la sous-direction de l’information générale (SDIG) et la direction centrale du renseignement intérieur (DCI) chiffrent, dans deux notes, à 367 le nombre de musulmanes portant le voile intégral en France.

Le socialiste Claude Bartolone, qui s’était montré réservé quant à l’idée de légiférer, a estimé jeudi que, compte tenu de ce chiffre, «une loi, un débat parlementaire», reviendrait à «sortir un gros pilon pour écraser une mouche». «Je ne sais pas en combien de temps on est passé de 0 à 360, mais on voit bien que c’est une pratique extrêmement minoritaire et il y a un certain nombre de textes qui dans le cadre des règles du vivre ensemble en France peuvent être utilisées pour empêcher ce genre de comportement», a ajouté le président du conseil général de Seine-Saint-Denis sur RTL.

De même, selon le recteur de la Grande Mosquée de Paris, Dalil Boubakeur, «il n’y a pas lieu de lancer une réflexion nationale». Sur Europe 1, il a pointé la «disproportion entre la réponse qui a voulu être donnée en prenant des mesures graves, sérieuses (..) à un phénomène extrêmement marginal».

«300 et quelque femmes voilées sur six millions de musulmans en France, ça ne traduit pas l’émergence dans notre société d’un phénomène fondamentaliste. (…) On ne s’offusque pas pour si peu de monde donc il n’y a pas lieu de mettre en branle toute une réflexion nationale avec tout ce qu’elle comporte, pour quoi faire ?», a-t-il insisté.

A l’origine de la mission parlementaire, le député du Rhône et ancien maire de Vénissieux, André Gerin, campe, lui, sur la nécessité de légiférer. Régissant à la publication du décompte du ministère de l’Intérieur, il a jugé mercredi, dans un communiqué, «le chiffre avancé plutôt ridicule». «Le voile intégral, c’est l’iceberg recouvert d’une marée noire. Ne nous trompons pas, l’emprise des fondamentalistes, des intégristes islamistes, tente de régenter la vie civile de certains territoires de notre pays», conclut-il.

Liberation.fr

Nous sommes tous des New Fabris, Bernard, Bosal, Servisair …

Filed under: 06 - Travail-Entreprises — iledere @ 6:30

L’explosion de l’usine aura-t-elle lieu ? Fixée au 31 juillet, les salariés de l’usine de New Fabris, à Châtellerault, dans la Vienne, menacent toujours de faire sauter leur entreprise.

Le dernier conseil des ministres a eu lieu mercredi, l’Assemblée Nationale et le Sénat sont au repos et le Président a pris ses quartiers d’été. Apparemment, tout devrait « s’endormir » dans la torpeur des congés du mois d’août. Bon, ça c’est pour la théorie, puisque les licenciements et les fermetures d’entreprises continuent impitoyablement dans une indifférence quasi totale et surtout un manque de réaction et d’incompétence des pouvoirs publics.

La liste est trop longue pour que nous vous la donnions, une simple recherche sur Google actualité avec la requête : « liquidations judiciaires » ou « licenciements » devrait vous édifier sur le vrai massacre auquel les salariés sont exposés.
Ainsi : 25 salariés de l’entreprise de mécanique industrielle, Constructions Mécanique Bernard, basée à Pontcharra en Isère qui ont eu la mauvaise surprise d’apprendre la liquidation de leur société et leur licenciement par note de service vendredi dernier. Ces 25 salariés ont ensuite trouvé leur usine fermée trois jours après. Il s’agit . Selon une source judiciaire, cette annonce est illégale, car le tribunal de commerce de Grenoble n’a ouvert que mardi la procédure de liquidation judiciaire. La direction reconnaît une maladresse, mais affirme que … la loi a été respectée. – Source Lyon Mag

LILLE — BOSAL : Des salariés d’un sous-traitant automobile en liquidation ont dénoncé mardi des « propositions indécentes » et annoncé une procédure en justice après avoir reçu des offres de reclassement sous la forme de contrats à durée déterminée (CDD) en Hongrie.

Les élus CGT du fabricant de pots d’échappement Bosal, à Annezin (Pas-de-Calais), en liquidation judiciaire depuis le 10 juillet, jugent ces propositions illégales alors que la direction souligne au contraire qu’elle est « obligée » par la loi de proposer des postes vacants « dans le monde entier ». « C’est honteux », a réagi Didier Beauchet, délégué CGT de l’entreprise.

Il a dénoncé notamment une offre de magasinier au sein d’une filiale de Bosal en Hongrie « pour 5.100 euros par an« . « Le coût de la vie est quand même plus élevé que ça », a-t-il dit, jugeant « illégal » de proposer des CDD à des salariés en CDI qui ont en moyenne, selon lui, une quinzaine d’années d’ancienneté. La liquidation du site de Bosal à Annezin, qui employait 386 salariés, a entraîné le licenciement de 298 personnes. … / …

Le gestionnaire de transition de la société, Jean-Marc Wieczorek, nommé jusqu’au 15 septembre par le liquidateur et les administrateurs judiciaires, a expliqué à l’AFP que deux postes en Hongrie avaient effectivement été proposés: l’un de responsable qualité et l’autre de magasinier. – Source AFP/Google (more…)

30 juillet 2009

Taxe carbone : l’exemple suisse

Filed under: 03 - Economie — iledere @ 6:49

 Faut-il créer un impôt nouveau en période de récession ? Si le principe de taxe carbone est largement admis, la question de sa compensation, intégrale ou pas, constitue une véritable usine à gaz. La neutralité fiscale du dispositif est loin d’être acquise ce qui amène l’UFC-Que Choisir à parler de hold-up fiscal . Dans ces débats byzantins, la lumière pourrait venir des Etats européens dans lesquels la taxe est déjà en vigueur. C’est le cas en Suisse depuis mai 2000.

Rassurons-nous. Même au pays de Guillaume Tell l’introduction de la taxe carbone a donné lieu à d’interminables palabres. Pragmatiques, nos voisins Helvètes ont fait le choix d’un champ d’application réduit au départ. A ce jour, la taxe ne couvre que les combustibles (mazout, gaz, charbon) et n’a toujours pas été étendue aux carburants.

Elle n’est pas considérée comme un impôt mais comme un simple dispositif technique de prélèvement puis de redistribution aux ménages sous la forme d’une déduction opérée sur leurs primes d’assurance maladie. Comme le rappelle le quotidien Genèvois Le Temps, “selon le type de construction, le mode de chauffage et le nombre d’habitants, la facture finale est allégée ou péjorée. Globalement, les familles nombreuses sont avantagées, de même que les habitations répondant aux normes environnementales les plus sévères“. Côté entreprises, celles qui s’engagent volontairement dans un programme de réduction de leurs émissions de gaz à effet de serre conformes aux objectifs climatiques sont exonérées.

Une petite décennie après son introduction, la Confédération envisage de passer à la vitesse supérieure en 2010. A cette date, elle devrait tripler pour atteindre les 23, 63 € la tonne alors qu’en France, Michel Rocard a évoqué le chiffre de 32 €. La comparaison est intéressante dans la mesure où ce qui est visé avec le triplement de la taxe Suisse, c’est un réel effet sur le porte-monnaie du consommateur et donc sur son comportement.

Contrairement à l’hexagone où l’hostilité émane essentiellement des ménages, le triplement de la taxe Suisse suscite une levée de boucliers dans les milieux économiques.

Selon Le Temps, “Ils jugent inopportun d’augmenter les taxes dans une phase de récession économique. Si la taxe carbone n’est pas un impôt au sens fiscal du terme, elle va le devenir. Le Conseil fédéral et le parlement envisagent de prélever 200 millions de francs sur les 600 à 700 millions de francs que rapportera globalement le prélèvement de la taxe afin de financer un programme d’assainissement des bâtiments.” (more…)

29 juillet 2009

Parole d’expert !

Filed under: 03 - Economie,06 - Travail-Entreprises,12 - Brèves — iledere @ 12:00

Le très libéral Marc Touati, économiste et directeur général de Global Equities, n’a pas manqué de nous faire rire de bon matin… Profitez-en !

Dans une interview à Usine Nouvelle parue lundi, outre se planter dans ses pronostics du chômage de juin — mais on lui pardonne… — et critiquer la politique du gouvernement, pas assez libérale à ses yeux face à la crise — là, on ne pardonne pas —, le sémillant et médiatique expert a émis l’idée suivante :

« Il faut arrêter de broyer du noir. Si le chômage continue d’augmenter, la crise économique va se transformer en crise sociale. Or, si les entreprises ne veulent pas rater le coche de la reprise, il faut absolument qu’elles arrêtent de licencier. Car quand l’activité va redémarrer, elles vont être obligées de réembaucher, cela prendra du temps. Comme dans toutes les situations de crise, il va y avoir des opportunités. Bien sûr il y aura des perdants, mais aussi des gagnants. La reprise est là mais il faut transformer l’essai. D’autant que ce sera une reprise molle, un rebond technique, donc il faut rester très prudent. Par ailleurs, on a un plan de relance, on voit que la consommation résiste. S’il y a un espoir, il ne faut pas le gâcher. »

Enorme ! On dira donc que Marc Touati est un libéral (apparemment) sensé, mais (volontairement ?) naïf…

Les entreprises françaises devraient arrêter de licencier ? Tu rêves, Blaise ! Elles ne sont déjà pas fichues de savoir ce qui est bon pour elles en évinçant d’office les jeunes et les seniors de leurs effectifs, et leur mode de management est mondialement réputé pour son archaïsme. Alors, leur demander de faire preuve de «patriotisme économique» (pour celles qui font toujours des bénéfices) ou d’anticipation (pour les autres), c’est beaucoup trop en attendre et ça reste… une fiction !

SH pour Actu chomage

La moralisation politique peut bien attendre

Filed under: 07 - Justice — iledere @ 7:00

2009-01-07-justiceIl est loin le temps où les “affaires” empoisonnaient le climat politique. Nous vivons désormais dans un climat tempéré, où la fraude électorale, le détournement d’argent, les boîtes à chaussures et les rétrocommissions rythment l’actualité française sans émouvoir outre mesure. Nos politiques ont même de jolies formules pour botter en touche avec légèreté. Le financement occulte du RPR était “abracadabrantesque”. Celle de Karachi serait “grotesque”.

Dans certains pays, de telles révélations tétaniseraient. En France, un bon mot, un revers de main affligé, et nous sommes censés changer de sujet. Il n’existe qu’un seul contre-pouvoir capable de s’obstiner : le juge d’instruction. Le voilà bientôt épinglé, tel un joli papillon, sur le tableau de chasse de nos taxidermistes. On le convoquera bientôt pour se souvenir avec nostalgie qu’il fut un temps, en France, où les hommes politiques tremblaient… Le rapport Léger vient de tomber. Il est sans surprise. C’est-à-dire conforme à ce que le pouvoir exécutif souhaitait. La suppression du juge d’instruction est programmée.

La réforme met en avant les dysfonctionnements de l’affaire d’Outreau. Pourtant, les contre-pouvoirs existent et les leçons ont été tirées. La chambre d’instruction peut à tout moment intervenir en cas de dysfonctionnement, annuler une décision voire démettre un juge d’instruction. En prime, comme le souhaitait Robert Badinter depuis des années, le juge d’instruction n’est plus seul à enquêter. Il est encadré de confrères, sur un mode collégial, ce qui permet d’éviter l’entêtement irrationnel d’un seul homme comme Fabrice Burgaud. Ces pôles d’instructions viennent d’entrer en vigueur. Pourquoi ne pas leur laisser une chance de faire leur preuve au lieu de s’entêter à supprimer le juge d’instruction ? La commission Léger invoque un argument étonnant. Instauré sous Napoléon, le juge d’instruction serait une fonction dépassée et archaïque, dans la mesure où elle ne traite plus que 5 % des affaires en cours. Sauf que les 5 % en question sont des affaires politiques, sensibles. Elles ont toutes les chances de finir au panier avec la réforme proposée. Puisque le ministère public – dépendant de l’exécutif – devient l’unique inquisiteur. Et la police, sous pression du ministère de l’intérieur, sa seule boussole. (more…)

28 juillet 2009

« La stratégie de Martine Aubry est de fond de court et elle est la bonne »

Filed under: 13 - PS — iledere @ 6:30

Alain Rousset, président du Conseil Régional dAquitaineJe vous recommande avec intérêt l’interview donnée par Alain Rousset, député et président socialiste du conseil régional d’Aquitaine donnée à Aqui.fr

Dans l’interview exclusive accordée à aqui.fr, Alain Rousset, avant la pause des vacances, défend son bilan et revendique pour l’Aquitaine le titre « d’éco-région ». Autant dire qu’il croit possible de renouveler avec les écologistes, en mars 2010, l’accord passé en 2004 avec les Verts. Et ceci, dès le premier tour des élections régionales où il souhaite une liste de rassemblement de la gauche. Mais, le président de l’Association des Régions de France, l’ARF, n’élude pas la question des divisions au sein du PS, persuadé que les électeurs sauront faire la différence entre les jeux de pouvoirs et le pragmatisme des élus locaux. Il redit, enfin, son opposition à la réforme Balladur et au projet de Nicolas Sarkozy dont il se demande s’il n’entend pas siffler « la fin de partie de la décentralisation ».

@qui ! : En 2004 vous avez choisi d’intégrer largement les Verts au sein de votre liste, leur avez confié plusieurs postes de responsabilité. Six ans plus tard, les écologistes dopés par leur résultat aux européennes, disent vouloir partir, seuls, à la bataille électorale de mars 2.010. Peut-il y avoir une exception, en Aquitaine ?
Alain Rousset : Je le souhaite, et je le souhaite dès le premier tour. Le défi sur le plan purement électoral est d’arriver en tête dès le premier tour; je le souhaite pour l’Aquitaine et son avenir, pour la majorité en place aujourd’hui, pour les écologistes aussi. Le travail que nous avons mené depuis près de six ans est assez exceptionnel : plus de 46 % des actions de la région peuvent être étiquetées et validées « développement durable. » A l’évidence, il y a eu un vrai et fort partenariat politique. Les Verts ont géré trois grands secteurs : la formation permanente avec Jean-Pierre Dufour, le développement durable avec Rose Marie Schmitt, l’économie sociale et solidaire avec Jean Lissar.

@! : Des responsables qui se sont plu dans ses responsabilités…
A.R : Oui, nous avons réalisé un vrai travail d’équipe

L’Aquitaine dans le trio de tête pour le ferroviaire
@! : Il y a eu des débats aussi, et parfois vifs ?
A.R. : Oui, des débats, des discussions, des confrontations, des échanges. Ce que souhaitent les Verts mais aussi les électeurs et les militants du parti socialiste, c’est que nous puissions co-élaborer une politique sans hégémonie. Si c’était le cas, cela voudrait dire qu’il y a des prétentions intellectuelles, des certitudes. La vie publique nous a appris à essayer de les éliminer. Il faut avoir des convictions; des certitudes, non.
En tout cas, l’Aquitaine est résolument orientée vers une éco-région. Je viens de signer avec Guillaume Pépy une convention passée avec la SNCF pour une durée de dix ans. Elle place l’usager au cœur de la problématique des transports, ce qui va bouleverser et transformer les relations entre les différentes villes de l’Aquitaine. Le train doit être le véhicule, l’élément de mobilité essentiel. Notre région est dans le trio de tête des régions françaises pour le développement du transport ferroviaire : + 42% en sept ans, 240 millions d’euros investis dans le matériel ! L’année prochaine tout le matériel ferroviaire sera ou neuf ou rénové ; il avait 25 ans d’âge en 2002…

Nous allons engager un chantier ferroviaire colossal à l’échelle d’une région de l’ordre de 2 milliards 500 millions d’euros en valeur d’aujourd’hui, soit deux années et demi de la totalité du budget de la région dans les dix ans qui viennent : un milliard 140 millions de dépenses pour le service ferroviaire, 600 millions pour la LGV, 500 millions pour le plan rail, 400 millions d’euros pour le matériel neuf. Et, tout cela, au bénéfice des Aquitains, de leurs déplacements, de leur mobilité avec un mode de transport respectueux de l’environnement. (more…)

27 juillet 2009

Santé du Président : éloge de l’opacité

Filed under: 20 - UMP,21 - Mensonges de Sarko — iledere @ 16:13

Depuis dimanche, journalistes et commentateurs échangent leurs impressions : l’ELysée est-il transparent sur la santé du Président ? Y-a-t-il encore une trace de secret d’état ? Comme si la transparence était une vertu absolue et bienfaitrice en démocratie.

Depuis l’accident (vagal ou non vagal, that is the question) des experts de divers ordres – médical, mais aussi sondagier, politique, historique – tombent tous d’accord pour célébrer la transparence sur la santé du premier homme du pays.
Pourtant, un regard lucide sur l’histoire nous rappellerait les bienfaits de l’opacité. Si l’état de santé de Roosevelt avait été « transparent », les accords de Yalta n’auraient peut-être pas été signés et nous aurions déjà vécu une troisième guerre mondiale.
Si le cancer de Georges Pompidou avait été public, nous aurions eu Chaban-Delmas, et la France se serait passée de la politique industrielle d’alors dont il reste encore quelques traces des bienfaits aujourd’hui encore.
Si les Français avaient pris connaissance du cancer de François Mitterrand dès 1981, il n’aurait sans doute pas évité la démission. La peine de mort n’eut peut-être pas été abolmie, les 39 heures votées, et la retraite à 60 ans adoptée.
Bref, plus que la santé physique du président, son état d’esprit, sa décence, sa moralité si l’on veut sont plus importantes. Ni Pompidou ni Mitterrand ne seraient restés en poste sans avoir les capacités de poursuivre leur devoir. Le sens du devoir des Présidents compte plus que l’état de leur prosptate. La transparence manifestée par Berlusconi inquiète davantage qu’elle rassure.
Tout voir, tout savoir est l’une des illusions les mieux partagées de la vie contemporaine. La seule chose sur laquelle nous aimerions être rassurés, mais ne le serons jamais, concerne la santé mentale du Président. Mais sur ce sujet, tout, ou presque a été dit.

Philippe Cohen pour Marianne2

Manuel Valls maîtrise l’anglais… mais pas encore Schumpeter

Filed under: 13 - PS — iledere @ 6:12

Intrônisé par une grande partie des médias Français, comme le nouveau petit génie de la gauche, l’ex-rocardien Manuel Valls s’est fendu d’une tribune dans le Financial Times dans laquelle il s’échine à démontrer que l’avenir du PS est dans le blairisme. BHL a immédiatement applaudi l’audace de ce jeune fougueux.

Intronisé par les médias Français nouveau penseur du Parti Socialiste, Manuel Valls a reçu l’insigne honneur de publier un long texte dans le très-de-gauche journal britannique Financial Times. Le sauveur de la gauche française dresse un bilan critique modéré du sarkozysme avant de s’aventurer dans une analyse philosophico-pâteuse des raisons des échecs électoraux de la gauche. Refusant d’engager « un procès systématique » des décisions prises par le pouvoir en place, Manuel Valls, ne va pas jusqu’à proposer un inventaire des réformes auxquelles il s’oppose et celles qui trouvent grâce à ses yeux .

C’est que la pensée vallsienne tourne très vite à vide. Conscient –c’est déjà ça diront certains- du déclin de la social-démocratie européenne, Manuel Valls consacre l’essentiel de son article à convaincre le lecteur que, à bout de souffle, la social-démocratie représente l’avenir de la gauche.  » Comme l’a montré depuis fort longtemps Schumpeter, le capitalisme repose sur le principe de « la création destructrice «  (sic). Si les crises ont toujours des effets graves et préoccupants, la responsabilité de la gauche n’est pas de nier l’inéluctable ; il est de l’accompagner pour transformer chaque mutation en occasion de faire avancer ses valeurs. A elle de faire en sorte que la globalisation des échanges économiques protège les plus faibles et crée de nouvelles opportunités pour les perdants ! ». A trop s’inspirer de références illustres, Valls s’égare – Schumpeter avait inventé le concept de « destruction créatrice », rien à voir avec l’improbable « création destructrice »-, et sa tentative de refondation fleure bon le prêt à penser médiatique.

Tentant d’apporter un nouveau souffle à son parti, l’éléphanteau Valls n’a pas trouvé mieux que d’en appeler à Anthony Giddens, l’inspirateur du blairisme, la troisième voie, soit l’expérience gestionnaire la plus efficace du capitalisme. Cette gauche de l’adaptation, d’inspiration libérale qualifiée par le politologue Ernst Hillebrand de « centro-technocratisme »  qui va à l’encontre de tous les fondamentaux de l’identité historique de la gauche s’est pourtant révélée une impasse.
Mais Valls n’en a cure. Le combat prioritaire de la gauche, à ses yeux, consiste déjà à changer le nom du parti : « Je crois en effet que le mot « socialisme », hérité des concepts du 19ème siècle, contribue aujourd’hui à brouiller notre identité ».

Valls et BHL: la deuxième mort du Parti Socialiste

Déjà en 2007, comme le relève Le Monde Diplomatique sur son site, Bernard Henri-Lévy avait salué cette démarche: « Même si nombre de socialistes continuent de s’accrocher à leur socialisme comme un vieil acteur à un rôle de répertoire, les plus lucides d’entre eux – je pense au jeune député de l’Essonne, Manuel Valls – savent qu’il n’y aura pas de salut pour la gauche sans un acte de rupture qui la fera trancher dans le vif de son histoire, donc de son nom ».Le Diplo relève avec une certaine malice, que le député avait remercié l’essayiste pour son « plaidoyer brillant », « omettant toutefois de préciser que son compliment faisait « écho », justement, à celui que l’auteur lui avait adressé ». Double renvoi d’ascenseur. (more…)

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