Section socialiste de l'île de Ré
Le courage, c'est de chercher la vérité et de la dire. Jean Jaures – Psiledere@aol.com

24 juillet 2009

L’Etat social proactif du XXI° siècle : associer les questions sociale et environnementale.

Filed under: 04 - Emploi formation — iledere @ 6:45

Un État social proactif : investir dans l’Homme pour répondre aux enjeux sociaux et écologiques du XXIème siècle.

Face à ceux qui dénoncent l’État providence comme un archaïsme, la crise impose une réflexion globale sur la nature de l’État moderne à inventer pour redynamiser notre modèle. Il s’agit de réfléchir à un État préventeur. Un système qui doit être plus efficace dans son action de prévention des risques sociaux et de lutte contre les inégalités. Les programmes étatiques doivent pour cela s’orienter et favoriser les dépenses actives, celles qui incitent au retour vers l’emploi des personnes, sans pour autant renier les dépenses passives.

strong>Comment favoriser l’emploi ?
La question oblige à des actions micro sociales pour une prise en charge individuelle. Le chômage appelle des réponses individualisées qui concernent autant l’État, les collectivités que les associations. Comme on a pu parler de République sociale, l’État social du XXIème siècle doit voir le jour pour permettre à la gauche européenne de faire entendre sa demande de mise en place d’un nouvel État social.

De quoi parle-t-on ?
C’est en passant de la question purement sociale à la question écologique, que l’État social se modernise. Avec la première transformation, qui a consisté à passer d’un État social minimum à l’État social keynésien, l’État social s’était donné pour objectif de répondre à la progression de la prolétarisation qui ne cessait de croître avec le développement du fordisme. Cette prolétarisation excluait les citoyens ainsi placés aux portes de la société. Ils étaient exclus de l’accès aux biens de consommation, réservés aux propriétaires des outils de production. Le tournant du siècle qui nous concerne, est un moment important de l’histoire sociale, car pour notre sujet, la question écologique vient interpeller la modernité de notre modèle de société et plus encore de l’État social. L’écologie interroge au niveau mondial le devenir de nos sociétés consuméristes, qui découvrent les limites plus ou moins connues des ressources de notre planète, et sa fragilité face à nos activités de production et de consommation. L’État social du XXIème siècle appelle des réponses à l’échelle de la mondialisation, et inclus les questions sociale et écologique.

Un État social pourquoi faire ?
L’État social est relatif aux interventions de l’État qui mettent en jeu la socialisation. Ces interventions visent à intégrer les citoyens ou à favoriser leur intégration. L’État social couvre ainsi l’ensemble des interventions de l’État, qui ont pour objet d’insérer les citoyens ou de favoriser cette insertion. Les services publics participent en ce sens à l’effectivité de certains droits. Ils ont donc une place prépondérante dans un tel modèle. Le ministre belge des Affaires sociales et des Pensions en 1999, Frank Vandenbroucke, chargé de réorganiser la politique économique et sociale de son pays, et selon les principes de l’État social actif, nous donne une définition de celui-ci : «  L’État social actif veut suivre une nouvelle approche. Cette ambition suppose une politique proactive, qui insiste davantage sur les investissements dans les personnes, sur le travail sur mesure, sur la responsabilité personnelle des différents acteurs intervenant sur le terrain social… Il n’attend pas qu’un risque social se produise : au contraire, il met l’accent sur la prévention. Il peut le faire précisément parce qu’une série de nouveaux risques sociaux sont bien plus prévisibles. « .

Cette anticipation des risques sociaux est une nouvelle forme d’intervention qui renforce l’idée d’un État social interventionniste et investisseur. En effet, l’anticipation nécessite de mieux prévenir les risques connus et de poursuivre l’investissement, notamment dans les politiques de formations, pour une meilleure qualification. C’est l’affirmation que la priorité est l’investissement dans le capital humain, une dépense sociale prioritaire, parce que la plus utile pour une société moderne et qui veut résister à la compétition mondiale.

L’efficacité réclame une précocité dans l’investissement concernant la formation, l’éducation et la qualification des individus : l’échec de notre système actuel de formation tout au long de la vie.[dailymotion=http://www.dailymotion.com/swf/x65s2n_extrait-1-de-lintervention-de-miche_news&related=1″]
Extrait de l’intervention de Michel Issindou

Le député Michel Issindou (SRC – Isère), qui a au nom du parti socialiste présenté une motion de rejet du projet de loi sur l’orientation et la formation professionnelle tout au long de la vie, le mercredi 15 juillet, a rappelé les chiffres marquant l’échec du système actuel de formation tout au long de la vie avec le très faible taux d’emploi des 15-24 ans (32 %) de même que celui des seniors (38,7%), deux pourcentages identifiés comme une  » anomalie française « .
Il a déploré la disparition dans le projet de loi, du droit à la formation initiale différée  » alors que 150 000 jeunes sortent du système scolaire sans qualification…une fois dissipée la poudre aux yeux, restera une place minime à l’investissement dans le capital humain en raison d’un état critique des finances publiques  ».
Il a mis en cause la précipitation du gouvernement à faire passer son projet :  » il fallait se hâter plus lentement, a-t-il observé, ce projet de loi n’est pas à la hauteur du celui qui l’a précédé en termes de commissions de travail ad hoc et de qualité de l’Accord national interprofessionnel passé le 7 janvier dernier « . Il a néanmoins souligné l’ouverture du contrat de professionnalisation aux contrats aidés et aux titulaires de minima sociaux, ainsi que du mouvement de diminution des OPCA contenus dans le projet de loi.
Sur le Fonds paritaire de sécurisation des parcours professionnels (FPSPP) créé par l’ANI du 7 janvier dernier, il a critiqué le manque de transparence de la gestion des crédits qui lui seront alloués et a précisé :  » Il aurait fallu à ce fonds doté de 900 Mrd€ un fonctionnement simple et rapide à même d’intervenir sans délai pour servir ceux qui en ont le plus besoin : les salariés au chômage et peu qualifiés. Or, ce qui se profile, c’est une difficulté extrême à engager des dépenses en raison de l’empilement de conventionnements entre l’État et les partenaires sociaux via un ANI puis avec les Régions, organismes employeurs, Pôle emploi….Cette complexité nous rappelle le défunt FUP qui, disons le, servait à abonder les caisses de l’État « . Michel Issindou s’est par ailleurs indigné des dispositions de l’article 20 avec la co signature État/Région du PRDF (L’élaboration du Plan Régional de Développement des Formations (PRDF) relève de la compétence des Régions. Il est l’outil de définition de la politique à moyen terme de la formation professionnelle, de la mise en cohérence et de la coordination des filières de formation professionnelle mises en œuvre par les différents acteurs), une contrainte qui apparaît à ses yeux comme  » le refus de faire émerger la gouvernance territoriale, un manque d’audace, une promesse de rigidité et de lourdeurs « .

Cela n’augure rien de bon pour le modèle d’intervention sociale de notre pays sur le volet de la formation, mais ouvre un vaste chantier programmatique pour la gauche si elle veut aborder ce thème en 2012.

Humaniser les rapports sociaux dans nos entreprises : le prochain combat pour les libertés individuelles.
Un investissement efficace dans les domaines de la formation, de l’éducation et de la qualification des individus passe par l’accès aux savoirs, et par le développement de compétences qui permettent d’accéder à une qualification de qualité, et librement choisie avec et par l’individu. C’est la meilleure façon de s’attaquer à une forme de licenciement qui incarne le triomphe d’une pensée au sein des entreprisses, qui compare le salarié à un kleenex : le licenciement pour insuffisance professionnelle est un modèle du genre. Il incarne la déshumanisation des rapports humains dans nos entreprises, qui deviennent peu à peu des lieux de «  non droit  », où la loi du hiérarchique prévaut, au nom de l’efficacité des services rendus, de la rentabilité, mais qui en réalité prend les formes de la restriction du dialogue social, du non respect des conditions de travail, de l’exclusion des seniors et de la non inclusion des handicapés prévalent. l’État a une obligation, dans le modèle qui est le nôtre, d’organiser la prévention et un contrôle de la norme par le code du travail. Ce dernier est aujourd’hui attaqué de toute part, et c’est un autre débat à ouvrir dans les projets de la gauche pour 2012.

Agir dès le plus jeune âge pour lutter contre la transmission intergénérationnelle des inégalités.

Concrètement, c’est dès le plus jeune âge que le problème se pose : un service public de la petite enfance est la solution. L’objectif d’un tel service est de concrétiser la lutte contre la transmission intergénérationnelle des inégalités. Cela nécessite de renforcer les moyens de l’encadrement, et d’afficher une volonté de prise en charge des enfants dès deux ans et demi, en permettant une véritable garde partagée, lors d’un congé parental, où les deux parents à égalité prennent un congé qui puisse permettre d’aller jusqu’aux deux ans et demi de l’enfant, pris en charge par la suite par la collectivité. Ces dépenses pour l’accueil des enfants de moins de six ans passeraient alors et simplement de 1,32 à 1,65% du P.I.B, alors qu’au Danemark elles sont déjà de 2,7%. On peut mettre en perspective la proposition du candidat Sarkozy, le droit de garde opposable, que les Françaises attendent depuis 2007 !

A l’éducation correspond la qualification, et la possibilité d’avoir accès à une formation. Il faut réduire les «  sorties précoces d’éducation  » ou de «  sans diplômes  » : d’ici 2010, l’objectif européen est de 10% maximum quand en 2004 il était de 16,4% en France. Ce taux handicape notre pays, car il cumule un niveau de qualification de sa population active comparativement moins élevé par rapport aux pays nordiques : concernant la tranche des 25-64 ans ayant atteint le niveau secondaire supérieur en %, la France affiche un taux de 68,7% quand l’Allemagne et la Suède affichent un taux identique de 84,8% et que la moyenne européenne se situe à 70,8%. La raison est la prévention ou la détection précoce des enfants en difficulté, avec une action individuelle et des moyens en conséquence. La politique de zonage, avec les zones d’éducation prioritaire (Z.E.P) ont des limites, que seule l’action individuelle peut corriger. Cette précocité de l’intervention dans le domaine de l’éducation a son prolongement dans le développement de l’investissement dans la recherche et l’enseignement supérieur. Ce tryptique conditionne l’émergence d’emplois qualifiés et le modèle de l’économie durable.
Au Danemark, sur la formation professionnelle, les partenaires sociaux sont davantage associés et les diplômes de formation concernant autant les salariés que les demandeurs d’emploi sont reconnus au niveau national. La clef est l’interventionnisme d’un État social qui prévient les inégalités par une action en amont et par des dépenses actives plus importantes : en France les dépenses totales pour le marché du travail (dont les dépenses actives (D.A) et les dépenses de formation (DF)), représentent 2,75% du P.I.B (D.A = 0,71 et D.F = 0.24) ; quand en Allemagne, elles représentent 3,32% du P.I.B (D.A = 0,62 et D.F = 0,25) ; et au Danemark, elles représentent 4,10% du P.I.B (D.A = 1,43 et D.F = 0,57).
Ces chiffres parlent d’eux-mêmes.

C’est bien un effort soutenu d’investissement pour le marché du travail, complété par un investissement à la fois dans les dépenses actives, et les dépenses de formation, qui peuvent légitimer l’action proactive d’un État social moderne, l’État social du XXIème siècle, qui décline une véritable stratégie dans la compétition mondiale, en plaçant la formation des individus comme une priorité.
Le programme de la gauche qui souhaite renouer avec le monde du travail ne doit pas faire l’impasse sur un discours qui non seulement replace le travail comme valeur fondamentale de l’intégration, et repense son idéologie sur les questions de l’investissement dans le capital humain, au service d’un développement écologique des moyens de production, en privilégiant la recherche d’emplois durables et de haute qualité.

Hakim CHALANE, membre du Conseil Fédéral P.S de Paris – Délégué syndical.

Déjà mis, mais tellement bien : KT Tunstall « Black Horse« 
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4 réponses à “L’Etat social proactif du XXI° siècle : associer les questions sociale et environnementale.”

  1. La main gauche dit :

    autrement dit, l’idée à défendre, la personne morale, l’entreprise, le Medef etc.. ne sont pas hors de la société et ne peuvent donc s’exonérer de fixer en objectif prioritaire l’être humain. Sinon même Social, un état, seul et contre tous à défendre cet objectif qui, lui même est miné de l’intérieur, ça continuera de marcher sur la tête !! non ?

  2. La main gauche dit :

    alors peut-être faut-il que l’état dépense en entreprises virtuelles où l’étudiant vendrait par exemple des voitures mais sans les vendre, fabriquerait des camescopes mais sans les fabriquer, inventerait des nouveaux parfums mais sans les inventer, monterait des projets mais sans les monter et puis au bout de 10 ans, l’étudiant tout confiant dans sa pleine qualification irait alors frapper à la porte d’une vrai entreprise où un bon patron tout sourire aux lèvres l’aurait attendu pour un pont d’or …

  3. La main gauche dit :

    Hum.. lorsqu’un Medef a la volonté du plein emploi, il met le salaire en face, un emploi intéressant, et il prend un bac moins et il te l’emporte à bac plus sans problème, inclus l’expérience professionnelle qui ne sera jamais acquise le cul assis sur une chaise de classe… lorsqu’un Medef a tout intêrèt à avoir un réservoir corvéable de 2 ou 3 millions de chômeurs, effectivement, il ne voit pas d’inconvénient à ce qu’on lui serve en plus gratuitement, pour des missions minables, un réservoir super-qualifié par l’argent du contribuable…mais ça fera pas forcément baisser le chômage…
    c’est pas un peu notre Medef local qui ne serait pas dans la norme ???

  4. Made dit :

    BOF!!!

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